LA DOCTRINE SECRИTE
par H.P. BLAVATSKY

SYNTHИSE DE LA SCIENCE
DE LA RELIGION ET DE LA PHILOSOPHIE

Satyât nâsti paro dharmah
 IL N’Y A PAS DE RELIGION [OU DE LOI ] PLUS ЙLEVЙE QUE LA VЙRITЙ

Volume -1-
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Stance VI

1. Par le pouvoir de la Mиre de Merci et de Connaissance (a), Kwan-Yin; - le « Triple » de Kwan-Skaп-Yin; demeurent en Kwan-Yin-Tien (b), - Fohat, le Souffle de leurs Descendants, le Fils des Fils, ayant appelй de l’Abоme infйrieur [ Le Chaos.] la Forme Illusoire de Sien-Tchan [ Notre Univers. ] et les Sept Йlйments.

[Cette Stance est traduite du texte chinois, et les noms donnйs comme йquivalents des termes originaux sont conservйs ici. Il est impossible de donner les vrais noms йsotйriques parce que cela embrouillerait le lecteur. La doctrine Brвhmanique n’a pas d’йquivalents pour ces termes-lа. Il semble que Vвch, sous plusieurs aspects, s’approche de la Kwan-Yin chinoise, mais il n’y a pas de culte rйgulier de Vвch sous ce nom aux Indes, comme il y en a de Kwan-Yin en Chine. Nul systиme religieux exotйrique n’a jamais adoptй un Crйateur fйminin, et par consйquent, depuis l’aube des religions populaires, la femme a йtй regardйe et traitйe comme l’infйrieure de l’homme. Ce n’est qu’en Chine et en Йgypte que Kwan-Yin et Isis sont placйes de pair avec les dieux mвles. L’Йsotйrisme ignore les deux sexes. Sa Divinitй la plus йlevйe n’a pas plus de sexe que de forme; elle n’est ni Pиre ni Mиre, et ses premiers кtres manifestйs, cйlestes et terrestres, deviennent peu а peu androgynes, pour se sйparer finalement en sexes distincts.]

a) La « Mиre de Merci et de Connaissance » est nommйe le « Triple » de Kwan-Shai-Yin, parce que, dans ses corrйlations mйtaphysiques et cosmiques, elle est la « Mиre, la Femme et la Fille » du Logos, de mкme que, dans les derniиres traductions thйologiques, elle devint le « Pиre, le Fils et le Saint-Esprit (fйminin), - la Shakti ou Йnergie, - l’Essence des Trois. Ainsi, dans l’Йsotйrisme des Vйdвntins, Daiviprakriti, la Lumiиre manifestйe а travers Ishavara, le Logos [ Theosophist, fйv. 1887, p. 305. Aussi Philosophy of the Bhagavad Gоtв, p. 16. ] est а la fois la Mиre et la Fille du Logos, ou Verbe de Parabrahman; tandis que dans les enseignements trans-himвlayens, c’est – dans la Hiйrarchie de la thйogonie allйgorique et mйtaphysique – la « MÈRE », ou Matiиre abstraite idйale, Moыlaprakriti, la Racine de la Nature; au point de vue mйtaphysique, c’est une corrйlation d’Adi-Butha [ Adi-Budha dans l’йdition de 1893. Adi-Butha = primordial, premier produit; Adhi-boudha ou boudha -perзu au commencement. ] manifestй dans le Logos, Avalфkitйshvara; et, au point de vue purement occulte et cosmique, c’est Fohat le « Fils du Fils », l’Йnergie androgyne rйsultant de cette « Lumiиre du Logos » et se manifestant sur le plan de l’Univers objectif comme l’Йlectricitй, cachйe autant que rйvйlйe – laquelle est la VIE.

[T. Subba Row dit :

L’йvolution est commencйe par l’йnergie intellectuelle du Logos … et non pas seulement а cause des potentialitйs contenues en Mыlaprakriti… Cette lumiиre du Logos est le lien … entre la matiиre objective et la pensйe subjective d’Ishvara [ou Logos]. Dans plusieurs livres bouddhistes on l’appelle Fohat. C’est le seul instrument au moyen duquel le Logos travaille [ Op. cit., p. 306 et aussi pp. 18-19.]

b) « Kwan-Yin-Tien » signifie le « Ciel Mйlodieux du Son », la demeure de Kwan-Yin, ou la « Voix Divine ». Cette « Voix » est le synonyme du Verbe ou Parole, le « Langage » en tant qu’expression de la Pensйe. On retrouve ici le lien et mкme l’origine de l’hйbreu Bath-Kol, la « Fille de la Voix Divine », ou Verbe, ou Logos mвle et femelle, « l’Homme Cйleste », Adam Kadmon qui est en mкme temps Sйphira. Cette derniиre fut sыrement prйcйdйe par l’hindoue Vвch, la dйesse du Langage ou de la Parole. Car Vвch – fille et partie fйminine, comme on dit, de Brвhma, et « gйnйrйe par les dieux » - est avec Kwan-Yin et avec Isis (qui est aussi fille, femme et soeur d’Osiris) et d’autres dйesses, le Logos femelle, pour ainsi dire, la dйesse des forces actives dans la Nature, la Parole, la Voix, le Son et le Langage. Si Kwan-Yin est la « Voix Mйlodieuse », Vвch est aussi « la vache mйlodieuse qui allaita pour la nourriture et la boisson [le principe fйminin] … qui nous donne nourriture et soutien comme Mиre-Nature ».  Elle est associйe  aux Prajвpati dans le travail de la crйation. Elle est mвle et femelle, ad libitum, comme Иve l’est avec Adam. Elle est enfin une forme d’Aditi, - principe plus йlevй que l’Aether, - dans l’Akвsha, synthиse de toutes les forces de la Nature. Ainsi, Vвch et Kwan-Yin sont, toutes les deux, les pouvoirs magiques du Son occulte dans la Nature et dans l’Aether, - et c’est cette « Voix » qui fait sortir du Chaos et des Sept Йlйments et le Sien-Tchan, la forme illusoire de l’Univers.

Ainsi, dans Manou, Brahmв (aussi le Logos) est reprйsentй comme divisant son corps en deux parties, l’une mвle et l’autre femelle, et comme crйant dans la derniиre, qui est Vвch, Virвj, qui est lui-mкme ou encore Brahmв. Un йrudit Occultiste Vйdвntin parle de cette « dйesse » dans les termes suivants, termes qui expliquent pourquoi Ishvara (ou Brahmв) est appelй Verbe ou Logos et pourquoi, en fait, on l’appelle Sabda Brahman :

L’explication que je vais donner paraоtra des plus mystiques, mais quoique mystique elle a une signification formidable lorsqu’elle est bien comprise. Nos vieux йcrivains disaient que Vвch est de quatre espиces… (Voir le Rig Vйda et les Upanishads.) Vaпkhari Vвch est ce que nous profйrons. Chaque espиce de Vaпkhari Vвch existe d’abord dans sa forme Madhyama, ensuite dans sa forme Pashyanti et finalement dans sa forme Para [ Madhya se dit de quelque chose dont le commencement et la fin sont inconnus, et Para signifie infini. Ces expressions se rapportent toutes а l’infini et aux divisions du temps. ].La raison pour laquelle ce Pranava s’appelle Vвch c’est que les quatre principes du grand cosmos correspondent а ces quatre formes de Vвch. Or, le systиme solaire manifestй tout entier existe sous sa forme Sukshma dans la lumiиre ou l’йnergie du Logos, parce que son йnergie est enlevйe et transfйrйe а la matiиre cosmique … Le cosmos entier dans sa forme objective est Vaпkhari Vвch, la lumiиre du Logos en est la forme Madhyama, le Logos lui-mкme en est la forme Pashyanti et Parabrahman en est l’aspect Para. C’est а la lumiиre de cette explication qu’il nous faut essayer de comprendre certaines dйclarations des divers philosophes qui disent que le cosmos manifestй est le Verbe manifestй comme cosmos [ Op. cit., p. 307.].

Stance VI (2)

2. L’Кtre Rapide et Radieux produit les sept Centres Laya [ Du mot sanscrit Laya, le point dans la matiиre oщ toute diffйrenciation a cessй. ] (a), contre lesquels nul ne prйvaudra jusqu’au Grand Jour « Sois Avec Nous »; et il place l’Univers sur ces Fondations Йternelles, entourant Sien-Tchan des Germes Йlйmentaires (b).

a) Les sept Centres Laya sont les sept points zйro, en donnant au terme zйro le sens que lui attribuent les chimistes. En Йsotйrisme c’est le point oщ commence l’йchelle de la diffйrenciation. De ces Centres – au-delа desquels la Philosophie Йsotйrique nous permet d’apercevoir les vagues contours mйtaphysiques des « Sept Fils » de Vie et de Lumiиre, les Sept Logoп des philosophies Hermйtiques et autres – commence la diffйrenciation des Йlйments qui entrent dans la constitution de notre Systиme Solaire. On a souvent demandй quelle est la dйfinition exacte de Fohat, de ses pouvoirs et de ses fonctions, car il paraоt exercer les attributs d’un Dieu Personnel semblable а celui des religions populaires. On vient de rйpondre а cette question dans le commentaire de la Stance V. Comme il est bien dit dans les confйrences sur la Bhagavad Gоtв : « Il faut que le cosmos entier existe dans la source unique de l’йnergie d’oщ йmane cette lumiиre [Fohat]. » Que nous portions les principes du Kosmos et de l’homme au nombre de sept ou seulement de quatre, il y a Sept forces dans la nature physique, et la mкme autoritй dit que « Prajnв, la capacitй de percevoir, existe sous sept aspects diffйrents, correspondants aux sept conditions de la matiиre », car, « de mкme qu’un кtre humain est composй de sept principes, la matiиre diffйrenciйe du systиme solaire existe sous sept conditions diffйrentes [ Five years of Theosophy. Art. Personal and Impersonal God, p. 200. Йdit. 1885. ]. » Il en est de mкme pour Fohat [qui, comme nous l’avons dйjа dйmontrй, a plusieurs significations. Il est appelй « le Constructeur des Constructeurs », car la Force qu’il personnifie a formй notre Chaоne Septйnaire.] Il est Un et Sept et, sur le plan Cosmique, il est derriиre toutes les manifestations que nous appelons lumiиre, chaleur, son, cohйsion, etc.; il est « l’esprit » de l’ЙLECTRICITÉ qui est la VIE de l’univers. Comme abstraction, nous l’appelons la VIE UNE; comme Rйalitй objective et йvidente, nous parlons d’une gamme septйnaire de manifestation, йchelle qui commence au premier degrй par la CAUSALITÉ. Une, inconnaissable, et finit comme mental et Vie Omniprйsents immanents dans chaque atome de Matiиre. Ainsi, tandis que la Science parle d’une йvolution а travers la matiиre brute, la force aveugle et le mouvement dйpourvu de sens, les Occultistes indiquent une LOI Intelligente et une VIE Sensible , et ils ajoutent que Fohat est l’Esprit qui guide le tout. Cependant il n’est nullement un dieu personnel, mais l’йmanation de ces Pouvoirs placйs derriиre lui, pouvoirs que les chrйtiens appellent les « Messagers » de leur Dieu (en rйalitй, des Elohim, ou plutфt des Sept Crйateurs nommйs Elohim) que nous appelons le « Messager des Fils primordiaux de Vie et de Lumiиre ».

(b) Les "Germes Elémentaires" avec lesquels il remplit Sien-Tchan (l'Univers) et Tien-Sin (le"Ciel du Mental" ou ce qui est absolu sont les Atomes de la Science et les Monades de Leibniz.

Stance VI (3)

3. Des Sept [ Йlйments ], d’abord Un est manifestй, Six cachйs : deux manifestйs, Cinq cachйs; Trois manifestйs, Quatre cachйs; Quatre produits, Trois cachйs; Quatre et Un Tsan [ Fraction ] rйvйlйs, Deux et demi cachйs; Six devant кtre manifestйs. Un mis de cфtй (a). Finalement, Sept Petites Roues tournent, l’une donnant naissance а l’autre (b).

a) Quoique ces Stances se rapportent а l’Univers entier aprиs un Mahвpralaya (Dissolution Universelle), cette phrase, comme tout йtudiant en Occultisme peut le voir, se rapporte pourtant aussi, par analogie, а l’йvolution et а la formation finale des Sept Йlйments primitifs (quoique composйs) de notre Terre. De ces Йlйments, quatre sont maintenant pleinement manifestйs, tandis que le cinquiиme – l’Йther -   ne l’est qu’en partie, parce que nous sommes а peine dans la seconde moitiй de la Quatriиme Ronde, et que par consйquent le cinquiиme Йlйment ne se manifestera pleinement que dans la Cinquiиme. Les Mondes, le nфtre y compris, furent d’abord, comme germes, nйcessairement йvoluйs de l’Йlйment UN, а son second stade – « Pиre-Mиre », l’Вme du Monde Diffйrenciйe, non pas ce qu’Emerson appelle l’ « Over-Soul » - que nous l’appelions, avec la Science Moderne, la poussiиre Cosmique et le Brouillard de Feu, ou avec l’Occultisme, Akвsha, Jivвtmв, la Lumiиre Astrale Divine ou « l’Вme du Monde ». Mais ce premier stade de l’Йvolution, lorsque l’heure fut sonnйe, fut suivi par un autre. Ni monde ni corps cйleste ne pouvait кtre construit sur le plan objectif avant que les Йlйments n’eussent йtй suffisamment diffйrenciйs de l’Ilus primordial dans lequel ils se trouvent quand ils reposent en Laya. Ce dernier terme est un synonyme de Nirvвna. C’est, en fait, la dissociation Nirvвnique de toutes les substances et leur retour aprиs un Cycle de Vie а l’йtat latent qui constituait leur condition premiиre. C’est l’ombre lumineuse mais incorporelle de la matiиre qui fut, le domaine de la nйgativitй – oщ sont latentes, pendant leur pйriode de repos, les Forces actives de l’Univers.

Or, en parlant des Йlйments, on reproche toujours aux Anciens d’avoir « supposй que leurs Йlйments йtaient simples et indйcomposables ». [ Les ombres de nos ancкtres prйhistoriques pourraient retourner le compliment а nos physiciens modernes maintenant que nos nouvelles dйcouvertes en chimie ont conduit le Prof. W. Crookes, F.R.S., а admettre que la Science est encore а mille lieues de connaоtre la composition de la plus simple molécule, il nous apprend qu'une molécule vraiment simple, entiиrement homogиne, est terra incognita en chimie. « Oщ pouvons-nous tracer la ligne? dit-il. N’y a-t-il aucun moyen de sortir de cette perplexitй? Faut-il rendre si ardus les examens йlйmentaires qu’а peine 60 ou 70 candidats puissent passer, ou faut-il laisser la porte si grande ouverte que le nombre des admissions ne soit limitй que le nombre de prйtendants? » Et alors, le savant chimiste cite des exemples frappants. Il dit :

Prenez le cas de l’yttrium. Il a un poids atomique dйterminй, et montre toutes les caractйristiques d’un corps simple; il paraоt un йlйment auquel nous pourrions, il est vrai, ajouter, mais duquel nous ne pourrions rien enlever. Cet yttrium cependant, ce tout supposй homogиne, lorsqu’on le soumet а un certain procйdй de fractionnement, est rйsolu en parties qui ne sont pas absolument identiques entre elles et qui montrent une gradation dans leurs propriйtйs. Prenons, maintenant, le cas du didyme : Voilа un corps qui montre toutes les caractйristiques reconnues d’un йlйment. On l’a sйparй avec beaucoup de difficultй d’autres corps qui lui ressemblaient sous bien des rapports, et pendant cette opйration il a subi un traitement des plus sйvиres, un examen des plus vigoureux. Mais survient un autre chimiste qui, traitant ce prйtendu corps homogиne par un procйdй spйcial de fractionnement, le rйsout en deux corps, le praséodyme et le nйodyme, corps entre lesquels on peut apercevoir certaines diffйrences. De plus, nous ne sommes pas sыrs que le nйodyme et le praséodyme soient des corps simples. Au contraire, eux aussi montrent des tendances а la division. Or, si ce que l’on suppose un йlйment donne naissance, aprиs un certain traitement, а des molйcules dissemblables, nous avons le droit de demander si l’on ne pourrait pas obtenir des rйsultats semblables en opйrant sur d’autres йlйments, peut-кtre mкme sur tous les йlйments. Nous pourrions mкme demander oщ le procйdй de classification doit s’arrкter – car ce procйdй prйsuppose nйcessairement des variations entre les molйcules individuelles de chaque espиce. Et dans ces sйparations successives nous trouvons naturellement des corps qui se rapprochent de plus en plus йtroitement entre eux. » [ Presidential Address before the Royal Society of Chemists. Mars 1888.]

Encore une fois, le reproche qu’on fait aux Anciens est inexcusable. Leurs philosophes initiйs, du moins, ne peuvent pas rester sous cette imputation, puisque ce sont eux qui, depuis le commencement, ont inventй les allйgories et les mythes religieux. S’ils avaient ignorй l’Hйtйrogйnйitй de leurs Йlйments, ils n’auraient pas personnifiй le Feu, l’Air, l’Eau, la Terre et l’Aether; leurs dieux et leurs dйesses Cosmiques n’auraient jamais йtй gratifiйs d’une telle postйritй, de tant de fils et de filles, qui ne sont que des йlйments issus de chacun des Йlйments respectifs au-dedans d’eux. L’Alchimie et les phйnomиnes Occultes auraient йtй une illusion et un piиge, mкme en thйorie, si les Anciens avaient йtй ignorants des potentialitйs, des fonctions et des attributs corrйlatifs de tout йlйment qui entre dans la composition de l’Air, de l’Eau, de la Terre et mкme du Feu – ce dernier est terra incognita aujourd’hui encore pour la Science Moderne, qui se trouve forcйe de l’appeler Mouvement, йvolution de lumiиre et de chaleur, йtat d’ignition – de le dйfinir, en un mot, par ses aspects extйrieurs parce qu’elle ignore sa nature.

Mais ce dont la Science Moderne semble ne pouvoir se rendre compte c’est que, quelque diffйrenciйs qu’aient йtй ces simples atomes chimiques, - que la philosophie archaпque appelait « les crйateurs de leurs Parents respectifs », les pиres, frиres et maris, de leurs mиres, et ces mиres, les filles de leurs propres fils, comme Aditi et Daksha, par exemple, - quelque diffйrenciйs que fussent ces йlйments au commencement, ils n’йtaient cependant pas les corps composйs que la Science connaоt tels qu’ils sont maintenant. Ni l’Eau, ni l’Air, ni la Terre (synonyme gйnйral des solides) n’existaient sous leur forme actuelle reprйsentant les seuls trois йtats de matiиre reconnus par la Science; car tous ceux-ci, et mкme le Feu, ne sont que des productions dйjа recombinйes par les atmosphиres de globes complиtement formйs, de sorte que, dans les premiиres pйriodes de la formation de la terre, ils йtaient quelque chose tout а fait sui generis. Maintenant que les conditions et les lois qui gouvernent notre Systиme Solaire sont pleinement dйveloppйes et que l’atmosphиre de notre terre, comme celle de tout autre globe, est devenue, pour ainsi dire, un creuset particulier, la Science Occulte enseigne qu’il y a а travers l’espace un йchange continuel de molйcules, ou plutфt d’atomes corrйlatifs qui changent ainsi sur chaque planиte leurs йquivalents combinйs. Quelques hommes de Science parmi les plus grands physiciens et chimistes commencent а soupзonner ce fait que les Occultistes connaissent depuis des siиcles. Le spectroscope ne montre que la similitude probable (d’aprиs tйmoignage externe) de la substance terrestre et de la substance sidйrale; il ne peut aller plus loin, ni montrer si les atomes gravitent les uns vers les autres de la mкme faзon et dans les mкmes conditions qu’on prйsume qu’ils le font physiquement et chimiquement sur notre planиte. L’йchelle de tempйrature, du plus haut au plus bas degrй qu’on puisse concevoir, peut кtre admise comme йtant la mкme dans tout l’Univers; pourtant ses propriйtйs, sauf celles de la dissociation et de la rйassociation, diffиrent sur chaque planиte, et par consйquent les atomes entrent dans de nouvelles formes d’existence, formes qui ne sont ni connues ni mкme imaginйes par la Science Physique. Comme on l’a dйjа dit dans Five Years of Theosophy [ Collection d’йcrits de H.P.B. йditйs en volume, p. 242 Йdition de 1885. ], l’essence de la matiиre comйtaire, par exemple, « ne possиde aucune des caractйristiques physiques ou chimiques familiиres aux plus grands chimistes et physiciens de notre terre ».Et cette matiиre elle-mкme, durant son passage rapide а travers notre atmosphиre, йprouve un certain changement dans sa nature.

Par consйquent, les йlйments de notre Planиte, comme ceux de toutes ses soeurs du Systиme Solaire, diffиrent autant les uns des autres dans leurs combinaisons qu’ils diffиrent des йlйments Cosmiques situйs au-delа de nos limites solaires [ C’est encore corroborй par le mкme Savant qui, dans la confйrence dont nous avons parlй, cite Clerk Maxwell lorsqu’il dit que « les йlйments ne sont pas absolument homogиnes ». Voici ce qu’il йcrit : « Il est difficile de concevoir la sйlection et l’йlimination de variйtйs intermйdiaires, car, oщ ces molйcules йliminйes ont-elles pu aller si, comme nous avons raison de le croire, l’hydrogиne, etc., des йtoiles fixes se compose de molйcules absolument identiques aux nфtres?… D’abord, nous pourrions mettre en doute cette identitй molйculaire absolue, puisque nous n’avons jusqu’ici d’autres moyens pour arriver а la dйterminer que ceux fournis par le spectroscope, et l’on admet, d’autre part, que pouvoir comparer et discerner avec exactitude les spectres de deux corps il faut examiner dans des йtats identiques de tempйrature, de pression et de toute autre condition physique. Il est certain que nous avons vu, dans le spectre du soleil, des rayons que nous n’avons pu identifier. » ].

Par consйquent, les йlйments de notre planиte  ne peuvent pas кtre pris comme йtalon dans la comparaison йtablie entre eux et les йlйments des autres mondes. [ En fait, chaque monde a son Fohat qui est omniprйsent dans sa propre sphиre d’action. Mais il y a autant de Fohats qu’il y a de mondes et chacun d’eux varie en pouvoir et en degrй de manifestation. Les Fohats individuels font un Fohat universel et collectif, - l’aspect-entitй de la non-entitй une et absolue, qui est l’КTRETÉ absolue, - SAT. Il est йcrit que « des millions et des milliards de mondes sont produits а chaque Manvantara ». Par consйquent, il faut qu’il y ait plusieurs Fohats que nous considйrons comme des Forces conscientes et intelligentes. Ceci rйvolte sans doute les esprits scientifiques. Nйanmoins, les Occultistes, qui ont de bonnes raisons pour cela, considиrent toutes les forces de la Nature comme de vйritables, quoique super-sensuels, йtats de Matiиre et comme des objets susceptibles d’кtre perзus par les кtres douйs des sens nйcessaires.]

Cachй, en son йtat primordial et virginal, dans le Sein de la Mиre Йternelle, tout atome nй au-delа du seuil de son domaine est vouй а la diffйrenciation incessante. « La mиre dort mais elle respire toujours. » Et chacune de ses respirations jette sur le plan de la manifestation ses produits protйiformes qui, portйs sur la vague de l’efflux, sont dispersйs par Fohat et chassйs vers telle ou telle atmosphиre planйtaire ou au-delа. Une fois saisi par l’une de ces atmosphиres, l’atome est perdu; sa puretй primitive est а jamais disparue, а moins que le Destin ne le dissocie en le conduisant а un « courant d’EFFLUX » (terme occulte qui signifie un processus tout autre que celui impliquй par l’expression ordinaire) qui le reporte sur la frontiиre oщ il avait auparavant pйri; prenant alors son vol, non pas dans l’Espace au-dessus, mais dans celui en dedans, il est mis dans un йtat d’йquilibre diffйrentiel et est heureusement rйabsorbй. Si un Alchimiste Occultiste vraiment instruit se mettait а йcrire « la Vie et les Aventures d’un Atome », il s’exposerait au mйpris suprкme du chimiste moderne, mais peut-кtre aussi plus tard а sa reconnaissance. [ En vйritй, s’il se trouvait qu’un tel chimiste imaginaire eыt de l’intuition et voulыt bien, pour un moment, sortir de l’orniиre conventionnelle de la « Science Exacte », comme le faisaient les Alchimistes des anciens temps, il serait possible que son audace fыt rйcompensйe. ] Quoi qu’il en soit, dit le Commentaire, « le souffle du Pиre-Mиre sort froid et radieux et devient chaud et corrompu pour se refroidir de nouveau et se purifier dans le sein йternel de l’Espace interne ». L’homme absorbe de l’air pur et froid au sommet des montagnes, et l’exhale chaud, impur et transformй. De mкme, l’atmosphиre supйrieure йtant la bouche de chaque globe, et l’atmosphиre infйrieure ses poumons, l’homme de notre planиte ne respire que les « dйchets de la Mиre »; par consйquent, « la fatalitй veut qu’il meure sur elle ». [ Celui qui transformerait l’indolent oxygиne en ozone portй а son degrй d’activitй alchimique en le rйduisant а son essence pure (et il y a des moyens pour le faire) dйcouvrirait ainsi un substitut de « l’Йlixir de Vie » et pourrait l’employer а des usages pratiques. ]

b) Le processus mentionnй par les mots « de Petites Roues qui se donnent naissance les unes aux autres » a lieu dans la sixiиme rйgion en comptant d’en haut, et sur le plan du monde le plus matйriel parmi tous ceux du Kosmos manifestй – notre plan terrestre. « Ces Sept Roues » sont notre Chaоne Planйtaire. Par « Roues », on entend gйnйralement les sphиres et centres de force divers; mais, dans ce cas-ci, elle se rapportent а notre Anneau Septénaire.

Stance VI (4)

4. Il les construit sur le modиle des Roues [ Mondes. ] plus anciennes, les plaзant sur les Centres Impйrissables (a). Comment Fohat les construit-il? Il rassemble la Poussiиre de Feu. Il forme des Boules de Feu, passe а travers et autour d’elles, leur infusant la vie, et il les met ensuite en mouvement, les unes dans un sens, les autres dans un autre. Elles sont froides, il les rйchauffe. Elles sont sиches, il les humecte. Elles brillent, il les йvente et les refroidit (b). Ainsi agit Fohat, d’un Crйpuscule а l’autre, pendant sept Йternitйs [ Une pйriode qui, selon les calculs brвhmaniques, est composй de 311.040.000.000.000 d’annйes : le Mahв-Manvantara. ].

a) Les mondes sont construits а « la ressemblance de Roues plus anciennes », c'est-à-dire . de roues qui avaient existй dans les Manvantaras prйcйdents et qui avaient passй en Pralaya; car la LOI qui rйgit la connaissance, la croissance et le dйclin de tout ce que contient le Kosmos, depuis le Soleil jusqu’au ver luisant qui rampe dans l’herbe, est UNE. Il y a un incessant travail de perfection а chaque naissance nouvelle, mais la matiиre-Substance et les Forces sont les mкmes. Mais cette Loi agit sur chaque planиte par des lois mineures diverses.

Les « Centres impйrissables » [Laya] sont trиs importants et il faut que leur signification soit bien comprise si l’on veut avoir une conception nette de la Cosmogonie Archaпque dont les thйories passent maintenant dans l’Occultisme. А prйsent on peut dire une chose : les Mondes ne sont construits ni sur, ni au-dessus, ni dans les Centres Laya, car le point zйro est une condition et non un point mathйmatique.

b) Rappelons-nous que Fohat, la force constructrice de l’Йlectricitй Cosmique, est sortie, dit-on, métaphoriquement, comme Rudra, de la tкte de Brahmв, « du cerveau du Pиre et du Sein de la Mиre », et qu’il s’est mйtamorphosй ensuite en un mвle et une femelle, c’est-а-dire s’est polarisй en йlectricitй positive et nйgative. Il a Sept Fils qui sont ses Frиres. Fohat est forcй de naоtre souvent : chaque fois que deux de ses « Fils-Frиres » se rapprochent trop, que ce soit pour s’embrasser ou pour se combattre. Pour йviter cela, il unit et lie ensemble ceux dont les natures sont opposйes et sйpare ceux de tempйrament semblables. Comme chacun peut le voir, cela se rapporte а l’йlectricitй gйnйrйe par friction et а la loi d’attraction entre deux objets de polaritй dissemblable et la rйpulsion entre ceux de mкme polaritй. Les Sept « Fils-Frиres », cependant, reprйsentent et personnifient les sept formes du magnйtisme cosmique, formes appelйes en Occultisme Pratique les « Sept Radicaux » et dont les rejetons actifs et collaborant entre eux sont, entre autres йnergies l’Йlectricitй, le Magnйtisme, le Son, la Lumiиre, la Chaleur, la Cohйsion, etc. la Science Occulte les dйfinit comme effets supersensoriels dans leur comportement cachй et comme phйnomиnes objectifs dans le monde des sens; les premiers demandent des facultйs anormales pour кtre perзus, les derniers sont perceptibles а nos sens physiques ordinaires. Ils sont tous les йmanations de qualitйs plus supersensorielles encore, non personnifiйes par des CAUSES rйelles et conscientes mais leur appartenant. Essayer de donner une description de telles ENTITÉS serait pire qu’inutile. Il faut que le lecteur se souvienne que, selon notre enseignement, lequel considиre cet Univers phйnomйnal comme une Grande ILLUSION, plus un corps se rapproche de la SUBSTANCE INCONNUE, plus il s’approche de la Rйalitй, car il est ainsi d’autant plus йloignй de ce monde de la Mвyв. Par consйquent, quoique la constitution molйculaire de ces corps ne puisse кtre dйduite de leurs manifestations sur ce plan de conscience, ils possиdent nйanmoins, au point de vue de l’Occultiste-Adepte, une structure sinon matйrielle, du moins objective et distincte dans l’Univers relativement  noumйnal – par opposition а l’Univers phйnomйnal. Les hommes de Science peuvent les appeler, s’ils le veulent, Force ou Forces gйnйrйes par la matiиre, ou encore « modes de son mouvement [ Modes du mouvement de la Matiиre. – (N.d.T.) ] », l’Occultisme voit dans ces effets des Йlйmentals (forces), et dans les causes directes qui les produisent, des Travailleurs DIVINS et intelligents.Le lien intime qui existe entre ces Йlйmentals guidйs par la main infaillible des Gouverneurs et les йlйments de la Matiиre pure, - leur corrйlation, pourrions-nous mкme dire, - avec cette matiиre rйsulte en phйnomиnes terrestres tels que lumiиre, chaleur, magnйtisme, etc. Il est certain que nous ne serons jamais d’accord avec les Substantialistes Amйricains [ Voir le Scientific Arena, journal mensuel vouй а l’enseignement philosophique du jour et а son action sur la pensйe religieuse. New York, A. Wilford Hall. Ph. D. LL. D., Editor. Juillet, Aoыt et septembre 1886. ]qui appellent toute Force et toute Йnergie – que ce soit Lumiиre, Chaleur, Йlectricitй ou Cohйsion – une « Entitй »; car ce serait la mкme chose que de dire que le bruit produit par le roulement d’une voiture est une ENTITÉ, - confondant et identifiant ainsi ce « bruit » avec le « cocher » qui est en dehors et « l’Intelligence Maоtresse » qui est en dedans de la voiture et la guide. Mais nous donnons sыrement ce nom aux « cochers » et aux « Intelligences » dirigeantes, c’est-а-dire au Dhyвn Chфhans, comme nous l’avons montrй. Les « Йlйmentals », les Forces de la Nature, sont les causes secondaires agissantes, quoique invisibles ou plutфt imperceptibles; ce sont en eux-mкmes les effets des Causes primaires derriиre le voile de tout phйnomиne terrestre. L’йlectricitй, la lumiиre, la chaleur, etc., ont йtй trиs justement nommйes les « Spectres ou les Ombres de la Matiиre en Mouvement », c'est-à-dire . des йtats supersensoriels de matiиre dont nous ne pouvons connaоtre que les effets. Pour йlargir la comparaison que nous venons de faire, nous dirons que la sensation de lumiиre est, comme le son des roues qui tournent – effet purement phйnomйnal n’ayant aucune existence en dehors de l’observateur. La cause prochaine qui produit la sensation est comparable au cocher, c’est un йtat supersensoriel de matiиre en mouvement, une Force de la Nature ou Йlйmental. Mais de mкme que le propriйtaire de la voiture dirige du dedans le cocher, de mкme derriиre cette force se tient sa cause supйrieure et noumйnale : l’Intelligence, dont l’essence rayonne ces Йtats de la « Mиre » qui gйnиrent а leur tour les milliards innombrables d’Йlйmentals ou Esprits Psychiques de la Nature, de mкme que chaque goutte d’eau gйnиre ses Infusoires physiques infinitйsimaux. [ Voir Dieux, Monades et Atomes. Vol. 2, Sect. 14 ].C’est  Fohat qui guide le transfert des principes d’une planиte а une autre, d’une йtoile а son йtoile-fille. Quand une planиte meurt, les principes qui l’animent sont transfйrйs а un centre laya ou centre de sommeil; ce centre contient en lui de l’йnergie potentielle latente qui s’йveille ainsi а la vie et commence а se dйvelopper en un nouveau corps sidйral.

Il est trиs remarquable que, tout en reconnaissant leur ignorance complиte au sujet de la vraie nature de la simple matiиre terrestre (ils considиrent la substance primordiale comme un rкve plutфt que comme une rйalitй), les Physiciens ne se fassent pas moins juges de cette matiиre et prйtendent dire ce qu’elle peut et ce qu’elle ne peut pas faire dans ses diverses combinaisons. Les Savants ne connaissent qu’а peine l’extйrieur de cette matiиre et cependant ils prйtendent dogmatiser. C’est un « mode de mouvement »; disent-ils, voilа tout! Mais la force inhйrente au souffle d’une personne vivante qui chasse du plateau d’une table un grain de poussiиre est indubitablement aussi « un mode de mouvement »; on ne peut pourtant pas nier qu’elle n’est pas une qualitй de la matiиre ou des molйcules du grain de poussiиre, et qu’elle йmane de l’Entitй vivante et pensante qui a soufflй, que l’impulsion ait йtй consciente ou inconsciente. En un mot, douer la matiиre – ce quelque chose sur lequel l’on sait si peu jusqu’ici – d’une qualitй inhйrente qu’on appelle Force et qu’on connaоt encore bien moins, c’est crйer une difficultй bien plus sйrieuse que celle qui rйside dans l’acceptation de l’intervention de nos « Esprits de la nature » dans chaque phйnomиne naturel.

Les Occultistes – qui, s’ils voulaient s’exprimer correctement, diraient que ce n’est pas la matiиre, mais seulement la substance ou l’essence de la matiиre (c’est-а-dire Mulaprakriti, la racine de tout) qui est indestructible et йternelle – affirment que les prйtendues Forces de la Nature, l’Йlectricitй, le magnйtisme, la Lumiиre, la Chaleur, etc., loin d’кtre des modes de mouvement de molйcules matйrielles, sont, in esse, c'est-à-dire dans leur constitution ultime, les aspects diffйrenciйs de ce Mouvement Universel qui s’est discutй et expliquй dans les premiиres pages de ce volume (voir prйface). Lorsqu’on dit que Fohat produit « Sept centres Laya », on veut dire que, dans des buts formatifs ou crйateurs, la GRANDE LOI, - les Thйistes peuvent la nommer Dieu, - arrкte ou plutфt modifie son mouvement perpйtuel sur sept points invisibles dans l’aire de l’Univers manifestй. « Le Grand Souffle creuse а travers l’Espace sept trous dans le Laya, pour les faire tourner en cercle pendant le Manvantara », dit le Catйchisme Occulte. Nous avons dit que le Laya est ce que la Science pourrait appeler le point ou la ligne zйro, le royaume de la nйgativitй absolue, ou la seule Force rйelle et absolue, le NOUMÈNE du Septiиme Йtat de ce que nous appelons et reconnaissons, dans notre ignorance, comme « Force », ou encore, le Noumиne de la Substance Cosmique Indiffйrenciйe, qui est elle-mкme, pour la perception finie, un objet inaccessible et inconnaissable : racine et base de tous les йtats d’objectivitй et de subjectivitй, l’axe neutre, non pas l’un des multiples aspects mais leur centre. On peut tendre а йlucider la signification de ce qui prйcиde, en essayant d’imaginer un « centre neutre » - le rкve de ceux qui voudraient dйcouvrir le mouvement perpйtuel. Un « centre neutre » est, sous un aspect, le point limite d’un groupe quelconque de sens. Imaginons, par exemple, deux plans consйcutifs de matiиre, correspondant chacun а un groupe appropriй d’organes perceptifs. Nous sommes forcйs d’admettre qu’entre ces deux plans de matiиre une incessante circulation a lieu; et si nous suivons les atomes et les molйcules du plan infйrieur, par exemple, dans leur transformation ascendante, ils arriveront а un point oщ ils dйpassent tout а fait le niveau des facultйs dont nous nous servons sur le plan infйrieur. En fait et pour nous, la matiиre du plan infйrieur disparaоt de notre perception, ou plutфt passe sur le plan supйrieur, et l’йtat de matiиre qui correspond а un tel point de transition doit certainement possйder des propriйtйs spйciales et difficiles а dйcouvrir. Sept tels « Centres Neutres [ Tel est, croyons-nous, le nom que J. W. Keely de Philadelphie employait  en parlant de ce qu’il appelait aussi des « Centres Йthйriques ». Il a cru avoir inventй le fameux « moteur » destinй, comme l’ont espйrй ses admirateurs, а rйvolutionner la puissance motrice du monde… ] » sont donc produits par Fohat qui, lorsque, comme le dit Milton,

De belles fondations (sont) posйes sur lesquelles on peut construire… incite la matiиre а l’activitй et а l’йvolution.

L’Atome primordial (ANU) ne peut кtre multipliй ni dans son йtat prйgйnйtique ni dans sa primogйnйitй; on l’appelle donc la « SOMME TOTALE », figurativement, bien entendu, car cette « SOMME TOTALE » est sans bornes. Ce qui, pour le Physicien qui ne connaоt que le monde des causes et des effets visibles, est l’abоme du nйant est, pour l’Occultiste, l’Espace sans bornes du Plenum Divin. Entre beaucoup d’autres objections faites а la doctrine d’une йvolution et d’une involution sans fin (ou rйabsorption) du Kosmos, - processus qui, selon la Doctrine Brвhmanique Йsotйrique, est sans commencement ni fin, - on affirme а l’occultiste que cela ne peut pas кtre puisque, « selon tous les principes de la philosophie scientifique moderne, c’est une nйcessitй pour la Nature se s’йpuiser ». Si la tendance de la nature а « s’йpuiser » constitue rйellement une objection si puissante а la Cosmogonie Occulte, nous demanderons comment vos Positivistes, vos Libres penseurs et vos Savants expliquent cette masse de systиmes stellaires actifs qui nous entourent? Ils avaient l’йternitй pour s’йpuiser; pourquoi donc le Kosmos n’est-il pas devenu depuis une immense masse inerte? La lune est bien supposйe кtre une planиte morte, йpuisйe, mais ce n’est lа qu’une hypothиse, et d’ailleurs l’Astronomie ne semble pas connaоtre beaucoup de ces planиtes mortes [ La lune n’est morte qu’en ce qui concerne ses principes internes, c’est-а-dire psychiquement et spirituellement, quelque absurde que paraisse cette idйe. Physiquement, elle ressemble а un corps а moitiй paralysй. L’Occultisme l’appelle avec justice la « Mиre Folle », la grande lunatique sidйrale ]. Il n’y a pas de rйponse а cette question. Mais si nous la mettons de cфtй, il faut remarquer que l’idйe de l’йpuisement de la quantitй « d’йnergie transformable » dans notre petit systиme est basйe purement sur la conception erronйe d’un « soleil incandescent portй au rouge-blanc », soleil dissipant sans cesse sa chaleur dans l’espace sans compensation. А cela nous rйpondons que la nature ne s’йpuise sur le plan objectif et n’en disparaоt que pour sortir de nouveau du plan subjectif aprиs une pйriode de repos et remonter encore. Notre Kosmos et notre Nature ne s’йpuiseront que pour reparaоtre sur un plan plus parfait aprиs chaque PRALAYA. La MATIÈRE des philosophes orientaux n’est pas la « matiиre » ni la nature des mйtaphysiciens occidentaux. Car, qu’est-ce que la Matiиre? Et surtout, qu’est notre philosophie scientifique, sinon ce que Kant a si courtoisement et si justement dйfini « la science des limites de notre connaissance »? А quoi ont abouti les nombreux efforts de la science pour lier, attacher et dйfinir tous les phйnomиnes de la vie organique au moyen de manifestations purement physiques et chimiques? Le plus gйnйralement а de simples spйculations – des bulles de savon qui ont йclatй l’une aprиs l’autre avant que les hommes de science aient pu dйcouvrir des faits rйels. On aurait йvitй tout cela et la connaissance aurait grandement progressй si seulement la science et la philosophie s’йtaient abstenues d’accepter des hypothиses basйes sur la connaissance partiale de leur « matiиre ». [Le cas d’Uranus et de Neptune – dont les satellites, au nombre de quatre et un respectivement, tournaient, croyait-on dans leurs orbites de l’Est а l’Ouest, tandis que tous les autres satellites tournent de l’Ouest а l’Est - se trouve кtre un trиs bon exemple pour montrer combien peu l’on doit se fier а des spйculations a priori, mкme lorsqu’elles sont basйes sur l’analyse mathйmatique la plus stricte. L’hypothиse fameuse de la formation de notre Systиme Solaire au moyen d’anneaux nйbulaires, hypothиse formulйe par Kant et Laplace, йtait surtout basйe sur le prйtendu fait que toutes les planиtes tournent dans le mкme sens. Laplace, s’appuyant sur ce fait qui, а son йpoque, йtait une chose mathйmatiquement dйmontrйe et sur le calcul des probabilitйs, voulait parier trois milliards contre un que la prochaine planиte а dйcouvrir aurait dans son systиme la mкme particularitй de mouvement vers l’Est. Les lois immuables des mathйmatiques scientifiques « furent mises а mal, dit-on, par les expйriences et les observations qui ont suivi ». Cette idйe de l’erreur de Laplace a gйnйralement prйvalu jusqu’а nos jours; mais quelques Astronomes ont fini par dйmontrer (?) que l’erreur rйsidait dans le fait d’admettre que Laplace s’йtait trompй; et on est en train d’essayer de corriger la bйvue sans attirer l’attention gйnйrale. Plus d’une surprise dйsagrйable attend les hypothиses de nos savants, mкme celles qui n’ont qu’un caractиre purement physique. А quelles dйsillusions ne doit-on, dиs lors, pas s’attendre sur les questions qui touchent а la Nature Occulte et transcendante? En tout cas, l’Occultisme enseigne que le prйtendu « mouvement rйtrograde » est un fait.]

Si aucun intellect physique n’est capable de compter les grains de sable qui couvrent quelques kilomиtres de rivage, ou de comprendre la nature ultime et l’essence de ces grains, qui sont pourtant palpables et visibles sur la main du naturaliste, comment un matйrialiste peut-il limiter les lois qui gouvernent les changements de condition et d’кtre des atomes dans le Chaos primordial; comment peut-il savoir quelque chose de sыr au sujet des capacitйs et des pouvoirs des atomes et des molйcules avant et aprиs qu’ils ont servi а former des mondes? Ces molйcules immuables et йternelles – beaucoup plus nombreuses dans l’espace que les grains de sable sur les rivages – peuvent diffйrer dans leur constitution suivant la ligne de leurs plans d’existence comme la substance de l’вme diffиre de son vйhicule, le corps. Chaque atome a sept plans d’кtre ou d’existence, nous dit-on, et chaque plan est gouvernй par ses lois spйciales d’йvolution et d’absorption. Les Astronomes, les Gйologues et les Physiciens, en essayant de dйcider de l’вge de notre planиte ou de l’origine du systиme solaire sans possйder une date mкme approximative pour assurer leur point de dйpart, s’йloignent avec chaque nouvelle hypothиse, des rives du fait et se perdent dans les profondeurs insondables de l’ontologie spйculative [ Les Occultistes, cependant, ayant une foi entiиre en leurs annales exactes astronomiques et mathйmatiques, calculent l’вge de l’Humanitй et affirment que l’homme (avec sexes sйparйs) existe, dans la prйsente Ronde, depuis 18.618.727 annйes, d’accord avec les enseignements brвhmaniques et mкme avec quelques calendriers hindous. ].La loi d’Analogie dans le plan de construction des systиmes trans-solaires et des planиtes solaires ne s’applique pas nйcessairement aux conditions finies auxquelles est sujet tout corps objectif sur notre plan d’кtre. Dans la Science Occulte, cette Loi d’Analogie est la premiиre et la plus importante des clefs de la physique Cosmique; mais il faut l’йtudier dans ses moindres dйtails et « la tourner sept fois » avant de pouvoir la comprendre. La Philosophie Occulte est la seule science qui puisse l’enseigner. Comment peut-on dиs lors faire dйpendre la vйritй et la faussetй de la proposition des Occultistes, que « le Kosmos est йternel dans sa collectivitй non conditionnйe et fini seulement dans ses manifestations conditionnйes », de l’affirmation partielle et incomplиte que « c’est une nйcessitй pour la Nature de s’йpuiser[ Les commentaires sur les Stances reprennent plus loin.] »?

Quelques faits et explications

avec ce Shlфka se terminent les Stances qui se rapportent а cette partie de la Cosmogonie de l’Univers qui commence aprиs le dernier Mahвpralaya ou destruction Universelle, qui, lorsqu’elle arrive, chasse de l’Espace comme autant de feuilles mortes toutes choses diffйrenciйes, des Dieux aux Atomes. А partir de ce verset, les Stances ne s’occupent, en gйnйral, que de notre Systиme Solaire et des Chaоnes Planйtaires qu’il comporte, et en particulier de l’histoire de notre Globe (le Quatriиme et de sa Chaоne). Tous les versets qui suivent dans ce volume se rapportent donc а l’йvolution qui a cours sur notre Terre. Il est, en ce qui concerne cette derniиre, une donnйe йtrange, - йtrange seulement au point de vue scientifique, s’йtend, - mais que nous devons faire connaоtre.

Pourtant, avant de prйsenter au lecteur des thйories nouvelles et quelque peu йtonnantes, il faut donner quelques mots d’explication. C’est absolument nйcessaire parce que ces thйories sont non seulement en opposition avec la Science moderne, mais parce qu’elles contredisent sur certains points, ce qui a йtй йcrit [ Dans Le Bouddhisme Йsotйrique, 1883 et Man : Fragments of a Forgotten History, par Deux Chйlas, 1885 ] par d’autres Thйosophes, qui prйtendent fonder leur exposй et l’explication qu’ils en font sur la mкme autoritй que sur celle sur laquelle nous nous appuyons.

Cela pourrait inspirer l’idйe qu’il y a contradiction directe entre ceux qui exposent la mкme doctrine, tandis qu’en rйalitй la diffйrence vient de ce que l’information donnйe aux premiers auteurs йtait incomplиte, ce qui les entraоna а tirer des conclusions erronйes et а se livrer а des spйculations prйmaturйes dans leur effort pour prйsenter au public un systиme complet. Par consйquent, le lecteur, qui est dйjа un йtudiant de la Thйosophie, ne doit pas s’йtonner de trouver dans ces pages la rectification de certaines dйclarations faites dans plusieurs livres Thйosophiques et aussi l’explication de certains points qui sont demeurйs obscurs parce qu’ils йtaient forcйment incomplets. Il y a beaucoup de questions que mкme l’auteur du Bouddhisme Йsotйrique – le meilleur et le moins inexact des ouvrages visйs – n’a pas traitйes. D’un autre cфtй, il a lui-mкme introduit plusieurs idйes erronйes qu’il faut maintenant prйsenter sous leur vraie lumiиre mystique, autant que le prйsent auteur est capable de la faire.

Arrкtons-nous donc un moment entre les Shlфkas que nous venons d’expliquer et ceux qui vont suivre, car les pйriodes cosmiques qui les sйparent sont d’une durйe immense. Cela nous donnera bien le temps de regarder а vol d’oiseau quelques points qui appartiennent а la DOCTRINE SECRÈTE et qui ont йtй prйsentйs au public dans une lumiиre plus ou moins incertaine et quelquefois fausse.

