L'ÉVANGILE DE SAGESSE

C.W.Leadbeater

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Publications Théosophiques
4 Square Rapp, Paris VII, France

1904



On a coutume d'appliquer le mot évangile à une seule profession de foi et de l'associer à un récit spécial qui n'a jamais cessé d'éveiller l'intérêt des âmes; aussi semblera-t-il peut-être étrange d'en retrouver l'emploi dans l'enseignement théosophique. Cependant, si l'on se rappelle la signification exacte de ce mot, on comprendra qu'il ne doit pas être monopolisé, car, somme toute, le mot " évangile" signifie simplement " bonne nouvelle".

La théosophie a aussi sa bonne nouvelle à porter au monde; non pas la bonne nouvelle du salut, assurément, mais l'annonce meilleure encore, qu'il n'y a à être racheté de rien, sinon de notre erreur et de notre ignorance. Nous n'avons pas à éviter la colère divine. L'univers entier évolue par une organisation puissante et vers un but tellement élevé qu'il surpasse toute conception humaine. Ceci n'est pas un rêve poétique, ni une envolée d'imagination, mais bien une certitude que peuvent constater et apprécier tous ceux qui prendront la peine de se préparer à en faire l'investigation hautement scientifique. Voilà une partie de la bonne nouvelle, de l'évangile que la théosophie nous apporte

Dans notre vocable, la théosophie veut dire Sagesse divine, et cette sagesse divine nous apporte à tous un évangile, au vrai sens du mot. Ceux qui, depuis de longues années, étudient cette philosophie merveilleuse, savent jusqu'à quel point elle fut pour eux un évangile; car elle a changé toute leur vie. Elle nous a enseigné comment on doit vivre et comment on doit mourir; elle nous fait comprendre le système grandiose dont notre humanité ne forme qu'une faible partie. Si nous n'avions pas la clé de ces problèmes, nous pourrions à bon droit désespérer de tout et renoncer à améliorer les choses. Mais, dès que nous la possédons, nous commençons à comprendre, et tout nous apparaît sous un nouvel aspect. Les grands Maîtres, au coeur plein d'amour et de compassion, dont le plus cher désir est de servir l'humanité, nous donnent un véritable évangile, une bonne nouvelle d'en haut; car ils nous disent: "Élevez-vous au-dessus de ce monde; considérez-le de plus haut, et alors vous le comprendrez. Ne regardez pas d'en bas, ni vers l'aspect inférieur des choses, mais élevez-vous en des plans de conscience supérieurs, et, de là, regardez et comprenez. Vous verrez alors qu'il v a de bonnes nouvelles; de bonnes nouvelles pour tous ! "

Avez-vous jamais vu la grande chute du Niagara ? Imaginez-vous la position d'un faible insecte entraîné parmi les fétus et les détritus charriés par ce torrent écumant. Voyez le tourbillon s'enfler et tourbillonner et pensez de quel oeil le pauvre insecte peut considérer ce spectacle. Pour lui, ce monde de luttes et d'efforts représente tout l'univers; et lorsque le grand tourbillon avance et recule tour à tour, il se sent par moments irrésistiblement détourné de sa course naturelle et entraîné à remonter le courant. Cependant si, placé sur les bords de cette gorge splendide vous contempliez d'en haut ce tourbillon merveilleux, vous apercevriez un courant puissant qui, sans interruption, pousse la trombe d'eau vers une direction donnée. Il se produit peut-être, par instants, des tourbillons isolés où l'eau semble remonter le sens du courant; mais, en réalité, ces mêmes tourbillons, ainsi que les détritus et l'insecte qu'ils emportent, sont infailliblement dirigés, entraînés en avant par un courant irrésistible. Eh bien ! les luttes et les souffrances de la terre présenteraient un aspect analogue à l'homme qui, placé sur les plans supérieurs, en considérerait la situation. Il verrait ce que nous appelons le mal exercer une pression dont la force s'oppose au grand courant de l'évolution, mais il remarquerait aussi que la marche de cette évolution, guidée par la loi divine, ressemble au courant impétueux du torrent. Comparés à cette force, les petits éléments de lutte et de discorde sont comme les remous isolés qui se forment à la surface d'un grand fleuve, et qui, tout en paraissant remonter le courant, ne peuvent l'entraver et sont entraînés par le cours normal de l'onde. Mais pour voir ceci, il faut avoir la vue intérieure; il faut savoir s'élever au-dessus du tourbillon de la vie inférieure et dépasser l'ignorance d'un mental toujours inconstant. Pour y parvenir, la sagesse qui procède du Divin nous est nécessaire; c'est pourquoi la divine sagesse de la Théosophie nous annonce la bonne nouvelle que tout est pour le mieux: que non seulement tout ira bien dans un futur très éloigné, mais que tout va déjà bien actuellement, parce que toutes choses se meuvent dans un ordre et une certitude parfaits.