Quelques erreurs thйosophiques de dйbut au sujet des planиtes,
des rondes et de l’homme

Parmi les onze Stances omises, il y en a une qui donne une complиte description de la formation successive des Chaоnes Planйtaires, aprиs que la premiиre diffйrenciation Cosmique et Atomique eut commencй dans l’ACOSMISME primitif. Il est vain de parler des « lois qui s’йrigent lorsque la Divinitй se prйpare а crйer », car les « lois », ou plutфt la LOI, sont йternelles et incrййes, et, de mкme, la Divinitй est la Loi et vice versa. En outre, la LOI une, йternelle, dйveloppe tout, dans la Nature (qui doit кtre) manifestйe, sur un principe septйnaire, et ce principe rйgit les innombrables Chaоnes circulaires de Mondes, composйes de sept Globes graduйs sur les quatre plans infйrieurs du Monde de Formation, les trois autres plans appartiennent а l’Univers Archйtype. De ces sept Globes, UN seulement – le plus bas et le plus matйriel – est sur notre plan ou а portйe de nos moyens de perception; les six autres sont en dehors de ce plan et par consйquent invisibles а l’oeil terrestre. Chacune de ces Chaоnes de Mondes est l’hйritier et la crйation – la rйincarnation pour ainsi dire – d’une autre Chaоne moins avancйe et morte. Pour кtre plus clair, nous dirons : On nous enseigne que chacune des planиtes, dont sept seulement sont dites sacrйes parce qu’elles sont gouvernйes par les plus hauts Rйgents ou Dieux et non parce que les Anciens ne savaient rien des autres [ On йnumиre dans les Livres Secrets beaucoup plus de planиtes que dans les livres astronomiques modernes ], - que chacune des planиtes, disons-nous, connue ou non, est un septйnaire, comme la Chaоne а laquelle la terre appartient. (voir Bouddhisme Ésotérique ) Par exemple, toutes les planиtes qui, comme Mercure, Vйnus, Mars, Jupiter, Saturne, etc., ou notre Terre, sont pour nous aussi visibles que notre Globe l’est probablement pour les habitants des autres planиtes, s’il y en a, parce qu’elles sont toutes sur le mкme plan; tandis que les globes-compagnons supйrieurs de ces planиtes sont sur des plans complиtement en dehors de nos sens terrestres. Comme nous donnons plus loin – et aussi dans le diagramme joint aux commentaires du Shloka 6 de la Stance VI – leurs positions relatives, il n’est besoin d’ajouter ici que quelques mots d’explication. Ces invisibles compagnons correspondent singuliиrement а ce que nous nommons les « principes dans l’Homme ». Les sept sont sur trois plans matйriels et un plan spirituel, rйpondant aux trois Upadhis (bases matйrielles) et au Vйhicule spirituel (Vвhana) des sept Principes de la division humaine. Si, pour obtenir une conception mentale plus claire, nous imaginons les Principes humains arrangйs en un schйma, nous obtiendrons le diagramme de correspondances qui se trouve ci-aprиs.

* Comme nous sommes en train de procйder des Universaux aux Particuliers au lieu de nous servir de la mйthode inductive d »Aristote, les nombres sont placйs en sens inverse. On met l’Esprit а la premiиre place au lieu de la septiиme, comme on le fait ordinairement, mais comme, а vrai dire, on ne devrait pas le faire.

+ Les principes humains, tels qu’ils sont йnumйrйs ordinairement dans le Bouddhisme Йsotйrique et d’autres livres, sont : 1° Atmв; 2° Buddhi (l’Вme Spirituelle); 3° Manas (l’Вme Humaine); 4° Kвma Rupa (le Vйhicule des Dйsirs et des Passions); 5° Prвna; 6° Linga Sharira; 7° Stula Sharira.

Les lignes foncйes [ « Les lignes foncйes horizontales » dans le texte d’origine. Pour cette йdition, en  reconstruisant le diagramme nous avons utilisй des lignes verticales et horizontales pour accentuer les contrastes, mais sans en changer la valeur. ] des plans infйrieurs sont les Upвdhis, dans le cas des Principes humains, et les plans, dans la Chaоne Planйtaire.

Il va sans dire que, pour les Principes Humains, le tableau ne les place pas exactement en ordre; cependant il montre la correspondance et l’analogie sur lesquelles nous voulons appeler l’attention. Comme le lecteur le verra, c’est un cas de descente des deux Entitйs dans la matiиre, l’ajustement – au sens mystique et physique – des deux et leur mйlange dans la grande « lutte pour la vie » qui les attend. On trouvera peut-кtre que « Entitй » est un terme singulier а employer pour le cas d’un Globe, mais les philosophes de l’antiquitй qui voyaient dans la Terre un йnorme « animal », йtaient plus sages а leur йpoque que ne le sont nos gйologues modernes; et Pline qui appelait la Terre notre bonne mиre et nourrice et le seul Йlйment qui ne soit pas l’ennemi de l’homme, parlait avec plus de vйritй que Watts qui s’imaginait voir en elle le marchepied de Dieu. La Terre n’est que le marchepied de l’homme dans son ascension vers les rйgions supйrieures; c’est le vestibule

… Des glorieuses demeures, vers lesquelles se presse sans cesse une foule houleuse.

Mais cela ne fait que dйmontrer combien la Philosophie Occulte rйpond admirablement а tout ce qui est dans la Nature et combien plus logiques sont ses donnйes que les spйculations hypothйtiques et sans vie de la Science Physique.

Cela appris, le Mystique sera mieux prйparй а comprendre l’enseignement Occulte, bien qu’il soit probable que tout йtudiant rigoureux de la Science moderne considиre cet enseignement comme un absurde non-sens. L’йtudiant de l’Occultisme maintient cependant que la thйorie que nous discutons en ce moment est bien plus philosophique et probable que tout autre. Elle est du moins plus logique que la thйorie rйcemment avancйe qui faisait de la lune un fragment projetй par notre Terre lorsqu’elle йtait un globe en fusion, une masse plastique. [ M. Samuel Laing, l’auteur de Modern science and modern thought, dit : « Les conclusions astronomiques sont des thйories basйes sur des donnйes tellement incertaines que, tandis que dans quelques cas elles donnent des chiffres si faibles qu’ils sont incroyables, - comme les 15 millions d’annйes assignйes а l’entier processus de la formation du systиme solaire, - dans d’autres, elles aboutissent а de si longues pйriodes qu’elles sont tout aussi incroyables, - lorsqu’on suppose, par exemple, que la lune a йtй projetйe pendant la pйriode de rotation de la terre йtait de trois heures, alors que la plus grande retardation actuelle obtenue par l’observation demanderait 600 millions d’annйes pour la faire tourner en vingt-trois heures au lieu de vingt-quatre » (page 48). Et si les Physiciens persistent en de pareilles spйculations, pourquoi se moquerait-on de la chronologie des Hindous en la qualifiant d’exagйration? ]

On dit aussi que les Chaоnes Planйtaires ont leurs « Jours » et leurs « Nuits » - c’est-а-dire leurs pйriodes d’activitй, ou de vie, et de torpeur, ou de mort – et se comportent dans le ciel comme les hommes sur la terre : elles engendrent leurs semblables, vieillissent, s’йteignent personnellement et laissent leurs principes spirituels animer leurs enfants. C’est ainsi qu’elles survivent.

Sans aborder la tвche difficile d’exposer le processus entier et dans tous ses dйtails cosmiques, on peut en dire assez pour en donner une idйe approximative. Lorsqu’une Chaоne Planйtaire est dans sa derniиre Ronde, son Globe A, avant de s’йteindre, projette toutes ses йnergies et tous ses principes dans un centre neutre de force latente, un « centre laya », et anime et appelle ainsi а la vie un nouveau noyau de substance ou matiиre non diffйrenciйe. Supposons qu’un processus pareil ait lieu dans la Chaоne Planйtaire Lunaire; supposons encore, pour l’argumentation, - quoiqu’on ait derniиrement abandonnй la thйorie de M. Darwin que nous citons plus bas, mкme si le fait n’a pas йtй йtabli encore par des calculs mathйmatiques, - que la Lune soit beaucoup plus vieille que la Terre. Imaginons que les six globes-compagnons de la Lune, - des aeons avant que le premier Globe de notre septйnaire fыt йvoluй, - occupant entre eux des positions semblables а celles que les globes-compagnons de notre Chaоne Planйtaire Terrestre occupent aujourd’hui par rapport а notre terre. [ Voir, dans le Bouddhisme Йsotйrique, « La constitution de l’homme » et la « Chaоne Planйtaire »]. Il sera dиs lors facile d’imaginer le Globe A de la Chaоne Lunaire animant le Globe A de la Chaоne Terrestre, et puis – mourant; ensuite le Globe B envoyant son йnergie au Globe B de la nouvelle Chaоne; puis le Globe C crйant son descendant, la Sphиre C de la Chaоne terrestre; et enfin la Lune (notre satellite) dйversant sur le globe le plus bas de notre chaоne planйtaire – le Globe D, notre Terre, - toute sa vie, ses йnergies et ses pouvoirs, et les ayant ainsi transfйrйs а un centre nouveau, devenant virtuellement une planиte morte dans laquelle, depuis la naissance de notre Globe, la rotation a presque cessй. [On ne peut nier que la Lune soit le satellite de notre Terre, mais cela n’infirme pas la thйorie qu’elle a tout donnй а la Terre, sauf son cadavre. Pour que la thйorie de Darwin tоnt bon, il faudrait trouver, en outre de l’hypothиse dont nous avons parlй et qui est aujourd’hui renversйe, des spйculations plus impossibles encore. On a dit que la Lune s’йtait refroidie six fois plus vite que la Terre [ Word-Life, de Winchell, p. 379 et sйq. ]. Si la terre a vu passer 14.000.000 d’annйes depuis la formation de sa croыte, la lune n’est vieillie que de onze millions et deux tiers de million d’annйes depuis cette pйriode » etc. Et si notre Lune n’est qu’une йclaboussure de notre Terre, pourquoi ne pas tirer de semblables conclusions au sujet des Lunes des autres planиtes? Les Astronomes « n’en savent rien ». Pourquoi Vйnus et Mercure n’auraient-ils pas de satellites, et lorsque ces satellites existent, par quoi seraient-ils formйs? Nous disons que c’est parce que la science n’a qu’une clef, - la clef de la matiиre, pour ouvrir les mystиres de la Nature, tandis que la Philosophie Occulte a sept clefs, et explique ce que la Science ne peut voir. Mercure et Vйnus n’ont pas de satellites, mais ils avaient des « parents » tout comme la Terre. Tous les deux sont beaucoup plus vieux que la Terre, et avant que cette derniиre ait atteint sa Septiиme Ronde, la Lune sa mиre sera dissoute dans l’atmosphиre subtile comme les « Lunes » des autres planиtes ont fait ou n’ont pas fait, selon le cas, puisqu’il y a des planиtes qui ont plusieurs Lunes; un mystиre encore qu’aucun Oedipe de l’Astronomie n’a rйsolu! ]

La Lune est maintenant le rйsidu refroidi, l’ombre traоnйe aprиs le corps nouveau dans lequel sont transposйs ses pouvoirs vivants et ses « principes ». Elle est maintenant condamnйe а poursuivre la Terre pendant de longs вges, а l’attirer et а кtre attirйe par elle. Constamment vampirisйe par son enfant, elle prend sa revanche en la pйnйtrant de l’influence nйfaste  invisible et empoisonnйe qui йmane du cфtй occulte de sa nature. Car elle est un corps mort, et cependant vivant. Les particules de son cadavre en dйcomposition sont pleines de vie active et destructive, quoique le corps qu’elles ont autrefois formй soit sans вme et sans vie. Par consйquent, ses йmanations sont а la fois bйnйfiques et malйfiques – cas dont nous trouvons le parallиle, sur la terre, dans le fait que les herbes et les plantes ne poussent nulle part avec plus de vigueur que sur les tombes, tandis que les йmanations des cimetiиres et des cadavres sont trиs morbifiques. Comme tous les fantфmes et vampires, la Lune est l’amie des sorciиres et l’ennemie des imprudents. Depuis les aeons archaпques et les temps les plus rapprochйs, les sorciиres de Thessalie et quelques-uns des Tвntrikas actuels du Bengale, comme tous les Occultistes, connaissent sa nature et ses qualitйs, mais elles sont restйes livre fermй pour les Physiciens.

Telle est la Lune considйrйe au point de vue astronomique, gйologique et physique. Quant а sa nature mйtaphysique et psychique, elle doit rester un secret occulte dans le prйsent ouvrage aussi bien que dans celui intitulй le Bouddhisme Йsotйrique, malgrй la dйclaration quelque peu hasardйe que fait ce dernier en disant « qu’il n’existe plus beaucoup de mystиre dans l’йnigme de la huitiиme sphиre [ Page 113 (5e йdition) ] ».C’est lа, en effet, l’un des sujets « sur lesquels les Adeptes sont trиs rйservйs dans leurs communications aux йlиves non initiйs », et puisqu’ils n’ont ni sanctionnй ni autorisй des spйculations publiques sur ce point, moins on en dira, mieux ce sera.

Cependant sans fouler le terrain dйfendu de la « huitiиme sphиre », il sera probablement utile d’ajouter ici quelques faits touchant les ex-monades de la Chaоne Lunaire, - les « Ancкtres Lunaires », - parce qu’ils jouent un rфle prййminent dans l’Anthropogenиse dont nous allons parler. Cela nous amиne directement а la Constitution Septйnaire de l’homme; et comme on a discutй derniиrement sur la meilleure classification des divisions de l’entitй microcosmique, nous donnons ci-dessous deux systиmes pour mieux en faciliter la comparaison. Le petit article ci-joint est dы а la plume de M. T. Subba Row, Védântinйrudit. Il prйfиre la division Brâhmanique du Rвja Yoga, et, au point de vue mйtaphysique, il a raison. Mais comme ce n’est qu’une question de choix et de commoditй, nous gardons, dans ce livre, la classification honorйe et ancienne de « l’Йcole Йsotйrique Arhat » transhimвlayenne. Le tableau suivant et son texte explicatif sont extraits de The Theosophist et se trouvent aussi dans Five Years of Theosophy (pp.185-186).

La division septйnaire selon les diffйrents systиmes indiens

Nous donnons ci-dessous, sous forme de tableau, les classifications des principes de l’homme adoptйes par les instructeurs Bouddhistes et Vйdantins :

 

1 Kфsha, signifie littйralement enveloppe de chaque principe.
2 La Vie.
3 Sthыla-upвdhi ou base des principes.
4 Le corps astral ou Linga Sharira.
5 Bouddhi.

On verra par ce tableau que le troisiиme principe de la classification bouddhiste n’est pas spйcialement mentionnй dans la division vйdвntine, parce que ce n’est que le vйhicule de Prвna. On verra aussi qu’on comprend le quatriиme principe dans le troisiиme Kфsha (Enveloppe ou Йtui) parce que ce mкme principe n’est que le vйhicule du pouvoir de la volontй, lequel n’est qu’une йnergie du mental. Il faut aussi observer que le Vijnвnamayakфsha est considйrй comme distinct du Mвnфmayakфsha, car, aprиs la mort, une division se produit, pour ainsi dire, entre la partie infйrieure du mental qui a une affinitй plus forte pour le quatriиme principe que pour le sixiиme et sa partie supйrieure qui s’attache, au contraire, а ce dernier et qui est la base rйelle de l’individualitй supйrieure de l’homme.

Nous pouvons aussi rappeler ici que la classification donnйe dans la derniиre colonne est, pour tous les usages pratiques qui se rapportent au Rвja Yфga, la meilleure et la plus simple. Quoiqu’il y ait sept principes dans l’homme, il n’y a que trois Upвchis (Bases) distincts dans chacun desquels Atmв puisse agir indйpendamment. Un adepte peut sйparer ces trois Upвchis sans se tuer. IL ne peut pas sйparer les sept principes l’un de l’autre sans dйtruire sa constitution.

L’йtudiant sera maintenant mieux prйparй а comprendre qu’entre les trois Upвshis du Raja Yoga et leur Atmв et nos trois Upвdhis, Atmв et les trois divisions additionnelles, il n’y a, en rйalitй, que peu de diffйrence. En outre, comme dans l’Inde cis-Himвlayenne et trans-Himвlayenne, dans les йcoles de Patanjali, - l’Aryвnsanga ou Mahвyвna – tout Adepte doit devenir un Rвja-Yogui, il doit accepter thйoriquement et pratiquement la classification Tвraka-Rвja, quelle que soit la classification qu’il emploie pour des fins pratiques ou Occultes. Par consйquent, il importe peu que l’on parle des trois Upвdhis et de leurs trois aspects, plus Atmв, la synthиse йternelle et immortelle ou qu’on parle des « Sept Principes ».

Pour aider ceux qui n’ont pas lu, ou qui n’ont pas clairement compris dans les йcrits thйosophiques la doctrine des Chaоnes septйnaires de Mondes dans le Cosmos Solaire, nous allons donner ici un abrйgй de l’enseignement.

1. Tout, dans l’Univers mйtaphysique comme dans l’Univers physique, est septйnaire. Par consйquent, chaque corps sidйral, chaque planиte, visible ou invisible, est supposйe avoir six Globes-compagnons. L’йvolution de la vie se fait sur ces sept Globes, ou corps, du Premier au Septiиme, en sept RONDES ou Cycles.

2. Ces Globes sont formйs par un processus que les Occultistes appellent « la renaissance des Chaоnes (ou Anneaux) Planйtaires ». Lorsque la Septiиme ou derniиre Ronde d’un de ces Anneaux a commencй, le Globe supйrieur, ou premier, A, - et avec lui, tous les autres successivement, jusqu’au dernier, - au lieu d’entrer dans une pйriode plus ou moins longue de repos – ou « observations », comme dans les Rondes prйcйdentes, commence а s’йteindre. La dissolution « planйtaire » (Pralaya) s’approche, son heure a sonnй; chaque Globe doit transfйrer sa vie et son йnergie а une autre planиte [ Voir le diagramme II, p. 157. ].

3. Notre Terre йtant le reprйsentant visible de ses globes-compagnons supйrieurs et invisibles, ses « Seigneurs » ou « Principes », doit exister, comme les autres, durant sept Rondes. Pendant les trois premiиres, elle se forme et se consolide; pendant la quatriиme, s’installe et se durcit; pendant les trois derniиres, elle revient peu а peu а sa forme йthйrique primitive : elle est, pour ainsi dire, spiritualisйe.

4. Son Humanitй ne se dйveloppe pleinement que dans sa Quatriиme Ronde – la nфtre, Jusqu’а ce Quatriиme Cycle de Vie, cette Humanitй n’est ainsi appelйe faute d’un meilleur terme. De mкme que la larve devient chrysalide, puis papillon, l’Homme, ou plutфt ce qui devient plus tard l’Homme, passe а travers toutes les formes et toutes les rиgles pendant la Premiиre Ronde, et а travers toutes les formes humaines pendant les deux Rondes suivantes. Arrivй sur notre Terre, au commencement de la Quatriиme, dans la sйrie actuelle de Races et de Cycles de Vie l’HOMME est, pour ainsi dire, la premiиre forme qui y apparaisse, puisqu’il n’est prйcйdй que par les rиgnes minйral et vйgйtal – et ce dernier doit d’ailleurs continuer а parachever son йvolution par l’intermйdiaire de l’homme. C’est ce qu’on expliquera dans un Volume suivant. Pendant les trois Rondes а venir, l’Humanitй, comme le Globe sur lequel elle vit, tendra sans cesse а reprendre sa forme primitive, celle d’une collectivitй Dhyвn Chфhanique. L’Homme, en effet, comme tout autre atome de l’Univers, tend а devenir un Dieu, et ensuite, - Dieu.

Si nous commenзons а considйrer les choses dиs la Deuxiиme Ronde, nous voyons que l’Йvolution se fait dйjа sur un plan tout diffйrent. Ce n’est que dans la premiиre Ronde que l’Homme (Cйleste) devient un кtre humain sur le Globe A, (redevient) un minйral, une plante, un animal sur les Globes B, C, etc. Le processus change entiиrement dиs la deuxiиme Ronde. Mais vous avez appris la prudence… et je vous conseille de ne rien dire avant que le temps soit venu [ Extrait des lettres de l’Instructeur sur divers sujets. Voir Mahatma Letters to A.P. Sinnett, pp. 177-178. ].

5. Chaque Cycle de Vie sur le Globe D (notre Terre) [ Nous ne parlons qu’incidemment des autres Globes dans cet ouvrage ] se compose de sept races-Racines. Elles commencent par l’йthйrй et finissent par le spirituel, sur la double ligne de l’йvolution physique et morale – du commencement de notre Ronde Terrestre а sa fin. L’une est une « Ronde Planйtaire » allant du Globe A au Globe G, le septiиme; l’autre, la « Ronde Globale » ou Terrestre.

Cela est bien dйcrit dans le Bouddhisme Йsotйrique, et ne demande pas d’autre explication pour le moment.

6. La Premiиre race-Racine, c’est-а-dire les premiers « Hommes » sur la Terre (qu’elle qu’en fыt la forme) йtaient les descendants des « Hommes Cйlestes » correctement nommйs, dans la philosophie Indienne, les « Ancкtres Lunaires » ou Pitris, lesquels йtaient composйs de sept Classes ou Hiйrarchies. Comme tout cela sera plus longuement expliquй dans les sections suivantes et dans le volume III, il n’est pas nйcessaire d’en dire davantage ici.

Mais les deux livres prйcйdemment citйs, et qui tous deux traitent de la doctrine Occulte, demandent quelques observations particuliиres. L’un, Le Bouddhisme Йsotйrique, est trop connu dans les cercles Thйosophiques et mкme en dehors d’eux, pour qu’il soit nйcessaire de s’йtendre ici sur ses mйrites. C’est un livre excellent, et il a accompli une oeuvre meilleure encore. Mais cela ne change pas le fait qu’il contient des idйes incorrectes et qu’il a йtй cause que plusieurs lecteurs, thйosophes ou non, se sont formйs une conception erronйe des Doctrines Secrиtes Orientales. Il semble aussi avoir un aspect quelque peu trop matйrialiste.

L’autre livre, Man, Fragments of Forgotten History, qui parut plus tard, avait pour but de prйsenter la doctrine archaпque sous un point de vue plus idйal, de traduire quelques tableaux imprimйs dans la Lumiиre Astrale, de reproduire quelques enseignements pris en partie aux pensйes d’un Maоtre et malheureusement incompris. Cet ouvrage parle aussi de l’йvolution des premiиres races humaines sur la Terre, et contient quelques chapitres excellents, d’un caractиre trиs philosophique,. Mais ce n’est, malgrй tout, qu’un petit roman mystique intйressant. Il n’a pas atteint son but, parce que les conditions requises pour la traduction de ces visions n’йtaient pas rйunies. Le lecteur, par consйquent, ne devra pas s’йtonner si les volumes actuels contredisent en plusieurs points ces premiиres descriptions.

La cosmogonie Йsotйrique, en gйnйral, et l’йvolution de la Monade humaine, en particulier, diffиrent si essentiellement dans ces deux livres et dans ceux publiйs par des dйbutants non guidйs qu’il est impossible de poursuivre le prйsent ouvrage sans parler spйcialement des livres en question, d’autant plus qu’ils comptent tous les deux un grand nombre d’admirateurs – Le Bouddhisme Йsotйrique surtout. Le moment est donc venu de nous expliquer а ce sujet. Il faut essayer de rectifier, а la lumiиre des enseignements originaux, les points oщ l’on s’est mйpris. Si l’un de ces ouvrages a une tendance trop prononcйe vers la Science matйrialiste, l’autre est, а son tour, par trop idйaliste et mкme un peu fantastique.

De la doctrine – quelque peu incomprйhensible aux esprits occidentaux – qui parle des « obscurations » pйriodiques et des « Rondes » successives des Globes, le long de leurs Chaоnes circulaires, sont venues les premiиres difficultйs et fausses notions. L’une de ces derniиres se rapporte а ce qu’on a nommй les Fitfh-Rounders (hommes de la Cinquiиme Ronde) et les Sixth Rounders (hommes de la sixiиme Ronde). Ceux qui savent que toute Ronde accomplie est prйcйdйe et suivie d’une longue pйriode de Repos Pralaya qui crйe un abоme infranchissable entre deux Rondes jusqu’а la reprise d’un nouveau cycle de vie, ne pouvaient comprendre « l’erreur » de dire que des « gens de la Cinquiиme et de la Sixiиme Ronde » se trouvaient actuellement dans la Quatriиme. Gвutama Bouddha, est-il dit dans l’un de ces livres, йtait de la « Sixiиme Ronde » (un Sixth-Rounder); Platon et quelques autres grands philosophes ou intellectuels auraient йtй des hommes de la « Cinquiиme » (des Fifth-Rounders). Comment cela pouvait-il кtre? Un Maоtre aurait dit et affirmй qu’il y avait effectivement des gens de la « Cinquiиme Ronde » en ce moment mкme sur la Terre; et bien qu’il eыt aussi enseignй que l’humanitй n’йtait encore qu’а la Quatriиme Ronde, il semblait dire ailleurs que nous йtions dans la Cinquiиme. А cela un autre Instructeur donna une « rйponse apocalyptique », а savoir que « quelques gouttes de pluie ne font pas une mousson, quoiqu’elles l’annoncent »… « Non, nous ne sommes pas dans la Cinquiиme Ronde, mais des hommes de la Cinquiиme Ronde ont commencй а venir dans la nфtre depuis quelques milliers d’annйes ». – cela devenait plus difficile а rйsoudre que l’йnigme du Sphinx! Les Йtudiants de l’Occultisme soumirent leurs cerveaux aux recherches spйculatives les plus ardues. Pendant assez longtemps ils s’efforcиrent de rivaliser avec Oedipe et de concilier les deux donnйes. Et comme les Maоtres gardиrent un silence aussi rigoureux que le sphinx de granit, on les accusa d’ « inconsistance », de « contradiction » et de « dйsaccord ». Mais ils laissaient les spйculations aller leur train afin de donner une leзon dont l’esprit occidental a grand besoin. Dans leur vanitй et leur arrogance, dans leur habitude de matйrialiser toute conception et expression mйtaphysiques, sans laisser de marge pour la mйtaphore et l’allйgorie orientales, les Orientalistes avaient fait une macйdoine de la philosophie hindoue exotйrique, et voilа que les Thйosophes agissaient de mкme en ce qui concernait les enseignements Йsotйriques. Il est certain que, jusqu’а ce jour, ces derniers ont complиtement montrй leur incapacitй de comprendre la signification du terme « les hommes de la Cinquiиme et de la Sixiиme Ronde. Voici l’explication de ce terme : Chaque « Ronde » amиne un nouveau dйveloppement et mкme un changement complet dans la constitution mentale, psychique, spirituelle et physique de l’homme, tous ces principes йvoluant sur une йchelle constamment ascendante. Il s’ensuit que les personnes qui, comme Confucius et Platon, appartenaient psychiquement, mentalement et spirituellement aux plans supйrieurs de l’йvolution, йtaient, dans notre Quatriиme Ronde, ce que l’homme ordinaire sera dans la Cinquiиme, et dans celle derniиre l’humanitй occupera un degrй de l’йchelle de l’йvolution bien supйrieur а celui oщ se trouve notre humanitй d’aujourd’hui. De mкme, Gвutama Bouddha – la Sagesse incarnйe – йtait encore bien supйrieur aux hommes dont nous venons de parler et qu’on nomme « hommes de la Cinquiиme Ronde »; aussi, avec Shankarвchвrya, a-t-il йtй appelй allйgoriquement un « homme de la Sixiиme Ronde ». On voit ainsi la Sagesse cachйe dans la phrase qu’on avait trouvйe « йvasive » quand elle fut йcrite : « Quelques gouttes de pluie ne constituent pas une mousson, quoiqu’elles l’annoncent ».

On comprendra maintenant, pleinement aussi, la vйritй du passage suivant du Bouddhisme Йsotйrique :

Il est impossible, lorsqu’on prйsente pour la premiиre fois а des esprits non entraоnйs les faits complexes d’une science non familiиre, de les prйsenter avec toutes les qualifications nйcessaires … avec ce qui en dйcoule d’йtrange… Il faut se contenter d’abord des rиgles gйnйrales, et ne s’occuper des exceptions qu’ensuite, surtout lorsque, dans le cas actuel, il s’agit d’une йtude dans laquelle les mйthodes traditionnelles d’enseignement que l’on suit d’ordinaire ont pour but d’imprimer chaque nouvelle idйe dans la mйmoire, en provoquant tout d’abord une perplexitй que cette йtude dissipe enfin.

Comme l’auteur de ce passage йtait, selon son propre aveu, l’un de « ces esprits non entraоnйs » dans l’Occultisme, ses dйductions personnelles, aidйes par sa connaissance plus grande des questions astronomiques modernes que des doctrines archaпques, l’amenиrent tout naturellement, et sans qu’il s’en rendit compte, а commettre quelques erreurs, portant d’ailleurs sur le dйtail plutфt que sur les « grandes rиgles ». Nous allons parler maintenant d’une de ces inexactitudes. Elle n’est pas grave, mais elle pourrait pourtant mener plus d’un dйbutant а des conceptions erronйes. Mais comme les idйes fausses mentionnйes sur les premiиres йditions ont йtй corrigйes dans les notes de la cinquiиme, il se pourrait que la sixiиme fыt encore revue et perfectionnйe. Il y a eu plusieurs causes а ces erreurs. I. C’йtait la nйcessitй dans laquelle les Instructeurs se trouvaient de donner ce qu’on a considйrй comme des « rйponses йvasives » ; cette nйcessitй tenait а ce que les questions йtaient trop pressantes et trop persistantes pour qu’un pыt n’y pas rйpondre, et que, d’un autre cфtй, l’on ne pourrait y rйpondre qu’en partie. II. Nйanmoins, et malgrй le proverbe qui dit que « la moitiй d’un pain vaut mieux que pas de pain du tout », la situation fut souvent incomprise et rarement apprйciйe а sa valeur rйelle. Il en rйsulta que les chйlвs laпques europйens se complurent quelquefois dans des spйculations toutes gratuites. Parmi elles se trouvaient a) « Le Mystиre de la Huitiиme Sphиre » dans ses relations avec la Lune et b) la donnйe erronйe que deux Globes supйrieurs de la Chaоne Terrestre йtaient des planиtes bien connues : « En dehors de notre terre, disait-on, il n’y a que deux autres mondes de notre chaоne qui soient visibles … Mars et Mercure…[ Bouddhisme Йsotйrique. ] »

C’йtait lа une grande erreur. Mais il faut l’attribuer autant а la rйponse vague et incomplиte du Maоtre qu’а la question elle-mкme vague et indйfinie du disciple. La question йtait celle-ci :

Quelles sont les planиtes, parmi celles connues de la Science ordinaire, qui, en dehors de Mercure, appartiennent а notre systиme de mondes? Si par « systиmes de mondes » on voulait dire notre « cordon » ou Chaоne Terrestre, au lieu du « Systиme solaire de Mondes », ce qui aurait dы кtre le cas, alors, il n’est pas йtonnant que la rйponse ait йtй incomprise, car elle fut celle-ci «  « Mars, et quatre autres planиtes dont l’Astronomie ne sait rien. Ni A, B,, ni Y, Z, ne sont connues, ni ne peuvent кtre vues par des moyens physiques, si perfectionnйs qu’ils soient » [ Bouddhisme Йsotйrique ].Tout cela est clair : a) l’Astronomie jusqu’ici ne sait, en rйalitй, rien des planиtes anciennes ni de celles qu’on a dйcouvertes de nos jours; b) de A а Z il est impossible de voir les planиtes-compagnes, c’est-а-dire les Globes supйrieures d’une Chaоne quelconque du Systиme Solaire [а l’exception, bien entendu, de toutes les planиtes qui occupent le quatriиme rang comme notre Terre, la Lune, etc.]. Quant а Mars, Mercure et les « quatre autres planиtes », elles ont avec la Terre un rapport dont aucun Maоtre, ni Occultiste supйrieur ne parlera jamais et dont il expliquera encore moins la nature.

Dans cette mкme lettre, l’un des Instructeurs parle clairement de cette impossibilitй а l’auteur du Bouddhisme Йsotйrique. « Tвchez de comprendre que vous me posez des questions qui appartiennent а l’Initiation la plus йlevйe. Que je ne puis que vous donner [qu’]une idйe gйnйrale, mais je n’ose, ni ne veux entrer dans ses dйtails…» [ Bouddhisme Йsotйrique ]. Des copies de toutes les lettres reзues ou envoyйes – а l’exception de quelques-unes qui йtaient personnelles « et dans lesquelles, dit le Maоtre, il n’y avait pas d’enseignements » - sont en possession de l’auteur du prйsent ouvrage. Comme son devoir йtait, dиs le dйbut, d’expliquer certains points sur lesquels elle n’avait pas encore parlй, il est plus que probable que, malgrй les masses d’annotations des copies de ces lettres, le prйsent auteur, par son ignorance de l’anglais et par la crainte d’en trop dire, a pu embrouiller l’information donnйe. Elle prend, dans chaque cas, tout le blвme pour elle. Mais il lui est impossible de laisser davantage les йtudiants sous des impressions erronйes, ou de leur laisser croire que la faute est dans le systиme Йsotйrique.

Disons maintenant nettement que la thйorie mise en avant est impossible, qu’on l’appuie ou non du tйmoignage de l’astronomie moderne. La Science Physique peut offrir un tйmoignage – quoique trиs incertain – mais seulement en ce qui concerne les corps cйlestes qui occupent le mкme plan  matйriel que notre Univers objectif. Mars, Mercure, Vйnus et Jupiter, comme toutes les planиtes jusqu’ici dйcouvertes ou qui le seront plus tard, sont toutes, per se, les reprйsentants, sur notre plan, de Chaоnes semblables. On l’a clairement йtabli dans une des lettres de l’Instructeur de M. Sinnett : « Il y a dans notre systиme solaire, et en dehors de lui, d’innombrables autres chaоnes manvantariques de globes portant des кtres intelligents. » [ Bouddhisme Йsotйrique ]. Mais ni Mars ni Mercure n’appartiennent а notre chaоne. Elles sont, avec d’autres planиtes, des Unitйs septйnaires dans la masse des « Chaоnes » de notre Systиme et sont aussi visibles que leurs Globes supйrieurs sont invisibles.

Si l’on prйtend que certaines phrases, dans les lettres de l’Instructeur, sont capables d’induire en erreur, nous dirons : Amen, c’est la vйritй. L’auteur du Bouddhisme Йsotйrique l’a bien compris lorsqu’il a йcrit que « les modes traditionnels d’enseignement… sont de provoquer la perplexitй », et qu’ils la font disparaоtre ou non, selon le cas. Si l’on ajoute qu’on aurait dы dire cela plus tфt, et indiquer, comme nous le faisons ici, la vraie nature des planиtes, la rйponse sera qu’on n’a pas trouvй а propos de le faire а ce moment, parce que cela aurait ouvert la porte а une sйrie de questions supplйmentaires auxquelles on n’aurait jamais pu rйpondre а cause de leur nature Йsotйrique et que cela n’aurait causй que de l’embarras. On a affirmй, dиs le commencement, et on l’a souvent rйpйtй depuis : 1° Qu’aucun Thйosophe, pas mкme un Chйlв acceptй – pour ne point parler des йtudiants laпques – ne peut espйrer recevoir l’explication complиte d’enseignements secrets avant de s’кtre irrйvocablement liй par le serment а la Fraternitй et avoir passй par une Initiation au moins, car on ne peut donner au public ni chiffres, ni nombres, et les chiffres et les nombres sont la clef du systиme Йsotйrique; 2° que ce qu’on avait dйjа rйvйlй n’йtait que la doublure Йsotйrique de ce qui est contenu dans presque toutes les йcritures exotйriques des religions du monde, surtout dans les Brвhmanas, les Upanishads des Vйdas et mкme dans les Purвnas. C’йtait donc une faible partie de ce qu’on trouvera plus pleinement dans les prйsents volumes, bien que notre exposй soit, lui-mкme, trиs incomplet et fragmentaire.

Lorsque le prйsent ouvrage fut commencй, l’auteur, convaincue que la spйculation au sujet de Mars et Mercure, йtait erronйe, demanda par lettre aux Instructeurs une explication et une version autorisйe. Elle reзut satisfaction а tous йgards, et elle donne ici des extraits textuels des rйponses reзues.

« …Il est absolument vrai que Mars est actuellement dans un йtat d’obscuration, et que Mercure commence а en sortir. Vous pourriez ajouter que Vйnus est dans sa derniиre Ronde… Si ni Mercure ni Vйnus n’ont de satellites, c’est pour des raisons [donnйes plus haut]… et aussi parce que Mars a deux satellites auxquels il n’a pas droit… Phцbos, le satellite INTÉRIEUR supposй n’est aucunement un satellite. Comme Laplace et Fayes l’avaient dйjа fait remarquer (Voir COMPTES RENDUS, Tome XC, page 569), la pйriode cyclique dйvolue par la science а Phцbos est trop courte et, par consйquent, dit Fayes, « il faut qu’il existe quelque dйfaut dans l’idйe mиre de la thйorie »… De plus ils [Mars et Mercure] sont des Chaоnes septйnaires aussi indйpendantes des seigneurs et supйrieurs sidйraux de la Terre que vous кtes indйpendante vous-mкme des « principes » de Dдumling [Tom Pouce] qui йtaient peut-кtre ses six frиres, avec ou sans bonnet de nuit… « La satisfaction de la curiositй est pour quelques hommes la fin de toute connaissance », a dit Bacon, qui йtait aussi dans le vrai en йmettant cette vйritй banale, que l’йtaient ceux qui, l’ayant acceptйe, avant lui, avaient raison de sйparer rigoureusement la SAGESSE du savoir et de limiter ce qu’on doit dire а un moment donnй… Rappelez-vous que … « si le savoir peut habiter les cerveaux qui se nourrissent des pensйes des autres, la Sagesse ne s’obtient qu’en examinant celles qui naissent en nous… »

« Vous ne pourrez jamais imprimer cela trop profondйment dans la tкte de ceux а qui vous donnez quelques enseignements Йsotйriques. »

Voici d’autres extraits tirйs d’une autre lettre йcrite par la mкme autoritй, pour rйpondre а quelques objections prйsentйes aux Instructeurs. Ces objections basйes sur des raisonnements extrкmement scientifiques et futiles а la fois, traitaient de l’opportunitй d’essayer de concilier les thйories Йsotйriques avec les spйculations Scientifiques modernes. Elles йtaient йcrites par un jeune Thйosophe dans le but de mettre en garde contre la DOCTRINE SECRÈTE et touchaient а la question prйsente. Notre critique avanзait que s’il y avait vraiment de ces Terres-compagnes, « elles devaient n’кtre que trиs peu moins matйrielles que notre globe ». « Comment se faisait-il donc qu’on ne pouvait pas les voir? » La rйponse fut :

« Si l’on comprend mieux les enseignements psychiques et spirituels, on n’aurait mкme pas l’idйe d’une pareille inconsistance. Si l’on ne se donne pas moins de peine pour concilier ce qui est inconciliable, - c’est-а-dire les sciences mйtaphysiques et spirituelles avec la philosophies physique ou naturelle, le mot « naturel » йtant, pour eux [ les hommes de Science ], synonyme de cette matiиre qui tombe sous la perception de leurs sens corporels, - on ne pourra pas arriver а progresser. Notre Globe, comme on l’a dit dиs le commencement, est au bas de l’arc de descente, lа oщ la matiиre de nos perceptions se montre dans sa forme la plus grossiиre… Par consйquent, il n’est que raisonnable que les Globes qui obombrent notre Terre se trouvent sur des plans diffйrents et supйrieurs. En un mot, comme Globes, ils sont en COADUNITÉ, mais non en CONSUBSTANTIALITÉ AVEC NOTRE TERRE, et par consйquent appartiennent а un tout autre йtat de conscience. Notre planиte (comme toutes celles que nous voyons) est adaptйe а l’йtat spйcial de ses habitants humains, йtat qui nous permet de voir а l’oeil nu les corps sidйraux qui sont en co-essence avec notre plan et notre substance terrestre, de mкme que leurs habitants respectifs, les Jupitйriens, les Martiens, et autres, peuvent apercevoir notre petit monde, parce que nos plans de conscience ne diffиrent qu’en degrй, et, йtant les mкmes en espиce, sont sur la mкme couche de matiиre diffйrenciйe… Voici, ce que j’ai йcrit : « Le Pralaya mineur ne concerne que notre petit CHAPELET DE GLOBES. (Nous appelons les Chaоnes des « Chapelets » а cette йpoque fertile en confusion de mots)… Notre Terre appartient а l’un de ces Chapelets. » Cela aurait dы pleinement dйmontrer que les autres planиtes йtaient aussi des « Chapelets » ou CHAÎNES… S’il [ c’est-а-dire notre critique ] voulait percevoir mкme simplement la silhouette indistincte d’une de ces « planиtes » sur les plans supйrieurs, il devrait йcarter jusqu’aux minces nuages de matiиre astrale qui se trouvent entre lui et le plan suivant. »

Il devient donc facile de comprendre pourquoi nous ne pourrions voir, mкme а l’aide des meilleurs tйlescopes, ce qui est en dehors de notre monde de matiиre. Ceux-lа seulement que nous appelons des Adeptes, qui savent comment diriger leur vision mentale et transfйrer leur conscience – physique et psychique – sur d’autres plans de l’кtre, peuvent parler avec autoritй sur de tels sujets et ils nous disent clairement :

« Menez la vie nйcessaire а l’acquisition d’une telle connaissance et ces pouvoirs et la sagesse viendront naturellement. Du moment que vous pourrez mettre votre conscience en accord avec l’une quelconque des sept cordes de la « Conscience Universelle », ces cordes qui s’йtendent sur le clavier du Kosmos et vibrent d’une Йternitй а l’autre, lorsque vous aurez йtudiй а fond « la Musique des Sphиres », alors seulement vous aurez toute libertй de partager votre connaissance avec ceux avec qui on peut le faire en sйcuritй. En attendant, soyez prudents. Ne divulguez pas а notre gйnйration actuelle les grandes Vйritйs qui sont l’hйritage des Races futures. N’essayez pas de dйvoiler le secret de l’Кtre et du non-Кtre а ceux qui sont incapables de comprendre la signification cachйe de l’HEPTACHORDE d’Apollon, la lyre du dieu radieux, dans chacune des sept cordes de laquelle habitent l’Esprit, l’Вme et le Corps Astral de ce Kosmos dont l’enveloppe seule est tombйe entre les mains de la Science Moderne… Soyez prudents, disons-nous, prudents et sages, et par-dessus tout prenez soin de savoir ce que croient ceux qui reзoivent vos leзons, de peur qu’en se trompant eux-mкmes, ils ne trompent aussi les autres… car telle est la destinйe de toute vйritй qui n’est pas encore devenue familiиre aux hommes… Laissez plutфt les Chaоnes Planйtaires et autres mystиres super et sous-cosmiques dans le pays des rкves, pour ceux qui ne peuvent ni voir, ni mкme croire ce que voient les autres. »

On doit regretter que peu de nous se soient astreints а suivre ce sage conseil et que plus d’une perle de prix, plus d’un bijou de sagesse ait йtй livrй а des ennemis incapables de comprendre sa valeur et qui se sont retournйs pour nous dйchirer.

« Figurons-nous, йcrivait le mкme Maоtre а ses deux « chйlвs laпques » comme il appelait l’auteur du Bouddhisme Йsotйrique et une autre personne qui fut pendant quelque temps son compagnon d’йtude, - figurons- nous que NOTRE TERRE FAIT PARTIE D'UN GROUPE DE SEPT PLANÈTES OU MONDES PORTEURS D'HOMMES… [Ces sept planиtes sont les planиtes sacrйes de l’antiquitй et elles sont toutes septйnaires]. L’impulsion de vie atteint maintenant A, ou plutфt ce qui est destinй а devenir A, qui jusqu’ici n’est que de la poussiиre cosmique [ un centre laya ] …, et. »

Dans ces premiиres lettres, dans lesquelles il fallait inventer des termes et crйer des mots, les « Anneaux » devinrent souvent des « Rondes » et les « Rondes » des « Cycles de Vie » et vice versa. А un correspondant qui appelait une « Ronde » un « Anneau mondial », l’Instructeur йcrivait : « Je crois que cela sera cause plus tard de nouvelle confusion. Nous sommes tous d’accord pour appeler une Ronde le passage d’une monade du globe A au globe Z (ou G). « Anneau mondial » est correct… M. a fortement engagй M. Sinnett а s’accorder sur une nomenclature avant d’aller plus loin.

Malgrй l’entente, beaucoup d’erreurs, dues а cette confusion, se sont glissйes dans les premiers enseignements. Les « Races » mкmes ont йtй parfois confondues avec les « Rondes » et les « Anneaux », ce qui a produit de semblables erreurs dans Man, Fragments of a Forgotten Truth. Dиs le dйbut le maоtre avait йcrit :

« Comme il ne m’est pas permis de vous donner la vйritй tout entiиre, ni de divulguer le nombre des fractions isolйes… je ne puis vous satisfaire. »

Cela rйpondait а ces questions : « Si nous avons raison alors l’existence totale prйalable а la pйriode de l’homme est de 637 », etc. А toutes les questions se rapportant aux chiffres, la rйponse йtait : « Tвchez de rйsoudre le problиme des 777 incarnations… et, quoique je sois forcй de vous refuser l’information…, cependant, si vous trouvez la solution de vous-mкme, ce sera mon devoir de vous le dire. Essayez de rйsoudre le problиme des 777 incarnations… »

Mais cela n’a pas йtй rйsolu, et il s’en est suivi des perplexitйs et des erreurs incessantes.

L’enseignement lui-mкme sur la constitution septйnaire des corps sidйraux et du macrocosme – d’oщ vient la division septйnaire du microcosme ou l’Homme – a jusqu’ici йtй tenu parmi les plus йsotйriques. Dans les anciens temps on ne divulguait qu’au moment de l’Initiation, alors qu’on donnait les nombres les plus sacrйs des cycles. Or, comme l’a annoncй dйjа une revue thйosophique [ Lucifer, mai 1888. ], on n’a pas eu alors en vue la rйvйlation de tout le systиme cosmogonique et on n’a mкme pas pensй que cela fыt possible а cette йpoque oщ, en rйponse а une multiplicitй de questions posйes par l’auteur du Bouddhisme Йsotйrique, il n’йtait donnй que quelques parcelles d’information. Parmi ces questions, il s’en trouvait qui avaient trait а des problиmes tels qu’aucun MAÎTRE, quelque haut placй et indйpendant qu’il pыt кtre, n’aurait eu le droit d’y rйpondre et de divulguer ainsi au monde les mystиres les plus honorйs et les plus archaпques des anciens temples-collиges. Par consйquent, il n’y eut de rйvйlйes que quelques doctrines, et encore ne le furent-elles que dans leurs grandes lignes, tandis que les dйtails furent constamment passйs sous silence et tous les efforts faits pour acquйrir d’autres informations а ce sujet demeurиrent systйmatiquement et constamment insatisfaits. C’йtait parfaitement naturel. Des quatre Vidyвs tirйes des sept branches de Connaissance dont on parle dans les Purвnas – c’est-а-dire la Yajna Vidyв, accomplissement des rites religieux pour produire certains rйsultats; la Mahв Vidyв, grande connaissance (Magie) maintenant dйgйnйrйe en culte Tвntrique; la Guhya Vidyв, science des Mantras et de leur vйritable rythme ou chant d’incantations mystiques, etc., et l’Atmв Vidyв ou vraie Sagesse spirituelle et divine, - ce n’est que cette derniиre qui puisse jeter une lumiиre finale et absolue sur les enseignements des trois premiиres. Sans l’aide d’Atmв Vidyв, les autres deviennent de simples sciences de surface, des grandeurs gйomйtriques ayant longueur et largeur, mais sans aucune profondeur. Elles sont comme l’вme, les membres et le mental d’un homme qui dort, capable de mouvements machinaux, de rкves incohйrents et mкme de somnambulisme, de produire des effets visibles, mais ces effets sont engendrйs seulement par des causes instinctives, non intellectuelles, et encore moins produits par des impulsions spirituelles pleinement conscientes. On peut enseigner et expliquer beaucoup des trois premiиres sciences, mais si la clef de leurs enseignements n’est pas donnйe par l’Atmв Vidyв, ils restent comme des fragments d’un livre dont le texte est mutilй, comme des ombres de grandes vйritйs, obscurйment perзues par les plus spirituels, mais dйformйs au point d’кtre mйconnaissable par ceux qui voudraient clouer toute ombre sur le mur.

Une autre grande perplexitй a aussi saisi le mental des йtudiants lorsqu’ils furent mis en prйsence d’une exposition incomplиte de la doctrine de l’йvolution des Monades. Pour saisir pleinement cette derniиre, il faut examiner а la fois et son propre processus et celui de la connaissance des Globes, et l’examiner sous son aspect mйtaphysique beaucoup plus que sous ce que nous pourrions appeler son point de vue statistique, c’est-а-dire celui qui expose des chiffres et des nombres, car le plein usage de ces derniers n’est que rarement permis. Malheureusement , il n'y a que peu de personnes portées à examiner ces doctrines de façon purement métaphysique. Le meilleur des auteurs occidentaux qui ont йcrit sur notre doctrine dit lui-mкme dans son ouvrage, en parlant de l’йvolution des Monades : « Nous ne nous occupons pas, en ce moment, de mйtaphysique pure de cette sorte [ Bouddhisme Йsotйrique ]. »Mais dиs lors, comme le lui disait, dans une lettre, son Instructeur : « Pourquoi prкcher nos doctrines, pourquoi tout ce laborieux travail, et pourquoi nager (in adversum flumen) [ а contre-courant ]? Pourquoi l’Occident… apprendrait-il… de l’orient… ce qui ne satisfera jamais les goыts spйciaux des esthиtes? » Et il attire l’attention de son correspondant « sur les difficultйs formidables que (les Adeptes) rencontrent chaque fois qu’ils essayent d’expliquer leur mйtaphysique au mental d’Occident. »

Et il faut bien, car en dehors de la mйtaphysique, aucune philosophie Occulte, aucun йsotйrisme n’est possible. C’est comme si l’on essayait d’expliquer les aspirations et les affections, l’amour et la haine, les travaux les plus intimes et les plus sacrйs de l’вme et du mental d’un homme vivant par une description anatomique du thorax et du cerveau de son cadavre.