Le péché, la douleur, le chagrin existent positivement; je n'essaierai point de suggérer que ce sont des illusions, bien que j'en connaisse plusieurs qui soutiennent cette théorie. Évidemment si on les considérait du plan de l'esprit, ces tristesses nous paraîtraient bien légères, en regard de la vie supérieure; pourtant, sur le plan physique, elles sont réelles, et tant qu'elles durent, la souffrance est souffrance, la douleur est douleur. Mais l'homme qui voit le plus clairement la vérité cachée sous ces maux est aussi celui qui témoigne le plus de sympathie à son frère plus faible. Il le comprend mieux, plus clairement et se montre envers lui plein de miséricorde et de compassion. Comme l'a si bien dit un écrivain français: Tout comprendre, c'est tout pardonner. L'homme qui comprend est celui qui sympathise le plus complètement aux personnes et aux choses. Ayant réalisé toute la grandeur de l'évangile que lui a révélé la sagesse, il sent aussi ce que cet évangile sera pour ces pauvres êtres souffrants lorsqu'ils auront assez évolué pour le comprendre. Cette bonne nouvelle nous a profité en toutes circonstances; il n'est aucun instant de notre vie où elle ne nous ait enseigné quelque chose. De même, vous pourrez tous diriger votre propre existence lorsque vous comprendrez les lois sous lesquelles vous vivez.

Si notre propre intérêt se trouvait seul en jeu, il serait nécessaire de connaître ces lois; mais lorsque nous comprenons le merveilleux système du Logos, lorsque la réalité, la vérité de ces conceptions s'imposent à notre vue, nous nous oublions nous-mêmes, nous oublions nos petits intérêts. nos chagrins, nos tracas. Nous nous élevons tout à fait au-dessus des pensées égoïstes, en contemplant la vie grandiose et sublime qui pénètre tout, qui comprend tout, qui soutient tout, et nous sommes fascinés par tout ce que nous sentons en elle de puissant et de Divin, après une telle vision il ne nous est plus possible de penser sans cesse à nous, car notre pensée s'est alors élevée jusqu'à un niveau supérieur, et toute notre vie se donne au service de nos frères en humanité.

Mais nous devons voir par nous-mêmes, nous devons avoir en nous la divine sagesse de la Théosophie, et il faut que son évangile ait pénétré nos coeurs. Alors nous deviendrons véritablement les prédicateurs de cet évangile, que nous le voulions ou non; car. lorsque nous savons ces choses, si même nous n'en parlons pas ouvertement aux autres hommes, notre vie même décèle l'évangile auquel nous croyons; sa joie et sa gloire rayonnent à travers notre être, et notre vie devient une source de félicité parfaite pour nous-mêmes et un centre de lumière et de bénédiction pour les autres hommes.