Examinons maintenant deux donnйes dont nous venons de parler plus haut, mais dont il est а peine fait mention dans le Bouddhisme Йsotйrique, et ajoutons-y tout ce que nous pourrons.

Faits additionnels et explications au sujet des globes et des monades

Ces deux phrases du Bouddhisme Йsotйrique et les opinions йmises par l’auteur :

« …Les Monades spirituelles… ne complиtent pas entiиrement leur existence minйrale sur le Globe A, mais le font sur le globe B, et ainsi de suite. Elles passent plusieurs fois autour du cercle entier comme minйraux, plusieurs fois ensuite comme vйgйtaux, et plusieurs fois enfin comme animaux. Nous nous abstenons а dessein, en ce moment, de donner des chiffres, etc.[ Op. cit., p. 65. ] »

C’йtait une sage mesure de tenir chiffres et nombres dans un grand secret. On a partiellement relвchй cette rйserve maintenant, mais peut-кtre eut-il mieux valu donner les vйritables nombres qui rиglent les Rondes et les circuits йvolutifs, ou ne pas les donner du tout. M. Sinnett comprenait bien cette difficultй lorsqu’il disait :

« Pour des raisons qui ne sont pas faciles а deviner pour le public, les possesseurs de la connaissance Occulte sont particuliиrement peu disposйs а donner les faits numйriques qui ont rapport а la Cosmogonie, quoiqu’il soit difficile pour les non-initiйs de comprendre la raison de cette abstention [ Op. cit., p. 140. ]. »

Il est йvident qu’il y avait des raisons pour cela. Cependant, c’est а cette rйticence que sont dues la plupart des idйes confuses de certains disciples orientaux aussi bien qu’occidentaux. Les difficultйs que rencontra l’acceptation des deux donnйes en question furent grandes, prйcisйment parce qu’il n’y avait pas de donnйes sur lesquelles on pыt s’appuyer. Mais ce fut ainsi, car, comme les Maоtres l’ont plus d’une fois dйclarйe, on ne peut donner les nombres qui appartiennent aux calculs Occultes en dehors du cercle des Chйlвs engagйs, et ceux-ci ne peuvent davantage enfreindre cette rиgle.

Pour mieux expliquer les choses, sans toucher aux aspects mathйmatiques de la doctrine, on peut йlargir l’enseignement et rйsoudre quelques points obscurs. Comme l’йvolution des Globes et celle des Monades sont trиs йtroitement combinйes, nous unirons ces deux enseignements. En ce qui concerne les Monades, le lecteur est priй de se souvenir que la philosophie orientale repousse le dogme thйologique occidental qu’une вme nouvellement crййe est prйparйe pour chaque nouveau-nй, car ce dogme est aussi peu philosophique qu’il est impossible dans l’йconomie de la nature. Il faut que le nombre de Monades soit limitй, qu’elles йvoluent, et deviennent de plus en plus parfaites par l’assimilation de nombreuses personnalitйs successives par lesquelles elles passent dans chaque nouveau Manvantara. Cela est absolument nйcessaire en vue des doctrines de Renaissance et de Karma, et du retour graduel de la Monade humaine а sa source – la Divinitй Absolue. Par consйquent, quoique les multitudes de Monades plus ou moins йvoluйes soient presque incalculables, elles sont nйanmoins en nombre limitй comme tout dans cet Univers de diffйrenciation et de fini.

On l’a montrй dans le double diagramme I des Principes humains et des Globes en ascension sur les Chaоnes des Mondes, il existe un enchaоnement йternel de causes et d’effets, et une analogie parfaite rиgne partout et relie toutes les lignes d’йvolution. L’une engendre l’autre – Globes comme personnalitйs. Mais commenзons au commencement.

Nous venons de donner une esquisse gйnйrale du processus par lequel les Chaоnes Planйtaires successives sont formйes. Pour empкcher des erreurs futures, on peut ajouter quelques dйtails qui jetteront de la lumiиre dans l’histoire de l’Humanitй sur notre Chaоne, fille de celle de Lune.

Dans le tableau suivant, la figure 1 reprйsente la Chaоne Lunaire de sept Globes au commencement de sa septiиme ou derniиre Ronde, et la figure 2 montre la « Chaоne Terrestre », а venir, mais non encore en existence. Les sept Globes de chaque Chaоne sont distinguйs dans leur ordre cyclique par les lettres de A а G, et les Globes de la Chaоne Terrestre sont, en outre, marquйs par une croix (+), le symbole de la Terre.

Or, il faut se rappeler que les Monades qui tournent en cercles autour d’une Chaоne septйnaire sont divisйes en sept Classes, ou Hiйrarchies, selon leurs йtapes respectives d’йvolution, de conscience et de mйrite. Suivons donc l’ordre de leur apparition sur le Globe A, dans la Premiиre Ronde. Les espaces de temps qui sйparent l’apparition de ces Hiйrarchies sur un Globe sont si bien ajustйes que lorsque la Classe 7, la derniиre, apparaоt sur le Globe A, la classe 1, la premiиre, vient de passer sur le Globe B; et ainsi de suite, pas а pas, tout autour de la Chaоne.

De mкme, dans la Septiиme Ronde de la Chaоne Lunaire, lorsque la Classe 7, la derniиre, quitte le Globe A, ce Globe, au lieu de sommeiller, comme dans les Rondes prйcйdentes, commence а mourir (а entrer dans son Pralaya Planйtaire) [ L’Occultisme classe les pйriodes de Repos (Pralaya) en diffйrentes espиces : il y a le Pralaya Individuel de chaque Globe, qui s’йtablit au moment oщ l’humanitй et la vie passent au globe suivant, ce qui fait sept Pralayas mineurs dans chaque Ronde; le Pralaya Planйtaire, qui arrive lorsque les sept Rondes sont terminйes; le Pralaya Solaire, qui vient lorsque le systиme entier prend fin; et, en dernier lieu, le Pralaya Universel, le Mahв ou Brahmв Pralaya, qui survient а la fin de l’Вge de Brahmв. Tels sont les principaux Pralayas, ou «  pйriodes de destruction ». Il y a aussi plusieurs pralayas mineurs, mais nous n’avons pas а nous en occuper en ce moment. ] et, en mourant, il transfиre successivement, comme nous venons de le dire, ses « principes », ou йlйments de vie et d’йnergie, etc., l’un aprиs l’autre а un nouveau « centre-Laya » qui commence la formation d’un Globe A de la Chaоne terrestre.

Un processus semblable a lieu pour chacun des Globes de la Chaоne Lunaire dont chacun forme ainsi successivement un nouveau globe de la Chaоne Terrestre. Notre Lune йtait le quatriиme globe de la sйrie et se trouvait sur le mкme plan de perception que notre Terre. Mais le Globe A de la Chaоne Lunaire n’est pas entiиrement « mort » avant que les premiиres Monades de la premiиre Classe aient passй du Globe G ou Z, le dernier de la Chaоne Lunaire, dans le Nirvвna qui les attend entre les deux Chaоnes; et il e est de mкme pour les autres Globes, chacun donnant naissance а un Globe correspondant de la Chaоne Terrestre.

Puis, lorsque le Globe A de la nouvelle Chaоne est prкt, la premiиre Classe ou Hiйrarchie de Monades de la Chaоne Lunaire s’incarne sur ce Globe, dans le rиgne le plus infйrieur et ainsi de suite. Il en rйsulte que ce n’est que la premiиre Classe de Monades qui atteint l’йtat humain de dйveloppement pendant la premiиre Ronde, puisque la seconde Classe, sur chaque Globe, arrivant plus tard, n’a pas le temps d’arriver а ce niveau. Par consйquent, les Monades de la Classe II n’atteignent le dйbut du stade humain  que dans la Seconde Ronde, et ainsi de suite, jusqu’au milieu de la Quatriиme. Mais а ce point – et sur cette quatriиme Ronde oщ se dйveloppera pleinement le stade humain – la « porte » qui conduit au rиgne humain se ferme, et а partir de ce moment le nombre de Monades « humaines », c’est-а-dire au stade de dйveloppement humain, est complet. Les Monades qui n’ont pas atteint а ce moment le stage humain se trouveront, par le fait de l’йvolution mкme de l’Humanitй, si en arriиre, qu’elles n’atteindront le stage humain qu’а la fin de la Septiиme et derniиre Ronde. Elles ne seront, par consйquent, pas des hommes sur cette Chaоne, mais elles formeront l’Humanitй d’un Manvantara futur, et seront rйcompensйes en devenant des « hommes » sur une Chaоne supйrieure а la nфtre, recevant ainsi leur compensation Karmique. А cette rиgle, il n’y a qu’une seule exception, et elle est due а de trиs bonnes raisons dont nous parlerons plus tard. Mais ce qui prйcиde rend compte de la diffйrence des races.

On voit bien maintenant combien parfaite est l’analogie entre les procйdйs de la Nature dans le Kosmos et dans l’homme individuel. Ce dernier vit pendant son cycle de vie et meurt. Ses « principes supйrieurs » qui, dans le dйveloppement d’une Chaоne Planйtaire, correspondent aux Monades en йvolution, passent en Dйvachan, qui, lui, correspond au Nirvвna et aux йtats de repos qui existent entre deux Chaоnes. Les « principes » infйrieurs de l’homme sont avec le temps dйsintйgrйs, et la Nature s’en sert pour la formation de nouveaux principes humains; le mкme processus a lieu aussi dans la dйsintйgration et dans la formation des Mondes. L’analogie est donc le guide le plus sыr pour la comprйhension des enseignements occultes.

C’est lа un des « sept mystиres de la Lune », et le voilа maintenant rйvйlй. Les sept «mystиres »  sont nommйs par les Japonais Yamabushis, mystiques de la secte Lao-Tzeu et moines ascиtes de Kioto, les Dzenodu, les « Sept Bijoux ». Mais les ascиtes et Initiйs bouddhistes japonais et chinois sont, s’il est possible, encore moins disposйs que les Hindous а donner leur « Savoir ».

Mais il ne faut pas que le lecteur perde les Monades de vue, ni qu’il tarde d’apprendre quelque chose de plus au sujet de leur nature, autant du moins que la chose n’entre pas dans les Mystиres les plus йlevйs, car l’auteur n’a pas la prйtention d’en connaоtre le dernier mot.

On peut diviser l’Armйe Monadique en trois grandes classes :

1° Les Monades les plus dйveloppйes – les Dieux lunaires ou « Esprits », appelйs, en Inde, Pitris – dont la fonction est de passer, dans la Premiиre Ronde, а travers le cycle triple des rиgnes minйral, vйgйtal et animal, dans leurs formes les plus йthйrйes, pelliculaires et rudimentaires, afin d’assurer et d’assimiler la nature de la Chaоne nouvellement formйe. Ce sont celles qui atteignent les premiиres la forme humaine – s’il peut toutefois y avoir des formes, dans le domaine de ce qui est presque subjectif – sur le Globe A, dans la Premiиre Ronde. Ce sont elles, par consйquent, qui conduisent et reprйsentent l’йlйment humain, pendant les Rondes Seconde et Troisiиme et qui йvoluent finalement leurs ombres au commencement de la Quatriиme Ronde, pour la seconde Classe ou celles qui les suivent.

2° Les Monades qui sont les premiиres а atteindre le stage humain pendant les trois premiиres Rondes et demie, et а devenir des « hommes ».

3° Les retardataires, les Monades en retard et qui, en raison d’obstacles Karmiques, n’atteindront pas le stage humain pendant notre Cycle ou Ronde, sauf une exception dont nous reparlerons plus tard comme nous l’avons promis.

[Nous avons йtй forcй d’employer ci-dessus le mot peu juste d’ « Hommes »; cela prouve clairement combien peu une langue europйenne se prкte а l’expression des distinctions subtiles.

Il tombe sous le sens que ces « Hommes » ne ressemblaient aux hommes de nos jours ni comme forme ni comme nature. Pourquoi donc, pourrait-on demander, les appeler alors des « Hommes »? Parce qu’il n’y a pas d’autre mot, dans aucune langue occidentale, pour rendre approximativement l’idйe que l’on peut exprimer. Le mot « hommes » indique, du moins, que ces кtres йtaient des « MANUS » [ Racine sanscrite – Man, penser, imaginer. ], des entitйs pensantes, quoique diffйrant beaucoup en forme et en intellection de nous-mкmes. En rйalitй, ils йtaient, en ce qui concerne la spiritualitй et l’Intellection, plutфt des « dieux » que des « Hommes ».

La mкme difficultй de langage se rencontre lorsqu’on veut dйcrire les « stages » par lesquels passe la Monade. Mйtaphysiquement parlant, il est naturellement absurde de parler du « dйveloppement » d’une Monade ou de dire qu’elle devient « homme ». Mais la moindre tentative de conserver l’exactitude mйtaphysique dans l’emploi d’une langue occidentale quelconque nйcessiterait au moins trois volumes de plus, et entraоnerait tant de rйpйtitions que cela deviendrait insupportable. Il va de soi qu’une Monade ne peut ni progresser ni mкme кtre affectйe par les changements d’йtats par lesquels elle passe. Une monade est une chose qui n’est ni de ce monde ni de ce plan; elle ne peut кtre comparйe qu’а une indestructible йtoile de lumiиre et de feu divins jetйe sur notre Terre comme une planche de salut pour les Personnalitйs dans lesquelles elle habite. C’est а ces derniиres de s’y cramponner, et en participant а sa nature divine d’obtenir l’immortalitй. Laissйe а elle-mкme, la Monade ne s’accroche а personne, mais, comme une planche, elle dйrive vers une autre incarnation, emportйe qu’elle est par le courant infatigable de l’йvolution.]

Mais l’йvolution de la forme externe, ou corps, autour de l’astrale, est effectuйe par les forces terrestres, tout comme dans le cas des rиgnes infйrieurs; mais l’йvolution de l’HOMME rйel ou interne est purement spirituelle. Ce n’est plus alors un passage de la Monade impersonnelle dans les formes multiples  et variйes de la matiиre, formes douйes tout au plus d’instinct et de conscience sur un plan complиtement diffйrent, - comme dans le cas de l’йvolution externe, mais c’est un voyage de l’ « Вme Pиlerine » а travers des йtats variйs non seulement de matiиre, mais de soi-conscience et de soi-perception, ou perception йmanйe de l’aperception.

La monade sort de son йtat d’inconscience spirituelle et intellectuelle, et sautant les deux premiers plans, - trop prиs de l’ABSOLU pour avoir une corrйlation avec quoi que ce soit sur un plan infйrieur, - elle arrive directement sur le plan de la Mentalitй. Mais il n’y a pas de plan dans tout l’univers qui ait une marge plus large ou un plus grand champ d’action que ce plan mental avec ses gradations presque sans fin de qualitйs perceptives et aperceptives, et il possиde, en outre, une rйgion infйrieure convenant а chaque « forme », de la Monade Minйrale а la mкme Monade arrivйe au moment oщ l’йvolution l’a fait s’йpanouir et devenir la MONADE DIVINE. Mais, pendant tout ce temps, elle est toujours une seule et mкme Monade, ne diffйrant que par ses incarnations et grвce aux cycles successifs qu’elle traverse d’obscuration partielle ou totale de l’esprit ou de la matiиre – deux antithиses polaires – selon qu’elle monte vers le royaume de la spiritualitй mentale ou qu’elle descend dans les profondeurs de la matйrialitй.

Revenons au Bouddhisme Ésotérique. La seconde déclaration se rapporte а l’йnorme pйriode qui intervient entre l’йpoque minйrale sur le Globe A et l’йpoque de l’homme [l’expression « йpoque de l’Homme » йtant amenйe par la nйcessitй de donner un nom а ce quatriиme rиgne qui suit l’animal, quoique, en vйritй, l’« Homme », sur le Globe A, pendant la Premiиre Ronde, ne soit pas l’homme, mais seulement son prototype, son image sans dimensions venue des rйgions astrales]. Voici le passage en question:

Le dйveloppement complet de l’вge minйral sur le Globe A prйpare la voie au dйveloppement vйgйtal, et aussitфt que celui-ci commence, l’impulsion vitale minйrale se dйverse sur le Globe B. Lorsque le dйveloppement vйgйtal sur le Globe A est complet et que le dйveloppement animal y commence, l’impulsion vitale vйgйtale submerge le Globe B, tandis que l’impulsion minйrale passe sur le Globe C. C’est alors que, finalement, vient l’impulsion de vie humaine sur le Globe A.

Et c’est ainsi que l’onde vitale se propage pendant trois Rondes, jusqu’au moment oщ elle ralentit sa marche et finalement s’arrкte sur le seuil de notre Globe, dans la Quatriиme Ronde : elle s’arrкte parce que la pйriode humaine (du vйritable homme physique а venir), la septiиme, est maintenant atteinte. C’est йvident, car il est dit qu' :

Il existe des processus йvolutifs qui prйcиdent le rиgne minйral, et par consйquent une vague – des vagues plutфt – d’йvolution prйcиde l’onde minйrale dans sa marche autour des sphиres.

Nous devons citer maintenant un autre article : « La Monade Minйrale », de Five Years of Theosophy :

Il y a sept rиgnes. Le premier de leurs groupes comprend trois degrйs d’йlйmentals, ou centres naissants de forces - depuis le premier stade de diffйrenciation de Mыlaprakriti [ou plutфt de Pradhвna, la Matiиre Primordiale Homogиne] jusqu’а son troisiиme degrй – c’est-а-dire, de la pleine inconscience а la semi-perception; le second – groupe plus йlevй – embrasse les rиgnes compris entre les vйgйtaux et l’homme; le rиgne minйral forme ainsi le point central, ou tournant, dans les degrйs de l’ « Essence monadique » considйrйe comme une йnergie en йvolution. Trois stades [sous-physiques] du cфtй йlйmental, le rиgne minйral, trois stades du cфtй objectif physique [ « Physique » veut dire diffйrenciй pour des buts et des travaux cosmiques; malgrй tout, ce cфtй physique », quoique objectif а l’aperception des кtres des autres plans, est tout de mкme subjectif pour nous, sur notre plan ] : tels sont les sept chaоnons [premiers ou prйliminaires] de la chaоne йvolutive [ Page 276 et seq. ]

« Prйliminaires », venons-nous de dire, parce qu’ils sont prйparatoires, et quoiqu’ils appartiennent, en fait, а l’йvolution naturelle, il serait plus correct de dire qu’ils sont de l’йvolution sous-naturelle. Ce processus s’arrкte au troisiиme de ses stades, sur le seuil du quatriиme, quand il devient, sur le plan de l’йvolution naturelle, la premiиre йtape rйelle vers l’homme et il forme ainsi, avec les trois rиgnes йlйmentals les dix, le nombre Sйphirotal. C’est а ce point que commence :

Une descente de l’esprit dans la matiиre йquivalente а une ascension dans l’йvolution physique : sa remontйe des profondeurs les plus basses de la matйrialitй (le minйral) vers son statu quo ante, avec une dispersion correspondante dans son cфtй organique concret – jusqu’а Nirvвna, le point de disparition de la matiиre diffйrenciйe [ Page 276 et seq. ].

Il est dиs lors йvident pourquoi ce qu’on appelle avec raison, dans le Bouddhisme Йsotйrique, « une vague d’йvolution » et une « impulsion minйrale, vйgйtale, animale et humaine », s’arrкte au seuil de notre globe, а sa Quatriиme Ronde ou Cycle. C’est а ce point que la Monade Cosmique (Buddhi) s’unit au Rayon Atmique et en devient le vйhicule, c'est-à-dire que Buddhi s’йveille а une aperception d’Atman et fait alors le premier pas sur une nouvelle йchelle septйnaire d’йvolution qui doit le conduire, plus tard, au dixiиme (en comptant de bas en haut) de l’arbre Sйphirotal – la Couronne.

Tout dans l’Univers suit l’analogie. « En bas, comme en haut »; l’Homme est le microcosme de l’Univers. Ce qui a lieu sur le plan spirituel se rйpиte sur le plan Cosmique. La concrйtion suit les lignes d’abstraction; il faut que le plus infйrieur corresponde au plus йlevй, le matйriel au spirituel. Ainsi, correspondant а la Couronne Sйphirotale, ou Triade Supйrieur, se trouvent les trois rиgnes йlйmentals qui prйcиdent le minйral [ Voir le tableau, op. cit. p. 277.], et qui, pour employer le langage des kabalistes, correspondent, dans la diffйrenciation cosmique, aux Mondes de la Forme et de la Matiиre, depuis le Super-Spirituel jusqu’а l’Archйtypique.

Qu’est-ce qu’une Monade? Et quelles sont ses relations avec l’Atome? La rйponse qui suit est basйe sur les explications donnйes sur ces questions dans l’article prйcitй. « The Mineral Monad » йcrit par l’auteur. А la seconde question on rйpond :

La monade n’a aucune relation avec l’atome ou la molйcule tels que les conзoit actuellement la science. On ne peut ni la comparer aux organismes microscopiques autrefois classйs parmi les infusoires polygastriques et que l’on comprend maintenant parmi les vйgйtaux dans la classe des algues, ni admettre que ce soit le Monas des Pйripatйticiens. Physiquement ou constitutionnellement, la Monade Minйrale diffиre sans doute de la Monade humaine, qui n’est pas physique et dont la constitution ne peut кtre reprйsentйe par des symboles et des йlйments chimiques [ Op. cit., pp. 273-274 ].

En un mot, de mкme que la Monade Spirituelle est Une, Universelle, Sans Bornes et Sans Parties, bien que ses Rayons forment ce que, dans notre ignorance, nous appelons les « Monades Individuelles » des hommes, de mкme la Monade Minйrale – йtant а l’arc opposй du cercle – est aussi Une, et d’elles procиdent les innombrables atomes physiques que la Science commence а regarder comme individualisйs.

Sinon, comment pourrait-on expliquer mathйmatiquement le progrиs йvolutif et la marche spiroпdale des quatre rиgnes? La Monade est la combinaison des deux derniers principes de l’homme, le sixiиme et le septiиme, et, pour parler exactement, le mot « Monade Humaine » ne s’applique qu’а l’Вme Double (Atmв Buddhi) et non а son seul principe supйrieur, le spirituel et vivifiant Atmв. Mais comme l’вme spirituelle, sйparйe de ce dernier (Atmв), ne peut exister, elle a йtй ainsi nommйe …

Or, l’Essence Monadique ou plutфt Cosmique, si l’on peut employer ce terme, quoique la mкme dans les rиgnes minйral, vйgйtal et animal, а travers la sйrie des cycles depuis le rиgne йlйmental le plus infйrieur jusqu’aux Dйvas, diffиre cependant selon l’йchelle de sa progression. Ce serait se tromper que d’imaginer la Monade comme une Entitй sйparйe, s’acheminant lentement sur un sentier distinct а travers les rиgnes infйrieurs et s’йpanouissant, aprиs une sйrie incalculable de transformations, en un кtre humain, comme, par exemple, si la Monade d’un Humboldt provenait de celle d’un atome d’amphibole. Au lieu de dire « Monade Minйrale », il aurait fallu, pour employer la phrasйologie plus correcte de la Science Physique qui diffйrencie chaque atome, s’exprimer autrement et dire la « Monade en manifestation dans cette forme de Prakriti appelйe le Rиgne Minйral », L’atome, tel, qu’il est reprйsentй dans l’hypothиse scientifique ordinaire, n’est pas une particule de quelque chose, animйe par un quelque chose psychique destinй, aprиs des вges, а s’йpanouir en un homme. C’est une manifestation concrиte de l’Йnergie Universelle, non encore individualisйe, une manifestation subsйquente de l’Unique Monas Universel. L’Ocйan de la Matiиre ne se divise pas en ses gouttes potentielles et constituantes avant que l’onde de l’impulsion vitale atteigne le stade йvolutif humain. La tendance vers la sйgrйgation en Monades individuelles est graduelle, et dans les animaux supйrieurs elle arrive presque а point. Les Pйripatйticiens appliquaient le mot Monas au Kosmos entier et dans le sens panthйiste; les Occultistes tout en acceptant cette pensйe pour la commoditй, distinguent les stades progressifs de l’йvolution de l’abstrait au concret par des termes spйciaux comme « Monade Minйrale, Vйgйtale et animale, etc. ». L’expression veut dire simplement que le flot de l’йvolution spirituelle passe а travers cet arc de son circuit. « L’Essence Monadique » commence а se diffйrencier imperceptiblement  vers la conscience individuelle dans le rиgne vйgйtal. Les monades йtant des choses non composйes, comme Leibnitz le dйfinit avec justesse, c’est l’Essence Spirituelle qui les vivifie dans leurs divers degrйs de diffйrenciation qui constitue, а proprement parler, la Monade et non l’agrйgation atomique, qui, elle n’est que le vйhicule, la substance а travers laquelle vibrent les degrйs infйrieurs et supйrieurs de l’intelligence [ Op. cit., 274-275. ].

Leibnitz considйrait les Monades comme des unitйs йlйmentaires et indestructibles, douйes du pouvoir de donner aux autres  unitйs et de recevoir d’elles et de dйterminer ainsi tous les phйnomиnes spirituels et physiques. C’est lui qui inventa le terme « aperception » qui, avec celui de sensation (non pas de perception) nerveuse, exprime l’йtat de la conscience Monadique а travers tous les rиgnes, jusqu’а l’Homme.

Il se peut ainsi qu’il soit incorrect, au point de vue purement mйtaphysique, d’appeler Atmв-Buddhi une MONADE, puisque, au point de vue matйriel, Atmв-Buddhi est double, et par consйquent composй. Mais la Matiиre est l’Esprit, et vice versa; l’Univers et la Divinitй qui l’animent ne peuvent кtre imaginйs comme sйparйs et il en est de mкme pour l’Atmв-Buddhi. Ce dernier est le vйhicule du premier; Buddhi est, par rapport а Atmв, ce qu’Adam-Kadmon, le Logo kabalistique, est pour Ain Soph, ou Mыlaprakriti а Parabrahman.

Disons encore quelques mots de la Lune.

On peut demander ce que sont les « Monades Lunaires » dont nous venons de parler. La description des sept Classes de Pitris viendra plus tard, mais nous pouvons donner maintenant quelques explications gйnйrales. On voit bien que ce sont des Monades qui ayant fini leur Cycle de Vie, sur la Chaоne Lunaire – chaоne infйrieure а la Chaоne Terrestre – se sont incarnйes sur cette derniиre. Mais on peut donner d 'autres dйtails, quoiqu’ils frisent trop le terrain dйfendu pour qu’on en traite pleinement. On ne divulgue le dernier mot du mystиre qu’aux Adeptes, mais nous pouvons dire ici que notre satellite n’est que le corps grossier de ses principes invisibles. Puisqu’il y a sept Terres, de mкme il y a sept Lunes dont la derniиre seule est visible; il en est de mкme pour le Soleil dont le corps visible est appelй une Mвyв, une rйflexion, tout comme l’est le corps d’un homme. « Le vrai Soleil et la vraie Lune sont aussi invisibles que l’homme rйel », dit une maxime Occulte.

Et l’on peut remarquer, en passant, que ces Anciens n’йtaient pas si fous qu’on a pu le croire lorsqu’ils parlиrent pour la premiиre fois de « Sept Lunes ». Car, bien que cette conception ne soit prise maintenant que comme une mesure astronomique du temps et sous une forme trиs matйrialisйe, cependant sous la surface grossiиre on peut encore reconnaоtre les traces d’une idйe profondйment philosophique.

En rйalitй, la Lune n’est le satellite de la Terre que sous un aspect seulement, c’est-а-dire que, physiquement, la Lune tourne autour de la Terre. Mais а tous autres йgards, c’est la Terre qui est le satellite de la Lune et pas le contraire. Quelque surprenant que cela puisse paraоtre, on peut en avoir quelque confirmation dans la science ordinaire – le fait est indiquй par les marйes, par les changements cycliques qui surviennent dans plusieurs maladies qui coпncident avec les phases lunaires; par la croissance des plantes, et surtout par les phйnomиnes de la conception et de la gestation humaines. L’importance de la Lune et son influence sur la Terre йtaient reconnues dans toutes les religions anciennes, surtout par la religion juive, et ont йtй observйes par plusieurs йtudiants des phйnomиnes psychiques et physiques. Mais, pour la Science, l’action de la Terre se bornerait а l’attraction physique, ce qui serait cause que la Lune tourne dans notre orbite. Si un critique insiste pour dire que ce fait est, а lui seul, un tйmoignage suffisant pour prouver que la Lune est vraiment le satellite de la Terre mкme sur d’autres plans d’action, on peut lui rйpondre en lui demandant si une mиre qui tourne autour du berceau de son enfant pour veiller sur lui, lui est subordonnйe ou dйpend de lui? Quoique, dans un sens, elle soit son satellite, assurйment elle est plus вgйe et plus dйveloppйe que l’enfant sur lequel elle veille.

C’est par consйquent la Lune qui prend la plus grande et plus importante part et dans la formation de la Terre et dans son peuplement en кtres humains. Les Monades Lunaires ou Pitris, ancкtres de l’homme, deviennent en rйalitй l’homme lui-mкme. Ce sont les Monades qui entrent dans le cycle d’йvolution sur le Globe A, et qui, passant autour de la Chaоne des Globes, йvoluent la forme humaine, comme on vient de le montrer. Au commencement du stade humain, dans la Quatriиme Ronde, sur ce Globe, ils (les Pitris) « extйriorisиrent » leurs doubles astrals tirйs des formes « simiesques » qu’ils avaient йvoluйes dans la Troisiиme Ronde, et c’est cette forme subtile et fine qui constitua le modиle autour duquel la Nature construisit l’homme physique. Ces Monades, ou Йtincelles Divines, sont par consйquent les Ancкtres Lunaires, les Pitris eux-mкmes; car ces Esprits Lunaires doivent devenir des « Hommes », afin que leurs Monades puissent atteindre un plan d’activitй et de soi-conscience plus йlevй, c'est-à-dire le plan des Mвnasa-Putras – de ces кtres qui, dans la derniиre partie de la troisiиme Race-Racine, douent de « mental » les coques « dйpourvues de sens » que les Pitris avaient crййes et animйes.

De mкme, les Monades, ou Egos des hommes de la Septiиme Ronde de notre Terre, aprиs que nos Globes A, B, C, D, etc., perdant leur йnergie vitale, auront animй, appelй а la vie d’autres centres laya destinйs а vivre et а agir sur un plan d’existence plus йlevй encore, deviendront les Ancкtres terrestres et crйeront ceux qui deviendront leurs supйrieurs.

Il est maintenant clair qu’il existe, dans la Nature, un triple schйma йvolutif pour la formation des trois Upвdhis pйriodiques – ou plutфt trois schйmas enchevкtrйs et combinйs d’une faзon inextricable dans notre systиme. Ce sont les Йvolutions Monadiques (ou Spirituelle), Intellectuelle et Physique. Ces trois sont les aspects finis, les rйflexions sur le champ de l’Illusion Cosmique, d’ATMA, le septiиme, la RÉALITÉ UNIQUE.

1. L’йvolution Monadique, comme l’implique le mot, concerne la croissance et le dйveloppement en des phases supйrieurs d’activitй des Monades en conjonction avec :

2. L’йvolution Intellectuelle, reprйsentйe par les Mвnasa-Dhyвnis (les Dйvas Solaires, ou Pitris Agnishvвtta), « ceux qui donnent а l’homme l’intelligence et la conscience », et avec :

3. L’Йvolution Physique, reprйsentйe par les Chhвyвs des Pitris Lunaires, autour desquels la Nature a formй le corps physique actuel. Ce corps sert de vйhicule а la « croissance » (pour se servir d’un mot trompeur) et aux transformations – а travers Manas, et grвce а l’accumulation des expйriences – du Fini en l’INFINI, du Passager en L’Йternel et l’absolu.

Chacun de ces trois systиmes a ses lois propres et se trouve rйglй et guidй par des groupes diffйrents de trиs hauts Dhyвnis ou Logoп. Chacun de ces systиmes est reprйsentй dans la constitution de l’homme, le Microcosme du grand macrocosme, et c’est l’union en lui de ces trois courants qui le fait l’кtre complexe qu’il est maintenant.

La « Nature », pouvoir йvolutif physique, ne pourrait jamais а elle seule йvoluer l’Intelligence; elle ne peut crйer que des « formes dйpourvues de sens », comme on le verra dans notre ANTHROPOGENÈSE. Les Monades Lunaires ne peuvent pas progresser, parce qu’elles n’ont pas encore йtй assez longtemps en rapport avec les formes crййes par la « Nature » pour avoir pu, grвce а ses moyens, accumuler des expйriences. Ce sont les Mвnasa-Dhyвnis qui, dans la Ronde actuelle, comblent la brиche, et qui reprйsentent le pouvoir йvolutif de l’Intelligence et du Mental, le lien entre l’Esprit et la Matiиre.

Il faut aussi se rappeler que les Monades qui entrent dans le cycle йvolutif sur le Globe A, pendant la premiиre Ronde, sont dans des йtats de dйveloppement trиs diffйrents. Par consйquent le sujet en devient un peu compliquй. Rйcapitulons :

Les plus dйveloppйes, les Monades Lunaires, atteignent le stade germinal humain dans la Premiиre Ronde; elles deviennent des кtres humains terrestres, quoique trиs йthйrйs, vers la fin de la Troisiиme Ronde, restent sur le Globe pendant sa pйriode d’ « obscuration » comme semence de l’humanitй future de la Quatriиme Ronde, et deviennent, par consйquent, les pionniers de l’Humanitй au commencement de notre Quatriиme Ronde. D’autres Monades n’atteignent l’йtat humain que dans les Rondes suivantes, c’est-а-dire dans la Seconde, la Troisiиme ou dans la premiиre moitiй de la Quatriиme. Et finalement, les plus en retards – c'est-à-dire celles qui occupent encore des formes animales aprиs le point tournant de la Quatriиme Ronde – ne deviendront pas des hommes pendant ce Manvantara. Elles n’atteindront les confins de l’humanitй que vers la fin de la Septiиme Ronde, et seront, а leur tour, conduites sur une nouvelle Chaоne, aprиs le Pralaya, par des pionniers plus anciens qu’elles, par les progйniteurs de l’Humanitй, ceux qu’on a nommйs l’Humanitй-Semence (Shishta), c'est-à-dire les hommes qui seront entiиrement а la tкte de tout а la fin de ces Rondes.

L’йtudiant n’a dиs lors guиre besoin d’explication sur le rфle jouй par le Quatriиme Globe et par la Quatriиme Ronde, dans le schйma de notre йvolution.

D’aprиs les tableaux prйcйdents qu’on peut appliquer, mutatis mutandis, aux Rondes, Globes ou Races, on verra que le quatriиme membre d’une sйrie occupe une position toute particuliиre; contrairement aux autres, le Quatriиme Globe n’a pas de Globe « frиre » sur le plan qu’il occupe, et il forme, par consйquent, le couteau de la « balance » reprйsentйe par la Chaоne entiиre. C’est la sphиre de l’ajustement йvolutif final, le monde de la balance Karmique, la Salle de Justice oщ se fait la pesйe qui dйtermine la course future de la Monade, pendant le reste de ses incarnations dans ce Cycle. Et telle est la raison pour laquelle, aprиs que ce point central ait йtй dйpassй dans le Grand Cycle – c’est-а-dire aprиs le point mйdian de la Quatriиme race, dans la Quatriиme Ronde, sur notre Globe – il ne peut plus entrer de Monades dans le rиgne humain. La porte est fermйe pour ce Cycle, et la balance est faite. Car s’il en йtait autrement, si une вme nouvelle йtait crййe pour chacun des innombrables milliards d’кtres humains qui sont morts et s’il n’y avait pas eu de rйincarnation – il serait, en vйritй, difficile de trouver de la place pour les « esprits » sans corps; et l’on ne pourrait donner une raison а l’origine et а la cause de la souffrance. C’est l’ignorance des donnйes Occultes et l’accumulation des fausses conceptions inculquйes sous le couvert de l’йducation religieuse qui ont crйй le Matйrialisme et l’Athйisme comme pour protester contre ce prйtendu ordre divin des choses.

Les seules exceptions а la rиgle que nous venons de donner sont les « races muettes » dont les Monades sont dйjа arrivйes au stade humain, en vertu du fait que ces « animaux » sont postйrieurs а l’homme et sont mкme а moitiй ses descendants; leurs derniers et plus avancйs spйcimens sont les singes anthropoпdes et quelques autres singes. Ces « reprйsentations humaines » ne sont en vйritй que les copies contrefaites de l’humanitй primitive, mais ce point particulier recevra un supplйment d’information dans l’un des Volumes suivants.

Comme le dit, а grands traits, le Commentaire :

I. « Chaque forme sur la terre et chaque grain [atome] dans l’Espace tend, par ses efforts vers la soi-formation, а suivre le modиle pour lui dans l’ « HOMME CÉLESTE »…

« …L’involution et l’йvolution de l’atome, sa croissance externe et interne, et son dйveloppement, ont tous un seul et mкme objet : l’Homme; l’Homme qui est, sur cette Terre, la forme physique ultime la plus йlevйe; la MONADE dans sa totalitй absolue et dans sa condition d’йveil – comme le point culminant des incarnations divines sur la Terre.

II. « Les Dhyвnis [Pitris] sont ceux qui ont йvoluй leurs Bhыta [doubles] d’eux-mкmes; leur RUPA [Forme] est devenue le vйhicule des Monades [Septiиme et Sixiиme Principes] qui ont complйtй leur cycle de transmigration dans les trois Kalpas [Rondes] prйcйdentes. Alors, eux [les Doubles Astrals] devinrent les hommes de la premiиre Race Humaine de la Ronde. Mais ils n’йtaient pas complets, ils йtaient dйpourvus de sens.

On expliquera cela plus loin. En attendant, l’homme – ou plutфt sa Monade – a existй sur Terre dиs le commencement de cette Ronde. Mais jusqu’а notre Cinquiиme Race, les formes externes qui couvraient ces Doubles Astrals divins ont changй et se sont consolidйes avec chaque sous-race; la forme et la structure physique de la faune changent en mкme temps; parce qu,elle doit s’adapter aux conditions sans cesse changeantes de la vie sur ce Globe, pendant les pйriodes gйologiques de son cycle formatif. Et ces changements continueront avec chaque race-Racine et chaque sous-race principale, jusqu’а la derniиre de la septiиme Race de cette Ronde.

III. « L’homme intйrieur, maintenant cachй, йtait alors, [dans les commencements] l’homme externe. Progйniture des Dhyвnis [Pitris], il йtait « le fils semblable а son pиre ». Comme le lotus dont la forme extйrieure prend peu а peu la forme du modиle qui se trouve au-dedans de lui, ainsi la forme de l’homme, au commencement, йvoluait de dedans en dehors. Aprиs ce cycle dans lequel l’homme commenзa а procrйer son espиce comme le fait actuellement le rиgne animal, cela changea. Le fњtus humain suit maintenant, dans ses transformations, toutes les formes que le corps physique de l’homme a prises а travers les trois Kalpas [Rondes] pendant les efforts que la matiиre dйpourvue de ses (а cause de son imperfection) fit, dans ses aveugles errements, pour recouvrir la Monade. Dans l’вge actuel, l’embryon physique est successivement une plante, un reptile et un animal, avant de devenir un homme йvoluant en lui-mкme, а son tour, sa contrepartie йthйrйe. C’est cette contrepartie [l’homme astral] qui, au commencement, se prit dans les mailles du filet de la matiиre parce qu’il йtait dйpourvu de sens. »

Mais cet « homme » appartient а la Quatriиme Ronde. Comme on l’a vu, la MONADE a passй, a voyagй et a йtй emprisonnй dans chaque forme transitoire, а travers chaque rиgne de la nature, pendant les trois Rondes prйcйdentes. Mais la Monade, qui devient humaine, n’est pas l’homme. Dans cette Ronde – а l’exception des mammifиres les plus йlevйs (aprиs l’homme), les anthropoпdes, qui doivent disparaоtre pendant notre race actuelle, lorsque leurs Monades seront libйrйes et passeront dans les formes astrales humaines, ou les йlйmentals les plus йlevйs, des Sixiиme et Septiиme Races et ensuite dans les formes humaines les plus infйrieures de la Cinquiиme Ronde – il n’est plus d’unitйs dans les divers rиgnes qui soient animйes par des Monades destinйes а devenir humaines dans leur stade suivant : elles sont animйes seulement par les Йlйmentals les plus bas de leurs rиgnes respectifs. [Ces « Йlйmentals » ne deviendront des Monades а leur tour qu’au prochain grand Manvantara planйtaire.]

 Et, en fait, la derniиre Monade humaine s’incarna avant le commencement de la cinquiиme Race-Racine. La nature ne se rйpиte jamais : aussi, les anthropoпdes actuels ont commencй au milieu de la pйriode Miocиne, comme toutes les races croisйes, а montrer une tendance, de plus en plus marquйe avec le temps, а retourner vers le type de leurs premiers parents, le Lйmuro-Atlantйen gigantesque, noir et jaune. Il est inutile de chercher le  « chaоnon manquant ». Dans des millions d’annйes, nos races modernes, ou plutфt leurs fossiles, apparaоtront aux savants de la Sixiиme Race-Racine comme les restes de petits singes insignifiants – une espиce йteinte du genus homo.]

Ces anthropoпdes forment une exception rare parce qu’ils n’entraient pas dans le plan de la Nature et sont le produit direct de la crйation de l’homme « dйpourvu de sens ». Les Hindous attribuent une origine divine aux singes, parce que les hommes de la Troisiиme Race йtaient des dieux d’un autre plan, devenus des mortels « dйpourvus de sens ». On a dйjа effleurй ce sujet dans Isis Dйvoilйe, il y a douze ans, aussi clairement qu’il йtait alors possible. On conseille au lecteur de s’adresser aux Brвhmanes pour savoir la raison des йgards qu’ils ont pour les singes :

«  Le lecteur apprendrait peut-кtre – si les Brвhmanes le jugeaient digne d’une explication – que l’Hindou ne voit dans le singe que ce que Manou voulait qu’il y vоt : la transformation d’une espиce trиs directement liйe avec celle de la famille humaine, une branche bвtarde greffйe sur la souche avant la perfection finale de cette derniиre. Il pourrait apprendre, en outre, qu’aux yeux du « paпen » instruit, l’homme spirituel ou interne est une chose, et son coffre terrestre et physique une autre chose. Que la nature physique, cette immense combinaison de corrйlations de forces physiques toujours en route vers la perfection, doit se servir des matйriaux qu’elle a sous la main : elle modиle et remodиle sans cesse au fur et а mesure qu’elle avance dans son oeuvre et, en couronnant cette oeuvre par l’homme, elle prйsente ce dernier comme le seul tabernacle digne d’кtre obombrй par l’Esprit divin. » On parle aussi, dans une note au bas de la page, d’un livre allemand scientifique oщ il est dit : « Un Savant hanovrien a publiй rйcemment un ouvrage intitulй : Ueber die auflцsung der Arten durch Natьrlich Zuchtwahl, dans lequel il dйmontre, avec beaucoup d’ingйniositй, que Darwin se trompait sйrieusement en faisant descendre l’homme du singe, et il maintient, au contraire, que c’est le singe qui est йvoluй de l’homme. Il montre qu’au commencement l’humanitй йtait moralement et physiquement le type et le prototype de notre race actuelle et de [notre] dignitй humaine par la beautй de la forme, la rйgularitй des traits, le dйveloppement du crвne, la noblesse des sentiments, les impulsions hйroпques et la grandeur des conceptions idйales. C’est lа une philosophie purement brвhmanique, bouddhiste et kabaliste. Son livre est illustrй de nombreux tableaux, etc. Il affirme que la dйgradation graduelle, morale et physique de l’homme peut кtre facilement retrouvйe а travers les transformations ethnologiques jusqu’а nos jours. Et que, de mкme qu’une partie de l’espиce humaine a dйjа dйgйnйrй en singes, l’homme civilisй actuel sera finalement remplacй, sous l’action de l’Inйluctable loi de nйcessitй, par de semblables descendants. Si nous jugions de l’avenir par le prйsent, il ne semblerait vraiment pas impossible qu’une race aussi peu spirituelle et aussi matйrialiste que nos savants pыt finir comme singes plutфt que comme sйraphim. »

Hвtons-nous de dire que, bien que les singes soient descendants de l’homme, il n’est certainement pas vrai que la Monade humaine, lorsqu’elle atteint le niveau de l’Humanitй, s’incarne de nouveau dans la forme d’un animal.

Le cycle de la « mйtempsycose » pour la Monade humaine est clos, car nous sommes dans la Quatriиme Ronde et dans la Cinquiиme Race-Racine. Le lecteur doit se rappeler, celui du moins qui a lu le Bouddhisme Йsotйrique, que les STANCES qui suivent dans ce volume et dans les suivants ne parlent que de l’йvolution dans notre Quatriиme Ronde. Cette derniиre est le cycle du point tournant, aprиs lequel la matiиre, ayant atteint son point le plus infйrieur, commence а faire des efforts pour se spiritualiser avec chaque nouvelle race et chaque cycle nouveau. Par consйquent, l’йtudiant doit veiller а ne pas voir de contradictions lа oщ il n’y en a pas, car dans le Bouddhisme Йsotйrique on parle des Rondes en gйnйral, tandis qu’ici nous ne traitons que de la Quatriиme Ronde, la nфtre, la ronde actuelle. Dans ce premier livre, il est question du travail de formation; ici, au contraire, de celui de rйformation et de perfection йvolutive.

Finalement, pour terminer cette digression issue de diverses conceptions erronйes et, d’ailleurs, inйvitables, nous devons citer une dйclaration du Bouddhisme Йsotйrique qui a produit une fatale impression sur l’esprit de plusieurs Thйosophes. Une phrase malheureusement tirйe de cet ouvrage est constamment mise en avant pour prouver le matйrialisme de la doctrine qu’il contient. L’auteur, en parlant du progrиs des organismes sur les Globes, dit que :

« Le rиgne minйral ne peut pas plus dйvelopper le rиgne vйgйtal… que la terre ne peut dйvelopper l’homme du singe avant qu’elle n’ait reзu une impulsion. »

Cette phrase rend-elle littйralement la pensйe de l’auteur, ou n’est-elle, comme nous le croyons, qu’un lapsus calami? La question reste ouverte.

Nous avons constatй avec une vйritable surprise le fait que le Bouddhisme Йsotйrique a йtй si peu compris par quelques thйosophes qu’il a permis de croire qu’il soutenait entiиrement le systиme d’йvolution de Darwin et particuliиrement la thйorie de la descente de l’homme d’un ancкtre pithйcoпde. Comme l’a йcrit l’un de nos membres : « Je suppose que vous vous rendez compte que les trois quarts des Thйosophes, et mкme beaucoup de personnes du dehors, s’imaginent qu’en ce qui concerne l’йvolution de l’homme, le Darwinisme et la Thйosophie sont d’accord. » Rien de tel n’a йtй compris et, autant que nous sachions, il n’y a pas grand-chose dans le Bouddhisme Йsotйrique qui puisse l’étayer. On a bien des fois rйpйtй que l’йvolution, telle qu’elle a йtй enseignйe par Manou et Kapila, йtait le terrain d’action des enseignements modernes, mais ni l’Occultisme, ni la Thйosophie n’ont jamais soutenu les thйories brutales des Darwinistes actuels – et moins que toute autre chose l’ascendance simiesque de l’homme : nous reparlerons de cela plus tard. Mais nous n’avons qu’а lire la page 47 du livre en question pour voir que l’auteur dit :

« L’homme appartient а un rиgne entiиrement distinct de celui des animaux. »

Aprиs une dйclaration aussi nette et aussi peu йquivoque, il est йtrange que des йtudiants attentifs aient pu se tromper, а moins qu’ils aient voulu accuser l’auteur de contradiction flagrante.

Chaque Ronde rйpиte le travail йvolutif de la Ronde prйcйdente, dans une gamme plus йlevйe. Et, sauf pour quelques anthropoпdes supйrieurs, comme nous l’avons dit, le flot Monadique ou йvolution interne est arrкtй jusqu’au Manvantara prochain. On ne peut trop souvent rйpйter qu’il faut liquider les Monades humaines pleinement йpanouies avant qu’une nouvelle moisson de candidats apparaisse sur ce globe, au commencement du Cycle suivant. Il y a donc une pause; et c’est pourquoi, dans la Quatriиme Ronde, l’homme apparaоt sur la terre avant toute crйation animale, comme nous le dirons.

Mais on affirme toujours que l’auteur du Bouddhisme Йsotйrique a sans cesse « prкchй le Darwinisme ». Il est vrai que certains passages semblent se prкter а cette conclusion. De plus les Occultistes eux-mкmes sont disposйs а accorder quelque exactitude partielle а l’hypothиse de Darwin, en ce qui concerne des dйtails ultйrieurs de certaines parties secondaires de l’Йvolution aprиs le point mйdian de la Quatriиme Race. De ce qui a eu lieu, la Science Physique ne peut vraiment rien savoir, car de tels sujets sont entiиrement en dehors de la sphиre d’investigation. Mais ce que les Occultistes n’ont jamais admis, ni n’admettrons jamais d’ailleurs, c’est que l’homme ait йtй un singe dans cette Ronde ou dans tout autre Ronde, ou qu’il ait jamais pu l’кtre, quelque simiesque qu’il ait pu кtre. Cela est certifiй par l’autoritй mкme dont l’auteur du Bouddhisme Йsotйrique a tirй son information.

Par consйquent, а ceux qui s’opposent aux occultistes les lignes suivantes du volume que nous venons de citer :

« il suffit de montrer que nous pouvons raisonnablement – et que nous le devons mкme, si nous voulons parler de cette question – concevoir que l’impulsion vitale qui donne naissance aux formes minйrales, soit de mкme nature que l’impulsion qui йlиve une race de singes en une race d’hommes rudimentaires ».

А ceux qui tireraient argument de ce passage comme dйmontrant un « Darwinisme ferme », les Occultistes rйpondront par l’explication mкme du Maоtre, Instructeur de M. Sinnett, qui contredirait ces lignes, si elles avaient йtй йcrites dans l’esprit qu’on leur attribue. Une copie de cette lettre fut envoyйe, il y a deux ans (1886), а l’auteur du prйsent ouvrage avec d’autres lettres et des annotations marginales, pour en user dans la rйdaction de la DOCTRINE SECRÈTE.

Cette lettre commence par considйrer les difficultйs que rencontre l’йtudiant occidental pour concilier quelques faits prйcйdemment indiquйs avec l’йvolution humaine venant de l’animal, c'est-à-dire des rиgnes minйral, vйgйtal et animal, et elle conseille а l’йtudiant de se rйfйrer а la doctrine de l’analogie et des correspondances. Elle touche alors au mystиre des Dйvas et mкme des Dieux qui doivent passer par des йtats qu’il est convenu d’appeler « Immйtalisation, Inherbation, Inzoonisation, et finalement Incarnation »; elle explique, en parlant ainsi а mots couverts, la nйcessitй des insuccиs, mкme dans les races йthйrйes des Dhyвn Chфhans. Voici ce qu’elle dit а ce propos :

« Ces insuccиs ont trop progressй et sont trop spiritualisйs pour кtre rejetйs de force de l’йtat Dhyвn Chohanique dans le tourbillon d’une nouvelle йvolution primordiale а travers les rиgnes infйrieurs. » [ The Mahatma Letters, p. 87. ]

Aprиs cela, une seule allusion est faite au sujet du mystиre contenu dans l’allйgorie des Asuras tombйs, allйgorie dont il sera parlй en dйtail dans un des volumes suivants.

« Lorsque le Karma les atteint, au stade de l’йvolution humaine, ils doivent boire jusqu’а la derniиre goutte la coupe amиre de la rйtribution. C’est alors qu’ils deviennent une Force active et se mкlent avec les Йlйmentals – entitйs avancйes du rиgne animal pur – pour dйvelopper peu а peu le type parfait de l’humanitй » [ The Mahatma Letters, p. 87. ]

Ces Dhyвn Chфhans, comme nous le voyons, ne passent pas а travers les trois rиgnes, comme le font les Pitris infйrieurs, et ils ne s’incarnent pas non plus dans les hommes avant la Troisiиme Race-Racine. Par consйquent, suivant l’enseignement :

« Ronde I. [ L’homme, dans la Premiиre Ronde et dans la premiиre race, sur le Globe D, notre Terre, йtait] un кtre йthйrй [un Dhyвni Lunaire, comme homme] non intelligent, mais super-spirituel; et par consйquent, selon la loi de l’analogie, il йtait ainsi dans la Premiиre Race de la Quatriиme Ronde. Dans chacune des races et sous-races suivantes…il devient de plus en plus un кtre emprisonnй, ou incarnй, mais toujours avec prйpondйrance йthйrйe … Il est sans sexe et, comme l’animal et le vйgйtal, il dйveloppe des corps monstrueux, en correspondance avec son entourage grossier.

« Ronde II. L’homme est encore gigantesque et йthйrй, mais il devient plus ferme et plus condensй dans son corps; c’est un homme plus physique. Pourtant encore moins intelligent que spirituel, (a) car le mental est d’une йvolution plus lente et plus difficile que la forme physique…

« Ronde III. Il a maintenant un corps parfaitement concret ou compact; c’est d’abord la forme d’un singe gйant et plus intelligent, ou plutфt plus rusй que spirituel. Car, sur l’axe descendant, il a maintenant atteint un point oщ sa spiritualitй primordiale est йclipsйe et obombrйe par la mentalitй naissante. (b) Dans la seconde moitiй de la Troisiиme Ronde, sa stature gigantesque dйcroоt, et son corps se modifie dans sa texture; il devient un кtre plus rationnel, quoique encore plus un singe qu’un Dйva… [Tout cela se rйpиte presque exactement dans la Troisiиme Race-racine de la Quatriиme Ronde].

« Ronde IV. L’intelligence a un dйveloppement йnorme dans cette Ronde. Les races [jusqu’ici] muettes acquiиrent sur ce Globe notre parole humaine [actuelle], et, depuis la Quatriиme Race, le langage est perfectionnй et la connaissance s’accroоt. А ce point mйdian de la Quatriиme Ronde [comme de la Quatriиme Race-Racine ou Atlante], l’humanitй passe le point axial du cycle manvantarique mineur… le monde est alors rempli des rйsultats de l’activitй intellectuelle et de la dйcroissance spirituelle… » [ Comparez Mahatma Letters, p. 87 et seq. Йd. 1930. ].

Tout cela est tirй de la lettre authentique; suivent les annotations et explications additionnelles йcrites par la mкme main, en notes de bas de page.

«  (a) La lettre originale contenait un enseignement gйnйral – une esquisse а vol d’oiseau – et ne particularisait rien … Parler de « l’homme physique », tout en limitant ce qu’on en dit aux premiиres Rondes, eыt йtй revenir aux miraculeux et instantanйs « vкtements de peau »… La premiиre « Nature », le premier « corps », le premier « mental », sur le premier plan de perception, sur le premier Globe de la premiиre Ronde, c’est de cela qu’on parlait. Car le Karma et l’йvolution ont :

…concentrй dans notre construction des extrкmes trиs йtranges, des natures [ Les Natures des sept Hiйrarchies ou classes de Pitris et de Dhyвni-Chфans qui composent notre nature et nos corps. ] diffйrentes merveilleusement mйlangйes…!

(b) Rйtablissez : Il a maintenant atteint le point [par analogie, et comme la Troisiиme Race-Racine dans la Quatriиme Ronde] oщ sa spiritualitй primordiale [d’homme-ange] est йclipsйe et obombrйe par la mentalitй humaine naissante – et vous aurez la vraie version dans la main… »

Voilа les mots de l’Instructeur : le texte, les mots et les phrases entre guillemets, et les notes explicatives en bas de page. On comprendra qu’il doit y avoir une diffйrence йnorme dans les mots « objectivitй » et « subjectivitй », « matйrialitй » et « spiritualitй », lorsque ses termes s’appliquent а des plans diffйrents d’кtre et de perception. Il faut prendre tout cela au sens relatif. Et il faut donc ne pas s’йtonner si, laissй а ses propres spйculations, un auteur si disposй а apprendre, mais encore tout а fait inexpйrimentй dans ces enseignements abstraits, s’est trompй. La diffйrence qui existe entre les Rondes et les Races n’a du reste, pas йtй suffisamment dйfinie dans les lettres reзues, puisqu’on n’avait rien demandй а ce sujet, et qu’aussi le disciple oriental ordinaire l’aurait aussitфt dйcouverte. Citons encore une lettre du Maоtre :

« Les enseignements furent donnйs en protestant… Ils йtaient pour ainsi dire passйs en contrebande… et lorsque je me trouvais vis-а-vis d’un seul correspondant, l’autre M…, avait tellement brouillй les cartes, qu’il restait peu а dire sans violer la rиgle. »

Les Thйosophes « que cela peut concerner » comprendront ce qu’on veut dire.

Tout cela prouve, en somme, que rien n’a jamais йtй dit dans les lettres, pour autoriser l’assertion que la doctrine Occulte a enseignй, ou qu’un Adepte ait cru, sauf mйtaphoriquement, la thйorie moderne et absurde de la descente de l’homme d’un ancкtre commun avec le singe, d’un anthropoпde de l’espиce animale actuelle. Jusqu’а nos jours mкme, le monde contient plus d’ « hommes а forme de singes » que les bois de « singes а forme d’homme ». Le singe est tenu pour sacrй aux Indes, parce que son origine est bien connue des Initiйs, quoique cachйe sous le voile йpais de l’allйgorie. Hanumвna est le fils de Pavana (Vвyu, « Dieu du vent ») et d’Anjana, femme d’un monstre nommй Kйsari et dont la gйnйalogie varie. Le lecteur, qui s’en souviendra, trouvera dans les Volumes suivants, passim, l’explication entiиre de cette allйgorie ingйnieuse. Les « Hommes » de la Troisiиme Race (qui se sйparиrent) йtaient des « Dieux » par leur spiritualitй et leur puretй, quoiqu’ils fussent dйpourvus de sens et encore privйs de mental en tant qu’hommes.

Ces « hommes » de la Troisiиme Race, ancкtres des Atlantes, йtaient prйcisйment des gйants а forme simiesque, dйpourvus de raison et de mental, semblables а ces кtres qui, pendant la Troisiиme Ronde, reprйsentaient l’humanitй. Moralement irresponsables, ces « hommes » de la Troisiиme Race, par des relations contre nature avec des animaux d’une espиce infйrieure а eux, crйиrent le chaоnon manquant qui devint, dans les вges suivants (dans la pйriode Tertiaire seulement), l’ancкtre lointain du vйritable singe, tel que nous le trouvons maintenant dans la famille pithйcoпde.

[Et si l’on trouve que cela contredit la dйclaration qui montre l’animal comme postйrieur а l’homme, nous prierons le lecteur de se rappeler qu’on n’a voulu parler que des mammifиres placentaires. А cette йpoque, il existait des animaux dont la Zoologie actuelle n’a jamais rкvй; et les modes de reproduction n’йtaient pas identiques а ceux que connaоt la Physiologie moderne. IL ne convient peut-кtre pas de traiter ces sujets publiquement, mais il n’y a ni contradiction, ni impossibilitй dans tout ce que nous avanзons.]

Donc, les premiers enseignements, quelques vagues et fragmentaires et peu satisfaisants qu’ils aient pu кtre, n’ont point dit que l’ « homme provenait du singe ». L’auteur du Bouddhisme Йsotйrique ne l’affirme pas davantage dans son livre, mais ses tendances scientifiques l’ont fait se servir de mots qui pourraient justifier une telle impression. L’homme qui prйcйda la Quatriиme Race, - la race Atlante, - quelque ressemblant qu’il pыt кtre physiquement а un « singe gigantesque », - йtait quand mкme un homme pensant et dйjа douй de langage. La Race Lйmuro-Atlantйenne йtait hautement civilisйe, et si l’on accepte la tradition, qui est plus exacte comme histoire que la fiction spйculative qui passe maintenant sous ce nom, il йtait plus haut que nous, malgrй toutes nos sciences et notre civilisation dйgradйe. Nous parlons ici spйcialement des Lйmuro-Atlantйens de la fin de la Troisiиme Race.

Nous pouvons maintenant reprendre le commentaire des Stances.

Stance VI (5)      

5. А la Quatriиme [ Ronde, ou rйvolution de Vie et d’ÊTRE autour des « sept petites Roues » ] (a), les Fils reзoivent l’ordre de crйer leurs Images : Un Tiers refuse, Deux [ Tiers ] obéissent. La Malйdiction est prononcйe (b). Ils naоtront dans la Quatriиme [ Race. ]; ils souffriront et causeront de la souffrance. C’est la Premiиre Guerre (c).

La pleine signification de ce Shlфka ne peut кtre entiиrement comprise qu’aprиs avoir lu les explications dйtaillйes donnйes plus loin dans l’Anthropogenиse et ses Commentaires dans les autres Volumes. Entre ce Shlфka et le prйcйdent, de longs вges s’йcoulent et l’on peut voir poindre maintenant l’aurore d’un nouvel aeon. Le drame qui se joue sur notre planиte est au commencement de son quatriиme acte; mais pour mieux comprendre la piиce entiиre il faut que le lecteur retourne а ce qui a йtй dit avant d,aller plus loin. Car ce verset appartient а la Cosmogonie gйnйrale donnйe dans les volumes archaпques, tandis que les Volumes III et IV donneront un rйcit dйtaillй de la « Crйation », ou plutфt de la formation des premiers кtres humains, crйation suivie par la seconde humanitй, puis par la troisiиme, ou comme on les appelle, les Premiиre, Seconde et Troisiиme Races-Racines. La Terre solide a йtй primitivement une boule de feu liquide, de poussiиre ignйe et son propre fantфme protoplasmique – et l’homme a fait comme elle.

a) On donne au mot « Quatriиme » la signification de Quatriиme Ronde sur la seule autoritй des Commentaires. Il peut tout aussi bien signifier Quatriиme « Йternitй » que « Quatriиme Ronde », ou mкme notre Quatriиme Globe. Car, ainsi que nous le montrerons plus d’une fois encore, ce dernier est la Quatriиme Sphиre, sur le plan quatriиme – le plus infйrieur de la vie matйrielle. De sorte que nous sommes dans la Quatriиme Ronde, au point mйdian de laquelle l’йquilibre parfait entre l’Esprit et la Matiиre devait avoir lieu.

C’йtait, comme nous le verrons, а cette pйriode, au point le plus йlevй de la civilisation, de connaissance et d’intellectualitй humaine de la Quatriиme Race – l’Atlante – que la crise finale de l’ajustement physiologico-spirituel des races porta l’humanitй а se diviser et а prendre deux chemins diamйtralement opposйs : la voie de DROITE et celle de GAUCHE dans la Connaissance ou Vidyв. D’aprиs les termes du Commentaire :

Ainsi furent semйs, а cette йpoque, les germes de la Magie Blanche et de la Magie Noire. Les semences restиrent quelque temps latentes et ne poussиrent que pendant la premiиre pйriode de la Cinquiиme Race [la nфtre].

Le Commentaire qui explique ce Shlфka dit encore :

Les Saints Adolescents [les Dieux] refusиrent de multiplier et de crйer des races а leur ressemblance et selon leur espиce. « Ce ne sont pas des formes [rupas] dignes de nous. Il leur faut encore grandir. » Ils refusиrent d’entrer dans les Chhвyas [Ombres ou Images] de leurs infйrieurs. C’est ainsi que le sentiment йgoпste a prйvalu dиs le commencement, mкme parmi les Dieux, et que ceux-ci tombиrent sous l’oeil des Lipika Karmiques.

Ils eurent а souffrir de cette faute dans des naissances futures. Comment la punition atteignit-elle les Dieux? C’est ce qu’on verra dans les volumes II et IV.

C’est une tradition universelle qu’avant la « Chute » physiologique, la propagation de l’espиce, qu’elle fыt humaine ou animale, s’effectuait par la VOLONTÉ des Crйateurs ou de leur progйniture. Ce fut la Chute de l’Esprit dans la gйnйration, et non pas la Chute de l’Homme mortel. On a dйjа dit que, pour devenir Soi-Conscient, il faut que l’Esprit passe par chaque cycle d’кtre, jusqu’au point culminant le plus йlevй qui, sur la terre, est l’Homme. L’Esprit per se est une ABSTRACTION nйgative inconsciente. Sa puretй lui est inhйrente et non acquise par le mйrite; dиs lors, comme on l’a dйjа dit, pour devenir le Dhyвn Chфhan le plus йlevй, il est nйcessaire que chaque Ego atteigne la pleine soi-conscience comme кtre humain, c'est-à-dire comme un кtre conscient, synthйtisй pour nous dans l’Homme. Les Kabalistes juifs, en soutenant que nul Esprit ne peut appartenir а la Hiйrarchie divine si Ruach (Esprit) n’est uni а Nephesh (Вme Vivante), ne font que rйpйter l’enseignement Йsotйrique oriental :

Un Dhyвni doit кtre un Atmв-Buddhi; du moment que Buddhi-Manas se sйpare de l’immortel Atmв, dont Buddhi est le vйhicule, Atman passe dans le NON-ÊTRE, qui est l’Кtre Absolu.

Cela veut dire que l’йtat purement Nirvвnique est un retour de l’Esprit а l’abstraction idйale de l’Кtre-tй, laquelle n’a aucune relation avec le plan sur lequel notre Univers accomplit son cycle.

b) « La Malйdiction est prononcйe » ne veut pas dire, dans ce cas, qu’un Кtre Personnel, Dieu, ou un Esprit supйrieur, l’ait prononcйe, mais simplement qu’une cause qui ne pouvait crйer que de mauvais rйsultats venait d’кtre engendrйe, et que les effets d’une cause Karmique pouvaient conduire les Кtres qui agissaient contre les lois de la Nature et empкchaient ainsi sa marche normale а de mauvaises incarnations et, par suite, а souffrir.

c) « Il y eut de nombreuses guerres », toutes se rapportant aux luttes pour l’ajustement spirituel, cosmique et astronomique, mais surtout au mystиre de l’йvolution de l’homme, tel qu’il est maintenant. Les Pouvoirs – ou pures Essences – а qui l’on « commanda de crйer » se rapportent а un mystиre expliquй ailleurs, comme on l’a dйjа dit. Ce n’est pas seulement l’un des secrets les plus cachйs de la Nature, - le secret de la gйnйration, а la solution duquel les Embryologistes se sont vainement efforcйs – mais c’est aussi une fonction divine qui implique le plus grand mystиre religieux, ou plutфt dogmatique, de la prйtendue « Chute » des Anges. Satan et son armйe rebelle, lorsque l’allйgorie en sera expliquйe, seront reconnus n’avoir refusй de crйer l’homme physique que pour devenir les Sauveurs et Crйateurs directs de l’ « Homme Divin ». L’enseignement symbolique est plus que mystique et religieux; comme nous le verrons plus tard, il est purement scientifique. En effet, au lieu de rester un simple mйdium fonctionnant aveuglйment, poussй et guidй par la LOI insondable, l’Ange « rebelle » rйclama et maintint son droit de juger et de vouloir avec indйpendance, son droit d’agir librement, sous sa responsabilitй, puisque l’Homme et l’Ange sont йgalement soumis а la Loi Karmique.

[En expliquant des opinions kabalistes, l’auteur des New aspects of life dit, au sujet des Anges Dйchus :

Selon l’enseignement symbolique … l’Esprit, aprиs avoir йtй un simple agent, un fonctionnaire de Dieu, fut douй de volontй dans son action en dйveloppement et, substituant sa propre volontй au dйsir divin, il tomba. C’est de lа que serait venu le rиgne des esprits et de l’action spirituelle, rиgne qui est le rйsultat de la volition spirituelle, laquelle est en dehors du royaume des вmes et en contradiction avec l’action divine. (Page 235)

Jusqu’ici c’est bien; mais que veut dire l’auteur lorsqu’il йcrit :

« Lorsque l’homme fut crйй, il йtait humain par sa constitution, douй d’affections humaines, d’espйrances et d’aspirations humaines. De cet йtat, il tomba dans l’йtat de brute et de sauvage. »

C’est diamйtralement opposй а notre enseignement oriental, а l’idйe kabaliste, telle que nous la comprenons, et mкme а la BIBLE. Cela ressemble а du Corporйalisme et а du Substantialisme colorant la Philosophie Positive, quoiqu’il soit assez difficile d’кtre certain de ce qu’a voulu dire l’auteur. Pourtant une CHUTE « du naturel dans le surnaturel et dans l’animal » - surnaturel signifiant ici le purement spirituel – implique ce que nous suggйrons.]

Le Nouveau Testament parle de l’une de ces « Guerres » en ces termes :

« Et il y eut guerre dans le ciel : Michel et ses anges luttиrent contre le Dragon; et le Dragon combattit avec ses anges et ne prйvalut pas, et l’on ne leur trouva plus place dans le ciel. Et l’on chasse le grand Dragon, ce vieux serpent, appelй le Diable et Satan, qui trompe le monde entier [Apocalypse, xii, 7, 9. ]. »

La version kabaliste de la mкme histoire est donnйe dans le Codex Nazaraeus, l’йcriture sainte des Nazarйens, ces vrais mystiques chrйtiens de Jean-Baptiste et Initiйs du Christos. Bahak Zivo, le « Pиre des Gйnies », reзoit l’ordre de construire des crйatures (de crйer). Mais, comme il « ignore Orcus », il ne le fait pas et appelle а son aide Fйtahil, un esprit plus pur encore qui йchoue encore plus. C’est une rйpйtition de l’insuccиs des « Pиres », les Seigneurs de Lumiиre qui йchouиrent l’un aprиs l’autre [ Voir vol II, Shlфka 17. ].

Donnons maintenant quelques extraits de nos prйcйdents ouvrages [ Isis Dйvoilйe. Comparez aussi avec S.F. Dunlap Sфd, The Son of the Man, p. 50 et seq. (1861).].

Alors vient sur la scиne de la crйation [ Sur l’autoritй d’Irйnйe, de Justin Martyr et du Codex lui-mкme, Dunlap dйmontre que les Nazarйens considйraient « l’Esprit » comme un Pouvoir fйminin et mauvais, dans ses rapports avec notre Terre ] l’ « esprit » (prйtendu de la Terre, ou l’Вme, Psychй, que saint Jacques appelle « diabolique »), la partie infйrieure de l’Anima Mundi ou Lumiиre Astrale [voir la fin de ce Shlфka]. Chez les Nazarйens et les Gnostiques, cet Esprit йtait fйminin. Par consйquent, l’Esprit de la Terre, voyant que pour Fйtahil [ Fйtahil est identique а la cohorte des Pitris qui « crйиrent l’homme » comme « coque » seulement. Il йtait, chez les Nazarйens, le Roi de Lumiиre et le Crйateur; mais, dans le cas prйsent, il n’est que le malheureux Promйthйe qui ne rйussit pas а s’emparer du Feu Vivant nйcessaire а la formation de l’Вme Divine parce qu’il ignore le nom sacrй, le nom ineffable et incommunicable des Kabalistes. ] – l’Homme le plus nouveau  (le dernier) – la splendeur fut « changйe » et qu’au lieu de splendeur exista « dйcadence et ruine », il rйveille Karabtanos [ L’esprit de Matiиre et de Concupiscence : Kвma Rupв sans manas, le Mental. ] « qui йtait fou, dйpourvu de sens et de jugement », et lui dit : « Lиve-toi, vois, la Splendeur (Lumiиre) de l’Homme le plus Nouveau (Fйtahil) n’a pas rйussi (а produire ou crйer des hommes); le dйclin de cette splendeur est visible. Lиve-toi, viens avec ta Mиre (le Spiritus) et libиre-toi des limites qui te tiennent, et aussi de celles du monde entier. » Aprиs quoi, suit l’union de la matiиre folle et aveugle, guidйe par les insinuations de l’Esprit (non le Souffle Divin, mais l’Esprit Astral qui, par sa double essence, est dйjа teintйe de matiиre); et l’offre de la Mиre йtant acceptйe, le Spiritus conзoit « Sept Figures » et les Sept Stellaires (Planиtes) qui reprйsentent aussi les sept pйchйs capitaux, descendants d’une Вme Astrale sйparйe de sa source divine (esprit) et la matiиre, le dйmon aveugle de la concupiscence. Voyant cela, Fйtahil йtend la main vers l’abоme de matiиre et dit : « Que la terre existe, de mкme que la demeure des Pouvoirs a existй. » Plongeant alors sa main dans le chaos qu’il condense, il crйe notre planиte. »

Puis le Codex raconte comment Bahak Zivo fut sйparй du Spiritus, et les Gйnies ou Anges, des Rebelles [ Codex Nazaraeus, II, 233. ].Ensuite (le plus grand) Mano [ ce Mano des Nazarйens ressemble йtrangement au Manou des Hindous, l’Homme Cйleste du Rig Vйda. ], qui habite avec le plus grand Ferho, appelle Kebar Zivo (connu aussi sous le nom de Nebat-lavar bar lufin) le Gouvernail et la Vigne des Nourritures de la Vie [« Je suis la vraie Vigne et mon pиre est le vigneron » (Jean xv, I). ] – lui, йtant la troisiиme Vie, et s’apitoyant sur le sort des Gйnies fous et rebelles eu йgard а l’immensitй de leur ambition, dit : « Seigneur des Gйnies [ Chez les Gnostiques, le Christ, aussi bien que Michel qui lui est identique sous certains rapports, йtait le « chef des Aeons ».](Aeons), vois ce que font les Gйnies (les Anges Rebelles), et sur quoi ils devisent entre eux [ Codex Nazaraeus, I, 135. ] Ils disent : Appelons le monde et les « Pouvoirs » а l’existence. Les Gйnies sont les Princes (Principes), les Fils de Lumiиre, mais Tu es le Messager de Vie. »

Et, afin de contrebalancer l’influence des sept principes « mal disposйs », la progйniture du Spiritus, Kebar Zivo (ou CABAR ZIO ), le puissant Seigneur de Splendeur, produit sept autres vies (les vertus cardinales) qui brillent « d’en haut » dans leur propre lumiиre et forme [ Voir la Cosmogonie des Phйrйcydes. ], et rйtablissent ainsi l’йquilibre entre le bien et le mal, la lumiиre et les tйnиbres.

On trouve ici une rйpйtition des allйgoriques premiers systиmes duels, tels que le systиme zoroastrien, et l’on dйcouvre un germe des religions dogmatiques dualistes de l’avenir, germe qui a poussй en un arbre exubйrant dans le Christianisme ecclйsiastique. C’est la premiиre esquisse des deux « Suprкmes » - Dieu et Satan. Il n’y a, dans les STANCES, aucune idйe semblable.

La plupart des Kabalistes Chrйtiens occidentaux, - surtout Eliphas Lйvi, - dans leur dйsir de concilier les Sciences Occultes et les Dogmes de l’Йglise, s’ingйniиrent de leur mieux pour ne faire de la « Lumiиre Astrale » que le Plйrфme des premiers Pиres de l’Йglise, la demeure des Cohortes d’Anges Dйchus, des « Archons » et des « Pouvoirs ». Mais la Lumiиre Astrale, quoiqu’elle ne soit que l’aspect infйrieur de l’Absolu, est toujours double. Elle est l’anima Mundi et ne devrait jamais кtre regardйe autrement, sauf pour des fins kabalistiques. La diffйrence qui existe entre sa « Lumiиre » et son « Feu vivant » doit toujours кtre prйsente а l’Esprit du Voyant et du Psychique. L’aspect supйrieur de cette « Lumiиre », aspect sans lequel des crйatures de matiиre seules peuvent кtre produites, est ce Feu Vivant et son Septiиme Principe. Dans Isis Dйvoilйe, une description complиte en est donnйe. La voici :

La Lumiиre Astrale ou anima Mundi est double et bisexuelle. La partie mвle (idйale) est purement divine et spirituelle, c’est la Sagesse, l’Esprit ou Purusha; la partie femelle (le Spiritus des Nazarйens) est teintйe, dans un sens, de matiиre, est en vйritй matiиre, et, par consйquent, dйjа le mal. Elle est le principe vital de toute crйature vivante et donne l’вme astrale, le pйrisprit fluidique aux hommes, aux animaux, aux oiseaux de l’air et а tout ce qui vit. Les animaux n’ont en eux que le germe latent de l’вme immortelle supйrieure. Cette derniиre ne se dйveloppe qu’aprиs des sйries d’йvolutions sans nombre; la doctrine de ces йvolutions est contenue dans cet axiome Kabalistique : « Une pierre devient une plante, une plante une bкte, une bкte un homme, un homme un esprit, et un esprit un dieu.

Les sept principes des Initiйs orientaux n’avaient pas encore йtй expliquйs lorsque Isis Dйvoilйe fut йcrite et l’on n’avait commentй que les trois Faces de la Kabale demi-exotйrique [ On les trouve cependant dans le Livre des Nombres Chaldйen. ].Mais ces donnйes contiennent la description des natures mystiques du premier groupe du Dhyвn Chфhans dans le regimen ignis, rйgion et « rиgle (ou gouvernement) du feu », groupe divisй en trois classes synthйtisйes par la premiиre, ce qui fait quatre ou la « Tetraktis ». En йtudiant attentivement les Commentaires on trouvera la mкme progression dans les natures angйliques, c'est-à-dire du passif а l’actif; les derniers de ces Кtres sont aussi rapprochйs de l’Йlйment Ahamkвra – rйgion ou plan sur lequel la qualitй d’Ego, ou sensation du Je suis, commence а se prйciser – que les premiers sont voisins de l’Essence non diffйrenciйe. Les premiers sont Arupas, incorporels; les derniers rupas, corporels.

Dans le deuxiиme volume d’Isis Dйvoilйe [ Voir commentaire de la Stance 7. ], les systиmes philosophiques des Gnostiques et des Juifs Chrйtiens primitifs, Nazarйens et Ebionites, sont pleinement considйrйs. On y voit les idйes qu’on avait en ces jours, en dehors du cercle des Juifs mosaпques, au sujet de Jйhovah. Tous les Gnostiques l’identifient avec le principe du mal plutфt qu’avec celui du bien. Pour eux, c’йtait Ilda-Baoth, le « Fils des Tйnиbres », dont la mиre, Sophia Achamфth, йtait la fille de Sophia, la Sagesse Divine – le Saint-Esprit fйminin des premiers chrйtiens – Akвsha; Sophia Achamфth personnifiant la Lumiиre Astrale Infйrieure ou Йther. [ La Lumiиre Astrale a la mкme relation avec l’Akвsha et l’anima Mundi que Satan avec la Divinitй. C’est une seule et mкme chose, vue sous deux aspects, le spirituel et le psychique – le lien super-йthйrй qui unit la matiиre а l’esprit pur, et le physique [ Au sujet de la diffйrence entre nous, la Sagesse divine supйrieure, et psychй, la Sagesse terrestre et infйrieure, voir St Jacques, III, 15, 17. Voir vol. II, 2e Partie, Section 11, Dйmon est Deus Inversus.] Ilda-Baoth est un nom composй provenant de Ilda (ךלי ) enfant, et de Baoth; ce dernier vient de עוךב , un oeuf, et הךהב, le chaos, comme Brahmв. Ilda Baoth ou Jйhovah est donc simplement l’un des Elohim, les sept Esprits crйateurs, et l’un des Sйphiroths infйrieurs; il produit de lui-mкme sept autres Dieux, « Esprits Stellaires » ou Ancкtres Lunaires [ Le lien entre Jйhovah et la Lune est connu des йtudiants de la Kabale. ], Ce qui est la mкme chose [ Pour les Nazarйens, voir Isis Dйvoilйe. Les vrais disciples du vrai Christos йtaient tous Nazarйens et Chrйtiens, et ils йtaient opposйs aux Chrйtiens qui vinrent aprиs.].Ils sont tous (les « Esprits de la Face ») а sa propre image, les rйflexions l’un de l’autre, et deviennent de plus en plus sombres et matйriels, а mesure qu’ils s’йloignent davantage de leur source originelle. Ils habitent aussi sept rйgions disposйes comme une йchelle, car ses marches, montent et descendent l’йchelle de l’esprit et de la matiиre [ Voir le tableau II de la Chaоne Lunaire de sept mondes, oщ comme dans notre Chaоne, et dans n’importe quelle autre, les mondes supйrieurs sont spirituels tandis que le plus bas, - que ce soit la Lune, la Terre, ou toute autre planиte, - est obscurci par la matiиre. ]. Chez les Paпens et les Chrйtiens, chez les Hindous et les Chaldйens, chez les Catholiques Grecs comme chez les Romains – а de lйgиres variantes prиs dans l’interprйtation des textes – ces esprits йtaient tous les Gйnies des sept planиtes, comme aussi des sept sphиres planйtaires de notre Chaоne septйnaire, dont la Terre est le globe le plus bas. Cela met en relation les Esprits « Stellaires » et « Lunaires » avec les Anges planйtaires supйrieurs et les Saptarishis, les sept Rishis des йtoiles chez les Hindous, comme Anges infйrieurs ou Messagers de ces Rishis, comme leurs йmanations sur l’йchelle descendante. Tels йtaient, pour les Gnostiques philosophes, les Dieux et les Archanges maintenant adorйs par les Chrйtiens! Les « Anges Dйchus » et la lйgende de la « Guerre dans les Cieux » ont, par consйquent, une origine purement paпenne et viennent de l’Inde par la Perse et la Chaldйe. On n’en parle qu’une seule fois dans le canon chrйtien et c’est dans l’Apocalypse, XII, comme nous l’avons citйe prйcйdemment.

Ainsi « SATAN », dиs qu’il cesse d’кtre considйrй dans l’esprit superstitieux, dogmatique et antiphilosophique des Йglises, devient l’image grandiose de celui qui d’un homme terrestre fait un Homme divin et qui donne а cet homme, pendant le long cycle du Mahвkalpa, la loi de l’Esprit de Vie et le dйlivre du Pйchй d’Ignorance et par suite de la Mort.

Stance VI (6)

6. Les Roues les plus Anciennes tournиrent en bas et en haut (a) … Le Frai de la Mиre remplit le tout [ Le Kosmos entier. Le lecteur doit se rappeler que, dans les STANCES, le mot Kosmos ne signifie souvent que notre Systиme Solaire et non l’Univers Infini. ]. Il y eut des Combats entre les Crйateurs et les Destructeurs, et des Combats pour l’Espace; la Semence apparaissant et rйapparaissant continuellement (b) [ C’est purement astronomique. ].

a)       Nos questions incidentes s’arrкtent ici pour le moment; tout en interrompant le cours de la narration, ces questions йtaient nйcessaires pour l’йlucidation de l’ensemble du sujet. Il nous faut revenir maintenant а la Cosmogonie. L’expression « Roues plus Anciennes » se rapporte aux Mondes ou Globes de notre Chaоne tels qu’ils йtaient pendant les « Rondes prйcйdentes ». Lorsque la STANCE actuelle est expliquйe йsotйriquement, on voit qu’elle se trouve entiиrement incorporйe dans les ouvrages kabalistiques. On y trouve l’histoire de l’йvolution de ces Globes sans nombre qui йvoluent aprиs un Pralaya pйriodique, globes reconstruits en de nouvelles formes avec les matйriaux anciens. Les Globes prйcйdents se dйsintиgrent et reparaissent, transformйs et perfectionnйs, pour une phase nouvelle de vie. Dans la Kabale, on compare les mondes aux йtincelles qui jaillissent sous le marteau du grand Architecte – la LOI, la Loi qui gouverne tous les Crйateurs infйrieurs.

Le tableau comparatif suivant montre l’identitй des systиmes kabaliste et oriental. Les trois plans supйrieurs sont les trois plans supйrieurs de conscience; ils ne sont rйvйlйs et expliquйs, dans les deux йcoles, qu’aux seuls Initiйs. Ceux d’en bas reprйsentent les quatre plans infйrieurs. – le plus bas йtant notre plan, ou l’Univers visible.

Ces sept plans correspondent aux sept йtats de conscience dans l’homme. Il lui reste а accorder en lui les trois йtats supйrieurs aux trois plans supйrieurs du Kosmos. Mais, avant de pouvoir essayer cet accord, il doit rйveiller les trois « siиges » а la vie et а l’activitй. Et combien peu sont capables de comprendre, mкme superficiellement, l’Atmв Vidya (la Connaissance de l’Esprit), ou ce que les Soufis appellent Rohani! [ Pour une explication plus claire, voir Saptaparna dans la table des matiиres.]


 

 

1 L’Arupa ou « Sans Forme »; lа oщ la forme cesse d’exister, sur le plan objectif.

2 Le mot « Archйtype » ne doit jamais кtre pris dans le sens que les Platoniciens lui donnaient, c’est-а-dire comme le Monde tel qu’il existait dans le Mental de la Divinitй, mais dans le sens de premier modиle d’un Monde qui devait кtre suivi et amйliorй par les Mondes qui lui succйdиrent physiquement – quoiqu’ils fussent en dйgйnйrescence au point de vue de la puretй.

 

3 ce sont les quatre plans infйrieurs de la Conscience Cosmique; les trois plans supйrieurs sont inaccessibles а l’intellect humain, dans son dйveloppement actuel. Les sept йtats de conscience humaine appartiennent, du reste, а une toute autre question.


b) « La Semence apparaоt et rйapparaоt continuellement ». « Semence », ici, veut dire le « Germe du Monde », ce que la Science considиre comme des particules matйrielles hautement attйnuйes, mais que la Physique Occulte regarde comme « particules spirituelles », c'est-à-dire comme de la matiиre super-sensorielle, existant dans l’йtat de diffйrenciation primordiale [ Pour voir et apprйcier la diffйrence, l’abоme immense qui sйpare la matiиre physique des degrйs plus fins de matiиre super-sensorielle, tout Astronome, tout Chimiste et Physicien devrait кtre, pour le moins, un Psychromètre. Il devait pouvoir percevoir par lui-mкme cette diffйrence а laquelle il refuse maintenant de croire. Mme Elisabeth Denton, - l’une des femmes les plus instruites et, en mкme temps, les plus matйrialistes et les plus sceptiques de son siиcle, йpouse du Professeur Denton, le cйlиbre Gйologue amйricain, auteur de The Soul of Things, - йtait, malgrй son scepticisme, un psychromètre des plus merveilleux. Voici ce qu’elle dйcrit dans l’une de ses expйriences. On avait placй sur son front une particule de mйtйorite cachйe dans une enveloppe. Bien qu’elle ignorвt le contenu de l’enveloppe elle dit : « Quelle diffйrence entre ce que nous tenons ici comme matiиre et ce qui paraоt matiиre | Ici, les йlйments sont si grossiers et si anguleux que je suis йtonnйe que nous puissions les supporter, et surtout que nous puissions dйsirer continuer nos relations actuelles avec eux; lа tous les йlйments sont raffinйs; ils n’ont pas ces grands et rudes irrйgularitйs qui caractйrisent les йlйments ici, si bien que je ne puis considйrer ceux-lа que comme prйsentant bien plus que ceux-ci la vйritable existence. » (Op. cit., III, 346) ]

Dans la Thйogonie, chaque Semence est un organisme йthйrй d’oщ йvolue, plus tard, un Être cйleste, un Dieu.

Au « Commencement », ce qui est appelй, dans la phrasйologie mystique, le « Dйsir Cosmique », devient la Lumiиre Absolue. Or, la lumiиre, si elle n’avait aucune ombre, serait la lumiиre absolue, ou, en d’autres termes, - comme la Science physique s’efforce de le prouver – l’obscuritй absolue. Cette « ombre » apparaоt sous forme de matiиre primordiale ou, allйgoriquement, comme Esprit du Feu Crйateur ou Chaleur. Si, rejetant la forme poйtique et l’allйgorie, la Science prйfиre voir en cela le « brouillard de Feu » primordial, elle est libre de le faire. D’une faзon ou d’une autre, que ce soit Fohat ou la fameuse FORCE de la Science, - force aussi difficile а nommer et а dйfinir que notre Fohat lui-mкme, - ce Quelque Chose « est cause que l’Univers se meut circulairement », comme l’a dit Platon, ou, comme l’exprime l’enseignement Occulte :

Le Soleil Central fait que Fohat rassemble la poussiиre primordiale en forme de boules, pour forcer ces derniиres а se mouvoir sur des lignes convergentes et, finalement, а s’approcher l’une de l’autre et se rйunir… Dispersйes dans l’Espace, sans ordre ni mйthode, les Germes du Monde se heurtent souvent avant de se rйunir; puis ils deviennent des « Vagabonds » [Comиtes]. Alors les batailles et les luttes commencent. Les anciens [corps] attirent les plus jeunes, tandis que d’autres les repoussent. Beaucoup pйrissent dйvorйs par leurs compagnons plus forts. Ceux qui йchappent deviennent des mondes [ Livre de Dzyan. ].

[ Lorsqu’on analyse ces lignes et qu’on y rйflйchit avec soin on les trouve aussi scientifique que tout ce que peut dire la science, mкme а notre pйriode actuelle.]

On nous assure qu’il existe plusieurs ouvrages modernes faits de spйculations sur de semblables luttes pour la vie dans le ciel sidйral; ces ouvrages sont surtout en langue allemande. Nous avons plaisir а l’apprendre, car notre enseignement Occulte est perdu dans l’Obscuritй des вges archaпques. Nous en avons traitй pleinement dans Isis Dйvoilйe, et l’idйe d’une йvolution de genre Darwinien, d’une lutte pour la vie et la suprйmatie et d’une « survie des plus aptes », dans les Multitudes d’en haut comme parmi celles d’en bas, perce partout а travers les pages de notre premier ouvrage, йcrit en 1876. Mais l’idйe n’est pas nфtre, c’est celle de l’antiquitй. Les auteurs purвniques eux-mкmes ont habilement mкlй l’allйgorie avec les faits cosmiques et les йvйnements humains. Tout symbologiste peut discerner leurs allusions astro-cosmiques, mкme lorsqu’il ne peut saisir toute leur signification. Les grandes « guerres dans le ciel », dans le Purвnas; celle des Titans, dans Hйsiode et d’autres auteurs classiques; les « luttes » entre Osiris et Typhon, dans le mythe йgyptien; et celles mкme des lйgendes scandinaves se rapportent toutes au mкme sujet. La Mythologie du Nord en parle comme de la Bataille des Flammes, des fils de Muspel qui combattirent sur le champ de Wigred. Tout cela se rapporte au Ciel et а la Terre, et contient une double et quelquefois triple signification et une application йsotйrique aux choses d’en haut aussi bien qu’а celles d’en bas. Elles se rapportent chacune aux luttes astronomiques, thйogoniques et humaines; а l’ajustement des orbes, et а la suprйmatie entre les nations et les tribus! La « lutte pour l’existence » et la « survie des plus aptes » rйgna suprкme dиs le moment oщ le Kosmos se manifesta а l’кtre, et ces grands faits ne pouvaient йchapper а l’oeil observateur des sages anciens. C’est pour cela qu’on a dйcrit les batailles incessantes d’Indra, le Dieu du Firmament, contre les Asuras – hauts Dieux dйgradйs en Dйmons Cosmiques – et contre Vritra ou Ahi; les batailles entre les йtoiles et les constellations, entre les lunes et les planиtes – plus tard incarnйes comme rois et mortels. De lа aussi la Guerre dans le Ciel de Michel et son armйe contre le Dragon (Jupiter et Lucifer-Vйnus), pendant laquelle un tiers des йtoiles de l’Armйe rebelle fut prйcipitй dans l’Espace; et on ajoute qu’ « on ne retrouvera plus sa place dans le Ciel ». Comme nous l’avons йcrit il y a longtemps :

« C’est la pierre angulaire des cycles secrets. Cela montre que les Brвhmanes et les Tanaпm… spйculaient sur la crйation et le dйveloppement du monde d’une faзon trиs Darwinienne, devanзant ce savant et son йcole dans la dйcouverte de la sйlection naturelle, du dйveloppement graduel et de la transformation des espиces [ Isis Dйvoilйe. ].

Il y eut de vieux mondes qui pйrirent, vaincus par des mondes nouveaux, etc. L’affirmation que tous les mondes (йtoiles, planиtes, etc.) – aussitфt qu’un noyau de substance primordiale а l’йtat laya (non diffйrenciй) est animй par les principes libйrйs d’un corps sidéral qui vient de mourir deviennent d'abord des comиtes, puis des soleils, et se refroidissent plus tard pour кtre des mondes habitables, est un enseignement aussi vieux que les Rishis eux-mкmes.

Par consйquent, les Livres Secrets, comme nous le voyons, enseignent clairement une astronomie qui ne serait pas rejetйe mкme par la spйculation moderne, si cette derniиre pouvait comprendre а fond ses enseignements.

Car l’astronomie archaпque et les anciennes sciences physiques et mathйmatiques exprimaient des idйes identiques а celles de la science moderne, et plusieurs de ces idйes avaient mкme une bien plus grande importance. La « lutte pour la vie » et la « survie des plus aptes » dans les mondes supйrieurs comme sur notre planиte, ici-bas, sont des principes clairement posйs. Cet enseignement, cependant, quoiqu’il ne puisse кtre entiиrement rejetй par la Science, est sыr d’кtre repoussй dans son ensemble, car il affirme qu’il n’y a que sept « Dieux » primordiaux, nйs d’eux-mкmes et йmanйs de l’Unique trinitaire. En d’autres termes, il signifie que tous les mondes ou corps sidйraux – et cela, toujours au point de vue d’une stricte analogie – sont formйs les uns des autres aprиs que l’accomplissement de la manifestation primordiale, au commencement du « Grand Вge », est opйrйe.

La naissance des corps cйlestes dans l’espace est comparйe а une multitude des « pиlerins » assistant а la Fкte des « Feux ». Sept ascиtes apparaissent sur le seuil du temple, avec sept bвtons d’encens allumйs. А la lumiиre de ces bвtons le premier rang des pиlerins allume les siens, puis chaque ascиte commence а tourner son bвton autour de sa tкte dans l’espace et donne du feu aux autres. Il en est ainsi pour les corps cйlestes. Un centre-laya est allumй, йveillй а la vie, par le feu d’un autre « pиlerin »; puis, le nouveau « centre » se jette dans l’espace et devient une comиte. Ce n’est qu’aprиs avoir perdu sa vйlocitй, et par consйquent sa queue ignйe, que le « Dragon Ardent » se rйsout а une vie tranquille et rйguliиre, comme un citoyen respectable de la famille sidйrale. Aussi est-il йcrit :

Nй dans les profondeurs insondables de l’Espace, hors de l’Йlйment homogиne appelйe l’Вme du Monde, chaque noyau de matiиre cosmique, appelй soudainement а l’кtre, commence sa vie dans les conditions les plus hostiles. А travers une sйrie d’вges innombrables, il lui faut conquйrir une place dans les infinis. Il circule en cercles, entre des corps plus denses et dйjа fixйs, fait des bonds et se dirige vers un point ou centre qui l’attire; comme un vaisseau entraоnй vers un passage parsemй de rйcifs et de rochers cachйs, il essaie d’йviter d’autres corps qui tour а tour l’attirent et le repoussent. Beaucoup pйrissent, leur masse se dйsintиgre dans des masses plus fortes, et lorsqu’ils sont nйs dans un systиme, ils pйrissent dans les ventres insatiables des divers Soleils. Ceux qui vont plus lentement et qui sont poussйs dans une course elliptique sont vouйs, tфt ou tard а l’annihilation. D’autres suivent des arcs paraboliques et йchappent ordinairement а la destruction, grвce а la rapiditй de leur course. (Voir Com. 10 de la STANCE 4.)

Quelques lecteurs de tempйrament critique s’imagineront peut-кtre que cet enseignement qui fait passer tous les corps cйlestes par le stade comйtaire est en contradiction avec notre prйcйdente assertion qui fait de la Lune la mиre de la Terre. Ils s’imagineront peut-кtre aussi que l’intuition seule peut harmoniser les deux donnйes. Mais il n’en est rien. Que sait la science au sujet des comиtes, de leur genиse, de leur croissance et de ce qu’elles deviennent ultйrieurement? Rien – absolument rien! Et qu’y a-t-il de si impossible dans l’idйe qu’un Centre-laya, une boule de protoplasma cosmique homogиne et latent, lorsqu’elle est soudainement animйe ou embrasйe, puisse se prйcipiter de son lit dans l’espace et tourner dans les profondeur des abоmes afin de fortifier son organisme homogиne par une accumulation, une addition d’йlйments diffйrenciйs! Et pourquoi une telle comиte ne s’йtablirait-elle pas ainsi dans la vie, pour vivre et devenir un globe habitй?

« Les demeures de Fohat sont multiples, est-il dit. Il place ses Quatre Fils [йlectro-positifs] dans les Quatre Cercles – ces Cercles sont l’йquateur, l’йcliptique et les deux parallиles de dйclinaison, ou les tropiques, pour prйsider aux climats oщ sont placйs les Quatre Entitйs Mystiques. » Et encore.

«  Les Sept autres [Fils] sont commis а la prйsidence des sept Lokas chauds et des sept Lokas froids [les enfers des Brвhmanes orthodoxes], aux deux extrйmitйs de l’oeuf de Matiиre [notre Terre et ses pфles] ». Les sept Lokas sont appelйs ailleurs les « Anneaux » et les « Cercles ». Les Anciens comptaient sept cercles polaires au lieu de deux comme les Europйens; car le Mont Mйrou qui est le Pфle Nord, possиde, dit-on, sept marches en or et en argent pour conduire а lui.