Souvenez-vous que vous avez déjà vécu, et que, dans vos vies passées, il y eut bien des fautes, comme aussi, espérons-le, beaucoup de bien. Ayant généré ces causes dans le passé, il vous faut maintenant en subir les résultats, car la cause et l'effet ne sont que les pôles positif et négatif d'un même objet, les deux aspects d'une seule chose, et forment partie intégrante l'un de l'autre. Non seulement l'effet suit la cause, mais il fait en réalité partie de cette cause, en sorte que si la souffrance ou l'infortune vous accablent, vous savez que cette destinée a été faite par vous-mêmes. Voyez la différence que cela doit apporter dans la façon dont vous l'accepterez. Vous souffrirez encore, mais vous saurez que c'est une dette qu'il faut payer. Aussi prendrez-vous la résolution de solder au plus tôt votre compte et de ne plus retomber à l'avenir dans les mêmes erreurs. Vous comprendrez que votre vie est entre vos mains, que vous n'êtes plus les esclaves des circonstances, mais que vous êtes des hommes libres, heureux et joyeux dans la certitude des desseins divins. Les infortunes d'autrui vous affecteront encore, mais tout en ressentant une profonde sympathie pour eux, vous éprouverez la joie et la puissance que donne la certitude de pouvoir aider et de n'être plus écrasés sous le poids des grands problèmes de la vie. Lorsque vous rencontrerez vos frères en humanité, vous aurez quelque chose de nouveau à leur apprendre, vous pourrez leur expliquer les choses, aplanir leurs difficultés, leur faire part de votre Évangile de sagesse. Pour eux, comme pour vous, cette science résoudra tous les doutes et vous montrera que toute souffrance n'est pas seulement le solde d'une ancienne dette, mais aussi une grande opportunité qui nous est offerte. D'une faute passée nous pouvons retirer un avantage présent, en acceptant de bonne grâce les luttes et les épreuves; car, par la façon dont nous les subissons, nous pouvons en faire un marchepied pour nous élever vers une vie plus haute. Lorsque nous les supportons vaillamment, nous y trouvons l'occasion de développer beaucoup de qualités tendant à favoriser en nous l'éclosion de l'homme divin du temps futur — temps bien éloigné encore, mais cependant appréciable pour ceux d'entre nous qui ont commencé à comprendre.

Laissez-moi répéter qu'en vous parlant de ce grand système d'évolution nous ne nous appuyons pas sur les données d'une foi aveugle; nous ne vous demandons pas davantage d'accepter quoi que ce soit comme article de foi. Nous vous communiquons simplement les résultats définis d'une enquête que beaucoup d'entre nous ont vérifiés par l'investigation personnelle. Peut-être penserez-vous: — "Comment peut-on connaître les desseins divins ? Comment l'homme peut-il entrer dans le Conseil de Dieu et savoir ce qu'il veut? " Il est certain qu'entre cette Vie divine transcendante, et un état quelconque de notre conscience, la distance est incommensurable; néanmoins nous sommes nous-mêmes des étincelles de cette Flamme divine. La plus haute intelligence humaine est sans doute immensément inférieure à l'intelligence suprême, mais chaque degré de l'échelle qui nous sépare d'Elle, est peuplé d'êtres humains — d'hommes comme nous, bien que beaucoup plus évolués. Ces divers degrés s'élèvent jusqu'aux grands Maîtres, et plus haut encore, bien que cela paraisse impossible à nos esprits limités. Tous les stages y sont représentés. C'est ainsi que nous voyons que ceux qui se trouvent aujourd'hui aux pieds du Seigneur furent autrefois des hommes comme nous; et nous, qui les contemplons d'en bas, au pied de cette échelle glorieuse, nous atteindrons un jour à leur niveau !

Ces choses-là, nous les voyons, et, pour les voir, point n'est besoin d'une longue étude ni d'un développement anormal. Une grande partie des choses que nous enseigne la Théosophie sont basées sur ce qu'on a pu voir par l'exercice de facultés supérieures à nos sens physiques; pour vous, ces données reposent sur l'investigation de quelques hommes entraînés qui ont développé la vision supérieure. Ceux qui possèdent le pouvoir d'observer les plans supérieurs confirmeront certainement ce que j'ai avancé en disant qu'ils peuvent voir cette puissante vague en activité. Ils ne peuvent assurément pas Le voir, le Dieu invisiblement présent dans tout, mais, au cours de leurs investigations, ils retrouvent à chaque pas les signes de Son activité ainsi que de Sa force: et cette conviction s'impose à leur esprit qu'il existe une Force, et qu'une Intelligence puissante se cache derrière toute manifestation.