La dйclaration йtrange de l’une des STANCES qui dit que « les Chants de Fohat et de ses Fils йtaient aussi RADIEUX que l’йclat combinй d’un Soleil de midi et de la Lune », et que les Quatre Fils sur le Cercle Quadruple mйdian « VIRENT les Chants de leur Pиre et ENTENDIRENT son rayonnement solaire-sйlйnique », est expliquйe, dans le Commentaire, par ces mots : « L’agitation des Forces Fohatiques aux deux extrйmitйs froides [les Pфles Nord et Sud] de la Terre, qui rйsulte, la nuit, en un resplendissement multicolore, contient plusieurs des propriйtйs de l’Akвsha [l’Йther], la Couleur aussi bien que le Son. »

« Le Son est la caractйristique de l’Akвsha [l’Йther]: il gйnиre l’Air dont la propriйtй est le Toucher, qui [par friction] produit la Couleur et la Lumiиre [ Vishnu Purвna. Livre 1, chap. II. Ce paragraphe n’est pas une citation exacte, mais un rйsumй. ]. »

On dira, peut-кtre, que ce qui prйcиde est un non-sens archaпque, mais on le comprendra mieux si l’on se souvient des Aurores Borйales et Australes qui ont lieu, toutes deux, aux centres mкmes des forces йlectriques et magnйtiques terrestres. On appelle les deux Pфles les greniers, les rйceptacles et, en mкme temps, les libйrateurs de la Vitalitй (Йlectricitй) cosmique et terrestre, йlectricitй dont l’excйdent, sans ces deux soupapes de sыretй, aurait depuis longtemps mis la Terre en piиces. C’est aussi une thйorie, devenue rйcemment un axiome, que les phйnomиnes lumineux polaires produisent des sons trиs forts, des sifflements et des craquements.

(Voir les ouvrages du Professeur Humboldt sur l’Aurore Borйale et sa correspondance au sujet de cette question discutйe.)

Stance VI (7)

7. Fais tes Calculs, ф Lanou, si tu veux savoir l’вge exact de la Petite Roue [ Chaоne ]. Son Quatriиme Rayon est notre Mиre [ La Terre ] (a). Atteins le Quatriиme Fruit du Quatriиme Sentier de Connaissance qui conduit а Nirvвna et tu comprendras car tu verras (b)…

a) La « Petite Roue » est notre Chaоne de Sphиres, et le « Quatriиme rayon » est notre Terre, le quatriиme de la Chaоne. C’est l’un de ceux sur lesquels « le souffle chaud [positif] du Soleil » a un effet direct.

[Les sept transformations fondamentales des Globes ou Sphиres cйlestes, ou plutфt de leurs particules constituantes de matiиre, sont dйcrites comme suit : (1) l’йtat homogиne; (2) l’aйriforme et radiant – gazeux; (3) le coagulй – nйbuleuse; (4) l’atomique, l’йthйrй – le commencement du mouvement et, par consйquent, de la diffйrenciation; (5) le germinal, l’ignй – ce qui est diffйrenciй, mais n’est encore composй que des germes des Йlйments dans leurs premiers йtats, car ils ont sept йtats lorsqu’ils sont complиtement dйveloppйs sur notre terre; (6) le quadruple, le vaporeux – la Terre future; (7) l’йtat froid et dйpendant – du Soleil pour la vie et la lumiиre.]

Le calcul de son вge que les STANCES engagent l’йlиve а faire, est toutefois difficile, puisqu’on ne nous donne pas les chiffres du Grand Kalpa et que nous ne sommes pas autorisй а publier ceux de nos petits Yugas, sauf dans leur durйe approximative. « Les Roues les plus anciennes tournиrent pendant une Йternitй et demie », est-il dit. Nous savons que, par « Йternitй », l’on veut dire la septiиme partie de 311.040.000.000.000 d’annйes, c’est-а-dire un Вge de Brahmв. Mais que cela nous apprend-il? Nous savons aussi que si nous prenons pour base les chiffres que nous venons de donner, il nous faut d’abord йliminer des 100 annйes de Brahmв, ou 311.040.000.000.000 d’annйes, deux annйes prises par les Sandhyвs (Crйpuscules), ce qui nous laisse 98, chiffre qu’il nous faut soumettre а la combinaison mystique 14X7. Mais nous ne savons pas а quel moment prйcis commencиrent la formation et l’йvolution de notre petite Terre. Il sera donc impossible de calculer son вge, tant que l’on ne donnera pas l’annйe de sa naissance, ce que les INSTRUCTEURS se sont jusqu’ici refusйs а faire. Dans les volumes suivants l’on donnera, cependant, quelques allusions chronologiques. Il faut nous souvenir, en outre, que la loi d’analogie s’applique aussi bien aux mondes qu’а l’homme, et que « comme l’UN [la Divinitй] devient Deux [Dйva ou Ange] et Deux deviennent Trois [ou l’Homme] », etc., de mкme, on nous enseigne que les caillots (Substance du Monde) deviennent des vagabonds (Comиtes), celles-ci des йtoiles, et les йtoiles (les centres des tourbillons) notre soleil et nos planиtes – pour dire les choses en bref. [Cela ne peut pas кtre bien anti-scientifique, puisque Descartes pensait, lui aussi, que « les planиtes tournaient sur leurs axes parce qu’elles йtaient autrefois des йtoiles lumineuses, des centres de tourbillons ».]

b) Il y a quatre degrйs d’Initiation mentionnйs dans les ouvrages exotйriques et ces degrйs sont connus respectivement par les termes sanscrits suivants : Srфtвpanna, Sakridвgвmin, Anвgвmin et Arhat. Les Quatre Sentiers du Nirvвna dans notre Quatriиme Ronde portent les mкmes appellations. L’Arhat, quoiqu’il puisse voir le Passй, le Prйsent et l’Avenir, n’est pas encore l’Initiй le plus йlevй; car l’Adepte lui-mкme, le candidat initiй, devient le Chкla (Йlиve) d’un Initiй supйrieur. L’Arhat doit encore conquйrir les trois grades plus йlevйs s’il veut atteindre le sommet de l’йchelle. Il en est qui ont atteint ce sommet mкme dans notre Cinquiиme Race, mais les facultйs nйcessaires pour y arriver ne seront pleinement dйveloppйes, chez l’ascиte moyen, qu’а la fin de cette Race-racine, et dans la Sixiиme et la Septiиme. Il y aura donc des Initiйs et des Profanes jusqu’а la fin de ce Manvantara mineur, le Cycle actuel de Vie. Les Arhats du « Brouillard de Feu » du Septiиme Йchelon n’ont plus qu’un degrй а monter pour atteindre la Base Racine de leur Hiйrarchie, et cette hiйrarchie est la plus йlevйe sur la Terre et sur notre Chaоne Terrestre. Cette « Base Racine » a un nom qu’on ne peut traduire en langue occidentale qu’au moyen de plusieurs mots composйs : « le Banyan-Humain-qui-Vit-Toujours ». Cet « Кtre Merveilleux » descendit, dit-on, d’une « rйgion йlevйe » dans la premiиre partie du Troisiиme Вge avant la sйparation des sexes, pendant la Troisiиme Race.

On appelle quelquefois collectivement cette Troisiиme Race les « Fils du Yфga Passif » ce qui veut dire qu’elle fut inconsciemment produite par la Seconde Race, laquelle йtant intellectuellement inactive est considйrйe comme ayant йtй plongйe dans cette espиce de contemplation abstraite ou vide qui fait partie des conditions du Yфga. Dans la premiиre partie de l’existence de cette Troisiиme Race, pendant son йtat de puretй, les « Fils de Sagesse » qui, comme on le verra plus loin, s’incarnиrent dans cette Race-Racine, produisirent par Kriyashakti des descendants appelйs les « Fils d’Ad » ou du « Brouillard de Feu », « Fils de la Volontй et du Yфga », etc. C’йtait lа un produit conscient, car une partie de la Race йtait dйjа animйe par l’йtincelle divine de l’intelligence spirituelle et supйrieure. Mais ces descendants n’йtaient pas une Race. Ils furent d’abord un Кtre Merveilleux appelй « l’Initiateur », et aprиs lui vint un groupe d’Кtres semi-divins et semi-humains. « Mis а part » dans la genиse Archaпque pour des fins spйciales, ce sont eux en qui, dit-on, les Dhyвnis supйrieurs s’incarnиrent – « Munis et Rishis de prйcйdents Manvantaras » - pour former la pйpiniиre des Adeptes humains de l’avenir, sur cette Terre et durant le Cycle actuel. Ces « Fils de la Volontй et du Yфga » nйs, pour ainsi dire, d’une faзon immaculйe, restиrent, explique-t-on, entiиrement а part du reste de l’humanitй.

L’ « КTRE » dont nous venons de parler, et qui doit rester sans nom, est l’Arbre duquel sont descendus, dans les вges suivants, tous les grands Sages et Hiйrophantes historiques : Le Rishi Kapila, Hermиs, Enoch, Orphйe, etc. Comme homme objectif, c’est le mystйrieux Personnage (toujours invisible pour les profanes), quoique toujours prйsent dont parlent toutes les lйgendes de l’Orient et dont s’entretiennent les Occultistes et les йtudiants de la Science Sacrйe. C’est lui qui change de forme, et cependant reste toujours le mкme. Et c’est lui qui possиde l’autoritй spirituelle sur les Adeptes initiйs du monde entier. C’est, comme nous l’avons dit, « le Sans Nom » qui a pourtant beaucoup de noms et dont, cependant, les noms et la nature sont inconnus. C’est l’Initiateur, appelй le « GRAND SACRIFICE », car assis au seuil de la Lumiиre, il regarde en elle depuis le Cercle d’Obscuritй et qu’il ne traversera pas; et il ne quittera son poste qu’au dernier Jour de ce Cycle de Vie. Pourquoi le Veilleur Solitaire reste-t-il au poste qu’il a lui-mкme choisi? Pourquoi s’assied-il prиs de la Fontaine de la Sagesse Primordiale dont il ne boit plus – car il n’y a rien а apprendre qu’il ne sache dйjа, ni sur cette Terre, ni dans son Ciel? Parce que les Pиlerins solitaires, fatiguйs dans leur voyage de retour, vers leur patrie ne sont jamais sыrs, mкme au dernier moment, de ne pas perdre leur chemin dans ce dйsert sans limite d’Illusion et de Matiиre, qu’on appelle la Vie Terrestre. Parce qu’il dйsire montrer, а chaque prisonnier qui a rйussi а se libйrer des liens de la chair et de l’illusion, le chemin qui conduit а cette rйgion de libertй et de lumiиre d’oщ il est lui-mкme un exilй volontaire. Parce que, en un mot, il s’est sacrifiй pour le bien de l’Humanitй, quoiqu’un trиs petit nombre d’йlus puissent profiter du GRAND SACRIFICE.

C’est sous la direction silencieuse de ce MAHA-GURU que, depuis l’йveil de la conscience humaine, tous les autres Instructeurs de l’Humanitй sont devenus les guides de l’Humanitй primitive. C’est par l’intermйdiaire de ces « Fils de Dieu » que les races en enfance reзurent leurs premiиres idйes sur les arts, les sciences et la connaissance spirituelle; c’est Eux qui posиrent la premiиre pierre de ces antiques civilisations qui intriguent si vivement nos gйnйrations modernes de chercheurs et de savants.

Que ceux qui n’admettent pas cette assertion expliquent de faзon aussi raisonnable le mystиre de la science extraordinaire possйdйe par les Anciens – que l’on croit les descendants de sauvages infйrieurs, semblables а l’animal, des « hommes des cavernes » de l’вge palйolithique! Qu’ils lisent, par exemple, des ouvrages comme ceux de Vitruve Pollion, du siиcle d’Auguste, sur l’architecture, ouvrage dans lesquels les rиgles des proportions sont celles qui йtaient enseignйes autrefois pendant l’Initiation, et ils prendront connaissance de cet art vraiment divin et comprendront la signification йsotйrique profonde cachйe dans chaque rиgle, dans chaque loi de proportion. Nul descendant d’un troglodyte palйolithique n’aurait pu trouver, sans aide une pareille science, mкme au cours de myriades sans nombre d’annйes consacrйes а la pensйe et а l’йvolution intellectuelle. Ce sont les йlиves de ces Rishis et Dйvas incarnйs de la Troisiиme Race-Racine qui, de gйnйration en gйnйration, transmirent а l’Йgypte et а la Grиce leur sagesse avec le canon des proportions maintenant perdu; de mкme que les disciples des Initiйs de la Quatriиme, les Atlantes, la transmirent а leurs Cyclopes, Fils des Cycles ou de l’Infini, dont le nom passa aux gйnйrations encore plus reculйes des prкtres Gnostiques.

« C’est grвce а la perfection divine des proportions architecturales que les anciens pouvaient construire ces merveilles de tous les вges, leurs Temples, Pyramides, Cryptes, Cromlechs, Cairns, Autels, dйmontrant qu’ils avaient des « pouvoirs mйcaniques » auprиs desquels l’ « habiletй moderne » n’est qu’un jeu d’enfants; et notre art actuel, en parlant de ces travaux, dit qu’ « ils paraissent l’oeuvre de Gйants aux cent mains [ Kenealy, Book of God, p. 118 [ En fait le nom de l’auteur du livre n’est pas donnй mais reprйsentй par un point dans un cercle.] ]. »

Les architectes modernes n’ont peut-кtre pas entiиrement nйgligй ces rиgles, mais il y ont ajoutй assez d’innovations empiriques pour dйtruire les justes proportions. C’est Vitruve qui donna а la postйritй les rиgles de constructions des temples grecs йrigйs aux dieux immortels; et les dix livres de Marc Vitruve Pollion sur l’Architecture, livres d’un homme, en un mot, qui йtait un Initiй, ne peuvent кtre йtudiйs qu’йsotйriquement. Les Cercles Druidiques, les Dolmens, les Temples de l’Inde, de l’Йgypte et de la Grиce, les Tours, et les 127 villes d’Europe auxquelles l’Institut de France a reconnu une « origine cyclopйenne », sont tous l’oeuvre des Prкtres Architectes initiйs, descendant de ceux qui furent d’abord instruits par les « Fils de Dieu » et qu’on nommait avec raison les « Constructeurs ». Voici ce qu’est, au sujet de ces descendants, l’apprйciation de la postйritй :

Ils ne se servaient ni de mortier, ni de ciment, ni d’acier, ni de fer pour tailler les pierres, et cependant elles sont travaillйes d’une faзon si artistique que dans bien des endroits on aperзoit а peine les joints bien que beaucoup de ces pierres – au Pйrou notamment – aient 38 pieds de longueur, 18 de largeur et 6 d’йpaisseur. Dans les murs de la forteresse de Cuzco, il y a des pierres plus grandes encore [ Acosta, VI, p.14. ].

Autre citation :

« Le puits de Syиne, construit il y a 5.400 ans, lorsque cette ville йtait exactement sous les tropiques, ce qui n’est plus le cas, йtait tel qu’а midi, au moment prйcis du solstice solaire, le disque entier du soleil fur rйflйchi sur sa surface – rйsultat que le savoir de tous les astronomes d’Europe rйunis ne serait pas capable d’obtenir maintenant [ Kenealy, Book of God, p. 118. ]. »

Quoiqu’on n’ait parlй qu’а mots couverts de ces sujets dans Isis Dйvoilйe, il n’est pas mauvais de remйmorer au lecteur ce qu’on y a dit au sujet d’une certaine Оle Sacrйe de l’Asie Centrale et de renvoyer pour plus de dйtails а la Section intitulйe « les Fils de Dieu et l’Оle Sacrйe », section annexйe а la STANCE IX du Volume III .[Qui sera le quatriиme dans la traduction franзaise. – N.d.T. ]. cependant quelques explications, bien que fragmentaires, aideront peut-кtre l’йtudiant а avoir un aperзu du mystиre actuel.

Pour donner clairement au moins l’un des dйtails qui concernent ces mystйrieux « Fils de Dieu », nous dirons que c’est d’eux que les Brahmaputras, les hauts Dvijas, les Brвhmanes initiйs des anciens temps prйtendaient descendre, tandis que les Brвhmanes modernes veulent littйralement faire croire aux castes infйrieures qu’ils [les Brвhmanes] sortent directement de la bouche de Brahma. Tel est l’enseignement Йsotйrique; il ajoute ensuite que, bien que ceux qui descendirent (spirituellement, bien entendu) des « Fils de la Volontй et du Yфga » se fussent sйparйs, avec le temps, en sexes opposйs, comme le firent plus tard leurs progйniteurs par « Kriyвshakti » eux-mкmes, leurs descendants dйgйnйrйs ont cependant, mкme jusqu’а nos jours, gardй une vйnйration et un respect trиs grand pour la fonction crйatrice et la considиrent comme une cйrйmonie religieuse, tandis que les nations plus civilisйes la tiennent pour une fonction purement animale. Comparez а ce sujet les idйes et la pratique des Occidentaux avec les institutions de Manu en ce qui concerne les rиgles du Grihastha ou vie conjugale. Le vrai Brвhmane est par consйquent « celui dont les sept aпeux ont bu le jus de la Plante Lunaire » (Sфma) et qui est un « Trisuparna », car il a compris le secret des Vйdas.

Et mкme aujourd’hui, ces Brвhmanes savent que durant les commencements de cette Race, l’intelligence psychique et physique йtant encore en sommeil et la conscience n’йtant pas encore dйveloppйe, ses conceptions spirituelles n’йtaient nullement liйes а l’entourage physique, que l’homme divin habitait dans sa forme animale – quoique extйrieurement humaine – et que s’il existait en lui de l’instinct, aucune soi-conscience ne venait йclairer l’obscuritй du Cinquiиme Principe latent. Lorsque les Seigneurs de Sagesse, mus par la loi d’Йvolution, infusиrent en lui l’йtincelle de la conscience, la premiиre sensation qui se prit et agir en lui fut un sentiment de solidaritй, d’unitй avec ses crйateurs spirituels. Comme la premiиre sensation de l’enfant est pour sa mиre et sa nourrice, les premiиres aspirations de la conscience s’йveillant dans l’homme primitif furent pour ceux dont il sentait l’йlйment en lui, et qui йtaient pourtant en dehors et indйpendants de lui. La DÉVIATION naquit de cette sensation et devint le moteur premier et principal de sa nature, car c’est le seul qui soit naturel en son coeur, qui lui soit innй et que nous trouvions йgalement chez le petit enfant et le jeune animal. Cette sensation d’aspiration irrйpressible et instinctive chez l’homme primitif est bien dйcrite, d’une faзon intuitive pourrait-on dire, par Carlyle lorsqu’il s’йcrie :

Le grand coeur antique, combien, dans sa simplicitй, il ressemble а un enfant, et, dans sa profondeur sйrieuse et solennelle, а un homme! Le ciel est partout au-dessus de lui, oщ qu’il voyage, oщ qu’il rйside, et lui fait de la Terre entiиre un Temple mystique, et de toutes les affaires terrestres une sorte de culte. Des visions de glorieuses crйatures brillent dans la lumiиre ordinaire du soleil; les anges planent encore, portant parmi les hommes les messages de Dieu… La merveille, le miracle, entourent l’homme : il vit dans un йlйment de miracle [ ce qui semblait naturel а l’homme primitif est devenu maintenant miracle pour nous; et ce qui pour lui йtait miracle ne pourrait s’exprimer dans notre langage. ]… Une grande Loi de Devoir, haute comme ces deux infinis [le ciel et l’enfer], rapetissant et annihilant tout le reste … - c’йtait une Rйalitй, et c’en est une ; le vкtement seul en est mort; son essence existe а travers tous les temps et toute l’Йternitй [ Past and Present, p. 104 (1874). ].

Certainement cette essence survit et sa force et son pouvoir indestructibles se sont implantйs dans le coeur de l’asiatique Aryen, venant directement de la Troisiиme Race par ses premiers Fils nйs du Mental, fruits de Kriyвshakti. Avec le temps, la caste sacrйe des Initiйs produisit, mais rarement, d’un вge а l’autre, de semblables crйatures parfaites; des кtres intйrieurement а part, quoique extйrieurement les mкmes que ceux qui les engendraient.

Dans l’enfance de la Troisiиme Race primitive :

Une crйature, d’un genre plus йlevй
Manquait encore, et dиs lors le dessein en fut conзu.
Consciente de la pensйe et plus grande par le coeur,
Faite pour l’empire et apte а commander les autres.

Cet кtre appelй а l’existence, vйhicule parfait prкt а recevoir en incarnation les habitants des plus hautes sphиres qui se logиrent dans ces formes nйes de la VOLONTÉ Spirituelle et du pouvoir divin naturel а l’homme. C’йtait un enfant d’Esprit pur, que ne teintait mentalement aucune souillure d’йlйment terrestre. Sa forme physique seulement appartenait au temps et а la vie, car il tirait son intelligence directement d’en haut. C’йtait l’Arbre Vivant de la Sagesse Divine, comparable par consйquent а l’Arbre du Monde des Lйgendes du Nord, arbre qui ne peut se flйtrir ou mourir avant que la derniиre bataille de la vie n’ait йtй livrйe, tandis que ses racines sont constamment rongйes par le Dragon Nidhogg. Car, de mкme, le fils aоnй et sacrй de Kriyвshakti avait le corps rongй par la dent du temps, mais les racines de son кtre intйrieur restaient pour toujours saines et fortes, parce qu’elles poussaient et s’йtendaient dans le ciel et non sur la terre. Il йtait le premier du PREMIER et la Semence de tous les autres. Il y eut d’autres Fils de Kriyвshakti, produits par un second effort spirituel, mais le premier est restй jusqu’а nos jours la Semence du Savoir Divin, l’Un et le Suprкme parmi les « Fils terrestres de la Sagesse ». Nous ne pouvons en dire davantage sur ce sujet, sauf qu’en chaque вge et mкme dans le nфtre de grands intellects ont bien compris le problиme.

Mais comment notre corps physique est-il arrivй а l’йtat de perfection dans lequel nous le trouvons maintenant? Par des milliers d’annйes d’йvolution, bien entendu, mais jamais par son passage а travers l’animalitй, comme enseigne le Matйrialisme, car, ainsi que l’a dit Carlyle :

« …L’essence de notre кtre, le mystиre en nous qui s’appelle « Je » - quels mots avons-nous pour l'exprimer? C' est un souffle du Ciel; l’Кtre Suprкme se rйvиle dans l’homme. Ce corps, ces facultйs, cette vie que nous possйdons, tout cela n’est-ce pas comme un vкtement pour l’Innommй? [ Ibid., p. 10. ] »

Le « souffle du Ciel » ou plutфt le souffle de Vie, appelй dans la Bible Nephesh, est dans chaque animal, dans chaque particule animйe, dans chaque atome minйral. Mais aucun de ces кtres ou chose n’a, comme l’homme, conscience de la nature de cet « Кtre Suprкme [ Il n’y a pas de nation sur la terre chez laquelle le sentiment de dйvotion ou de mysticisme religieux soit plus dйveloppй et plus en йvidence que chez le peuple hindou. Voir ce qu’йcrit Max Mьller, dans ses oeuvres, sur ce point en particulier. Ce sentiment est un hйritage direct des premiers hommes conscients de la Troisiиme Race. ] »; aucun n’a, dans sa forme, cette harmonie divine que possиde l’homme. Novalis l’a dit et personne depuis ne l’a mieux rйpйtй que Carlyle :

« Il n’y a qu’un temple dans l’univers : c’est le corps de l’Homme. Rien n’est plus sacrй que cette forme йlevйe… Nous touchons le ciel lorsque nous mettons la main sur le corps humain!  [ Lectures on Heroes, p. 9 (1874). ]»

« cela peut paraоtre une simple fleur de rhйtorique, ajoute Carlyle; il n’en est rien. Si l’on y mйdite bien, on trouvera que c’est un fait scientifique, l’expression… de la vйritй de la chose. Nous sommes le miracle des miracles – le grand Mystиre incompréhensible. »

Stance VII

1. Vois le commencement de la Vie sensible et sans forme (a).

D’abord, le Divin [ Vйhicule. ] (b), le Un issu de l’Esprit-Mиre [ Atman. ]; puis le Spirituel [ Atmа-Buddhi, l’Вme Esprit. Cela se rapporte aux principes cosmiques.] (c); [ Puis. ]les Trois issus de l’Un (d), les Quatre de l’Un (e), et le Cinq (f), d’oщ les Trois, les Cinq et les Sept (g). Voilа le Triple et la Quadruple en descendant; les Fils nйs du Mental du Premier Seigneur [ Avalфkitйshavara. ], les Sept Radieux [ Les Constructeurs. Les sept Rishis crйateurs, maintenant en rapport avec la constellation de la Grande Ourse. ]. ce sont eux qui sont toi, moi, lui, ф Lanou; eux qui veillent sur toi et sur ta mиre, Bhumi [ La Terre. ].

a) La Hiйrarchie des Pouvoirs Crйateurs est divisйe en Sept Ordres йsotйriques (quatre et trois), contenus dans les Douze grands Ordres inscrits dans les douze signes du Zodiaque; ces Sept de l’йchelle manifestйe sont, en outre, reliйs aux Sept Planиtes. Tous sont subdivisйs en Groupes innombrables d’Кtres divins spirituels, semi-spirituels et йthйrйs.

Les principales de ces Hiйrarchies sont dйsignйes dans le grand Quaternaire ou, exotйriquement, les « quatre corps et les trois facultйs de Brahmв et les Panchвsya, les cinq Brahmвs ou les cinq Dhyвni-Bouddhas du systиme bouddhiste.

Le Groupe supйrieur est composй des Flammes Divines qu’on nomme aussi les « Lions Ardents », les Lions de Vie », et dont l’йsotйrisme est cachй en sыretй dans le signe zodiacal du Lion. C’est le nuclйole du Monde Divin supйrieur. Ce sont les Souffles Ardents sans Forme, identiques sous un aspect, avec la Triade Sйphirotale supйrieure placйe par les Kabalistes dans le « Monde Archйtypique ».

La mкme Hiйrarchie, avec les mкmes nombres, se trouve dans le systиme japonais, dans les « Commencements » enseignйs par les sectes shintoпstes et bouddhistes. Dans ce systиme, l’Anthropogenиse prйcиde la Cosmogenиse, comme le divin se fond dans l’humain et, arrivй а mi-chemin dans sa descente dans la matiиre, crйe l’Univers visible; les personnages lйgendaires, comme le remarque respectueusement Omoie, « doivent кtre considйrйs comme l’incarnation de la doctrine supйrieure [secrиte] et de ses vйritйs sublimes ». Dйvelopper tout au long ce vieux systиme nous prendrait trop de place; cependant quelques mots peuvent en кtre dits. Ce qui suit est une sorte de tableau synoptique rйsumй de cette Anthropo-Cosmogenиse et montre а quel point les nations les plus sйparйes sont l’йcho d’un seul et mкme enseignement archaпque.

Lorsque tout йtait encore Chaos (Con-Ton), trois Кtres spirituels apparurent sur la scиne de la crйation future : 1° Âme no ani naka nushi no Kami, « Monarque Divin du Ciel Central »; 2° Taka mi onosubi no Kami, « Descendant Exaltй, Impйrial, Divin du Ciel et de la Terre »; et 3° Kamu mi musubi no Kami, « Descendant des Dieux », simplement.

Ils йtaient sans forme ni substance – notre Triade arupa – parce que ni la substance cйleste, ni la substance terrestre n’йtaient encore diffйrenciйes, et « l’essence des choses n’йtait pas davantage formйe ».

b) Dans le Zohar – qui, tel qu’il est maintenant arrangй et rййditй par Moпse de Lйon, avec l’aide des Gnostiques syriens, chaldйens et chrйtiens du XIII-ième siиcle, et corrigй et rйvisй encore plus tard par bien des mains chrйtiennes, n’est guиre moins exotйrique que la Bible elle-mкme – ce « Vйhicule Divin » n’apparaоt plus, comme il le fait dans le Livre chaldйen des Nombres. Il est vrai que Ain-Soph, le NÉANT ABSOLU ET SANS FIN, se sert aussi de la forme de l’UN, l’ « Homme cйleste » manifestй (la Cause Premiиre), comme d’un Chariot (en hйbreu, MERCABAH; en sanscrit, VAHAN) ou Vйhicule, pour descendre et se manifester dans le monde phйnomйnal. Mais les Kabalistes ne montrent pas comment l’absolu peut se servir de quoi que ce soit, ni exercer un attribut quelconque puisque, comme l’ABSOLU, il ne possиde pas d’attributs; ils n’expliquent pas non plus qu’en rйalitй c’est la Cause Premiиre (le Logos de Platon), L’IDÉE originelle et йternelle qui se manifeste а travers Adam-Kadmon, le Second Logos, pour ainsi dire. Dans le Livre des Nombres, on explique que Ain (En ou Aiфr) est le seul soi-existant et que sa « Profondeur », le Bythos des Gnostiques, appelй Propatфr, n’est que pйriodique. Ce dernier est Brahmв, diffйrenciй de Brahman ou Parabrahman. C’est la Profondeur, la Source de Lumiиre ou Propatфr, qui est le Logos non manifestй ou l’Idйe abstraite, et non Ain-Soph dont le Rayon se sert d’Adam-Kadmon – « mвle et femelle » - ou le Logos Manifestй, l’Univers objectif, comme d’un Chariot par lequel il peut se manifester. Mais nous lisons dans le Zohar l’absurditй suivante : « Senior occultatus est et absconditus; Microposopus manifestus est et non manifestus. [ Rosenroth, Liber Mysterii, IV, p. 1. ] » [ Le plus ancien est cachй et retirй, le Microposope est rйvйlй et non rйvйlй.] C’est un sophisme, puisque le Microposope, ou Microcosme, ne peut exister que pendant ses manifestations et se trouve dйtruit pendant les Mahвpralayas. La Kabale de Rosenroth est plus souvent une йnigme qu’un guide.

Le PREMIER ORDRE comprend les Divins. Dans le systиme Йgyptien comme dans le Japonais et dans toute vieille cosmogonie, а cette FLAMME divine qui est l’ « Un », sont allumйs les Groupes descendants. Leur кtre potentiel se trouve dans le Groupe supйrieur et ils deviennent, а ce moment, des Entitйs distinctes et sйparйes. Ils sont nommйs les Vierges de Vie, la Grande Illusion, etc., et, collectivement, l’йtoile а six pointes. Cette derniиre, dans presque toutes les religions, est le symbole du Logos comme premiиre йmanation. Dans l’Inde, c’est le signe de Vishnou, le Chakra ou la Roue, et le glyphe du Tйtragramme, « Celui aux Quatre Lettres » de la Kabale ou, mйtaphoriquement, les « Membres du Microposope » qui sont respectivement dix et six.

Les derniers Kabalistes, cependant – surtout ceux qui йtaient Mystiques Chrйtiens – ont dйfigurй ce symbole magnifique. [Grвce а eux, le Microposope – qui, philosophiquement parlant, est entiиrement distinct du Logos йternel non manifestй, « un avec le Pиre » - a fini, aprиs des siиcles de sophismes et de paradoxes, par кtre considйrй comme un avec Jйhovah, celui qu’ils appellent l’UNIQUE DIEU vivant (!) alors qu’il n’est autre chose que Binah, une Sephiroth fйminine. On ne peut trop insister sur ce fait auprиs du lecteur], car les « Dix Membres » de l’Homme Cйleste sont les dix Sephiroth, mais le premier Homme Cйleste est l’Esprit non manifestй de l’Univers, et ne doit jamais кtre dйgradй et considйrй comme le Microposope, la Face Moindre, prototype de l’homme sur le plan terrestre. [Le Microposope est, comme nous venons de le dire, le Logos manifestй, et il y a beaucoup de ces Logoп]. Nous en parlerons plus tard. L’йtoile а six pointes se rapporte aux six Forces ou Pouvoirs de la Nature, aux six plans, principes, etc., lesquels sont tous synthйtisйs par le septiиme, le point central de l’йtoile. Tous, y compris les Hiйrarchies supйrieures et infйrieures, йmanent de la Vierge Cйleste, la Grande Mиre reconnue dans toutes les religions, l’Androgyne, la Sephira-Adam-Kadmon. [Sephira est la couronne Kether, mais dans le principe abstrait seulement, comme un x mathйmatique, la quantitй inconnue. Sur le plan de la nature diffйrenciйe, elle est la contrepartie fйminine d’Adam-Kadmon – le premier Androgyne. La Kabale enseigne que le Fiat Lux [ Genиse, I. ] se rapporte а la formation et а l’йvolution des Sйphiroth et non а la lumiиre considйrйe comme opposйe а l’obscurité. Le rabbi Simйon dit :

« Oh! Mes compagnons, l’homme, comme йmanation, йtait а la fois homme et femme, Adam-Kadmon, en vйritй, est ceci et la signification des mots « que la Lumiиre soit et la Lumiиre fut ». Et ceci est l’homme double [ Auszьge aus dem Zohar, pp. 13-15. ]. »

Dans son UNITÉ, la Lumiиre Primordiale est le septiиme principe – le plus йlevй, Daiviprakriti, la Lumiиre du Logos Non manifestй. Mais, dans sa diffйrenciation, elle devient Fohat, ou les « Sept Fils ». Le premier est symbolisй par le point central dans le Double Triangle; le dernier par l’Hexagone lui-mкme, ou les « Six Membres » du Microposope; le Septiиme est Malkuth, la « Mariйe » des Kabalistes chrйtiens, ou notre Terre. D’oщ les expressions :

Le premier aprиs l’ « Un » c’est le Feu Divin; le second c’est le Feu et l’Aether; le troisiиme est composй de Feu, d’Aether et d’Eau, le quatriиme de Feu, d’Aether et d’Air. L’Un ne s’occupe pas des Globes portant Homme, mais des Sphиres internes et invisibles. Les « Premiers Nйs » sont la Vie, le Coeur et le Pouls de l’Univers; les seconds en sont le Mental ou Conscience.

[Ces йlйments de Feu, d’Air, etc., ne sont pas nos йlйments composйs et cette « Conscience » n’a aucun rapport avec la nфtre. La Conscience de l’ « Un Manifestй » si elle n’est pas absolue, elle est, du moins, non conditionnйe. Mahat, Mental Universel est bien la premiиre production du Brahmв-Crйateur, mais aussi celle de Pradhвna, matiиre non diffйrenciйe.]

c) Le SECOND ORDRE d’Кtres Cйlestes, ceux de Feu et d’Aether, qui correspondent а l’Esprit et а l’Вme ou Atmв-Bouddhi, dont le nom est lйgion, sont encore sans forme, mais plus distinctement « substantiels ». Ils sont la premiиre diffйrenciation dans la Secondaire Йvolution ou « Crйation » - mot trompeur. Comme le montre leur nom, ils sont les Prototypes des Jоvas ou Monades qui s’incarnent, et sont composйs d’Esprit Ardent de Vie. C’est а travers eux que passe, comme un pur rayon solaire, le Rayon auquel ils fournissent son Vйhicule futur, l’Вme Divine, Buddhi. Ils se rapportent directement aux Multitudes du Monde supйrieur de notre Systиme. De ces Doubles Unitйs йmanent les « Triples ».

Lorsque, dans la cosmogonie japonaise, au milieu de la masse chaotique apparaоt un noyau oviforme contenant en lui le germe et le pouvoir de la vie universelle aussi bien que de la vie terrestre, c’est le Triple dont nous venons de parler qui se diffйrencie. Le « principe mвle йthйrй » (Yo) monte et le principe femelle, plus grossier ou plus matйriel (In), est prйcipitй dans l’univers de la substance lorsqu’une sйparation a eu lieu entre le cйleste et le terrestre. De la femelle, la Mиre, naоt le premier кtre rudimentaire objectif. Il est йthйrй, sans forme ni sexe, et cependant c’est de lui et de la Mиre que naissent les Sept Esprits Divins dont йmaneront les « sept crйations », de mкme que, dans le Codex Nazaraeus, c’est de Karabtanos et de la Mиre Spiritus que sortent les sept esprits mal disposйs (matйriel). Il serait trop long de donner ici les noms japonais, mais voici l’ordre et la traduction :

(1) Le « Cйlibataire Invisible », le Logos Crйateur du « Pиre » qui ne crйe pas, ou la potentialitй crйative de ce dernier, manifestйe.
(2) L’ « Esprit [ou Dieu] des profondeurs sans rayons [Chaos], qui devient la matiиre diffйrenciйe, ou l’йtoffe du monde, et aussi le rиgne minйral.
(3) L’ « Esprit » du Rиgne Vйgйtal », de la « Vйgйtation abondante ».
(4) L’ « Esprit  de la Terre » et l’ « Esprit des Sables », Кtre de nature duelle : le premier contient la potentialitй de l’йlйment mвle, l’autre celle de l’йlйment femelle, les deux formant une nature combinйe. Ces deux йlйments йtaient Un, encore inconscients d’кtre deux.

Cette dualitй contenait (a) Isu no gai no Kami, l’Кtre mвle, obscur et musculeux, et (b) Eku gai no Kami, la femelle, l’Кtre blond, plus faible et plus dйlicat. Puis :
(5) et (6) Les Esprits androgynes ou des deux sexes.
(7) Le Septiиme Esprit, le dernier йmanй de la « Mиre », apparaоt comme la premiиre forme divine humaine, distinctement mвle et femelle. C’йtait la septiиme « crйation », comme dans les Purвnas, dans lesquels l’homme est la septiиme crйation de Brahmв.

Ceux-ci, Tsanagi-Tsanami, descendirent dans l’univers par le Pont Cйleste, la Voie Lactйe, et « Tsanagi apercevant en bas une masse chaotique de nuages et d’eau lanзa dans ses profondeurs sa lance couverte de pierres prйcieuses et la terre ferme apparut ». Alors les deux se sйparиrent pour explorer Onokoro, le monde insulaire nouvellement crйй, etc. (Omoie).

Telles sont les fables japonaises exotйriques, l’йcorce qui cache le noyau de la mкme vйritй une de la DOCTRINE SECRÈTE.

d) Le TROISIÈME ORDRE correspond а Atmв-Buddhi-Manas (Esprit, Вme et Intelligence); on les appelle les « Triades ».

e) Le QUATRIÈME ORDRE est composйe des Entitйs substantielles. C’est le groupe le plus йlevй, parmi les Rupas (Formes Atomiques) C’est la pйpiniиre des Вmes humaines, conscientes et spirituelles. Celles-ci sont appelйes les « Jоvas Impйrissables » et constituent, par l’intermйdiaire de l’Ordre au-dessous du leur, le premier Groupe de la premiиre Multitude Septйnaire – le grand mystиre de l’Кtre humain conscient et intellectuel. Ces multitudes sont, en effet, le champ oщ se trouve cachй, dans sa privation, le Germe qui doit tomber en gйnйration. Ce Germe devient le pouvoir spirituel qui, dans la cellule physique, guide le dйveloppement de l’embryon et est la cause de la transmission hйrйditaire des facultйs et des qualitйs inhйrentes а l’homme. Pourtant la thйorie darwinienne de la transmission des facultйs acquises n’est ni enseignйe, ni acceptйe dans l’Occultisme. L’йvolution, dans ce dernier systиme procиde sur des lignes entiиrement diffйrentes; le physique, d’aprиs l’enseignement йsotйrique, йvolue graduellement du spirituel, du mental et du psychique, Cette вme intйrieure de la cellule physique – le « plasma spirituel » qui domine le plasma germinal est la clef qui doit ouvrir un jour les portes de cette terra incognita du Biologiste qu’on appelle maintenant le mystиre obscur de l’Embryologie.[ Il est digne de remarquer que la Chimie Moderne, tandis qu’elle rejette, comme une superstition de l’Occultisme et de la Religion, la thйorie d’Кtres substantiels et invisibles, appelйs Anges, Йlйmentals, etc. – sans, bien entendu, avoir seulement cherchй а pйnйtrer la philosophie de ces entitйs incorporelles ou avoir rйflйchi а leur sujet – ait йtй inconsciemment forcйe, par des observations et des dйcouvertes, а reconnaоtre et adopter la mкme proportion dans la marche et l’ordre de l’йvolution des atomes chimiques que celle que l’Occultisme enseigne au sujet de ses Dhyвnis et ses Atomes, l’analogie йtant sa premiиre loi. ] Comme nous venons de le voir, le tout premier Groupe des Anges Rupas est quaternaire et un йlйment s’ajoute а chaque ordre а mesure que l’on descend. De mкme les atomes, dans la phrasйologie de la Chimie, sont monoatomiques, diatomiques, tйtratomiques, etc., en progressant vers le bas.

Qu’on se rappelle que le Feu, l’Eau, et l’Air de l’Occultisme, ou les prйtendus « Йlйments de la Crйation Primaire », ne sont pas les йlйments composйs qu’ils sont sur la Terre, mais les Йlйments noumйnaux et homogиnes – les Esprits des йlйments terrestres. Viennent alors les Groupes ou Multiples Septйnaires. Si on les plaзait en lignes parallиles avec les atomes, sur un tableau, on verrait que les natures de ces Êtres correspondent, sur une йchelle descendante de progression а des йlйments analogiquement composйs d’une faзon mathйmatiquement identique. Cela ne se rapporte, bien entendu, qu’aux tableaux faits par les Occultistes; car si l’йchelle des Кtres Angйliques йtait placйe sur des lignes parallиles а celle de l’Йchelle des atomes chimiques de la Science – de l’Hйlium hypothйtique jusqu’а l’Uranium – on trouverait, il va sans dire, de la diffйrence. Car ces derniers n’ont, comme correspondants sur le Plan Astral, que les quatre ordres infйrieurs – les trois principes supйrieurs de l’atome, ou plutфt de la molйcule ou йlйment chimique, ne sont perceptibles qu’а l’oeil initiй de Dangma. Si la chimie dйsirait, par consйquent, se mettre sur le vrai chemin, elle devrait corriger son arrangement tabulaire а l’aide de celui des Occultistes – ce qu’elle refuserait sans doute de faire. Dans la Philosophie Йsotйrique, chaque particule physique correspond а son noumиne supйrieur et en dйpend – l’Кtre а l’essence duquel elle appartient; et, en haut comme en bas, le spirituel йvolue du Divin, le Psychomental du Spirituel, - souillй de son plan infйrieur par l’Astral, - la Nature entiиre, animйe et (en apparence) inanimйe, йvoluant sur des lignes parallиles et tirant ses attributs d’en haut aussi bien que d’en bas.

Le chiffre sept appliqué au terme MultipleSepténaire, mentionné plus haut, n'implique pas seulement sept Entités, mais sept Groupes ou Multitudes, comme nous venons de l'expliquer. Le Groupe le plus haut, les Asuras, nés dans le premier corps de Brahmâ, qui se changea en "Nuit", sont septénaires, c'est-à-dire divisés, comme les Pitris, en sept Classes dont trois sont sans corps (arupa) et quatre ont des corps [ Voir Vishnu Purâna, livre 1] Ils sont, en effet, plus véritablement nos Pitris (Ancêtres) que les Pitris qui projetèrent les premiers hommes physiques.

f) Le CINQUIÈME ORDRE est trиs mystйrieux, parce qu’il est liй avec le Pentagone Microcosmique, l’йtoile а cinq branches qui reprйsente l’homme. Dans l’Inde et en Йgypte, on йtablissait un rapport entre ces Dhyвnis et le Crocodile, et leur demeure est dans le Capricorne. Mais, dans l’Astrologie indienne, ces termes sont interchangeables, car le dixiиme signe du zodiaque, qu’on appelle Makara, est ce qu’on peut а peu prиs traduire par « Crocodile ». Le mot lui-mкme est interprйtй occultement de diverses faзons, comme on le dira plus loin. En Йgypte, le Dйfunt – dont le symbole est le pentagramme, ou йtoile а cinq branches, celles-ci reprйsentant les membres d’un homme – йtait reprйsentй d’une faзon emblйmatique comme йtant transformй en crocodile. Sebekh ou Sevekh (le septiиme), comme dit M. Gerald Massey, qui en fait comme le type de l’intelligence, est, en rйalitй, un dragon, et non un crocodile. C’est le « Dragon de Sagesse », ou Manas, l’Вme Humaine, le Mental, le Principe Intelligent, appelй, dans notre Philosophie Йsotйrique, le Cinquiиme Principe.

Selon le Livre des morts, ou Rituel, le dйfunt « Osirifiй » et prйsentй sous le glyphe d’un dieu momifiй, а tкte de crocodile, dit :

Je suis le crocodile qui prйside а la peur, je suis le Crocodile-Dieu, а l’arrivйe de son Вme parmi les hommes. Je suis le Dieu crocodile amenй pour la destruction.

C’est une allusion а la destruction de la puretй divine et spirituelle lorsque l’homme acquiert la connaissance du bien et du mal; et aussi aux Dieux ou Anges « dйchus » de chaque thйogonie.

Je suis le poisson du grand Horus [comme Makara est le « crocodile » le Vйhicule Varuna]. Je suis fondu en Sekhem [ Ch. LXXXVIII. ].

Cette derniиre phrase corrobore et rйpиte la doctrine du « Bouddhisme » йsotйrique, car elle fait directement allusion au Cinquiиme Principe (Manas) ou plutфt а la partie la plus spirituelle de son essence, qui se fond dans Atmв-Buddhi, est absorbй par lui, et devient Un avec lui aprиs la mort de l’homme. Car Sekhem est la rйsidence, ou Loka du dieu Khem (Horus-Osiris, ou le Pиre et le Fils); d’oщ vient le Devachan d’Atmв-Buddhi. Dans le Livre des morts on montre le dйfunt comme entrant en Sekhem, avec Horus-Thot, et « en sortant comme pur esprit ». Le Dйfunt dit :

Je vois les formes de [moi-mкme comme divers] hommes se transformant йternellement … Je connais ce [chapitre]. Celui qui le connaоt… prend toutes sortes de formes vivantes [ Ch. LXIV, 29, 30. ].

Et, s’adressant dans une formule magique а ce qui, en Йsotйrisme йgyptien, est appelй le « coeur ancestral » ou le principe qui se rйincarne, l’Ego permanent, le Dйfunt dit :

« Oh! Mon coeur, mon coeur ancestral, nйcessaire а mes transformations … ne te sйpare pas de moi devant le gardien des balances. Tu es ma personnalitй dans mon sein, le compagnon divin qui veille sur mes chairs [corps] [ Ibid., 34, 35. ]. »

C’est en Sekhem qu’est voilйe la « Figure Mystйrieuse », ou l’Homme rйel, cachй sous la personnalitй trompeuse, le crocodile-triple de l’Йgypte, le symbole de la Trinitй supйrieure, ou Triade humaine, Atmв, Buddhi et Manas.

[Une des explications du sens rйel, quoique cachй, de ce glyphe religieux йgyptien est facile. Le crocodile est le premier а attendre et а recevoir les feux dйvorants du soleil du matin, et il n’a pas tardй а personnifier la chaleur solaire elle-mкme. Lorsque le soleil se levait, c’йtait comme l’arrivйe sur la terre et parmi les hommes de « l’вme divine qui anime les Dieux ». C’est ce qui explique ce symbolisme йtrange. La momie prenait la tкte d’un crocodile pour montrer que c’йtait une вme arrivant de la terre.]

Dans tous les anciens papyrus, le crocodile est appelй Sebeth (Septiиme); l’eau symbolise aussi йsotйriquement le cinquiиme principe; et, comme nous l’avons dit, M. Gerald Massey montre que le crocodile йtait la « septiиme вme, la suprкme des sept - le Voyant invisible ». Mкme exotйriquement, Sekhem est la demeure du Dieu Khem, et Khem c’est Horus vengeant la mort de son pиre Osiris, c’est-а-dire qu’il punit les Pйchйs des hommes, lorsqu’ils deviennent Вmes dйsincarnйes. C’est ainsi que le dйfunt « Osirifiй devenait le Dieu Khem, qui « moissonne les champs d’Aanru »; c’est-а-dire qu’il moissonne sa rйcompense ou sa punition, car ce champ est la localitй cйleste (Devachan), oщ le Dйfunt reзoit du blй, nourriture de la justice divine. Le Cinquiиme Groupe d’Кtres Cйlestes est censй contenir en lui les attributs doubles des aspects physiques et spirituels de l’Univers; les deux pфles, pour ainsi dire, de Mahat, l’Intelligence Universelle, et la nature double de l’homme, spirituel et physique. De lа vient son nombre Cinq, qui doublй a changй en Dix, le lie а Makara, dixiиme du Zodiaque.

g) Les SIXIÈME ET SEPTIÈME ORDRES participent aux qualitйs infйrieures du Quaternaire. Ce sont des Entitйs conscientes et йthйrйes, aussi invisibles que l’Йther; comme les branches d’un arbre, elles sortent du premier Groupe central des Quatre et dйveloppent, а leur tour, d’innombrables Groupes latйraux dont les derniers sont les Esprits de la Nature ou Йlйmentals, кtres dont les espиces et les variйtйs sont sans nombre; depuis ceux qui sont sans forme, et comme non substantiels – PENSÉES idйales de leurs crйateurs – jusqu’aux organismes atomiques invisibles а la perception humaine. Ces derniers sont considйrйs comme les « esprits des atomes » - car ils sont le premier pas qui prйcиde l’atome physique - et sont des crйatures sensibles sinon intelligentes. Ils sont tous soumis au Karma, et doivent l’accomplir а travers chaque cycle. Comme l’enseigne la DOCTRINE, dans notre Univers ou dans d’autres Systиmes, dans les Mondes [ Un monde, dit « monde supйrieur », n’est pas supйrieur en raison de son emplacement, mais par ses qualitйs ou son essence. Cependant un monde pareil est ordinairement appelй par les profanes « le ciel », et placй au-dessus de nos tкtes. ] externes ou dans les internes, il n’y a pas d’кtres privilйgiйs а la maniиre des Anges des Religions Juive et Occidentale.