La certitude de cet Évangile de Sagesse est donc affirmée par les preuves innombrables apportées par les investigateurs entraînés. Mais ces témoignages ne sont vraiment guère nécessaires. Ne pouvons-nous déjà, sur le plan physique, remarquer les différents degrés de l'humanité? Nous y voyons des instructeurs, des hommes développés qui se rapprochent des grands initiés, puis, au delà, les Christs, les Bouddhas, et plus haut encore d'autres êtres, et cette progression continue en dépassant les limites de notre connaissance. Sans posséder encore la faculté de clairvoyance, vous devez comprendre qu'il doit exister, qu'il existe en l'ait, une hiérarchie d'êtres plus évolués encore. Vous savez qu'il existe une évolution puisque vous la voyez s'élever pas à pas, à travers les règnes inférieurs jusqu'à l'homme. Vous comprenez aussi que l'homme, tel que nous le connaissons dans son type ordinaire, ne saurait représenter le terme de cette évolution. L'histoire vous a appris qu'il y eut autrefois des hommes beaucoup plus évolués et il en existe encore aujourd'hui. Ceux-là marquent-ils la phase ultime de l'évolution?Non, il en est de plus sublimes encore, et le simple raisonnement nous convaincra que l'échelle dont j'ai parlé doit exister. Ceux qui peuvent voir d'un peu plus haut témoignent hautement en faveur de l'existence des chaînons supérieurs de cette grande chaîne, car ces litres peuvent être connus et aimés. C'est pourquoi nous n'hésitons pas à présenter à nos frères en humanité ce sublime évangile, en leur certifiant, en leur expliquant ce qu'il est pour nous. Espérons que pour eux, aussi, cette haute philosophie leur apportera le salut; elle les sauvera, non de quelque démon extérieur et imaginaire, mais de l'ignorance intérieure; car voilà le seul obstacle qui entrave l'homme, — la limitation dans laquelle il s'est lui-même circonscrit.

La limitation de l'ignorance entoure l'homme comme une carapace redoutable, et, tant qu'il n'aura pas commencé à la briser pour s'y frayer une route, tant qu'il n'aura pas commencé à comprendre, il souffrira beaucoup. Cependant l'épaisseur de cette carapace est uniquement l'oeuvre de l'homme, et dès l'instant qu'il le reconnaît, il s'attache à la détruire en connaissance de cause, et à empêcher de nouvelles murailles de s'élever autour du soi. Son sort est entre ses mains, il est sous son contrôle. Devant lui s'ouvre un avenir magnifique, une évolution immense dont la gloire sans fin dépasse la vision du plus habile clairvoyant. Voilà la bonne nouvelle annoncée, voilà le véritable évangile. Ce n'est pas un texte qui pourrait être interprété différemment, ni une simple hypothèse, mais une certitude parfaite et divine, qui peut supporter l'examen et dont vous pouvez chercher vous-mêmes la preuve. Plus vous étudierez profondément la Théosophie et plus vous acquerrez la certitude que ses données sont vraies, que nous faisons bien réellement partie de ce système si vaste et si bien coordonné.



Cette bonne nouvelle nous touche de tant de façons, il se fait une telle révolution dans notre existence lorsque nous avons compris ces choses, elle nous ouvre tant de voies nouvelles que je ne puis les détailler ici. Il est véritablement bien profond le changement qu'apporte la Théosophie dans l'existence de celui qui la comprend et la vit. Mais, qu'on le remarque bien, je ne dis pas qu'un homme éprouve ce changement parce qu'il entre dans la Société théosophique ou parce qu'il a lu deux ou trois ouvrages théosophiques. J'entends que l'homme qui, ayant compris ce grand enseignement, essaiera d'en appliquer les principes à sa vie, cet homme-là reconnaîtra la vérité de ce que j'écris. Aussi certainement qu'autrefois, ceux-là seuls qui accompliront la volonté du Père qui est dans le ciel, sauront si la doctrine est véridique. Il est toujours vrai que l'homme qui veut savoir la vérité doit mener la vie spirituelle. Ce n'est pas en regardant la Théosophie de l'extérieur qu'on peut connaître son évangile. L'homme doit obéir à cet évangile qui deviendra ensuite partie de lui-même. Alors il réalisera qu'il est de son devoir d'être heureux, et il ne se laissera abattre par aucun des chagrins ou au eu ne des épreuves qui pourraient l'accabler, parce qu'il saura que ses pieds sont assurés.

Par ce moyen, l'on peut faire inconsciemment beaucoup d'oeuvres théosophiques, sans préjudice des activités de la vie extérieure, et ces oeuvres accroîtront notre pouvoir et notre connaissance. L'on se sentira inondé de joie et de paix pendant ses études et ses lectures, et inconsciemment nous répandrons autour de nous ces vibrations de joie, de bonheur et de confiance. Des millions d'êtres humains nous entourent avides de comprendre la vie dont ils sentent qu'ils Tout partie. Vous pouvez les aider, vous qui savez; vous pouvez les faire participer à votre évangile de sagesse, et soyez assurés que, lorsque vous l'aurez partagé avec eux, cet évangile vous deviendra plus précieux encore qu'avant. Réalisez-le d'abord pour vous-mêmes, car c'est une condition indispensable; mais n'oubliez pas que c'est seulement lorsque vous l'aurez passé aux autres, qu'il pourra porter dans toute leur plénitude ses fruits les plus élevés. Si vous connaisse/ ces choses, que ce ne soit pas seulement pour vous-mêmes, mais aussi pour l'amour de ceux qui vous entourent. C'est pour cette raison que la lumière est venue à vous, que vous avez trouvé en vos âmes le pouvoir d'y répondre et de vous l'assimiler. Cette lumière vous est donnée pour que vous puissiez aider — non pour que vous la conserviez en vous-mêmes, mais afin que vous deveniez des centres à travers lesquels elle puisse illuminer le monde, — pour que vous soyez des soleils en réduction, capables de réfléchir la gloire du grand Soleil Divin. Par sa réflexion en vous, la lumière de la vie qui vient de Lui est attirée sur votre propre plan comme elle n'aurait pu l'être sans vous. Vous savez comment un miroir réfléchit la lumière du soleil sur le coin obscur où les rayons solaires ne peuvent pénétrer directement. Il existe aussi beaucoup d'hommes qui, par leur ignorance et leur égoïsme, se sont volontairement retiré le pouvoir d'apprécier la glorieuse lumière des plans supérieurs. Bien que cette lumière ineffable ne cesse pas de se répandre, il est possible à l'homme de s'enfermer dans sa maison et d'échapper à l'atteinte de cette clarté divine. Mais vous qui la recevez et qui vivez en elle, vous pouvez la réfléchir dans les coins obscurs où ses rayons directs ne pénétreraient pas, et apporter ainsi cette gloire et cette félicité dans des foyers qui sans votre assistance auraient été privés de chaleur et de lumière.

Toutes ces choses constituent vraiment un évangile qui nous enseigne de ne jamais oublier que, si triste, si pénible que nous paraisse l'aspect extérieur de la vie, une flamme divine brûle sans cesse en nous. Rappelons-nous, ainsi que l'a dit un poète, que:

Douce est l'âme des choses:
au coeur de l'être est un repos céleste,
La volonté est plus forte que la douleur;
ce qui est bon devient meilleur et deviendra parfait.

Ce bonheur céleste, qui surpasse tout chagrin et toute souffrance, deviendra pour vous une réalité toujours présente, dès le moment où vous apprendrez à regarder à travers la misère humaine et à en voir la cause. — Au delà de cette cause vous verrez ensuite, dans un avenir éloigné, comment ce mal doit s'épuiser au moyen de cette souffrance temporaire. Vous verrez la gloire future et les qualités sublimes que ces conditions développent chez l'homme. C'est ainsi que l'évangile de sagesse sera pour vous une réalité vivante; que, tout en sympathisant de plus en plus profondément avec tous, vous sentirez que vous avez en vous-mêmes le pouvoir d'aider, de consoler et de sauver, parce que vous savez; parce qu'avant cette évangile au fond du coeur, vous pouvez en communiquer la lumière aux autres. Vous leur direz donc, une fois de plus, empruntant les mots d'un des plus grands instructeurs Hindous: —

"N'e vous plaignez pas, ne priez pas en versant des pleurs, mais ouvrez les yeux et voyez la lumière qui VOUS entoure de toutes parts, dès que vous voulez arracher le bandeau de vos yeux et regarder. Cette lumière est toujours avec vous merveilleuse, pleine de gloire et surpassant tout ce que l'homme pourrait rêver et demander dans ses prières. Et il en sera ainsi, à jamais.'"

 


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