Un Dhyвn Chфhan doit le devenir; il ne peut pas apparaоtre tout d’un coup sur le plan de vie comme un Ange pleinement йpanoui. La Hiйrarchie Cйleste du Manvantara actuel se trouvera transfйrйe dans le prochain Cercle de vie, en des Mondes supйrieurs, et fera place а une nouvelle Hiйrarchie composйe des йlus de notre humanitй. L’Кtre est un cycle sans fin, placй dans le sein de l’Йternitй Une et Absolue, Йternitй dans laquelle se meuvent des cycles internes innombrables, finis et conditionnйs. Des Dieux, crййs tels, n’auraient aucun mйrite personnel а кtre Dieux. De pareils Кtres, parfaits seulement en vertu de la nature spйciale immaculйe qui leur serait inhйrente, mis en face de l’humanitй souffrante et combattante, et mкme de la crйation infйrieure, seraient l’expression d’une injustice йternelle, absolument Satanique en elle-mкme, un crime toujours prйsent. C’est une anomalie et une impossibilitй dans la Nature. Par consйquent, les « Quatre » et les « Trois » doivent s’incarner, comme tous les autres кtres. Ce Sixiиme Groupe, en outre, reste presque insйparable de l’homme, qui en tire tous ses principes, sauf le plus йlevй et le plus bas, c’est-а-dire son esprit et son corps; les cinq principes humains mйdians sont, en effet, l’essence mкme de ces Dhyвnis. [Paracelse les appelle les Flagae; les Chrйtiens, les Anges gardiens; les Occultistes, les Ancкtres, les Pitris. Ce sont les Sextuples Dhyвn Chфhans qui possиdent les six Йlйments spirituels dans la composition de leurs corps – en un mot, des hommes, moins le corps physique.]

Seul, le Rayon Divin, l’Atman, procиde directement de l’un. Lorsqu’on demande : Comment cela peut-il кtre? Comment est-il possible de concevoir que ces « Dieux », ou Anges, puissent кtre а la fois leurs propres йmanations et leurs sois personnels? Est-ce dans le mкme sens que dans le monde matйriel, oщ le fils est, en un sens, son pиre, йtant son sang, les os de ses os et la chair de sa chair? А cela les Instructeurs rйpondent : En rйalitй, c’est ainsi. Mais il faut se plonger dans les profondeurs du mystиre de l’КTRE avant de pouvoir pleinement comprendre cette vйritй.

Stance VII (2)

2. Le Rayon Unique multiplie les Rayons moindres. La Vie prйcиde la Forme et survit au dernier atome [ De la forme, le Sthыla Sharira, le corps extйrieur. ]. А travers les Rayons innombrables, le Rayon de la Vie, l’Unique, passe comme un fil а travers bien des Perles.

Ce shloka exprime la conception – purement vйdвntine, comme nous l’avons dйjа expliquй ailleurs – d’un Fil de Vie, Sutrвtmв, passant а travers de successives gйnйrations. Comment l’expliquer? En se servant d’une comparaison, d’une image familiиre, quoique nйcessairement imparfaite, comme toutes les analogies utilisables. Avant de m’en servir, cependant, je demanderai, lorsque nous considйrons le processus de la croissance et de la transformation du fњtus en un enfant vigoureux, pesant plusieurs livres, s’il nous paraоt non naturel ou encore moins « surnaturel »? L’enfant йvolue de quoi? De la segmentation d’un ovule infiniment petit et d’un spermatozoпde! Nous voyons ensuite l’enfant se dйvelopper en un homme de six pieds de haut! cela se rapporte а l’expansion atomique et physique, du microscopiquement petit en quelque chose d’йnormйment grand; de ce que l’oeil naturel est incapable de voir, en du visible et de l’objectif. La science s’est occupйe de ces questions et je suppose que ses thйories sont assez correctes, dans la mesure de l’exacte observation des choses. Cependant, les deux principales difficultйs de l’Embryologie – les forces en oeuvre dans la formation du fњtus, et la cause de la « transmission hйrйditaire » des ressemblances physiques, morales ou mentales – n’ont jamais йtй rйsolues d’une maniиre satisfaisante; et elles ne le seront jamais jusqu’au jour oщ les savants daigneront accepter les thйories Occultes. Mais si ce phйnomиne physique n’йtonne personne, bien qu’il intrigue les Embryologistes, pourquoi notre croissance intellectuelle interne, l’йvolution de l’Humain-Spirituel au Divin-Spirituel, serait-elle considйrйs, comme plus impossible que l’autre, ou le paraоtrait-elle?

[Les Matйrialistes et les Йvolutionnistes de l’йcole darwinienne seraient mal avisйs d’accepter les nouvelles thйories du professeur Weissmann, auteur de Beitrдge zur Descendenz-lehre, en ce qui touche l’un des deux mystиres de l’Embryologie dont nous venons de parler, et que cet auteur semble penser qu’il a rйsolu, car, lorsque ce problиme sera pleinement йclairci, la Science sera entrйe dans le domaine de l’occulte vйritable et elle aura quittй, pour toujours, le systиme transformiste tel qu’il est enseignй par Darwin. Les deux thйories sont inconciliables au point de vue du Matérialisme. Au contraire, considérée au point de vue des Occultistes, la nouvelle thйorie rйsout tous ces mystиres. Ceux qui ne sont pas au courant des dйcouvertes du professeur Weissmann – antйrieurement darwiniste enthousiaste – doivent se hвter de combler cette lacune. Le philosophe embryologiste allemand – passant par-dessus Hippocrate et Aristote, et se mettant au niveau des enseignements des vieux вryens - montre une cellule infinitйsimale а l’oeuvre, parmi un million d’autres cellules, dans la formation d’un organisme, dйterminant seule et sans aide, par la segmentation et la multiplication constantes, l’image exacte de l’homme ou de l’animal futur, dans ses caractйristiques physiques, mentales et psychiques. C’est cette cellule qui imprime sur la figure et dans la forme du nouvel individu les traits des parents ou parfois d’un ancкtre йloignй; c’est cette cellule, encore, qui transmet les idiosyncrasies intellectuelles et mentales de ses pиres, et ainsi de suite. Ce Plasme est la partie immortelle de nos corps et il se dйveloppe par un processus d’assimilations successives. La thйorie de Darwin, qui considйrait la cellule embryologique comme l’essence ou l’extrait de toutes les autres cellules, est mise de cфtй; elle est incapable d’expliquer les transmissions hйrйditaires. Il n’y a que deux maniиres d’йclaircir le mystиre de l’hйrйditй : ou la substance de la cellule germinale est douйe de la facultй de traverser le cycle entier des transformations, cycle qui conduit а la construction d’un organisme sйparй et ensuite а la reproduction de cellules germinales identiques; ou ces cellules germinales n’ont nullement leur genиse dans le corps de l’individu, mais procиdent directement de la cellule germinale ancestrale, transmise de pиre а fils а travers de longues gйnйrations. C’est cette derniиre hypothиse que Weissmann a adoptйe et sur laquelle il a basй ses travaux, et c’est cette cellule qu’il dйclare кtre la partie immortelle de l’homme. C’est trиs bien jusqu’ici, mais lorsqu’on aura acceptй cette presque correcte thйorie, comment les Biologistes expliqueront-ils la premiиre apparition de cette cellule йternelle? А moins d’admettre que l’homme ne soit tombй des nuages, comment expliquer la prйsence en lui de cette cellule embryologique?]

Complйtez le Plasme Physique dont nous venons de parler, la « Cellule Germinale » de l’homme avec toutes les potentialitйs matйrielles, par le Plasme Spirituel », - ou fluide qui contient les cinq principes infйrieurs du Dhyвni а six principes – et vous avez le secret, si vous кtes assez spirituel pour le comprendre.

Donnons maintenant la comparaison annoncйe :

Lorsque la semence de l’homme animal est jetйe dans le terrain de la femme animale, cette semence ne peut germer si elle n’a pas йtй fructifiйe par les cinq vertus [le fluide ou l’йmanation de principes] de l’Homme Cйleste Sextuple. C’est pourquoi le Microcosme est reprйsentй par un pentagone, dans l’Йtoile Hexagonale – le Macrocosme [ Αυθφωπος , ouvrage sur l’Embryologie Occulte, livre I.]

Aussi : Les fonctions de Jоva sur cette Terre sont d’un caractиre quintuple. Dans l’atome minйral, il est liй aux principes infйrieurs des Esprits de la Terre (les Sextuples Dhyвnis); dans la particule vйgйtale, il est liй а leur second principe – le Prвna (la Vie); dans l’animal, il est liй aux principes prйcйdents, et de plus au troisiиme et au quatriиme; chez l’homme, le germe doit recevoir le fruit de tous les cinq. Sans cela, il ne naоt pas plus haut qu’un animal [ C’est-а-dire un idiot de naissance.]

Par consйquent, ce n’est que chez l’homme que le Jоva est complet. Quant а son septiиme principe, ce n’est qu’un des Rayons du Soleil Universel. Toute crйature raisonnable ne reзoit que le prкt temporaire de ce qui doit retourner а sa source; quant а son corps physique, il est formй par les Vies terrestres les plus infйrieures, par l’йvolution physique, chimique et physiologique. « Les Bйnis n’ont rien а faire avec les purgations de la lumiиre », dit la Kabale, dans le Livre des Nombres chaldйen.

L’Humanitй, dans sa premiиre forme prototypique nuageuse, est le descendant des Elohim de Vie, ou Pitris; dans son aspect qualificatif et physique, elle est la progéniture directe des « Ancкtres », les Dhyвnis infйrieurs ou Esprits de la Terre; elle doit sa nature morale, physique et spirituelle а un Groupe d’Кtres divins dont on donnera le nom et les caractйristiques dans le volume IV. Les hommes reprйsentent, collectivement, le travail de Multitudes d’Esprits divers; distributivement, ils sont les tabernacles de ces Multitudes; occasionnellement et individuellement, ils sont les vйhicules de quelques-uns de ces esprits. Dans notre Cinquiиme Race actuelle, si matйrielle, l’Esprit terrestre de la Quatriиme est encore d’une grande force; mais nous approchons du moment oщ le balancier de l’йvolution dirigera franchement sa course vers les hauteurs et ramиnera l’Humanitй sur une ligne parallиle en spiritualitй avec la Troisiиme Race-racine. Pendant son enfance, l’humanitй йtait entiиrement composйe de cette Multitude Angйlique dont les Esprits habitaient et animaient les monstrueux et gigantesques tabernacles d’argile de la Quatriиme Race, construits par des millions de Vies et constituйs par elles, comme elles constituent et bвtissent d’ailleurs nos corps actuels. Cette phrase sera reprise plus loin dans le Commentaire. [La Science, apercevant vaguement cette vйritй, peut trouver des bactйries et d’autres infiniment petits dans le corps humain et ne voir en eux que des visiteurs accidentels et anormaux auxquels on attribue des maladies. L’occultisme – qui voit une Vie dans chaque atome ou molйcule, aussi bien dans un corps minйral ou humain que dans l’air, le feu ou l’eau – affirme que notre corps entier est construit avec de pareilles Vies et dit que la plus petite bactйrie est si grande par rapport а elles, que son volume est comme celui d’un йlйphant placй а cфtй de l’infusoire le plus petit.]

Les « tabernacles » dont nous venons de parler se sont amйliorйs, comme tissu et comme symйtrie de forme, croissant et se dйveloppant avec le Globe qui les porte; mais le progrиs physique se fit aux dйpens de l’Homme spirituel Intйrieur, et de la Nature. Les trois principes mйdians, dans la terre et dans l’homme, devinrent avec chaque Race plus matйriels; l’Вme se retirait pour faire place; a l’INTELLECT PHYSIQUE; l’essence des йlйments devint les йlйments matйriels composйs que nous connaissons maintenant.

L’Homme n’est pas et ne pouvait кtre le produit complet du « Seigneur Dieu »; mais il est l’enfant des Elohim si arbitrairement mis au nombre singulier et au genre masculin. Les premiers Dhyвnis qui reзurent l’ordre de « crйer » l’homme а leur image ne pouvaient offrir que leurs Ombres comme modиle dйlicat sur lequel les Esprits de la Nature devaient travailler. L’homme est, sans aucun doute, formй physiquement de la poussiиre de la Terre, mais ses crйateurs et ses constructeurs ont йtй nombreux. On ne peut pas dire davantage que le « Seigneur Dieu souffla dans ses narines le souffle de Vie », а moins qu’on identifie Dieu avec la « Vie Une », omniprйsente quoique invisible, et а moins qu’on n’attribue а « Dieu » la mкme opйration pour chaque Вme vivante; celle-ci est l’Вme Vitale (Nephesh) et non l’Esprit Divin (Ruach), lequel donne а l’homme seul un degrй d’immortalitй divin qu’aucun animal, comme tel, ne pourra atteindre dans ce cycle d’incarnation. C’est а cause des distinctions non adйquates faites par les Juifs, et plus tard par nos mйtaphysiciens d’Occident, incapables de comprendre et par consйquent d’accepter plus qu’un homme triple – Esprit, Вme et Corps – que le « Souffle de Vie » a йtй confondu avec « l’Esprit » immortel. Cela s’applique directement aux thйologiens protestants qui, en traduisant un certain verset du Quatriиme Йvangile [ Jean, III, 8. ], ont changй entiиrement sa signification. Cette traduction dit, « le vent souffle lа oщ il veut », tandis que le texte original et la traduction de l’Йglise orientale grecque portent « l’esprit » va oщ il veut ».

[L’йrudit et trиs philosophique auteur des New Aspects of Life, le Dr H. Pratt, voudrait faire comprendre au lecteur que le Nephesh Chaiah (вme vivante), selon les Hйbreux, йtait

produit par l’infusion de l’esprit ou souffle de vie dans le corps vivifiant de l’homme et devait remplacer cet esprit dans le soi ainsi constituй, de sorte que l’esprit se perdait et disparaissait dans l’вme vivante.

Il trouve qu’on devrait considйrer le corps humain comme une matrice dans laquelle, et de laquelle, l’Вme – qu’il paraоt placer au-dessus de l’Esprit – se dйveloppe. Considйrй fonctionnellement et au point de vue de l’activitй, l’Вme est sans aucun doute plus haut placй que l’Esprit dans ce monde fini et conditionnй de Mвyв. L’Вme, dit-il, « est produite, en dernier lieu, du corps animй de l’homme ». L’auteur identifie tout simplement l’ « Esprit » (Atmв) avec le « Souffle de Vie ». Les Occultistes orientaux ne seront pas d’accord avec lui parce que son assertion repose sur la conception erronйe que Prвna et Atmв ou Jоvвtmв sont une seule et mкme chose. L’auteur appuie son argument en montrant que, chez les anciens Hйbreux, chez les Grecs et mкme chez les Latins, Ruach, Pneuma et Spiritus signifiaient le Vent. C’est vrai pour les Juifs et trиs probable pour les Grecs et les Romains; le mot grec Anemos (Vent) et le mot latin Animus (Вme) ont, en effet, une relation suggestive.

Tout cela est assez tirй par les cheveux, mais il est difficile de trouver un champ de bataille convenable pour dйcider de cette question, puisque le docteur Pratt paraоt кtre un mйtaphysicien terre а terre et pratique, une espиce de Kabaliste-Positiviste, tandis que les mйtaphysiciens orientaux, et surtout les Vйdвntins, sont tous des Idйalistes. Les Occultistes sont aussi de l’йcole Vйdвntine Йsotйrique la plus pure, et quoiqu’ils appellent la Vie une (Parabrahman), le Grand Souffle, le Tourbillon, ils sйparиrent entiиrement le septiиme principe de la matiиre et nient qu’il ait aucune relation avec elle.]

Par consйquent, la philosophie des relations psychiques, spirituelles et mentales de l’homme avec ses fonctions physiques est dans une confusion presque inextricable. On ne comprend plus bien la psychologie des anciens Вryens et des Йgyptiens, et il est impossible de l’assimiler sans accepter le septйnaire Йsotйrique ou, tout au moins, la division Vйdвntine quinaire des principes humains internes. Sans cela, l’on ne pourra jamais comprendre les relations mйtaphysiques et purement psychiques – ou mкme physiologiques – entre les Dhyвns Chфhans ou Anges sur un plan et l’humanitй sur un autre. Aucun ouvrage Йsotйrique Oriental (Вryen) n’a йtй jusqu’ici publiй, mais nous possйdons les papyrus йgyptiens qui parlent clairement des sept principes ou des « Sept Вmes de l’Homme ». Le Livre des Morts donne une liste complиte des « transformations » par lesquelles passe chaque Dйfunt pendant qu’il se dйpouille, un par un, de tous ces principes, et, pour rendre l’idйe plus claire, ces derniers ont йtй matйrialisйs en entitйs ou corps йthйrйs. Il faut aussi rappeler а ceux qui voudraient dйmontrer que les anciens Йgyptiens n’enseignaient pas la Rйincarnation que, dans ce livre, l’ « Вme » (l’Ego ou le Soi) du Dйfunt est dite vivre dans l’Йternitй : elle est immortelle, « coexistante avec le bateau Solaire et disparaissant avec lui », c’est-а-dire qu’elle suit le Cycle de Nйcessitй. Cette « Вme » sort du Tiau, le Royaume de la Cause de la Vie, et se joint aux vivants sur la Terre, dans le jour pour retourner au Tiau chaque nuit. Cela exprime les existences pйriodiques de l’Ego [ Ch. CXLVIII. ].

L’Ombre, la Forme Astrale, est annihilйe, « dйvorйe par l’Uraeus » [Ibid., CXLIX, 51. ]; les Manes seront annihilйs; les deux Jumeaux (les Quatriиme et Cinquiиme Principes) seront dispersйs; mais l’Вme-Oiseau, « l’Hirondelle Divine et l’Uraeus de Flamme » (Manas et Atmв-Buddhi) vivront dans l’йternitй, car ils sont les maris de leurs mиres.

[Voici encore une analogie suggestive entre l’Йsotйrisme вryen ou brвhmanique et l’Йsotйrisme Йgyptien. Le premier appelle les Pitris les « Ancкtres Lunaires » de l’Homme, et les Йgyptiens font du Dieu lunaire, Toht-Esmun, le premier ancкtre humain.

Ce Dieu lunaire exprimait les Sept pouvoirs de la nature antйrieurs а lui et rйsumйs en lui comme ses sept вmes, dont lui, la Huitiиme, provoquait la manifestation [c’est de lа que vient la huitiиme sphиre]… Les sept rayons de l’Heptakis chaldйen, ou Iao, sur les pierres Gnostiques, indiquent le mкme septйnaire d’вmes…On voyait la premiиre forme du mystique Sept figurйe dans le ciel par les sept йtoiles de la Grande Ourse, constellation assignйe par les Йgyptiens а la mиre du Temps et des sept pouvoirs Йlйmentals[ The Seven Souls of Man, p. 2. Confйrence faite par Gerald Massey]

Comme le sait bien tout Hindou, cette mкme constellation reprйsente, dans l’Inde, les Sept Rishis et s’appelle Riksha et Chitra-Shikandin.

Le semblable seul produit le semblable. La Terre donne а l’Homme son corps, les Dieux (Dhyвnis) lui donnent ses cinq principes intйrieurs, l’Ombre psychique dont ces Dieux sont souvent le principe animateur. L’ESPRIT (Atman) est un et indiscret. Il n’est pas dans le Tiau.

Car qu’est-ce que le Tiau? Les constantes allusions au Tiau contenues dans le Livre des Morts contiennent un mystиre. Tiau est le Sentier du Soleil Nocturne, l’hйmisphиre infйrieur, la rйgion infernale des Йgyptiens, placйe par eux sur le cфtй cachй de la Lune. L’кtre humain, d’aprиs leur Йsotйrisme, venait de la Lune – un triple mystиre а la fois astronomique, physiologique et psychique; il traversait le cycle entier de l’existence et revenait au lieu de sa naissance avant d’en ressortir. Le Dйfunt est reprйsentй comme arrivant dans l’Ouest, recevant son jugement devant Osiris, ressuscitant comme le Dieu Horus et faisant le tour du ciel sidйral, - ce qui est une assimilation allйgorique а Rв, le Soleil, - puis, ayant traversй le Nuut, l’Abоme Cйleste, revenant encore une fois au Tiau – assimilation а Osiris, qui, comme Dieu de la vie et de la reproduction, habite la Lune. Plutarque [ De Iside et Osiride, LXIII. ] reprйsente les Йgyptiens cйlйbrant une fкte appelйe « l’Entrйe d’Osiris dans la Lune ».Dans le Rituel [ Ch. LXI. ], la vie est promise aprиs la mort, et son renouvellement est placй sous la protection d’Osiris-Lunus parce que la Lune йtait le symbole de ce renouvellement ou des rйincarnations а cause de ses phases mensuelles de croissance et de dйcroissance, de disparition et de rйapparition. Dans le Dankmoe [ IV. 5. ], il est dit : « O Osiris-Lunus, toi qui te refais ton renouveau. »Et Sabekh dit а Seti I : « Tu te renouvelles toi-mкme comme un Dieu Lunus lorsqu’il est enfant [ L’Abydos de Mariette; tableau 51. ] ».C’est encore mieux expliquй sur un papyrus du Louvre [ P. Pierret, Йtudes Йgyptologiques. ] : « Des accouplements et des conceptions abondent lorsqu’il [Osiris-Lunus] est vu en ce jour dans le ciel! » Osiris dit : « O rayon unique et radieux de la Lune! Je sors des multitudes circulantes [d’йtoiles]… Ouvre-moi le Tiau, pour Osiris N. Je sortirai le jour pour accomplir ce que j’ai а faire parmi les vivants [ Rituel, ch. II. ] », c’est-а-dire pour produire des conceptions.

Osiris йtait « Dieu manifestй dans la gйnйration », parce que les anciens connaissaient, bien mieux que les modernes, les influences occultes rйelles du corps lunaire sur les mystиres de la conception. [Dans les plus anciens systиmes, nous trouvons que la Lune est toujours mвle. Ainsi, Soma, chez les Hindous, est une espиce de don Juan sidйral, un « Roi », et le pиre – quoique illйgitime – de Bouddha - la Sagesse. Cela se rapporte au Savoir Occulte, sagesse acquise par une connaissance profonde des mystиres lunaires, y compris ceux de la gйnйration sexuelle.] Et plus tard, lorsqu’on associa la Lune avec les Dйesses fйminines – Diane, Isis, Artйmise, Junon, etc. – Ce lien reposait aussi sur la connaissance complиte de la physiologie et de la nature fйminine, physique aussi bien que psychique [ Si, au lieu des leзons inutiles sur la Bible dans les catйchismes, on enseignait l’Astrologie aux multitudes de pauvres et de malheureux, - en ce qui concerne, du moins, les propriйtйs occultes de la Lune et ses influences cachйes sur la gйnйration, - il y aurait peu а craindre que la population s’accrыt trop vite, et l’on aurait pas besoin, pour cela, de recourir а la littйrature malthusienne. Car c’est la Lune et ses conjonctions qui rиglent les conceptions. – chaque Astrologue de l’Inde le sait bien. Du temps des Races prйcйdentes et au commencement de la nфtre, ceux qui se permettaient des relations conjugales pendant les phases lunaires qui rendent les relations stйriles йtaient considйrйs comme des sorciers et des pйcheurs. Mais maintenant, ces pйchйs d’antan, issus de l’abus de la connaissance Occulte, paraîtraient prйfйrables aux crimes commis de nos jours par suite de l’ignorance complиte de telles influences Occultes.]

Mais, tout d’abord, le Soleil et la Lune йtaient les seules divinitйs psychiques et physiologiques visibles et (par leurs effets), pour ainsi dire, tangibles – le Pиre et le Fils – tandis que l’Espace ou l’Air, en gйnйral, ou cette йtendue de Ciel que les Йgyptiens appelaient Nuut, йtait leur Esprit ou Souffle cachй. Le « Pиre et le Fils » йtaient interchangeables dans leurs fonctions, et ils travaillaient en harmonie dans leurs effets sur la nature et l’humanitй terrestres; on les considйrait par consйquent comme UN, quoiqu’ils fussent DEUX en tant qu’Entitйs personnifiйes. Ils йtaient tous les deux mвles, tous les deux avaient leur travail distinct quoiqu’ils fussent en collaboration dans la gйnйration causale de l’Humanitй. Voilа ce qui, considйrй aux points de vue astronomique et cosmique, fut exprimй en un langage symbolique qui devint, dans nos derniиres races, thйologique et dogmatique. Mais derriиre ce voile de symboles Cosmiques et Astrologiques il y avait les mystиres Occultes de l’Anthropographie et de la genиse primordiale de l’homme. Et, en cela, aucune connaissance des symboles – pas mкme la clef du langage symbolique post-diluvien des Juifs – ne peut aider, sauf en ce qui se rapporte а ce qui a йtй donnй dans les йcritures saintes nationales pour l’usage exotйrique; le total de ces йcritures, si soigneusement qu’il ait йtй voilй, n’йtait qu’une petite partie de l’histoire rйelle primitive de chaque peuple, et souvent aussi, comme dans les Йcritures des Hйbreux, il ne se rapportait qu’а la vie humaine terrestre et non а la vie divine de cette nation. Cet йlйment psychique et spirituel appartenait aux Mystиres [ Au « Mystиre », dans l’йdition de 1888. ] et а l’Initiation. Il y avait des choses qui n’ont jamais йtй йcrites sur les rouleaux, mais qui, comme dans l’Asie Centrale, furent gravйes sur des rochers et dans des cryptes souterraines.

Il fut un moment, cependant – quand le monde entier йtait « d’une seule bouche et d’une seule connaissance » - oщ l’homme savait plus au sujet de son origine qu’il ne sait maintenant et oщ il savait donc que le Soleil et la Lune, quelque grand que soit le rфle qu’ils jouent dans la constitution, la croissance et le dйveloppement du corps humain, n »йtaient pas les agents qui l’ont fait apparaоtre sur Terre; car ces agents, en vйritй, sont les Pouvoirs vivants et intelligents que les Occultistes appellent Dhyвn Chфhans.

А ce sujet, un admirateur trиs йrudit de l’Йsotйrisme Juif nous apprend que :

La Kabale dit expressйment qu’Elohim est une « abstraction gйnйrale », ce que nous appelons en mathйmatiques « un coefficient constant », ou une « fonction gйnйrale », faisant partie de toute construction et non particuliиre; c’est-а-dire le rapport gйnйral de 1 а 31 415, les chiffres [Astro-Dhyaniques et ] Йlohistiques.

А cela l’Occultiste Oriental rйpond : Trиs bien; ils sont une abstraction pour nos sens physiques. Mais pour nos perceptions spirituelles, pour notre oeil spirituel interne, les Elohim ou Dhyвnis ne sont pas plus une abstraction que ne le sont, pour nous, notre вme et notre esprit. Rejeter l’un c’est rejeter l’autre, puisque ce qui constitue l’Entitй survivante en nous est en partie l’йmanation directe de ces Entitйs et en partie ces Entitйs cйlestes elles-mкmes. Il est certain que les Juifs йtaient parfaitement au courant de la sorcellerie et des diverses formes malfaisantes; mais, а l’exception de quelques-uns de leurs grands prophиtes et voyants comme Daniel et Йzйchiel – Enoch appartenait а une race bien antйrieure et reprйsentait un caractиre gйnйrique commun а toute nation propre et non а une seule – ils savaient peu du vйritable Occultiste divin et ne voulaient pas s’en occuper; leur caractиre national йtait contraire а quoi que ce fыt n’ayant pas de rapport direct avec leur intйrкt de race, de tribu ou d’individu; tйmoins leurs prophиtes et les malйdictions qu’ils profйraient contre la « race ne se courbant pas ». Mais la Kabale elle-mкme montre clairement la relation directe qui existe entre les Sйphiroth, ou Elohim, et les hommes.

Par consйquent, lorsqu’il nous sera prouvй que l’identification Kabalistique de Jйhovah avec Binah, Sйphira fйminine, contient une autre signification, une signification sous-occulte, alors, mais alors seulement, les Occultistes pourront dйcerner la palme de la perfection aux Kabalistes. Jusqu’а ce moment l’on maintiendra que Jйhovah, pris au sens abstrait d’un seul « Dieu vivant », est un simple nombre, une fiction mйtaphysique et ne devient une rйalitй que lorsqu’il est mis а sa Vraie place comme йmanation et comme Sйphira – et nous avons le droit de le maintenir, car le Zohar, comme en tйmoigne au moins le Livre des Nombres, enseignait, avant que les Kabalistes Chrйtiens l’eussent dйfigurй, et enseigne toujours la mкme doctrine que nous, а savoir que l’Homme йmane, non pas d’un HOMME Cйleste unique, mais d’un Groupe Septйnaire d’Hommes Cйlestes, ou Anges; le mкme enseignement se trouve dans Pymandre, la Pensйe Divine.

Stance VII (3)

3. Lorsque l’Un devient Deux, le Triple apparaоt (a). Les Trois sont [ Enchaоnйs en. ] Un, et c’est notre Fil, Lanou, le coeur de la Plante-Homme, appelйe Saptaparna (b).

a) « Lorsque l’Un devient Deux, le Triple apparaоt », c’est-а-dire quand l’un Йternel laisse tomber sa rйflexion dans la rйgion de Manifestation, cette rйflexion, « le Rayon », diffйrencie l’ « Eau de l’espace », ou, pour employer les termes du Livre des Morts, « le Chaos cesse, sous l’influence du Rayon de Lumiиre Primordiale qui dissipe l’obscuritй totale а l’aide du grand pouvoir magique du Verbe du Soleil [central] ». Le Chaos devient mвle-femelle, l’Eau est couvйe par la Lumiиre et le Triple Кtre en sort comme « Premier Nй ». « RÂ[ou Osiris-Ptah] crйe [comme le fait Brahmв] ses propres membres en crйant les Dieux destinйs а personnifier ses phases », pendant le Cycle [ Op. cit., XVII, 4. ].L’Йgyptien Rв sortant de l’Abоme est l’Вme Divine Universelle dans son aspect manifestй; il en est de mкme de Nвrвyana, le Purusha, « cachй dans l’Akвsha, et prйsent dans l’Йther ».

Telle est l’explication mйtaphysique, et elle se rapporte au commencement mкme de l’Йvolution, ou, plutфt, de la Thйogonie. La signification de cette STANCE, lorsqu’on l’explique a un autre point de vue, dans ses rapports avec le mystиre de l’homme et de son origine, est encore plus difficile а saisir. Afin de former une conception claire de ce que signifie l’Un devenant Deux et se transformant ensuite le Triple, il faut que l’йtudiant comprenne pleinement ce que nous entendons par les Rondes. S’il lit le Bouddhisme Йsotйrique, - premier essai d’esquisse approximative de la cosmogonie archaпque, - il trouvera qu’une Ronde signifie l’йvolution sйrielle de la Nature matйrielle naissante, de sept Globes de notre Chaоne [ Plusieurs critiques hostiles voudraient prouver que notre premier ouvrage, Isis Dйvoilйe, ne parlait ni des Sept Principes de l’Homme, ni de la Constitution Septйnaire de notre Chaоne. Quoique dans cet ouvrage, on ne put parler de la doctrine qu’en termes voilйs, il y a nйanmoins plusieurs passages oщ la constitution septйnaire de l’Homme et de la Chaоne est ouvertement mentionnйe. En parlant des Elohim (vol. II, 420), il est dit : « Ils restent au-dessus du septiиme ciel (ou monde spirituel), car ce sont eux qui, d’aprиs les Kabalistes, formиrent successivement les six mondes matйriels ou plutфt les essais des mondes qui prйcйdиrent le nфtre, et ce dernier est, disent-ils, le septiиme. » Notre globe, dans le tableau qui reprйsente la Chaоne, est, cela va sans dire, le septiиme et le plus bas, mais comme l’йvolution sur ces Globes est cyclique, il est en rйalitй le quatriиme sur l’arc descendant de la matiиre. Et encore (II, 367) : « Dans les croyances Йgyptiennes, comme dans toutes celles fondйes sur la philosophie, l’homme n’йtait pas simplement … l’union d’une вme et d’un corps; il йtait une trinitй, parce que l’esprit y йtait ajoutй, et cette mкme doctrine enseignait, en outre, qu’il possйdait un corps, une forme astrale ou ombre … une вme animale… une вme supйrieure… l’intelligence terrestre… [et] un sixiиme principe, etc., puis le septiиme – l’ESPRIT. » On y parle si clairement de ces principes que, mкme dans l’Index (II, 683), on trouve : « Les Six Principes de l’homme », le septiиme йtant, en rйalitй, la synthиse des six, - non un principe, mais un Rayon du TOUT Absolu. ]et de leurs rиgnes minйral, vйgйtal, et animal, l’homme est inclus dans ce dernier et en tient la tкte, pendant un Cycle entier de vie.

Ce dernier serait plus tard appelй par les Brвhmanes un « Jour de Brahmв ». C’est, en un mot, une rйvolution de la Roue (notre Chaоne Planйtaire), laquelle est composйe de sept Globes ou sept « Roues » sйparйes, ce mot pris, cette fois, dans un autre sens. Lorsque l’йvolution est descendue dans la matiиre, du Globe A jusqu’au Globe G, il s’est йcoulй une Ronde. Au milieu de la quatriиme rйvolution, - notre Ronde actuelle, - « l’Йvolution a atteint son point culminant de dйveloppement physique, elle a couronnй son oeuvre par la production de l’homme physique parfait et, dиs ce moment, elle se met а travailler vers l’esprit ». On n’a pas besoin d’insister sur ce point, car il est bien expliquй dans le Bouddhisme Йsotйrique. Ce qui l’est moins et ce qui a causй bien des malentendus, c’est l’origine de l’homme, et ici nous pouvons maintenant jeter un peu plus de lumiиre, assez, du moins pour rendre la STANCE comprйhensible, car son processus ne sera pleinement expliquй qu’а sa place lйgitime, le volume IV.

Chaque Ronde, sur l’йchelle descendante, n’est qu’une rйpйtition, sous une forme plus concrиte, de la Ronde qui l’a prйcйdйe, de mкme que chaque Globe, jusqu’а notre Quatriиme Sphиre, la Terre, est une copie plus grossiиre et plus matйrielle de la sphиre plus vaporeuse qui la prйcиde selon l’ordre йtabli et sur les trois plans supйrieurs [ Voir le Diagramme III. ].En montant sur l’arc ascendant, l’йvolution spiritualise, et йthйrise, en quelque sorte, la nature gйnйrale du tout, en le mettant au niveau du plan du Globe jumeau placй sur l’arc opposй; il en rйsulte que lorsque le septiиme Globe est atteint, dans quelque Ronde que ce soit, la nature de tout ce qui est en voie d’йvolution retourne а la condition qui existait au point de dйpart – avec, en plus, chaque fois, un degrй nouveau et supйrieur dans les йtats de conscience. Par consйquent, il est clair que « l’origine de l’homme », comme on l’appelle, dans notre Ronde actuelle, ou Cycle de Vie, sur cette Planиte, doit occuper la mкme place dans le mкme ordre – sauf pour certains dйtails tenant а des conditions de lieux et de temps – que dans la Ronde prйcйdente. Il faut aussi expliquer et rappeler que, de mкme que le travail de chaque Ronde est commis а un Groupe diffйrent de prйtendus Crйateurs, ou Architectes, il en est de mкme sur chaque Globe; c’est-а-dire que ce travail est sous la surveillance et la direction des Constructeurs et de Surveillants spйciaux – les divers Dhyвn Chфhans.

[Le mot « crйateurs [ « Crйation » dans l’йdition de 1888.] » n’est pas correct, car aucune religion, pas mкme la secte Visishthadvaпtis de l’Inde – secte qui anthropomorphise jusqu’а Parabrahman – ne croit а la crйation ex nihilo des Chrйtiens et des Juifs, mais toutes croient а l’йvolution agissant sur des matйriaux prйexistants.]

Le Groupe de la Hiйrarchie qui est chargй de « crйer » les hommes est donc un groupe spйcial; il produisit pourtant dans ce cycle, un homme vaporeux, comme le fit un Groupe supйrieur et plus spirituel encore dans la Troisiиme Ronde. Mais comme c’est le sixiиme sur l’йchelle descendante de la spiritualitй – le septiиme et dernier est constituй par les Esprits Terrestres (Йlйmentals), qui forment graduellement, construisent et condensent son corps physique - il ne forma que la forme vaporeuse de l’homme futur, la copie pelliculaire transparente, а peine visible, d’eux-mкmes. C’est devenu la tвche de la Cinquiиme Hiйrarchie – les кtres mystйrieux qui prйsident а la constellation du Capricorne, Makara, dans l’Inde, ou « Crocodile », en Йgypte – d’animer les formes animales йthйrйes et vides pour en faire l’Homme rationnel. C’est un sujet sur lequel on ne peut dire que peu de chose au public, en gйnйral. C’est, en vйritй, Un MYSTÈRE, mais seulement pour celui qui est prйparй а rejeter l’existence d’Кtres Spirituels intellectuels et conscients dans l’Univers et а accorder а l’homme seul la pleine Conscience, et а limiter celle-ci au rфle de « fonction cйrйbrale ». Beaucoup de ces Entitйs Spirituelles se sont incarnйes corporellement dans l’homme, depuis sa premiиre apparition, et cependant existent encore, aussi indйpendamment qu’auparavant, dans l’infini de l’Espace.

Pour nous expliquer plus clairement, une pareille Entitй invisible peut кtre corporellement prйsente sur terre, sans abandonner cependant son йtat ou ses fonctions dans les rйgions supersensorielles. Si cela demande quelques explications, nous ne pouvons que renvoyer le lecteur aux cas analogues qui se produisent dans le prйtendu « Spiritisme », bien que ces cas soient trиs rares, du moins en ce qui concerne la nature de l’entitй qui s’incarne ou prend possession temporaire d’un mйdium. [Car les prйtendus « esprits » qui sont parfois capables de s’emparer des corps des mйdiums ne sont pas les Monades ou Principes Supйrieurs de Personnalitйs dйsincarnйes. De tels « esprits » ne peuvent кtre que des йlйmentaires ou – Nirmвnakвyas.] De mкme que certaines personnes, grвce а une organisation spйciale, ou par le pouvoir de la connaissance mystique acquise, peuvent кtre vues dans leur « double » en un endroit tandis que leur corps se trouve а une distance de plusieurs milles, de mкme, une chose analogue peut avoir lieu pour des кtres supйrieurs.

L’homme, considйrй philosophiquement, est, dans sa forme extйrieure, un simple animal, а peine plus parfait que son ancкtre pithйcoпde de la Troisiиme Ronde. Il est un Corps vivant, non pas un Кtre vivant, puisque la rйalisation de l’existence, « Ego Sum », nйcessite la soi-conscience, et qu’un animal ne peut avoir que la conscience directe, ou instinct. C’йtait si bien compris par les anciens que les Kabalistes eux-mкmes faisaient de l’вme et du corps deux Vies, indйpendantes l’une de l’autre. [Dans les New Aspects of Life [ Nouveaux Aspects de la Vie, par Henry Pratt. M.D. M.S.T.], l’auteur donne l’enseignement kabalistique suivant :

Ils maintenaient que, fonctionnellement, l’esprit et la matiиre, d’une opacitй et une densitй correspondantes, avaient de la tendance а s’unir, et que les esprits crййs qui en rйsultaient, йtaient, dans l’йtat dйsincarnй, constituйs sur une йchelle dans laquelle se reproduiraient les opacitйs et les transparences de l’esprit йlйmental ou incrйй. Ils affirmaient aussi que ces esprits, dans l’йtat dйsincarnй, attiraient, s’appropriaient, digйraient et assimilaient l’esprit et la matiиre йlйmentals dont la condition йtait conforme а la leur… Qu’il existait donc une grande diffйrence dans les conditions des esprits crййs, et que, dans l’association intime entre le monde de l’esprit et celui de la matiиre, les esprits les plus opaques, а l’йtat dйsincarnй, йtaient attirйs vers la partie la plus dense du monde matйriel et avaient, par la suite, une tendance а se porter vers le centre de la terre oщ ils trouvaient les conditions les plus appropriйes а leur йtat; tandis que les esprits les plus transparents passaient dans l’aura qui entoure la planиte; les plus rarйfiйs parmi eux trouvaient domicile dans son satellite [ Pages 340, 351. « Genesis of the Soul » (Genиse de l’Вme). ].

cela se rapporte exclusivement а nos Esprits Йlйmentals et n’a rien а faire avec les Forces Intelligentes Planйtaires, Sidйrales, Cosmiques, ou Interйthйriques, ni avec les « Anges », comme on les nomme dans l’Йglise Romaine, Les Kabalistes Juifs, et surtout les Occultistes pratiques qui faisaient de la Magie Cйrйmonielle, ne s’occupaient que des Esprits des Planиtes et des prйtendus « Йlйmentals ». Par consйquent, ce qui prйcиde ne renferme qu’une partie de l’enseignement Йsotйrique.]

L’Вme, dont le vйhicule corporel est l’enveloppe astrale, йthйro-substantielle, pourrait mourir et l’homme cependant continuer а vivre sur la terre. C’est-а-dire que l’Вme pourrait se libйrer et quitter son tabernacle pour diverses raisons, telles que la folie, la dйpravation spirituelle et physique, etc. [Le fait que l’ « Вme » - c’est-а-dire l’Ego йternel, Spirituel – peut habiter les mondes invisibles, tandis que son corps continue а vivre sur la Terre, est une doctrine йminemment Occulte, surtout dans les philosophies Chinoise et Bouddhiste. Il y a parmi nous beaucoup d’hommes sans вme, car ce phйnomиne a lieu chez les matйrialistes mйchants aussi bien que chez les personnes « qui avancent en saintetй et ne retournent jamais en arriиre » [ Voir Isis Dйvoilйe.]

Par consйquent, ce que peuvent faire des vivants (Initiйs), les Dhyвnis, qui n’ont pas de corps physique pour les gкner, peuvent bien mieux le rйaliser encore. Telle йtait la croyance des Antйdiluviens et elle est en voie de devenir vite celle de la sociйtй moderne intelligente, dans le « Spiritisme », comme elle est celle des Йglises Grecque et Romaine qui enseignent l’ubiquitй de leurs Anges. Les Zoroastriens considйraient leurs Amshaspends comme des entitйs doubles (Ferouers), appliquant cette dualitй, - au moins dans leur philosophie Ésotйrique, - а tous les habitants spirituels et invisibles des mondes objectifs innombrables de l’espace que notre oeil voit. Dans une note de Damascius, (IVe siиcle) sur les Oracles Chaldйens, nous avons une ample preuve de l’universalitй de cette doctrine, car il dit : « Dans ces Oracles, les sept Cosmocrates du Monde [les « Piliers du Monde »], dont saint Paul parle aussi, sont doubles une partie est prйposйe au gouvernement des mondes supйrieurs, les mondes spirituel et sidйral, et l’autre surveille et guide le monde de la matiиre.» Telle est aussi l’opinion de Jamblique, qui fait une distinction bien nette entre les Archanges et les Archontes [ De Mysteriis, II, ch. 3. ].

ce que nous venons d’йcrire peut s’appliquer, bien entendu, а la diffйrence qu’on йtablit entre les classes ou ordres d’Кtres Spirituels, et c’est dans ce sens que l’Йglise Catholique Romaine essaie de l’interprйter et de l’enseigner; car, tandis qu’elle tient les Archanges pour divins et sacrйs, elle dйnonce leurs « doubles » comme des Diables. Mais le mot Ferouer ne doit pas кtre compris dans ces sens; il signifie simplement le revers ou le cфtй opposй d’un attribut ou qualitй. Ainsi, lorsque l’Occultiste dit que « le Dйmon est l’inverse de Dieu », - le mal, le revers de la mйdaille, - il ne veut point parler de deux choses sйparйes, mais de deux aspects ou face de la mкme Unitй. Mais l’homme le meilleur, mis а cфtй d’un Archange, - tel que le dйcrit la Thйologie, - paraоtrait un dйmon; il en rйsulte qu’il y a quelque raison а dйprйcier un « Double » infйrieur, plongй beaucoup plus profondйment dans la matiиre que son original. Mais il n’y a guиre de motif pour les considйrer comme des Dйmons – et c’est prйcisйment ce que les catholiques Romains s’obstinent а faire contre toute raison et toute logique.

[Cette identitй entre l’Esprit et son « Double » matйriel – chez l’homme c’est le contraire – explique encore mieux la confusion dont nous avons dйjа parlй en cet ouvrage, dans les noms et les individuatisйs, aussi bien que dans le nombre, des Rishis et des Prajвpatis, surtout de ceux de la pйriode du Satya Yuga et du Mahвbbhвrata. Cela jette aussi une lumiиre supplйmentaire sur ce qu’enseigne la DOCTRINE SECRÈTE au sujet des Manus-Racines et des Manus-Semences. Elle dit que, non seulement ces Progйniteurs de notre humanitй, mais chaque кtre humain a son prototype dans les Sphиres Spirituelles et que ce prototype est l’essence la plus haute de son Septiиme Principe. Par consйquent, les sept Manus deviennent quatorze, le Manu-Racine йtant la Cause Premiиre et le Manu-Semence son Effet; et du Satya Yuga (la premiиre йtape) а la pйriode hйroпque, ces Manus ou Rishis arrivent au nombre de vingt et un.]

b) La derniиre phrase de ce shlфka montre combien archaпques sont la croyance et la doctrine que l’homme est septuple dans sa constitution. Le « Fil » de l’Кtre, qui anime l’homme et qui passe а travers toutes ces Personnalitйs, ou Renaissances, sur cette Terre, - allusion au Sutrвtmв, - le Fil sur lequel tous ses « Esprits » sont enfilйs, est tissй de l’Essence des Triples, des Quadruples et des Quintuples qui contiennent tous les prйcйdents. Panchвshikha [ Panchashikha (Sanscrit) : une collection de cinquante. ], selon le Padma Purвna [ Asiatic Researches (Recherches Asiatiques), XI, 99-100. ] est un des sept Kumвras qui vont а la Svйta Dvipa pour adorer Vishnou.

Nous verrons plus loin quel lien il y a entre les chastes et « cйlibataires » Fils de Brahmв qui refusent de « multiplier », et les mortels terrestres. En attendant, il est йvident que la « Plante-Homme, Saptaparna », se rapporte donc aux sept principes et que l’homme est comparй а cette plante aux sept feuilles si sacrйe parmi les Bouddhistes. [ L’allйgorie йgyptienne du Livre des Morts au sujet de « la rйcompense de l’Вme » rappelle aussi notre doctrine septйnaire et l’exprime d’une maniиre trиs poйtique. On donne au Dйfunt une parcelle de terre dans le champ d’Aanru oщ les Mвnes, ou ombres dйifiйes des morts, rйcoltent comme moisson de leurs actions dans la vie le blй haut de sept coudйes qui pousse sur un domaine divisй en sept et quatorze parties. Ce blй est la nourriture qui doit ou les nourrir ou les tuer dans l’Amenti, royaume dont le champ d’Aanru est une partie. Car, comme dit l’hymne [ Ch. XXXII, 9. ], le Dйfunt y est dйtruit ou devient esprit pur pour l’Йternitй, а cause des « sept fois soixante dix-sept vies » passйes ou а passer sur Terre. L’idйe du blй moissonnй comme « fruit de nos actions » est trиs expressive.]

Stance VII (4)

4. C’est la Racine qui ne meurt jamais, la Flamme а Trois Langues des Quatre Mиches (a)… Les Mиches sont les Йtincelles qui йmanent de la Flamme aux Trois Langues [ Leur Triade supйrieure. ] projetйe par les Sept, - leur Flamme, - les Rayons et les Йtincelles d’une Lune unique rйflйchie dans les Flots agitйs de tous les Fleuves de la Terre [ Bhыmi ou Prithivi. ].

a) La « Flamme а Trois Langues qui ne meurt jamais » est la Triade spirituelle immortelle, l’Atmв, Bouddhi et Manas, ou plutфt la jouissance de ce dernier quand il est assimilй par les deux premiers aprиs chaque vie terrestre. Les « Quatre Mиches » qui sortent et s’йteignent sont les quaternaire, les quatre principes infйrieurs, y compris le corps.

« Je suis la Flamme aux Trois mиches et mes Mиches sont immortelles », dit le Dйfunt. « J’entre dans le domaine de Sekhem [le Dieu dont la main sиme les graines d’action produites par l’вme dйsincorporйe] et dans la rйgion des Flammes qui ont dйtruit leurs adversaires, c’est-а-dire qui sont dйbarrassйes de leurs Quatre Mиches gйnйratrices du pйchй [ Livre des morts, I, 7. Comparez avec les Mysteries of Rostan. ]. »

[La Flamme а Trois langues des Quatre Mиches » correspond aux quatre Unitйs, et aux trois Binaires de l’arbre des Sйphiroth.]

b) De mкme que des milliards d’йtincelles brillantes dansent sur les eaux d’un ocйan au-dessus duquel brille une seule lune, de mкme nos Personnalitйs passagиres – enveloppes illusoires de l’immortelle MONADE-EGO– brillent et dansent sur les ondes de Mвyв. Elles apparaissent et, comme les milliers d’йtincelles produites par les rayons de la lune, ne durent qu’autant que la reine de la Nuit projette sa gloire sur les « Eaux [Ondes] Mouvantes » de la Vie, la durйe d’un Manvantara, puis elles disparaissent, ne laissant survivre que les « Rayons », - symboles de nos Egos Spirituels йternels, - lesquels se retrempent dans la Source Mиre et deviennent un avec elle, comme ils йtaient avant.

Stance VII (5)

5. L’Йtincelle est suspendue а la Flamme par le Fil le plus dйliй de Fohat. Elle voyage а travers les Sept Mondes de Mвyв (a). Elle s’arrкte dans le Premier [ Rиgne.], et y est un Mйtal et une Pierre; elle passe dans le Second [ Rиgne. ], et voilа une Plante; lla Plante tourbillonne а travers sept formes et devient un Animal Sacrй [ la premiиre Ombre de l’Homme Physique.] (b).

Des attributs combinйs de ce qui prйcиde, Manu [ L’Homme. ], le Penseur est formй.
Qui le forme? – Les Sept Vies et la Vie Une (c). Qui le complиte? Le Quintuple Lha. Et qui perfectionne le dernier Corps? – Le Poisson, Sin et Soma [ La Lune. ].

a) L’expression, « а travers les Sept Mondes de Mвyв », se rapporte aux sept Globes de la Chaоne Planйtaire et aux sept Rondes, ou aux quarante-neuf stations de l’existence active qui s’йtendent devant « l’Йtincelle », ou Monade, au commencement de chaque grand Cycle de Vie, ou Manvantara. Le « Fils de Fohat » est le Fil de Vie dont il a йtй dйjа parlй.

Cela se rapporte au plus grand problиme de la philosophie – la nature physique et substantielle de la Vie, vie dont la nature indйpendante est niйe par la Science moderne, parce que cette Science est incapable de la comprendre. Les rйincarnationnistes, et ceux qui croient au Karma, sont les seuls а percevoir un peu que tout le secret de la Vie est dans la sйrie ininterrompue de ses manifestations, soit dans le corps physique, soit hors de lui, car si

La Vie, comme un dфme de vitraux diversement colorйs,
Teinte la rayonnante blancheur de l’Йternitй
– Shelley. Adonais.

elle est nйanmoins une parcelle de cette Йternitй. En effet, seule, la Vie peut comprendre la Vie.

Quelle est cette « Йtincelle » qui est suspendue а la « Flamme »? C’est JIVA, la MONADE en conjonction avec Manas, ou plutфt l’arфme de ce dernier – ce qui reste de chaque Personnalitй, qui en est digne, et qui est suspendu а Atmв-Buddhi, la Flamme, par le Fil de Vie. De quelque maniиre qu’on l’interprиte et en quelque nombre de principes qu’on divise l’кtre humain, il est facile de montrer que cette doctrine est soutenue par toutes les religions anciennes, depuis la religion Vйdique jusqu’а celle des Йgyptiens, depuis le Zoroastrianisme jusqu’а l’hйbraпsme. Chez ce dernier, les ouvrages Kabalistiques offrent des preuves abondantes de ce que nous venons d’avancer. Le systиme entier des nombres Kabalistiques est basй sur le Septйnaire divin suspendu а la Triade, formant ainsi la Dйcade, et ses permutations 7, 5, 4 et 3, qui se fondent finalement dans l’UN lui-mкme, un Cercle sans fin et sans bornes.

Comme dit le Zohar :

La Divinitй [la Prйsence toujours invisible] se manifeste а travers les dix Sephiroth qui sont ses tйmoins radieux. La divinitй est comme la mer dont йmerge un courant qu’on appelle la Sagesse et qui conduit ses eaux, dans un lac nommй l’Intelligence. Du bassin, comme sept canaux, йmanent les sept Sйphiroth… car dix йquivalent а sept : la Dйcade contient quatre Unitйs et trois Binaires.

Les Dix Sйphiroth correspondent aux Membres de l’Homme.

Lorsque je [les Elohim] formai Adam-Kadmon, l’Esprit de l’Йternel jaillit de son Corps, comme un йclair qui rayonne soudainement sur les ondes des Sept millions de ciels, et mes dix Splendeurs йtaient ses Membres.

Mais ni la Tкte ni les йpaules d’Adam-Kadmon ne peuvent кtre vues; c’est pourquoi nous lisons, dans le Siphra Dzenioutha, le « Livre du Mystиre cachй » :

Au commencement du Temps, aprиs que les Elohim [les « Fils de Lumiиre et de Vie » ou les Constructeurs] eurent formй, de l’Essence йternelle, les Cieux et la Terre, ils formиrent les mondes six par six.

Le septiиme est Malkuth notre Terre [ Voir le Mantuan Codex. ], sur son plan, qui est le plus bas de tous les autres plans de l’existence consciente. Le Livre des Nombres Chaldйen contient une explication dйtaillйe de tout cela.

La premiиre triade du Corps d’Adam-Kadmon [les trois plans supйrieurs des sept] [ La formation de l’ « Вme Vivante », ou l’Homme, rendrait mieux l’idйe, Une « Вme Vivante » est, dans la Bible, le synonyme de l’Homme. Ce sont nos sept « Principes ».] ne peut кtre vue avant que l’Вme se tienne en prйsence de l’Ancien des Jours.

Les Sйphiroth de cette Triade supйrieure sont : 1o Kether (la Couronne), reprйsentйe par le front du Macroprosope; 2o Chokmah (la Sagesse, principe mвle), reprйsentйe par son йpaule droite; 3o Binah (l’Intelligence, Principe fйminin), reprйsentйe par son йpaule gauche. Puis viennent les sept Membres, ou Sйphiroth sur les plans de la manifestation, et la totalitй de ces quatre plans est reprйsentйe par le Microprosope, la petite Face, ou Tйtragramme, le Mystиre « а quatre lettres ». Les sept Membres manifestйs et les trois qui sont cachйs sont le Corps de la Divinitй.

Ainsi notre Terre, Malkuth, est а la fois le septiиme et le quatriиme Monde; le septiиme si l’on compte а partir du premier Globe au-dessus, le quatriиme si l’on compte par plans. Il est gйnйrй par le sixiиme Globe ou Sephira, appelй Yezud, « Fondation », ou comme il est dit dans le Livre des Nombres, « par Yezud lui [Adam Kadmon] fйconde l’Heva primitive [Иve ou notre Terre] ». Traduit en langage mystique cela explique pourquoi Malkuth, appelйe la Mиre Infйrieure, la Matrone, la Reine, et le Royaume de la Fondation, est reprйsentйe comme l’Йpouse du Tйtragramme, ou Microprosope (le Second Logos), l’Homme Cйleste. Lorsqu’elle sera dйlivrйe de toute impuretй, elle se rйunira au Logos Spirituel, ce qui aura lieu dans la Septiиme Race de la Septiиme Ronde – aprиs la rйgйnйration, au jour du « Sabbat ». Car le « Septiиme Jour », redisons-le, a une signification occulte que nous ne soupзonnent pas nos thйologiens.

Lorsque Matronitha, la Mиre, est sйparйe et confrontйe avec le Roi, dans l’excellence du Sabbat, toutes choses deviennent un seul corps [ Ha Idra zuta Kadisha, XXII, 746. ].

« Deviennent un seul corps » signifie que tout est de nouveau rйabsorbй dans l’Йlйment Un, les esprits des hommes devenant des Nirvвnis et les йlйments de toutes choses redevenant ce qu’ils йtaient primitivement – le Protyle ou la Substance indiffйrenciйe. Le « Sabbat » signifie le Repos, ou le Nirvвna. Ce n’est pas le « septiиme jour » aprиs six jours, mais une pйriode dont la durйe йquivaut а celle des sept « jours », ou а une pйriode quelconque composйe de sept parties. Par consйquent, un Pralaya йquivaut, comme durйe, а un Manvantara, ou encore, une Nuit de Brahmв est йgale а son Jour. Si les Chrйtiens veulent suivre les coutumes des Juifs, ils doivent en adopter l’esprit et non la lettre morte. Ils devraient travailler pendant une semaine de sept jours et se reposer sept jours. Le fait que le mot « Sabbat » avait une signification mystique est bien montrй par le mйpris que tйmoignait Jйsus pour ce jour et par ce qu’on lit dans Luc [ XVIII, 12. ]. Sabbat y est pris pour la semaine entiиre. Voir le texte grec, oщ la semaine est appelйe Sabbat; littйralement, « je jeыne deux fois pendant le Sabbat ». Paul, un Initiй, le savait bien, lorsqu’il parlait du repos et du bonheur йternels dans le Ciel comme d’un Sabbat [ Hйbreux, IV, 2 ], « et leur bonheur sera йternel, car ils seront toujours [un] avec le Seigneur, et ils jouiront d’un Sabbat йternel ».

La diffйrence entre la Kabale et le Vidyв Йsotйrique archaпque – en prenant la Kabale telle qu’elle se trouve dans le Livre des Nombres Chaldйen, et non comme elle est reprйsentйe dans sa copie maintenant dйfigurйe, la Kabale des Mystiques Chrйtiens – est vraiment trиs petite, composйe qu’elle est seulement de divergences sans importance de forme et d’expression. Par exemple, l’Occultisme Oriental parle de notre Terre comme du Quatriиme Monde, le plus bas de la Chaоne, au-dessus duquel montent, sur les deux arcs, les six Globes, trois de chaque cфtй. Le Zohar, de son cфtй, appelle la Terre le plus bas ou le septiиme, ajoutant que c’est des six autres que dйpendent toutes les choses qui y sont (Microprosope). La « Petite Face [ petite parce qu’elle est manifestйe et finie ] est formйe de six Sйphiroth », dira le mкme livre. « Sept Rois viennent et meurent dans le Monde trois fois dйtruit [Malkuth, notre Terre, est dйtruite aprиs chacune des Trois Rondes qu’elle a traversйes]. Et leurs rиgnes [ceux des Sept Rois] seront dйtruits [ Livre des Nombres, L. VIII, 3. ]. » cela se rapporte aux Sept Races, cinq desquelles ont dйjа paru, et deux sont encore а venir dans cette Ronde.

Les histoires allйgoriques shintoпstes sur la cosmogonie et l’Origine de l’homme, au Japon, parlent а demi-mot de la mкme croyance.

Le capitaine C. Pfoundes, qui йtudia la religion sous-jacente aux diverses sectes du pays, pendant prиs de neuf annйes passйes dans les monastиres du japon, dit :

L’idйe shintoпste de la crйation est celle-ci : La Terre (In) fut le sйdiment prйcipitй hors du Chaos (Kon-ton), et les Cieux (Yo) furent les essences йthйrйes qui en montиrent; l’Homme (jin) apparut entre les deux. Le premier homme fut appelй Kuni toko tatchinomikoto et cinq autres noms lui furent donnйs; alors la race humaine apparut, mвle et femelle. Isanagi et Isanami engendrиrent Tsenhoko Doijin, le premier des cinq Dieux de la Terre.

Ces « Dieux » sont simplement nos cinq Races; Isanagi et Isanami sont les deux espиces « d’Ancкtres », les deux Races qui prйcиdent celles dont on parle et qui ont donnй naissance а l’homme animal et а l’homme rationnel.

Nous montrerons dans le volume IV que le nombre sept et la doctrine de la constitution septйnaire de l’homme tenaient une place prййminente dans tous les systиmes secrets. Ce mкme nombre joue un rфle aussi important dans la Kabale de l’Occident que dans l’Occultisme Oriental. Eliphas Lйvi l’appelle « la clef de la crйation Mosaпque et des symboles de toute religion ». Il montre la Kabale suivant fidиlement aussi la division septйnaire de l’homme, car le tableau qu’il donne dans sa Clef des Grands Mystиres [ Page 389.] est septénaire. On peut le voir d’un seul coup d’oeil, quoique la pensйe correcte y soit habilement voilйe. On n’a йgalement qu’а regarder le tableau de « la Formation de l’Вme », dans la Kabale dйvoilйe [ Tableau VII, p. 37. ] de Mathers, tableau tirй du livre de Lйvi dont nous venons de parler, pour trouver la mкme chose quoique avec une interprйtation diffйrente.

Le voici avec les noms Kabalistes et Occultes (Diagramme IV).

 

* Cette triade n’est pas liйe avec le quaternaire infйrieur, parce que celui-ci se dissocie aprиs la mort. Eliphas Lйvi appelle Nephesh ce que nous nommons Manas et vice versa. Nephesh est le Souffle de Vie (animale) dans l’homme, - le Souffle de Vie instinctive chez l’animal, - et Manas est la Troisiиme Вme, - l’вme humaine dans son aspect lumineux, et animale dans ses rapports avec Samaлl  ou Kama.


[Nephesh est vraiment le « Souffle de Vie » (animale) insufflй dans Adam, l’Homme de Poussiиre; par consйquent, c’est l’Йtincelle Vitale, l’йlйment qui anime le corps. Sans Manas, « l’Вme rationnelle » ou Mental, - qui, dans le tableau de Lйvi, est incorrectement nommй Nephesh, - Atmв-Buddhi est irrationnel sur ce plan et ne peut agir. C’est Buddhi qui est le mйdiateur plastique, et non Manas « mйdium intelligent entre la Triade supйrieure et le Quaternaire infйrieur ». Mais on trouve dans les ouvrages kabalistiques beaucoup de ces transformations йtranges et curieuses, et c’est lа une preuve convaincante du triste mйlange qu’est devenue cette littйrature. Nous n’acceptons donc pas cette classification sauf sur ce seul point, pour montrer les accords avec la nфtre.]

Nous donnerons maintenant, sous forme de tableau, ce que le prudent Eliphas Lйvi йcrit pour expliquer son diagramme, et ce qu’enseigne la Doctrine Йsotйrique – puis nous comparerons les deux. Eliphas fait aussi une distinction entre la Pneumatique Kabalistique et l’Occulte.

Eliphas Lйvi, le Kabaliste, dit : Le Thйosophe dit :
Pneumatique Kabalistique Pneumatique Йsotйrique
1 L’вme (ou Ego) est une lumiиre vкtue; et cette lumiиre est triple 1 La mкme chose; car c’est Atmв-Buddhi-Manas.
2 Neshamah - l’Esprit pur. 2 La mкme chose (voir Note 1 ci-dessous)
3 Ruach - l’Вme ou Esprit. 3 L’Вme Spirituelle.
4

Nephesh – le Mйdiateur Plastique

(Voir Note 2- ci-dessous)

4 Le mйdiateur entre l’Esprit et l’homme : le Siиge de la Raison, le Mental dans l’homme.
5 .Le vкtement de l’Вme est l’extйrieur [corps] de l’Image [Вme astrale]. 5 Correct.
6 L’Image est double parce qu’elle reflиte le bien et le mal. 6 Trop inutilement apocalyptique. Pourquoi ne pas dire que l’Astral reflиte l’homme bon aussi bien que l’homme mauvais, l’homme, qui tend toujours vers la Triade supйrieure, ou qui, autrement, disparaоt avec le Quaternaire?
7 [L’Image. – Le Corps.] 7 L’Image terrestre.

Pneumatique Occulte
(Donnйe par Eliphas Lйvi)

Pneumatique Occulte
(Donnйe par les Occultistes)

1 Nephesh est immortel parce qu’il renouvelle sa vie par la destruction des formes. [Mais Nephesh le « Souffle de Vie » est une fausse appellation et une йnigme inutile pour l’йtudiant.] 1 Manas est immortel parce qu’aprиs chaque nouvelle incarnation il ajoute а Atmв-Buddhi quelque chose de lui-mкme, et, ainsi, s’assimilant а la Monade, partage son immortalitй.
2 Ruach progresse par l’йvolution des idйes (!?). 2 Buddhi devient conscient par les apports qu’il reзoit de Manas а la mort de l’homme, aprиs chaque nouvelle incarnation.
3 Neshamah est progressif, sans oubli, ni destruction. 3 Atma ne progresse, ni oublie, ni se souvient. Il n’appartient pas а ce plan : il n’est qu’un Rayon de Lumiиre йternelle rayonnant sur et а travers l’obscuritй de la matiиre – lorsque cette derniиre veut le recevoir.
4 L’Вme a trois habitations. 4 L’Вme – collectivement, comme Triade Supйrieure – vit sur trois plans, indйpendamment du quatriиme, la sphиre terrestre; et elle existe йternellement sur le plus йlevй de ces trois plans.
5 Ces habitations sont : le Plan des Mortels, l’Йden Supйrieur et l’Йden Infйrieur. 5 Ces habitations sont : la Terre pour l’homme physique, ou l’Вme animale; le Kвma Lфka (Hadиs, les Limbes) pour l’homme dйsincarnй ou sa Coque; le Dйvachan pour la Triade Supйrieur.
6 L’Image [l’homme] est un sphinx qui pose l’йnigme de la naissance. 6 Correct.
7 L’Image fatale [Astrale] dote Nephesh de ses aptitudes; mais Ruach est capable de substituer pour ce Nephesh souillй l’Image conquise et en accord avec les inspirations de Neshamah. 7 L’Astral, par le moyen de Kвma (le Dйsir), attire toujours manas en bas, dans la sphиre des passions et dйsirs matйriels. Mais si l’Homme meilleur, ou Manas, essaie d’йchapper а l’attraction fatale, et oriente ses aspirations vers Atmв (Neshamah), alors Buddhi (Ruach) l’emporte, et attire Manas en lui dans le royaume de l’Esprit йternel.
Note-1- Eliphas Lйvi, а dessein ou non, a confondu les nombres. Pour nous, son no 2 est le no 1 (Esprit); et, en faisant de Nephesh le Mйdiateur Plastique et la Vie, il n’йnumиre en rйalitй, que six principes, parce qu’il rйpиte les deux premiers.
Note-2- L’Йsotйrisme enseigne la mкme chose. Mais Manas n’est pas Nephesh et ce dernier n’est point l’Astral, mais le Quatriиme Principe, quoiqu’il soit aussi le Second. – Prвna, - car il est « le Souffle de Vie » dans l’homme comme dans l’animal et l’insecte; c’est la vie physique, matйrielle, qui ne contient aucune spiritualitй.

Il est trиs йvident que le Kabaliste franзais, ou ne connaissait pas suffisamment la vraie donnйe, ou l’a modifiйe pour l’ajuster а sa propre idйe. C’est ainsi qu’il continue, sur le mкme sujet, par les paroles suivantes – auxquelles nous, Occultistes, nous rйpondons au dйfunt Kabaliste et а ses admirateurs comme suit :

1 Le corps est le moule de Nephesh; Nephesh, le moule de Ruach; Ruach, le moule des vкtements de Neshamah. 1 Le Corps suit les caprices, bons ou mauvais, de Manas; Manas essaie de suivre la lumiиre de Buddhi, mais trиs souvent йchoue. Buddhi est le moule des « vкtements » d’Atmв, car Atmв n’est pas un corps, ni une forme, ni quoi que ce soit, et Buddhi n’est son vйhicule que figurativement.
2 La Lumiиre [l’Вme] se personnifie en se revкtant [d’un Corps]; et la personnalitй ne dure que lorsque le vкtement est parfait. 2 La Monade devient un Ego personnel lorsqu’elle s’incarne; et quelque chose de cette Personnalitй reste au moyen de Manas, lorsque ce dernier est assez parfait pour assimiler Buddhi
3 Les Anges aspirent а devenir des hommes; un Homme Parfait, un Homme-Dieu, est au-dessus des Anges. 3 Correct.
4 Tous les 14.000 ans, l’вme rajeunit et se repose dans le sommeil joyeux de l’oubli. 4 Au cours d’une pйriode, d’un « Grand Вge », ou d’un jour de Brahmв, il rиgne 14 Manus; puis vient le Pralaya, et toutes les вmes (Egos) reposent en Nirvвna.

Telles sont les copies dйfigurйes de la Doctrine Йsotйrique qui se trouvent dans la Kabale. Mais revenons au 5e shlфka de la STANCE VII [ Voir les Manus Primitifs de l’Humanitй. STANCE10. ]

b) Un aphorisme kabaliste bien connu dit : « Une pierre devient plant; une plante, animal; un animal, homme; un homme, esprit; et l’esprit devient dieu. » L’ « Йtincelle » anime tout а tour les rиgnes avant de pйnйtrer et d’animer l’Homme Divin, et entre celui-ci et son prйdйcesseur – l’homme-animal – il y a la diffйrence de tout un monde. La Genиse commence son anthropologie par le mauvais bout – bien йvidemment pour voiler la doctrine – et n’atterrit nulle part. [Ses chapitres d’introduction n’ont jamais йtй destinйs а reprйsenter, mкme en une allйgorie йloignйe, la crйation de notre Terre. Ils embrassent une conception mйtaphysique d’une pйriode de l’йternitй indйfinie et ayant trait а des essais successifs de formation d’univers faits par la loi d’йvolution. L’idйe en est clairement exprimйe dans le Zohar.

Il y avait de vieux Mondes qui pйrirent aussitфt qu’ils commencиrent а exister; ils йtaient sans forme et on les appelait des Йtincelles. Tel le forgeron, lorsqu’il bat le fer rouge, fait jaillir de tous les cфtйs des йtincelles. Ces Йtincelles sont les Mondes primordiaux qui ne pouvaient pas durer parce que l’Ancien Sacrй (Sйphira) n’avait pas encore pris sa forme (d’androgyne ou de sexes opposйs) de Roi et de Reine (Sйphira et Kadmon) et que le Maоtre n’йtait pas encore а son travail [ Zohar, « Idra Suta », L. III, p. 292, b. ].

Le Suprкme s’entendant avec l’architecte du monde – son Logos – au sujet de la crйation.]

Si la Genиse avait commencй par oщ elle aurait dы, on y aurait trouvй, d’abord, le Logos Cйleste, l’ « Homme Cйleste », qui йvolue comme Unitй Composйe de Logoп, de laquelle, aprиs leur sommeil pralayique, - sommeil qui rassemble les Nombres йpars sur le plan mвyвvique en une Unitй, comme les globules sйparйs du mercure sur un plateau s’unissent en une seule masse, - ces Logoп apparaissent dans leur totalitй, comme le premier « Mвle et Femelle » ou Adam-Kadmon, le « Fiat Lux » [que la Lumiиre soit!] de la Bible, ainsi qu’on l’a dйjа vu. Mais cette transformation n’eut pas lieu sur notre Terre, ni sur aucun plan matйriel, mais dans les Profondeurs spatiales de la premiиre diffйrenciation de l’йternelle Matiиre-Racine. Sur notre Globe naissant, les choses se passиrent autrement. La Monade ou Jоva, comme il est dit dans Isis Dйvoilйe, fut d’abord projetйe par la Loi d’Йvolution dans la forme la plus infйrieure de la matiиre – l’йtat minйral. Enfermйe dans la pierre (ou dans ce qui deviendra minйral et pierre dans la Quatriиme Ronde), elle en sort, aprиs une septuple giration, comme ce que nous pourrions nommer un lichen. Passant ensuite а travers toutes les formes de la matiиre vйgйtale dans ce que nous appelons la matiиre animale, elle atteint le point oщ elle est devenue le germe, pour ainsi dire, de l’animal, qui deviendra l’homme physique. Tout cela, jusqu’а la Troisiиme Ronde, est sans forme en tant que matiиre, et, en tant que conscience, dйpourvu de sens. Car la Monade, ou Jоva, per se, ne peut mкme pas кtre appelйe  un Esprit : c’est un Rayon, un Souffle de l’ABSOLU, ou plutфt l’ABSOLU lui-mкme; et l’Homogйnйitй Absolue, n’ayant pas de relations avec le fini conditionnй et relatif, est inconsciente sur notre plan. Par consйquent, en dehors des matйriaux qui seront nйcessaires а sa forme humaine future, la Monade demande : a) un modиle spirituel ou prototype, pour donner une forme а ces matйriaux, et b) une conscience intelligente pour guider son йvolution et son progrиs; or, c’est ce que ne possиdent ni la Monade homogиne, ni la matiиre dйpourvue de sens, quoique vivante. L’Adam de poussiиre a besoin qu’une Вme de Vie lui sont insufflйe, c’est-а-dire les deux Principes mйdians : la Vie sensible de l’animal irrationnel et l’Вme Humaine, car la premiиre sans la seconde est irrationnelle. Ce n’est que lorsque, d’un androgyne potentiel, l’homme a йtй sйparй en mвle et en femelle qu’il a йtй douй de cette вme consciente rationnelle et individuelle (Manas), « le principe ou intelligence des Elohim », et pour la rйception de cette вme, il doit manger du fruit de la Connaissance produit par l’Arbre du Bien et du Mal. Comment peut-il obtenir tout cela? La Doctrine Occulte enseigne que tandis que la Monade fait son cycle de descente dans la matiиre, ces mкmes Elohim, ou Pitris – les Dhyвns Chфhans infйrieurs – йvoluent pari passu avec elle sur un plan plus йlevй et plus spirituel, descendant aussi relativement dans la matiиre sur leur propre plan de conscience, et que, lorsque, а un certain moment, ils rencontrent la Monade dйpourvue de sens et incarnйe dans la matiиre infйrieure, ils mкlent en elle les deux potentialitйs, - l’Esprit et la Matiиre, dont l’union produira le symbole terrestre de l’ « Homme Cйleste » dans l’espace : l’HOMME PARFAIT . Dans la philosophie Sвmkhya, on parle de Purusha (Esprit) comme de quelque chose qui est sans pouvoir s’il ne monte sur les йpaules de Prakriti (Matiиre), laquelle, а son tour, si elle est laissйe а elle seule est dйpourvue de sens. Mais dans la Philosophie Secrиte, on les considиre comme graduйs. L’Esprit et la Matiиre, quoique une seule et mкme chose а leur origine, opиrent chacun leur processus йvolutif dиs qu’ils vont sur le plan de la diffйrenciation, et ce processus se fait en des directions opposйes – l’Esprit tombe peu а peu dans la Matiиre, et cette derniиre remonte progressivement а sa condition originelle de Substance pure et spirituelle. Tous deux sont insйparables, quoique toujours sйparйs. Sur le plan physique, deux pфles semblables se repoussent sans cesse, tandis que le nйgatif et le positif s’attirent mutuellement; c’est ainsi que l’Esprit et la Matiиre agissent l’un et l’autre, car ils sont les deux pфles de la mкme Substance homogиne, le Principe Radical de l’Univers.

Par consйquent, lorsque l’heure sonne oщ Purusha doit monter sur les йpaules de Prakriti pour la formation de l’Homme Parfait, - l’homme rudimentaire des Deux premiиres Races et de la premiиre Moitiй de la suivante n’йtant que le premier des mammifиres йvoluant graduellement en le plus parfait de ceux-ci, - les Ancкtres cйlestes (entitйs des mondes prйcйdentes, appelйes dans l’Inde Shishta) entrent sur notre plan actuel et s’incarnent dans l’homme physique ou animal, comme les Pitris l’avaient fait avant eux pour la formation de ce dernier. Ainsi, les deux processus qui aboutissent aux deux « crйations » - l’homme animal et l’homme divin – diffиre grandement. Les Pitris projetиrent de leurs corps йthйrйs des similitudes d’eux-mкmes encore plus йthйrйes et subtiles – ce que nous appellerions maintenant des « doubles », ou des « formes astrales » crййes а leur propre ressemblance [ Lisez, dans Isis Dйvoilйe, la doctrine du Codex Nazaraeus. Chaque donnйe de notre enseignement s’y trouve, sous une forme ou allйgorie diffйrente. ]Cela donne а la Monade sa premiиre habitation et offre а la matiиre aveugle un modиle autour duquel et sur lequel elle peut dorйnavant construire. Mais l’Homme est encore incomplet. Depuis le Svвyambhuva Manu [ Manu, livre I.], de qui descendirent les sept manus primitifs, ou Prajвpatis, dont chacun donna naissance а une Race primitive d’hommes, jusqu’au Codex Nazaraeus, dans lequel Karabtanos, ou Fetahil, la Matiиre aveugle et concupiscente engendre de sa Mиre, Spiritus, sept formes, dont chacune reprйsente le progйniteur d’une des sept Races primordiales – cette doctrine a laissй son empreinte sur chaque йcriture archaпque.

« Qui forme Manu [ l’Homme]; qui forme son corps? La Vie et les Vies, Sin [ Le mot « Sin » est assez curieux, mais il a une relation occulte particuliиre avec la Lune; il est, en outre, son йquivalent chaldйen [c'est-à-dire Sin = la Lune]. (Sin en anglais signifie pйchй. – N.d.T.)], et la Lune. » Ici, Manu reprйsente l’homme spirituel cйleste, l’EGO rйel, qui ne meurt pas en nous, qui est l’йmanation directe de la « Vie Une » ou Divinitй Absolue. Quant а nos corps physiques et extйrieurs, qui sont la demeure du tabernacle de l’Вme, la Doctrine enseigne une leзon йtrange, si singuliиre que si elle n’est pas clairement expliquйe, et, aussi, complиtement comprise, ce ne sera que la science exacte de l’avenir qui pourra pleinement justifier sa thйorie.

Nous avons dйjа dit que l’Occultisme n’accepte rien d’inorganique dans le Kosmos. L’expression dont se sert la science, - « substance inorganique », - signifie seulement que la vie latente, qui sommeille dans toutes les molйcules de la prйtendue « matiиre inerte », est inconnaissable. TOUT EST VIE, et chaque atome, mкme celui de poussiиre minйrale, est une VIE, quoique cette vie soit au-delа de notre comprйhension et de notre perception, parce qu’elle est en dehors des lois connues de ceux qui rejettent l’Occultisme. « Les atomes mкmes », dit Tyndall, « paraissent douйs du dйsir de vie. » D’oщ vient donc, demanderons-nous, cette tendance de la matiиre а « prendre des formes organiques »? Est-elle autrement explicable que par les enseignements de la Science Occulte? Un Commentaire dit :

Les Mondes, pour le profane, sont composйs des Йlйments connus. Pour la conception d’un Arhat, ces Йlйments sont eux-mкmes, collectivement, une Vie Divine; distributivement sur le plan des manifestations, ils sont les masses innombrables de Vies [ Le Commentaire parle d’abord des « innombrables masses de Vie ». Est-ce que Pasteur aurait fait inconsciemment le premier pas vers l’Occultisme en dйclarant que, s’il osait pleinement des idйes sur ce sujet, il dirait que les cellules organiques sont douйes d’un pouvoir vital dont l’activitй continue aprиs que cesse d,aller vers elles un courant d’oxygиne, un pouvoir vital qui ne rompt point pour cela ses relations avec la vie elle-mкme, vie qui est soutenue par l’influence de ce gaz? « J’ajouterai », continue Pasteur, « que l’йvolution du germe est accomplie au moyen de phйnomиnes compliquйs parmi lesquels nous devons signaler la fermentation »; et la vie, selon Claude Bernard et Pasteur, n’est rien d’autre qu’un processus de fermentation. Qu’il existe dans la Nature des Кtres, ou des Vies, qui puissent vivre et prospйrer sans air, mкme sur notre globe, c’est ce qui a йtй dйmontrй par les mкmes Savants. Pasteur a trouvй que plusieurs des vies infйrieures, telles que les vibrions et certains microbes et bactйries, pouvaient exister sans air, qui, au contraire, les tuait. Ces vies tirent l’oxygиne nйcessaire а leur multiplication des substances variйes qui les entourent. Il les appela AÉROBIES, des кtres se nourrissant des tissus de notre matiиre, lorsque cette derniиre a cessй de faire partie d’un tout intйgral et vivant, - ce que la science a appelй, trиs inscientifiquement, de la « matiиre morte », et ANAÉROBIES. L’une de ces espиces absorbe l’oxygиne et contribue fortement а la destruction de la vie animale et des tissus végétaux et donne à l'atmosphère des matйriaux qui entrent, plus tard, dans la constitution d’autres organismes; l’autre dйtruit, ou plutфt annihile finalement la soi-disant substance organique et la dйcomposition ultime est impossible sans sa participation. Certaines cellules-germes, telles que celles de la levure, se dйveloppent et multiplient dans l’air, mais lorsqu’elles en sont privйes, elles s’adaptent а la vie sans air, et deviennent des ferments, absorbant l’oxygиne des substances qui viennent en contact avec elles et dйtruisant ainsi ces derniиres. Les cellules, dans les fruits, lorsque l’oxygиne libre leur manque, agissent comme des ferments et provoquent la fermentation. « Par consйquent, la cellule vйgйtale, dans ce cas, montre l’action vitale des anaйrobies. Pourquoi donc une cellule organique ferait-elle, dans ce cas, exception? » demande le professeur Bogolubof. Pasteur a montrй que, dans la substance de nos tissus et de nos organes, la cellule, ne trouvant pas suffisamment d’oxygиne pour elle, stimule la fermentation de la mкme maniиre que la cellule du fruit, et Claude Bernard pensait que l’Idйe de Pasteur sur cette formation de ferments trouvait son application et sa corroboration dans le fait que l’urйe augmente dans le sang pendant la strangulation. La VIE est donc partout dans l’Univers et, l’Occultisme nous l’enseigne, elle est aussi dans l’atome.]. Seul le feu est UN, sur le plan de la Rйalitй Une : sur celui de l’Кtre manifestй, et par consйquent illusoire, ses particules sont des Vies ardentes qui vivent et ont l’кtre aux dйpens des autres vies qu’elles consument. Elles sont, pour cela, nommйes les « dйvoreurs »…Chaque chose visible dans cet Univers a йtй construite par de pareilles VIES, depuis l’homme conscient, divin et primordial, jusqu’aux agents inconscients qui construisirent la matiиre… De la VIE UNE, sans forme et incrййe, procиde l‘Univers des Vies. D’abord fut manifestй de l’Abоme [Chaos] le Feu froid et lumineux [la lumiиre gazeuse]? Qui forma les Caillots dans l’Espace [nйbuleuses irrйsolubles, peut-кtre?]… Ceux-ci luttиrent et une grande chaleur fut dйveloppйe par la rencontre et le choc qui produisirent la rotation. Alors survint le premier Feu MATÉRIEL manifestй, les Flammes chaudes, les Vagabonds du Ciel [Comиtes]. La chaleur gйnиre la vapeur humide; cela forme l’eau solide [?]; vient alors la brume sиche, puis la brume liquide aqueuse qui йteint la gloire lumineuse des Pиlerins [Comиtes?] et forme les Roues solides et aqueuses [ Globes de MATIÈRE]. Bhumi [la Terre] apparaоt avec six soeurs. Celles-ci produisent, par leur mouvement continu, le feu infйrieur, la chaleur, et une brume aqueuse qui donne le troisiиme Йlйment du Monde – l’EAU; et du souffle de tout, l’Air [atmosphйrique] est nй. Ces quatre sont les quatre Vies des quatre premiиres [Rondes] du Manvantara. Les trois derniиres suivront.

[« Bhumi apparaоt avec ses six soeurs », dit le Commentaire. C’est un enseignement Vйdique « qu’il y a trois Terres, correspondant а trois Cieux, et que notre Terre [la quatriиme] s’appelait Bhumi » : telle est l’explication donnйe par nos Orientalistes occidentaux exotйriques. Mais la signification йsotйrique et l’allusion qu’on y fait dans les Vйdas montre qu’elle se rapporte а notre chaоne planйtaire : « trois Terres » sur l’arc descendant, et « trois Cieux », qui sont aussi trois Terres ou Globes, quoique beaucoup plus йthйrйs, - sur l’arc ascendant ou spirituel. Par les trois premiers nous descendons dans la matiиre, par les trois autres nous montons vers l’Esprit; le plus bas, Bhumi, notre Terre, forme comme le point tournant et contient potentiellement autant d’Esprit que de Matiиre. Mais nous parlerons de cela plus tard.]

L’enseignement gйnйral du Commentaire c’est que chaque nouvelle Ronde dйveloppe un des Йlйments Composйs, tels qu’ils sont maintenant connus par la science, laquelle rejette la nomenclature primitive et prйfиre les subdiviser en leurs constituants. Si la Nature est le « Toujours Devenir » sur le plan manifestй, l’on doit regarder ces Йlйments sous le mкme jour; ils doivent йvoluer, progresser et s’accroоtre jusqu’а la fin du Manvantara.

Par consйquent, la Premiиre Ronde, nous est-il enseignй, ne dйveloppa qu’un Йlйment, une seule nature, une seule humanitй, dans ce qu’on peut nommer un aspect de la nature, - ce que certains appellent, d’une faзon trиs peu scientifique, quoique la chose puisse кtre ainsi de facto, « l’Espace а une dimension ».

La Deuxiиme Ronde produisit et dйveloppa deux йlйments, le Feu et la Terre, et son humanitй, - si nous pouvons donner le nom d’humanitй а des кtres vivant dans des conditions maintenant inconnues aux hommes,adaptées à ces conditions- йtait – pour nous servir encore d’une phrase familiиre, dans un sens strictement figurй, le seul sens qui puisse кtre correctement employй – une espиce а « deux dimensions ».

Les processus de dйveloppement naturel que nous considйrons maintenant йlucideront et discrйditeront, d’un seul coup, l’habitude de spйculer sur les attributs d’un Espace а deux, trois, quatre et mкme un plus grand nombre de dimensions; mais, en passant, il vaut la peine d’appeler l’attention sur la signification vйritable de l’intuition correcte, mais incomplиte, qui a inspirй – parmi les Spiritualistes, Thйosophes et quelques Savants йminents [ La thйorie du professeur Zцllner a йtй trиs bien reзue chez plusieurs savants, qui sont aussi des Spirites : les professeurs Butlerof et Wagner de Saint-Pйterbourg, par exemple.] – l’emploi de l’expression moderne de « quatriиme dimension de l’Espace ». Et d’abord, l’absurditй superficielle de supposer que l’Espace peut кtre mesurй dans une direction quelconque importe peu. L’expression familiиre ne peut кtre qu’une abrйviation de la forme la plus complиte de la chose, - la « Quatriиme dimension de la MATIÈRE dans l’espace » [ Donner de la rйalitй aux Abstractions, c’est l’erreur du Rйalisme : l’Espace et le Temps sont souvent considйrйs, comme sйparйs de toutes les expйriences concrиtes du mental, au lieu d’кtre regardйs comme des gйnйralisations de celles-ci sous certains aspects. » (Bain, Logic., part. II, p. 389. Édition 1873.) ] ».Mais, mкme йlargie de cette faзon, c’est encore une expression malheureuse, parce que, tandis qu’il est parfaitement possible que le progrиs de l’йvolution doive nous prйsenter de nouvelles caractйristiques de la matiиre, celles avec lesquelles nous sommes dйjа familiers sont rйellement plus nombreuses que les trois dimensions. Les qualitйs, ou ce qui est peut-кtre le meilleur terme que l’on puisse employer, les caractйristiques de la matiиre doivent toujours clairement кtre en relations directes avec les sens de l’homme. La matiиre est douйe d’extension, de couleur, de mouvement (mouvement molйculaire), de goыt et d’odeur, facultйs qui correspondent aux sens que possиde l’homme, et la caractйristique qu’elle dйveloppera ensuite – appelons-la, pour le moment, la PERMÉABILITÉ– correspondra au prochain sens que possйdera l’homme et que nous pouvons appeler la « CLAIRVOYANCE NORMALE ». Aussi, lorsque de hardis penseurs ont avidement recherchй une quatriиme dimension pour expliquer le passage de la matiиre а travers la matiиre et la production de noeuds sur une corde sans fin, ils ont senti le besoin d’une sixiиme caractйristique de la matiиre. Les trois dimensions n’appartiennent, en rйalitй, qu’а un seul des attributs, ou caractйristiques, de la matiиre – l’extension; et le sens commun ordinaire se rйvolte, avec raison, contre l’idйe que, dans quelque йtat que ce soit, les choses puissent avoir plus que les trois dimensions de longueur, de largeur et d’йpaisseur. Ces termes, et le mot « dimension » lui-mкme, appartiennent tous а un seul et mкme plan de la pensйe, а un seul et mкme stade de l’йvolution, à une seule et même caractéristique de la matière. Tant que le Kosmos disposera de pieds-de Rois pour les appliquer а la matiиre, celle-ci ne pourra кtre mesurйe que de trois faзons, pas davantage, de mкme que, depuis l’йpoque oщ l’idйe de mesure s’est insinuйe dans l’esprit humain, il n’a йtй possible d’en faire l’application que dans trois sens seulement. Mais ces considйrations ne militent en aucune faзon contre la certitude que, dans le cours des temps, les caractйristiques de la matiиre se multiplieront concurremment avec des facultйs humaines. En attendant, cette faзon de s’exprimer est encore bien moins correcte que celle que nous employons si couramment pour parler du « lever » et du « coucher » du soleil.

Revenons maintenant, а l’examen de l’йvolution matйrielle au cours des Rondes. Nous avons dit que, durant la seconde Ronde, la matiиre peut кtre considйrйe, au figurй, comme а deux dimensions. Mais, ici, il nous faut faire une nouvelle mise en garde. Cette expression figurйe et floue peut кtre considйrйe – sur un seul et mкme plan de pensйe, ainsi que nous venons de le voir – comme йquivalant а la deuxiиme caractйristique de la matiиre, celle qui correspond а la seconde facultй de perception, ou au second sens de l’homme. Mais ces deux degrйs connexes de l’йvolution sont liйs aux progrиs qui sont rйalisйs durant une seule Ronde. La succession des aspects primaires de la Nature dont s’occupe la succession des diffйrentes Rondes se rapporte, comme nous l’avons dit, au dйveloppement des « Йlйments » – au sens Occulte – le Feu, l’Air, l’Eau, la Terre. Nous ne sommes que dans la Quatriиme Ronde et notre nomenclature s’arrкte  court. [L’ordre dans lequel ces Йlйments sont nommйs, dans l’avant-derniиre phrase, est l’ordre correct au point de vue de l’Йsotйrisme et des Enseignements Secrets. Milton avait raison lorsqu’il parla des « Puissances du Feu, de l’Air, de l’Eau et de la Terre »; cette derniиre, telle que nous la connaissons, n’existait pas avant la quatriиme Ronde, йpoque а laquelle notre terre gйologique a pris naissance, il y a des centaines de millions d’annйes. Le Globe, dit le Commentaire, йtait « pendant la Premiиre Ronde ardent, froid et rayonnant, comme ses hommes et ses animaux йthйrйs », - ce qui constitue une contradiction ou un paradoxe pour notre Science actuelle; - « lumineux, plus dense et plus lourd, pendant la seconde Ronde; aqueux pendant la troisiиme ». C’est ainsi qu’est renversй l’ordre des Йlйments.]

Les centres de conscience de la Troisiиme Ronde, destinйs а devenir l’humanitй telle que nous la connaissons, arrivиrent а la perception du troisiиme Йlйment, l’Eau. [Si nous devions arriver а nos conclusions en nous basant sur les donnйes qui nous sont fournies par les Gйologues, nous en arriverions а dire qu’il n’y avait pas d’eau vйritable, mкme pendant la Pйriode Carbonifиre. On nous dit que d’йnormes masses de carbone, qui se trouvaient prйcйdemment rйpandues dans l’atmosphиre sous forme d’acide carbonique, furent absorbйes par les plantes, tandis qu’une grande partie de ce gaz se mкlait а l’eau. S’il en est ainsi et si nous devons croire que tout l’acide carbonique qui servit а former les plantes qui donnиrent naissance au charbon bitumineux, au lignite, etc., qui contribua а la formation des calcaires et ainsi de suite, - que tout cet acide carbonique, dis-je, se trouvait, а ce moment, dans l’atmosphиre sous forme de gaz, dans ce cas, il a dы exister des mers et des ocйans d’acide carbonique liquide! Mais comment la Pйriode Carbonique a-t-elle pu être précédée par les périodes Dйvonienne et Silurienne – pйriodes des poissons et des mollusques – si nous nous arrкtons а cette conception? De plus, la pression baromйtrique a dы кtre plusieurs centaines de fois supйrieure а la pression de notre atmosphиre actuelle. Comment des organismes, mкme aussi simples que ceux de certains poissons et mollusques, ont-ils pu la supporter? Il existe un curieux ouvrage de Blanchard, sur l’Origine de la Vie, dans lequel il met en lumiиre certaines йtranges contradictions et singuliиres confusions dans les Thйories de ses collиgues; nous appelons l’attention du lecteur sur cet ouvrage.]

Les centres de conscience de la Quatriиme Ronde ont ajoutй la Terre а leur stock d’йtats de la matiиre, en mкme temps que les trois autres Йlйments dans leur йtat actuel de transformation.

En un mot, aucun des soi-disant Йlйments n’existait, tel qu’il est aujourd’hui, durant les Rondes prйcйdentes. Autant que nous le sachions, le FEU a pu кtre pur AKASHA, la Matiиre primordiale du « Magnum Opus » des Crйateurs et Constructeurs, cette Lumiиre Astrale que le paradoxal Eliphas Lйvi appelle а un certain moment « le Corps du Saint-Esprit » et l’instant d’aprиs « Baphomet », le « Bouc androgyne de Mendиs »; l’AIR a pu n’кtre que de l’Azote, le « Souffle des Soutiens du Dфme Cйleste », comme l’appellent les Mystiques Mahomйtans; l’EAUйtait peut-кtre, ce fluide primordial indispensable, suivant Moпse, pour faire une « Вme Vivante ». cela peut expliquer les contradictions flagrantes et les idйes antiscientifiques qu’on trouve dans la Genиse. Sйparez le premier chapitre du second; lisez le premier en le considйrant comme un йcrit des Elohistes, et le second en le considйrant comme celle des Jйhovistes qui leur sont trиs postйrieurs; vous retrouverez toujours, entre les lignes, le mкme ordre attribuй а l’apparition des choses crййes; c’est-а-dire le Feu (Lumiиre), l’Air, l’Eau et l’homme (ou la Terre). En effet, la phrase du premier chapitre (Elohistique) : « Dans le commencement Dieu crйa le ciel et la terre », est un contresens; ce n’est pas « le ciel et la terre », qu’il faut dire, mais le Ciel duplex, ou double, le Ciel Supйrieur et le Ciel Infйrieur, ou la sйparation de la Substance Primordiale qui йtait lumineuse dans sa partie supйrieure et obscure dans sa partie infйrieure (l’Univers manifestй), sous sa dualitй de l’invisible (aux sens) et du visible а nos perceptions. « Dieu sйpara la lumiиre des tйnиbres », puis crйa le firmament (Air). « Qu’un firmament soit au milieu des eaux et qu’il sйpare les eaux entre elles », c’est-а-dire « qu’il sйpare les eaux qui йtaient sous les firmaments [notre Univers visible manifestй], de celles qui йtaient au-dessus du firmament [les plans d’existence qui sont (pour nous) invisibles] ». Dans le second chapitre (Jйhovistiques), les plantes et les herbes sont crййes avant l’eau, exactement comme, dans le premier, la lumiиre est crййe avant le soleil. « Dieu crйa la terre et les cieux et toutes les plantes des champs avant qu’elles ne fussent dans la terre et toutes les plantes des champs avant qu’elles ne poussassent, car le Seigneur Dieu [Elohim] n’avait pas encore fait pleuvoir sur la terre, etc. », - une absurditй, а moins que l’on accepte l’explication йsotйrique. Les plantes furent crййes avant qu’elles ne fussent dans la terre – car la terre n’existait pas alors telle qu’elle est aujourd’hui et l’herbe des champs existait avant de pousser comme elle existe aujourd’hui dans la Quatriиme Ronde.

En discutant et en expliquant la nature des Йlйments invisibles et du « Feu Primordial » dont nous avons parlй plus haut, Eliphas Lйvi l’appelle invariablement le « Lumiиre Astrale » : pour lui c’est le « Grand Agent Magique ». Il en est incontestablement ainsi, mais seulement en ce qui concerne la Magie Noire, et sur les plans les moins йlevйs de ce que nous appelons l’Йther, dont le noumиne est l’Akвsha; mкme cela, pourtant, serait considйrй comme incorrect par les Occultistes orthodoxes. La « Lumiиre Astrale » est tout simplement l’ancienne « Lumiиre sidйrale » de Paracelse, et dire avec ce dernier que « tout ce qui existe en a йtй йvoluй et qu’elle conserve et reproduit toutes les formes », c’est n’йnoncer une vйritй que dans la seconde proposition. La premiиre est erronйe, car si tout ce qui existe avait йtй йvoluй а travers (ou via) cet agent, il ne s’agirait pas de la Lumiиre Astrale, car cette derniиre n’est pas ce qui contient toutes choses, elle est tout au plus ce sur quoi rйflйchit ce tout. [Eliphas Lйvi en fait avec raison « une force de la Nature » au moyen de laquelle « un homme seul, s’il arrivait а s’en rendre maоtre…, pourrait semer la confusion dans le monde et transformer son aspect », car c’est le « Grand Arcane de la Magie transcendante ». En citant les paroles du grand Kabaliste Occidental, telles qu’elles ont йtй traduites, nous arriverons, peut-кtre, а mieux les expliquer, en y ajoutant, parfois, un ou deux mots, pour faire ressortir la diffйrence qui existe entre les explications Occidentales et Orientales du mкme sujet. L’auteur dit, а propos du grand Agent Magique :

ce fluide ambiant et qui pйnиtre tout, ce rayon dйtachй de la Splendeur du Soleil [Central ou Spirituel]…, fixй par la pesanteur de l’atmosphиre [?!] et le pouvoir de l’attraction centrale… La Lumiиre Astrale, cet йther électromagnétique, ce calorique vital et lumineux, est reprйsentй sur d’anciens monuments par la ceinture d’Isis qui entoure deux bвtons… et dans les thйogonies anciennes par le serpent qui dйvore sa propre queue, emblиme de la prudence, et de Saturne [emblиme de l’infini, de l’Immortalitй et de Kronos – le Temps – et non pas du Dieu Saturne ou de la planиte]. C’est le dragon ailй de Mйdйe, le double serpent du caducйe et le tentateur de la Genиse; mais c’est aussi le serpent d’airain de Moпse entourant le Tau… enfin, c’est le dйmon du dogmatisme exotйrique et c’est vraiment la force aveugle [elle n’est pas aveugle et Lйvi le savait bien] que les вmes doivent dominer afin de se dйtacher des liens de la terre, car si elles ne la dominaient pas, elles seraient absorbйes par la force mкme qui leur a d’abord donnй naissance, et retourneraient au feu central et йternel.

Ce grand Archйe est maintenant publiquement dйcouvert par et pour un seul homme – J. W. Keely, de Philadelphie. Pour les autres, cependant, il est dйcouvert, mais doit rester presque inutile. « Tu iras jusque-lа… »

Tout ce qui prйcиde est aussi pratique que correct, sauf une erreur que nous avons expliquйe. Eliphas Lйvi commet une grosse bйvue en identifiant toujours la Lumiиre Astrale avec ce que nous appelons l’Akвsha. Nous expliquerons dans le volume IV ce que c’est en rйalitй.]

Eliphas Lйvi йcrit plus loin :

Le grand Agent Magique est la quatriиme йmanation du principe de vie [nous disons que c’est le premier dans l’Univers interne et le second dans le nфtre, ou Univers externe] dont le Soleil est la troisiиme forme… car l’йtoile du jour [le Soleil] n’est que la rйflexion et l’ombre matйrielle du Soleil Central de vйritй qui illumine le monde intellectuel [invisible] de l’Esprit et qui n’est lui-mкme, qu’une lueur empruntйe а l’ABSOLU.

Jusque-lа, il a raison. Mais lorsque le plus autorisй des Kabalistes de l’Occident ajoute que, cependant « ce n’est pas l’Esprit immortel, comme l’ont cru les Hiйrophantes Indiens », - nous rйpondrons qu’il calomnie lesdits Hiйrophantes, car ils n’ont rien dit de pareil et les йcrits Purвniques exotйriques eux-mкmes contredisent nettement cette assertion. Aucun Hindou n’a jamais pris Prakriti pour « l’Esprit Immortel », - et la Lumiиre Astrale n’est qu’un degrй au-dessus du plan le plus bas de Prakriti, c’est-а-dire du Kosmos matйriel. Prakriti est toujours appelй Mвyв, Illusion, et elle est destinйe а disparaоtre, avec le reste, y compris les Dieux, а l’heure du Pralaya. Puisqu’il est dйmontrй que l’Akвsha n’est mкme pas l’Йther, а plus forte raison, croyons-nous, ce ne peut pas кtre la Lumiиre Astrale. Ceux qui sont incapables de comprendre autre chose que la lettre morte des Purвnas ont parfois confondu l’Akвsha avec Prakriti, avec l’Йther et mкme avec le Ciel visible! Il est vrai aussi que ceux qui ont toujours traduit le mot Akвsha par « Йther » - Wilson par exemple – voyant qu’on appelle l’Akвsha « la cause matйrielle du son », ne possйdant, d’ailleurs, que cette seule et unique qualitй, se sont imaginйs, dans leur ignorance, qu’il est « matйriel » au sens physique. Il est encore vrai que si les caractйristiques sont littйralement acceptйes, puisque rien de matйriel, ni de physique, et par consйquent de conditionnй et de temporaire, ne peut кtre immortel – selon la mйtaphysique et la philosophie – il s’ensuivrait que l’Akвsha n’est ni infini, ni immortel. Mais tout cela est erronй, puisque les mots Pradhвna, la Matiиre primordiale et son, considйrй comme propriйtй, ont йtй mal compris; le premier mot (Pradhвna) est certainement synonyme de Mыlaprakriti et d’Akвsha et le dernier (Son) de Verbum, le Verbe ou le Logos, C’est facile а dйmontrer, car cela rйsulte de la phrase suivante du Vishnu Purвna [Wilson, I, 23. ] : « Il n’y avait ni jour, ni nuit, ni ciel, ni terre, ni tйnиbres, ni lumiиre, ni quoi que ce fыt, sauf l’Un qui est insaisissable pour l’intellect ou ce qui est Brahma, et Pums [l’Esprit], et Pradhвna (la Matiиre [Primordiale]. »

Or, qu’est-ce que Pradhвna, si ce n’est Mыlaprakriti, la Racine de Tout, sous un autre aspect? Car bien qu’on dise plus loin que Pradhвna se fond dans la Divinitй, comme le fait le reste, afin de ne laisser que l’UN pur et simple durant le Pralaya, elle est considйrйe cependant, comme infinie et immortelle. La traduction littйrale dit : « Un Esprit Prвdhвnika Brahma : CELA йtait » et le Commentateur interprиte le mot composй comme un substantif et non comme un dйrivй employй en guise d’attribut, c’est-а-dire comme une chose « unie а Pradhвna ». [L’йtudiant doit, en outre, se souvenir que le systиme Purвnique est dualiste, et non pas йvolutionniste, et que, sous ce rapport, on trouvera beaucoup plus, au point de vue Йsotйrique, dans le systиme Sвnkhya et mкme dans le Mвnava-Dharma-Shвstra, quoique ce dernier diffиre beaucoup du premier.]. Par consйquent Pradhвna, mкme dans les Puranas, est un aspect de Parabrahman, mais non pas une йvolution et doit кtre identique а la Mыlaprakriti Vйdвntine. « Prakriti, dans son йtat primaire, est l’Akвsha », dit un йrudit Vйdвntin [ Ibid., p. 24. ]. C’est presque la Nature abstraite.

L’Akвsha est donc Pradhвna sous une autre forme et, comme tel, ne peut кtre l’Йther, l’agent а jamais invisible que courtise la Science Physique elle-mкme. Ce n’est pas non plus la Lumiиre Astrale. C’est, comme nous l’avons dit, le noumиne de Prakriti sept fois diffйrenciй [ Dans la philosophie Sвmkhya, les sept Prakritis ou « productions productives » sont Mahat, Ahamkвra, et les cinq Tanmвtras. Voir Sвmkhya Kвrikв, III, et le commentaire qui en est fait.] – la « Mиre » toujours immaculйe du « Fils » sans pиre qui devient « Pиre » sur le plan manifestй inférieur. Car Mahat est le premier produit de Pradhвna, ou l’Akвsha; et Mahat - l’Intelligence Universelle dont la « propriйtй caractйristique est Buddhi » - n’est autre que le Logos, car il est appelй Ishvara, Brahmв, Bhвva, etc. [ Voir Linga Purвna, section premiиre, LXX, 12 et seq., et Vayu Purвna, ch. IV, mais surtout le premier Purвna, section premiиre VIII, 67-74. ].Il est, en un mot, le « Crйateur », ou le Mental Divin dans sa fonction crйatrice, « la Cause de toutes les choses ». Il est le « Premier-né » dont les Purвnas nous disent que « la Terre et Mahat sont les limites intйrieures et extйrieures de l’Univers », ou, dans notre langage, les pфles nйgatif et positif de la Nature double (abstraite et concrиte), car le Purвna ajoute :

De cette faзon – de mкme que les sept formes [principes] de Prakriti йtaient comptйes de Mahat а la Terre – de mкme, а [l’йpoque] de la dissolution (йlйmentale) (pratyвhвra), ces sept rentrent successivement les unes dans les autres. L’Oeuf de Brahmв (Sarva Mandala) est dissous avec ses sept zones (dvоpa), ses sept ocйans, ses sept rйgions, etc.[ Vishnu Purвna, livre VI, chap. IV.]

Il est inutile de dire cela aux Hindous qui savent par coeur leurs Purвnas, mais il est trиs utile de rappeler а nos Orientalistes et а ces Occidentaux qui considиrent les traductions de Wilson comme faisant autoritй que, dans sa traduction anglaise du Vishnu Purвna, il se rend coupable de contradictions et d’erreurs trиs plaisantes. De sorte que sur ce mкme sujet des sept Prakritis, ou des sept zones de l’Oeuf de Brahmв, les deux rйcits diffиrent entiиrement. Dans le vol. I, p. 40, on dit que l’Oeuf est revкtu extйrieurement de sept enveloppes. Wilson interprиte cela ainsi : « Par l’Eau, l’Air, le Feu l’Йther et Ahamkвra » - bien que ce dernier mot ne figure pas dans le texte Sanscrit. Et dans le vol. V, p. 198, du mкme Purвna on trouve : «  de cette faзon on comptait les sept formes de la nature (Prakriti) de Mahat jusqu’а la Terre »? Entre Mahat, ou Mahв-Buddhi, et « l’Eau, etc. » la diffйrence est trиs grande. ].

C’est pourquoi les Occultistes refusent de donner le nom de Lumiиre Astrale а l’Akвsha, ou de l’appeler Йther. On peut mettre en contraste la phrase : « Dans la maison de mon Pиre il y a plusieurs demeures », avec la maxime occulte : « Dans la maison de notre Mиre sont sept demeures », ou plans, dont le plus bas – la Lumiиre Astrale – est au-dessus et autour de nous.

Les Йlйments, qu’ils soient simples ou complexes, n’auraient pas pu rester sans changement depuis le commencement de l’йvolution de notre Chaоne. Dans l’Univers, toute chose progresse d’une faзon constante durant le cours du Grand Cycle, tout en traversant continuellement des phases ascendantes et descendantes, dans les Cycles moins importants. La Nature n’est jamais stationnaire pendant le Manvantara, puisqu’elle ne se borne pas а кtre, mais qu’elle est constamment en devenir [ Selon le grand mйtaphysicien Hegel, aussi. Pour lui, en effet, la Nature йtait un devenir continuel, ce qui est une conception purement йsotйrique. La Crйation ou l’Origine, dans le sens que les Chrйtiens donnent а ce mot, n’est pas pensable. Comme dit le penseur que nous venons de citer : « Dieu (l’Esprit Universel) s’objective sous forme de Nature, puis en йmerge de nouveau. » ]; la vie minйrale, vйgйtale et humaine, ne cesse d’adapter ses organismes aux Йlйments prйdominants du moment et par consйquent les Йlйments d’antan йtaient faits pour elle, comme ceux d’aujourd’hui le sont pour la vie de l’humanitй actuelle. Ce ne sera que durant la prochaine Ronde – la Cinquiиme – que le cinquiиme Йlйment, l’Йther, - le corps matйriel de l’Akвsha, si on peut le dйsigner mкme par ce nom – devenant, pour tous les hommes, un fait familier dans la Nature, comme l’Air l’est pour nous actuellement, cessera d’кtre hypothйtique comme а prйsent et ne sera plus pris pour « l’agent » de tant de choses. Ce n’est que durant cette Ronde-lа que les sens supйrieurs а la croissance et au dйveloppement desquels l’Akвsha sert d’instrument seront susceptibles d’une expansion complиte. Comme nous l’avons dйjа indiquй, on peut s’attendre, durant la Ronde actuelle, mais au moment voulu, а voir le monde se familiariser partiellement avec la « Permйabilitй », cette caractйristique de la matiиre qui doit se dйvelopper en mкme temps que le sixiиme sens. Mais avec l’Йlйment qui sera ajoutй а nos ressources durant la prochaine Ronde, Permйabilitй deviendra une caractйristique si manifeste de la matière, que les formes les plus denses de la Ronde actuelle sembleront а l’homme ne devoir faire obstacle а ses sens que dans la seule mesure d’un йpais brouillard.

Revenons maintenant au Cycle de Vie. Sans entrer dans le dйtail de la description qui est donnйe des Vies Supйrieures, il nous faut concentrer, pour le moment, notre attention sur les Кtres terrestres et sur la Terre elle-mкme. Cette derniиre, а ce qu’on nous dit, est йdifiйe pour la Premiиre Ronde par les « Dйvoreurs » qui se dйsagrиgent et diffйrencient les germes d’autres Vies dans les Йlйments : а peu prиs, - du moins, on doit le supposer, - comme font dans la phase actuelle de ce monde, les aйrobies, lorsqu’en minant et en йbranlant la constitution chimique d’un organisme, ils transforment la matiиre animale et donnent naissance а des substances de constitution variable. L’Occultisme dйtruit ainsi le prйtendu Вge Azoпque de la Science, car il montre qu’il n’y eut jamais de pйriode oщ la vie n’existвt point sur la Terre. Partout oщ il y a un atome de matiиre, une particule ou une molйcule, mкme а l’йtat le plus gazeux, la vie y existe, quelque latente et inconsciente qu’elle soit.

« Tout ce qui quitte l’Йtat laya entre dans la Vie active et est attirй dans le tourbillon du MOUVEMENT [le Solvant Alchimique de la Vie]; l’Esprit et la matiиre, sont les deux Йtats de l’Un qui n’est ni Esprit, ni Matiиre, tous les deux йtant la Vie Absolue latente … l’Esprit est la premiиre diffйrenciation de [et dans] l’ESPACE, et la Matiиre est la premiиre diffйrenciation de l’Esprit. Ce qui n’est ni Esprit, ni Matiиre, c’est CELA, la CAUSE sans Cause de l’Esprit et de la Matiиre qui sont le Kosmos. Et CELA a nous l’appelons la VIE UNIE ou le Souffle Intra-Cosmique [ Livre de Dzyan, comm. III, parag. 18.]. »

Nous le rйpйtons une fois de plus – les semblables doivent produire les semblables. La vie absolue ne peut pas produire un atome inorganique, qu’il soit simple ou complexe, et la vie subsiste mкme dans l’йtat laya, exactement comme elle persiste chez un homme plongй dans un profond sommeil cataleptique; Cet homme a toutes les apparences d’un cadavre, mais c’est encore un кtre vivant.

Lorsque les « Dйvoreurs » - dans lesquels les hommes de Science peuvent, s’ils le veulent, voir, avec quelque apparence de raison, des atomes du Brouillard de Feu, car les Occultistes n’y feront aucune objection – lorsque les « Dйvoreurs », disons-nous, ont diffйrenciй les « Atomes de Feu », par un procйdй spйcial de segmentation, ceux-ci sont devenus des Germes de Vie agrйgйs selon les lois de la cohйsion et de l’affinitй. Puis ces Germes de Vie produisent des Vies d’un autre genre, qui travaillent а la structure de nos Globes.

De sorte que dans la Premiиre Ronde, le Globe ayant йtй construit par les Vies de Feu primitives, - c’est-а-dire ayant йtй formй en une sphиre, n’avait ni soliditй, ni qualitйs, sauf un йtat froid, ni forme, ni couleur; ce n’est que vers la fin de la Premiиre Ronde qu’il dйveloppa un Йlйment qui, de son Essence inorganique, pour ainsi dire, ou simple, comme point de dйpart, est devenu, maintenant, dans notre Ronde, le feu que nous connaissons dans tout le Systиme. La Terre йtait dans la premiиre Rupa, dont l’essence est le Principe Akвshique appelй *** et que l’on connaоt aujourd’hui sous le nom de Lumiиre Astrale, nom qui lui est donnй bien а tort et qu’Eliphas Lйvi nomme « l’Imagination de la Nature », probablement pour йviter de lui donner son nom vйritable, comme d’autres le font.

Lorsqu'il en parle dans sa préface à l'Histoire de la Magie, Eliphas Lévi dit:

C’est par cette Force que tous les centres nerveux communiquent secrиtement entre eux; c’est elle qui donne naissance а la sympathie et а l’antipathie; c’est d’elle que nous viennent nos rкves et c’est elle qui provoque les phйnomиnes de la double vue et de la vision extra-sensorielle… La Lumiиre Astrale [agissant sous l’impulsion de volontйs puissantes] … dйtruit, coagule, sйpare, brise et assemble toutes choses… Dieu la crйa le jour oщ il dit : « Fiat Lux »… Elle est dirigйe par les Egrйgores, c’est-а-dire les chefs des вmes qui sont les esprits d’йnergie et d’action [ Page 19. ].

Eliphas Lйvi aurait dы ajouter que la Lumiиre Astrale, ou Substance Primordiale, si elle est vraiment de la matiиre, est ce qui, sous le nom de Lumiиre (Lux) est, suivant l’explication йsotйrique, le corps de ces Esprits eux-mкmes et leur propre essence. Notre lumiиre physique est sur notre plan la manifestation et la rйflexion de l’йclat radieux de la Lumiиre Divine qui йmane du Corps collectif de ceux qui sont appelйs les « LUMIÈRES » et les « FLAMMES ». Mais nul autre kabaliste n’a jamais montrй autant d’ingйniositй et d’йloquence qu’Eliphas Lйvi pour amonceler contradictions sur contradictions et pour entasser paradoxes sur paradoxes dans une mкme phrase. Il conduit ses lecteurs а travers des vallons fleuris, pour les йchouer ensuite sur un rocher dйsert et aride.

Le Commentaire dit :

C’est а travers et par les radiations des sept Corps des sept Ordres de Dhyвnis que sont nйes les sept Quantitйs Discrètes (Йlйments), dont le Mouvement et l’Union harmonieuse produisent l’Univers manifestй de la Matiиre.

La Deuxiиme Ronde amиne la manifestation du second Йlйment, l’AIR, йlйment qui assurerait une vie continuelle а celui qui en userait а l’йtat pur. En Europe, deux Occultistes seulement l’ont dйcouvert et mкme mis en usage partiellement, bien que sa composition ait toujours йtй connue des hauts Initiйs Orientaux. L’ozone des Chimistes modernes est un poison, en comparaison du rйel Solvant Universel auquel on n’aurait jamais pu penser s’il n’avait existй dans la Nature.

А partir de la seconde Ronde, la Terre – jusqu’alors un fњtus dans la matrice de l’Espace – commenзa son existence rйelle; elle avait dйveloppй la Vie de sensation individuelle, son second Principe. Ce second (Principe) correspond au sixiиme; le second est la Vie continue, l’autre la vie temporaire.

La Troisiиme Ronde dйveloppa le troisiиme Principe – l’EAU; tandis que la Quatriиme transforma les fluides gazeux et les formes plastiques de notre Globe en la sphиre dure, couverte d’une croыte, et grossiиrement matйrielle, sur laquelle nous vivons maintenant. Bhumi avait atteint son quatriиme Principe. А cela, on pourrait objecter que la loi de l’analogie, sur laquelle nous insistons tant, n’est pas observйe. Il n’en est rien. La Terre n’atteindra sa vraie forme ultime, - l’йcorce de son corps, - contrairement а ce qui se passe pour l’homme, que vers la fin du Manvantara, aprиs la Septiиme Ronde. Eugйnius Philalethes avait raison lorsqu’il affirmait а ses lecteurs, « sur sa parole d’honneur », que personne n’avait encore vu la « Terre », c’est-а-dire la Matiиre dans sa forme essentielle. Notre globe est, jusqu’ici, dans son йtat Kвmarupique – le Corps Astral de Dйsirs de l’Ahamkara, le sombre Egotisme, produit de Mahat sur le plan infйrieur.

Ce n’est pas la matiиre constituйe en molйcules – et moins encore le corps humain, le Sthula-Sharоra – qui est le plus dense de tous nos « principes », mais c’est, en rйalitй, le Principe mйdian, le vrai Centre Animal; et notre corps n’est que son enveloppe, le facteur irresponsable, l’agent par l’intermйdiaire duquel la bкte qui est en nous agit pendant sa vie. Tout thйosophe intellectuel comprendra ce que je veux dire. Aussi l’idйe que le tabernacle humain est construit par des Vies innombrables, exactement comme le fut la croыte rocheuse de notre Terre, n’a, pour le vrai Mystique, rien de rйpugnant. La Science elle-mкme ne saurait soulever d’objections contre l’enseignement Occulte, car le fait que le microscope sera toujours incapable de dйcouvrir l’ultime atome vivant, ou la vie, ne suffirait pas а lui faire rejeter la doctrine.

c) La science nous enseigne que les organismes, tant vivants que morts, des hommes et des animaux, fourmillent de bactйries de centaines d’espиces diffйrentes; que nous sommes menacйs d’кtre envahis par des microbes venant de l’extйrieur, chaque fois que nous respirons, et qu’intйrieurement nous sommes la proie des leucomaпnes, des aйrobies, des anaйrobies, etc.. Mais la Science n’a jamais йtй jusqu’а affirmer, avec la doctrine Occulte, que nos corps, aussi bien que ceux des animaux, des plantes et des pierres, ne sont eux-mкmes composйs que d’кtres de ce genre, d’кtres qui, а l’exception de leurs plus grandes espиces, ne peuvent pas кtre dйcouverts au microscope. En ce qui concerne les parties purement animales et matйrielles de l’homme, la Science est sur la voie de dйcouvertes qui corroborent largement cette thйorie. La Chimie et la Physiologie sont les deux grandes magiciennes de l’avenir; elles sont destinйes а ouvrir les yeux de l’humanitй aux grandes vйritйs physiques. Chaque jour, l’identitй de l’animal et de l’homme physiques, de la plante et de l’homme et mкme du reptile et de son nid, le rocher et l’homme – est de plus en plus clairement dйmontrйe. Puisqu’il y a identitй entre les constituants physiques et chimiques de tous les кtres, la Science Chimique peut trиs bien en arriver а dire qu’il n’y a pas de diffйrence entre la matiиre qui compose le boeuf et celle qui compose l’homme. Mais la doctrine Occulte est bien plus explicite. Elle dit : Non seulement la composition chimique de ces кtres est la mкme, mais les mкmes Vies infinitйsimales et invisibles composent les atomes des corps de la montagne et de la pвquerette, de l’homme et de la fourmi, de l’йlйphant et de l’arbre qui l’abrite du soleil. Chaque particule – que vous l’appeliez organique ou inorganique – est une Vie. Chaque atome et chaque molйcule dans l’univers donnent en mкme temps la vie et la mort а ces formes, parce qu’ils construisent par agrйgation, les univers et les vйhicules йphйmиres prкts а recevoir l’вme en voie de transmigration et qu’ils dйtruisent et changent йternellement les formes et expulsent ces вmes de leurs demeures provisoires. Chaque atome crйe et tue; il s’engendre et se dйtruit; il amиne а l’кtre et annihile ce mystиre des mystиres qu’est le corps vivant de l’homme, de l’animal ou de la plante, а chaque instant, dans le temps et l’espace; il gйnиre йgalement la vie et la mort, la beautй et la laideur, le bien et le mal, les sensations agrйables et dйsagrйables, bienfaisantes et malfaisantes. C’est cette VIE mystйrieuse, reprйsentйe collectivement par des myriades innombrables de Vies, qui suit dans sa propre voie sporadique la loi jusqu’ici incomprйhensible de l’Atavisme , lequel copie les ressemblances de famille, aussi bien que celles qu’il trouve imprimйes dans l’aura des gйnйrateurs de tout кtre humain futur; qui est, en un mot, un mystиre que nous examinerons ailleurs avec plus d’attention. Pour l’instant, nous pouvons citer un cas, а titre d’exemple. La Science moderne commence а dйcouvrir les ptomaïne– poisons alcaloпdes – qui sont vie aussi – gйnйrйs par les cadavres  et les matiиres en dйcomposition – extraites а l’aide de l’йther volatile, produisent un parfum aussi pйnйtrant que celui de la fleur d’oranger la plus fraоche; mais que, privйs d’oxygиne, ces mкmes alcaloпdes rйpandent tantфt une odeur rйpugnante qui soulиve le coeur, tantфt un arфme trиs agrйable rappelant celui des fleurs aux parfums les plus dйlicats; l’on croit mкme que c’est а cette ptomaпne que ces fleurs doivent leur agrйable parfum. L’essence vйnйneuse de certains champignons est, а son tour, presque identique au cobra de l’Inde, le plus meurtrier des serpents. [Les savants franзais Armand Gautier et Villiers ont trouvй dans la salive d’hommes vivants une alcaloïde venimeux identique а celui de la salive du crapaud, de la salamandre, du cobra et du trigonocйphale du Portugal. Il est dйmontrй qu’un poison de l’espиce la plus meurtriиre, qu’on l’appelle ptomaпne, leucomaпne ou alcaloпde, est gйnйrй par les hommes vivants ainsi que par les animaux et les plantes. Gautier a aussi dйcouvert, dans le cadavre frais et dans la cervelle du boeuf, un alcaloпde et un poison qu’il appelle xanthrocrйatinine et qui ressemble а la substance extraite de la salive venimeuse des reptiles. Ce sont les tissus musculaires, organes les plus actifs de l’йconomie animale, que l’on soupзonne d’кtre les gйnйrateurs ou les agents producteurs de poisons qui ont la mкme importance que l’acide carbonique et l’urйe dans les fonctions de la vie et qui sont les produits ultimes de la combustion intйrieure. Et quoiqu’il ne soit pas encore pleinement йtabli que des poisons puissent кtre gйnйrйs par les corps des animaux d’кtres vivants sans la participation et l’intervention de microbes, il est dйmontrй que l’animal produit des substances toxiques а l’йtat physiologique, c’est-а-dire pendant sa vie.]

Ayant aussi dйcouvert les effets, la Science n’a plus qu’а trouver les causes PRIMAIRES, mais elle n’y arrivera jamais sans l’aide de ces antiques sciences qui s’appellent l’Alchimie, la Botanique et la Physique Occultes. On nous enseigne que tout changement physiologique, outre les phйnomиnes pathologiques et les maladies, - а vrai dire la vie elle-mкme, ou plutфt les phйnomиnes objectifs de la vie provoquйs par certaines conditions et modifications dans les tissus du corps qui permettent l’action de la vie et la forcent а agir dans ce corps, - que tout cela est dы а ces CRÉATEURS et DESTRUCTEURS invisibles qu’on appelle, d’une faзon si vague et si gйnйrale, les microbes. [On pourrait supposer que ces Vies de Feu et les microbes de la Science sont la mкme chose. Ce n’est pas exact. Les Vies de Feu forment la septiиme et la plus haute division du plan de la matiиre et correspondent, chez l’individu, а la Vie Une de l’Univers, quoique seulement sur ce plan de matiиre. Les microbes de la Science forment la premiиre et la plus basse division du second plan – celui du Prana matйriel, ou de la Vie. Le corps physique de l’homme change complиtement de structure tous les sept ans et sa destruction ou sa conservation sont dues aux Vies de Feu dont la fonction est alternativement de Dйtruire et de Construire. Elles Construisent en se sacrifiant elles-mкmes, sous forme de vitalitй, pour restreindre l’influence destructive des microbes, et, en leur fournissant ce qui est nйcessaire, elles les forcent, au moyen de ce frein, а construire le corps matйriel et ses cellules. Elles Dйtruisent aussi lorsque ce frein est retirй et que les microbes, а qui on ne fournit plus d’йnergie vitale pour construire, sont laissйs libres de se rйpandre comme agents destructeurs. Ainsi, pendant la premiиre moitiй de la vie humaine, c’est-а-dire les cinq premiиres pйriodes de sept annйes chacune, les Vies de Feu sont indirectement occupйes а йdifier le corps matйriel de l’homme; la Vie est sur l’йchelle ascendante et la force est employйe а construire et а accroоtre. Aprиs que cette pйriode est passйe, l’вge de la rйtrogression commence et le travail des Vies de Feu ayant йpuisй leurs forces, l’oeuvre de destruction et de dйcroissance commence aussi.

On peut faire remarquer ici l’analogie qui existe, entre les йvйnements cosmiques, dans la descente de l’Esprit dans la Matiиre, durant la premiиre moitiй d’un Manvantara (tant planйtaire qu’humain) et son ascension aux dйpens de la Matiиre durant la seconde moitiй. Ces considйrations ont seulement trait au plan de la matiиre, mais l’Influence restrictive des Vies de Feu sur la subdivision la plus basse du second plan, les microbes, est confirmйe par le fait dont parle Pasteur, dans la thйorie que nous avons citйe, que les cellules des organes, lorsqu’elles ne trouvent pas assez d’oxygиne pour elles-mкmes, s’adaptent а cette situation et forment des ferments qui soutirent de l’oxygиne aux substances avec lesquelles elles entrent en contact et amиnent ainsi leur destruction. Une cellule donne alors le signal en dйpouillant sa voisine de ce qui est la source de sa vitalitй, lorsque son approvisionnement est insuffisant, et la destruction ainsi commencйe progresse rйguliиrement.]

Des expйrimentateurs comme Pasteur sont les meilleurs amis et auxiliaires des Destructeurs et seraient les pires ennemis des Crйateurs – si ces derniers n’йtaient pas en mкme temps des Destructeurs. Quoi qu’il en soit, une chose est certaine; la connaissance de ces causes premiиres et celle de l’essence primaire de chaque Йlйment, de ses Vies, de leurs fonctions, de leurs propriйtйs et des conditions dans lesquelles elles se modifient – constituent la base de la MAGIE. Paracelse йtait peut-кtre, durant les derniers siиcles de l’иre chrйtienne, le seul Occultiste de l’Europe qui fыt au courant de ce mystиre. Si une main criminelle n’avait pas mis un terme а sa vie, nombre d’annйes avant l’йpoque que lui avait assignйe la Nature, la Magie physiologique aurait moins de secrets pour le monde civilisй qu’elle n’en a maintenant.

d) Mais, peut-on nous demander, qu’est-ce que la Lune peut bien faire dans tout cela? Qu’est-ce que « le Poisson, Sin et Soma [la Lune] » citйs dans la phrase apocalyptique de la STANCE, ont а faire avec les microbes de Vie? avec ces derniers, rien, sauf qu’ils se servent du tabernacle d’argile qu’ils leurs prйparent; avec l’Homme divin parfait, par contre, ils ont tout а faire, puisque « le Poisson, Sin et la Lune » composent ensemble les trois symboles de l’Кtre immortel [ L’un de nos collиgues (de la section franзaise de la S. T.), au cours de la rйvision qu’il a bien voulu faire (avec un autre de nos collиgues) de la 1иre йdition de la traduction franзaise de la DOCTRINE SECRÈTE, a signalй а Mme Annie Besant une rectification а apporter а cette oeuvre Mme A. Besant, dans le numйro d’octobre 1905, pp. 167-68, de la Theosophical Review, approuve cette rectification et termine ainsi ce qu’elle dit а ce sujet :

« Un distinguй correspondant franзais me fait remarquer (а propos des mots qui terminent la stance VII §5 et du commentaire que H.P.B. en fait а la page 284 de la 3e йdition de Secret Doctrine), que, au sujet de la trinitй chaldйenne : Oannйs, Sin et Samas, - Poisson, Lune, Soleil -, on ferait bien dans Secret Doctrine, de remplacer  Soma par Samas, et il ajoute : « Ceci est une bonne preuve que H.P.B. n’a ni composй ni inventй les Stances de Dzyan, mais qu’elle les a vraiment reзues et interprйtйes. »

Mme Besant termine sa communication par ces lignes : « Je rйsume ainsi les nombreuses citations que mon correspondant m’adresse а ce sujet. Les Grecs nommaient Oannйs l’Ea-nunu des Assyriens, celui que les Йgyptiens appelaient Toth, le dieu de la Sagesse, qui enseigne les arts et les sciences. Il flotte sur le chaos primordial, il est l’ « Esprit », le 3e Logos. Sin est le dieu lunaire, la Sagesse, appelй Nannar, le resplendissant, androgyne parfois, et adorй sous le nom d’Istar; il reprйsente le 2e Logos. – Samas est le Dieu solaire, Adar ou Adra, le Feu perpйtuel, inextinguible, l’йquivalent chaldйen du 1er Logos. La substitution de Samas а Soma serait rationnelles et rendrait la phrase de H.P.B. intelligible. ».

L’approbation par Mme Annie Besant de la rectification proposйe par notre collиgue nous a semblй utile а signaler et surtout а insйrer ici.]

C’est tout ce que nous pouvons divulguer. Et l’auteur n’a pas la prйtention de connaоtre, sur ces йtranges symboles, plus qu’on n’en peut dйduire des religions exotйriques – ou, peut-кtre du mystиre que cache le Matsya (poisson) Avatвr de Vishnu, l’Oannйs chaldйen, l’Homme-Poisson que rappelle l’impйrissable signe du zodiaque, les Poissons, et que l’ancien et le nouveau Testaments rappellent йgalement dans les personnages de Josuй « Fils de Nun (le Poisson) » et de Jйsus – ou encore du mystиre que cachent le « Pйchй » [ Sin en anglais veut dire Pйchй (N.d.T.) ] allйgorique (ou Chute de l’Esprit dans la Matiиre) et la Lune – (en ce qu’elle se rapporte aux Ancкtres Lunaires, les Pitris).

Pour le moment, il serait bon de rappeler au lecteur que, tandis que les Dйesses Lunaires йtaient, dans toutes les mythologies et surtout dans celles des Grecs, rattachйes а l’enfantement, а cause de l’Influence que la Lune exerce sur les femmes et sur la conception, le lien Occulte rйel de notre satellite avec la fйcondation est, jusqu’а nos jours, inconnu а la Physiologie, laquelle considиre toutes les coutumes populaires qui s’y rapportent comme de grossiиres superstitions. Comme il est inutile de les discuter en dйtail, nous ne nous arrкterons, en ce moment, que pour parler en passant de la symbologie lunaire et pour prouver que cette superstition appartient aux croyances les plus anciennes et mкme au Judaпsme, base du Christianisme. Pour les Israйlites, la principale fonction de Jйhovah йtait de donner des enfants, et l’йsotйrisme de la Bible, interprйtй kabalistiquement, dйmontre, а n’en pas douter, que le Saint des Saints du Temple n’йtait que le symbole de la matrice. C’est maintenant prouvй d’une faзon indiscutable par la lecture numйrique de la Bible en gйnйral, et de la Genиse en particulier. Cette idйe a dы certainement кtre empruntйe par les Juifs aux Йgyptiens et aux Indiens dont le Saint des Saints est symbolisй par la chambre du Roi dans la grande pyramide [ Voir Source of Measures. ] et par les symboles du Yфni dans l’Hindouпsme exotйrique. Pour rendre la chose plus claire et faire ressortir en mкme temps l’йnorme diffйrence dans l’esprit de l’interprйtation et dans la signification originale des mкmes symboles entre les anciens Occultistes Orientaux et les Kabalistes Juifs, nous renvoyons le lecteur а la Section qui traite du « Saint des Saints » dans le quatriиme volume.

[Le culte phallique ne s’est dйveloppй qu’aprиs la perte des clefs qui donnaient la rйelle signification des symboles. Ce fut la derniиre et la plus fatale dйviation faite hors de la grande route de la vйritй et de la connaissance divine dans le sentier latйral de la fiction йrigйe en dogme par les falsifications humaines et l’ambition hiйrarchique.]

Stance VII (6)

6. Depuis le Premier-né [ Le Premier Homme, ou Homme Primitif.], le Fil qui unit le veilleur Silencieux а son Ombre, devient plus fort et plus radieux а chaque changement [ Rйincarnation. ]. La Lumiиre Solaire du matin est devenue l’йclat glorieux de midi…

Cette phrase, « le Fil qui unit le Veilleur Silencieux а son Ombre [l’Homme] devient plus fort а chaque Changement », est un autre mystиre psychologique qui sera expliquй dans les volumes 3 et 4. Pour le moment, il suffira de dire que le « Veilleur » et ses « Ombres » - ces derniиres йtant aussi nombreuses que les Rйincarnations de la Monade – ne font qu’un… Le Veilleur, ou Prototype Divin, occupe le sommet de l’Йchelle de l’Кtre; l’Ombre est en bas. Aussi la Monade de chaque кtre vivant, а moins que sa turpitude morale ne brise le lien et qu’elle ne s’йchappe et n’ « erre dans le Sentier Lunaire », - pour nous servir d’une expression Occulte, - est un Dhyвn Chфhan individuel, distinct des autres et [possйdant] une sorte d’Individualitй spirituelle, qui lui est propre durant un Manvantara donnй. Son Primaire, l’Esprit (Atman), ne fait naturellement qu’un avec l’Esprit unique universel (Paramвtmв), mais le Vйhicule (Vahan) dans lequel il est enfermй, le Buddhi, fait partie intйgrante de cette Essence Dhyвn-Chфhanique, et c’est ici que gоt le mystиre de cette ubiquitй que nous avons discutйe quelques pages plus haut.

« Mon Pиre qui est au Ciel et moi – sommes un », dit l’Йcriture Chrйtienne, et en cela, du moins, elle est l’йcho fidиle de la donnйe Йsotйrique.

Stance VII (7)

7. « Voilа ta Roue actuelle », dit la Flamme а l’Йtincelle. « Tu es moi-mкme, mon image et mon ombre. Je me suis vкtue de toi, et tu es mon Vвhan [ Vйhicule. ], jusqu’au Jour « Sois avec Nous », oщ tu redeviendras moi-mкme et d’autres, toi-mкme et moi. » (a) Alors les Constructeurs, s’йtant revкtus de leur premiиre Enveloppe, descendent sur la Terre rayonnante, et rиgnent sur les Hommes, - qui sont eux-mкmes (b).

a) Le Jour oщ l’Йtincelle redeviendra la Flamme, oщ l’Homme se fondra dans son Dhyвn-Chфhan, « moi-mкme et d’autres, toi-mкme et Moi », comme dit la STANCE, signifie qu’en Paranirvвna – lorsque le Pralaya aura rйduit, non seulement les corps matйriels et psychiques, mais mкme les Egos spirituels а leur principe originel – les Humanitйs Passйes, Prйsentes et mкme Futures, comme toutes les autres choses, ne formeront plus qu’une seule et unique unitй. Le Grand Souffle aura tout rйabsorbй. En d’autres termes, tout sera « fondu en Brahman », c’est-а-dire dans l’Unitй Divine.

Est-ce lа l’annihilation, comme le pensent quelques-uns? Ou bien est-ce l’Athйisme, comme d’autres critiques – les adorateurs d’une divinitй personnelle et ceux qui croient а un paradis antiphilosophique – paraissent portйs а le supposer? Ni l’un ni l’autre. Il serait plus qu’inutile de revenir sur cette question d’athйisme tacite а propos de ce qui est de la spiritualitй du caractиre le plus йlevй. Voir dans le Nirvвna l’annihilation, йquivaut а dire d’un homme qui est plongй dans un bon sommeil sans rкves – un de ces sommeils qui ne laissent aucune impression sur la mйmoire et le cerveau physiques, parce que le Soi Supйrieur du dormeur est alors dans son йtat originel de Conscience Absolue – qu’il est lui aussi annihilй. Cette derniиre comparaison ne rйpond qu’а un cфtй de la question, le cфtй le plus matйriel, puisque la rйabsorption n’est nullement un tel « sommeil sans rкve », mais, au contraire, l’Existence Absolue, une unitй non conditionnйe, ou un йtat que le langage humain est absolument et dйsespйrйment impuissant а dйcrire. Le seul moyen d’approcher ce que l’on pourrait appeler une conception comprйhensive de cet йtat peut кtre tentй par les visions panoramiques de l’Вme, visions provoquйes par l’idйation spirituelle de la Monade divine. L’Individualitй – et aussi l’essence de la Personnalitй s’il en reste – n’est pas perdue parce qu’elle est rйabsorbйe. Car bien que l’йtat paranirvвnique soit infini au point de vue humain, il est cependant limitй dans l’Йternitй. Aprиs qu’elle l’aura atteint, la mкme Monade en йmergera de nouveau, sous forme, d’un кtre plus йlevй encore et placй sur un plan bien plus йlevй, pour recommencer son cycle d’activitй perfectionnйe. Le mental humain, dans l’Йtat actuel de son dйveloppement, ne peut dйpasser ce plan de pensйe; il peut а peine l’atteindre. А ce point, il chancelle sur la berge de l’Absolu et de l’Йternitй incomprйhensibles.

b) Les « Veilleurs » rиgnent sur les hommes pendant la pйriode entiиre du Satya Yuga et pendant les Yugas moins longs qui la suivent, jusqu’au commencement de la Troisiиme Race-Racine; aprиs quoi ce sont les Patriarches, les Hйros et les Manes (comme dans les Dynasties йgyptiennes йnumйrйes а Solon par les prкtres), les Dhyвnis infйrieurs incarnйs, jusqu’au roi Mйnиs et aux rois humains des autres nations. Tous ont йtй soigneusement enregistrйs. Selon les symbologistes, cet Вge Mythologique est, naturellement, considйrй comme un conte de fйes. Mais, puisqu’on trouve, dans les annales de toutes les nations, des traditions, et mкme des chroniques, parlant de ces dynasties de Rois Divins, de Dieux qui rйgnиrent sur les hommes et de Dynasties de Hйros ou de Gйants qui leur succйdиrent, il est difficile de s’imaginer comment tous les peuples sous le soleil, dont quelques-uns sont sйparйs par de vastes ocйans et appartiennent а des hйmisphиres diffйrents comme les anciens Pйruviens et Mexicains aussi bien que les Chaldйens, auraient pu йlaborer les mкmes contes de fйes dans le mкme ordre d’йvйnements [ Voyez, par exemple, les Mystиres sacrйs parmi les Mayas et les Quichйs [il y a 11.500 ans], par Auguste Le Pongeon, qui dйmontre l’identitй qui existe entre les croyances et les rites йgyptiens et ceux des peuples qu’il dйcrit. Les anciens alphabets hiйratiques des Mayas et des Йgyptiens sont presque identiques. ].Quoiqu’il en soit, puisque la DOCTRINE SECRÈTE enseigne l’histoire, - qui, bien qu’йsotйrique et traditionnelle, n’en est pas moins plus digne de foi que l’histoire profane, - nous avons le droit de tenir а nos croyances aussi bien que n’importe qui, croyant ou sceptique, tient aux siennes. Et cette Doctrine dit que les Dhyвni-Buddhas des deux groupes supйrieurs, c’est-а-dire les Veilleurs et les Architectes, donnиrent aux nombreuses races diverses des rois et des chefs divins. Ce sont ces derniers qui enseignиrent а l’humanitй les arts et les sciences et ce sont les premiers qui rйvйlиrent les grandes vйritйs spirituelles des Mondes transcendants aux Monades incarnйes qui venaient de se dйfaire des vйhicules qu’elles revкtaient dans les Rиgnes infйrieurs et qui, par consйquent, avaient perdu tout souvenir de leur origine divine.

Ainsi, comme le dit la STANCE, les Veilleurs « descendent sur la Terre radieuse et rиgnent sur les hommes qui sont eux-mкmes ». Les Rois rйgnants avaient achevй leur cycle sur la Terre et dans d’autres Mondes, dans les Rondes prйcйdentes. Dans les Manvantaras futurs, ils seront parvenus а des Systиmes supйrieurs а notre Monde planйtaire et ce sont les Йlus de notre Humanitй, les Pionniers qui marchent en tкte sur le rude et difficile chemin du Progrиs, qui remplaceront leurs prйdйcesseurs. Le prochain grand Manvantara verra les hommes de notre propre Cycle de Vie devenir les instructeurs et les guides d’une Humanitй dont les Monades peuvent кtre maintenant emprisonnйes – а demi-conscientes – dans les membres les plus intellectuels du rиgne animal, en mкme temps que leurs principes infйrieurs animent, peut-кtre, les spйcimens les plus hauts du rиgne vйgйtal.

Ainsi marchent les cycles de l’йvolution septйnaire, dans la Nature Septuple : la nature spirituelle ou divine; la nature psychique ou semi-divine; les natures, intellectuelle, passionnelle, instinctive ou cognitionnelle, la nature semi-corporelle et la nature purement matйrielle ou physique. Elles йvoluent et progressent toutes cycliquement, passant de l’une dans l’autre, suivant un double processus, centrifuge et centripиte, uniques dans leur essence premiиre, septuples, dans leurs aspects. La moins йlevйe est, cela va sans dire, celle qui dйpend et relиve de nos cinq sens physiques [lesquels sont en rйalitй, au nombre de sept comme nous le montrerons plus tard, en nous basant sur les plus anciennes Upanishads.] Ainsi, pour la vie individuelle, humaine, sensible, animale et vйgйtale, chacune de ces vies est le microcosme de son macrocosme supйrieur. Il en est de mкme pour l’Univers qui se manifeste pйriodiquement pour le progrиs collectif des Vies innombrables qui sont comme les souffles de la Vie Une; qui se manifeste pour que, а travers le Toujours Devenir, chacun de ses atomes passe du sans forme et de l’intangible а travers les natures mкlйes du semi-terrestre, jusque dans la matiиre en pleine gйnйration, pour revenir ensuite en arriиre et remonter plus haut а chaque pйriode et s’approcher toujours davantage du but final; pour que chaque atome, disons-nous, puisse par les mйrites et les efforts individuels, atteindre le plan oщ il redevient le TOUT Unique et Inconditionnй.

Entre l’Alpha et l’Omйga, s’йtend la « Route » lassante bordйe d’йpines, qui « descend d’abord, puis

S’enroule en montant sans cesse;
Oui, sans cesse, jusqu’а sa fin.

Le Pиlerin est immaculй lorsqu’il commence son long voyage; il descend de plus en plus profondйment dans la matiиre pйcheresse et s’associe а chaque atome dans l’Espace manifestй; puis, aprиs avoir luttй et souffert dans chaque forme de la Vie et de l’Кtre, il ne se trouve encore qu’au fond de la vallйe de la matiиre; il a parcouru la premiиre moitiй de son cycle; il s’est identifiй avec l’Humanitй collective. Cette humanitй, il l’a faite а son image. Pour rester dans la voie du progrиs, en s’efforзant de monter toujours et de gagner la vraie patrie, le « Dieu » a maintenant pour devoir de gravir dans la douleur le sentier escarpй du Golgotha de la Vie. C’est le martyr de l’existence soi-consciente. Semblable а Vishvakarman, il doit se sacrifier а lui-mкme pour racheter toutes les crйatures, pour ressusciter du multiple en la Vie Une. Alors, il monte vйritablement au Ciel oщ il est plongй dans l’Кtre Absolu incomprйhensible et dans le Bonheur du Paranirvвna; il n’y est limitй par aucune condition; c’est de lа qu’il redescendra а la prochaine « Venue », - qu’une partie de l’humanitй, s’en tenant а la lettre morte, attend comme le « Second Avиnement », et que l’autre partie appelle le dernier « Kalki Avatвr ».

Rйsumй

L’Histoire de la Crйation et de ce Monde, depuis son origine jusqu’а l’йpoque actuelle, est composйe de sept Chapitres : le septiиme n’est pas encore йcrit.

T. Subba-Row (Voir The Thesosophist, 1881.)

On vient d’essayer d’йcrire le premier de ces « sept chapitres » qui est maintenant terminй. Quelque faible et incomplиte qu’en soit l’exposition, c’est, en tout cas, une approximation – au sens mathйmatique du mot – de ce qui est la base ancienne de toutes les Cosmogonies suivantes. Il est audacieux d’essayer d’йcrire dans une langue europйenne le grand panorama de la Loi dont les йternelles manifestations sont pйriodiques et dont les esprits plastiques des premiиres Races douйes de Conscience avaient reзu l’impression, faite par ceux sur lesquels l’Intelligence Universelle le reflйtait, car aucun langage humain, sauf le Sanscrit – qui est le langage des Dieux – ne permet de le faire d’une faзon suffisamment exacte. Mais il faut excuser les imperfections de ce travail, en raison du motif qui l’a inspirй.

Dans son ensemble ni ce qui prйcиde, ni ce qui va suivre, ne peut кtre trouvй ailleurs, dans son entier. Ce n’est enseignй dans aucune des six Йcoles Philosophiques de l’Inde, car cela relиve de leur synthиse, la septiиme, qui est la Doctrine Occulte. Cela ne se trouve sur aucun des papyrus moisis de l’Йgypte et n’est pas davantage gravй sur les briques ou les murs de granit des Assyriens. Les Livres de la doctrine Vйdвnta – qui est le « dernier mot de la connaissance humaine » - ne donnent que l’aspect mйtaphysique de cette Cosmogonie du monde, et leur inestimable trйsor, les UpanishadsUpa-ni-shads est un mot composй exprimant la victoire remportйe sur l’ignorance par la rйvйlation de la connaissance secrиte et spirituelle – nйcessite aujourd’hui la possession additionnelle d’une clef maоtresse pour permettre а l’Йtudiant d’en saisir complиtement la signification. Je me permets d’en donner ici la raison, telle que je l’ai apprise d’un Maоtre.

Le mot Upanishad est ordinairement traduit par « doctrine йsotйrique ». Ces traitйs  forment une partie du Shruti ou Connaissance « rйvйlйe »; en un mot, de la Rйvйlation, et sont gйnйralement rattachйs а la partie Brahmane des Vйdas, comme leur troisiиme division [ T. Subba-Row, Five Years of Theosophy, p. 154.

…les Vйdas ont deux significations bien distinctes; l’une exprimйe par le sens littйral des mots, l’autre indiquйe par la mesure et le svara (intonation) qui sont … comme la vie des Vйdas… Il va sans dire que les savants Pandits et les Philologues nient que le svara ait quoi que ce soit а faire avec la philosophie ou les anciennes doctrines йsotйriques, mais le mystйrieux rapport qu’il y a entre svara et lumiиre est un de ses plus profonds secrets.].

Il y a plus de 150 Upanishads йnumйrйs par les Orientalistes, qui pensent que la plus ancienne a йtй probablement йcrite 600 ans environ avant Jйsus-Christ, mais, en fait, de textes authentiques, il n’en existe pas la cinquiиme partie. Les Upanishads sont aux Vйdas ce que la Kabale est а la Bible juive. Elles abordent et expliquent la signification secrиte et mystique des textes vйdiques. Elles parlent de l’Origine de l’Univers, de la nature de la Divinitй, de l’Esprit et de l’Вme, et aussi du rapport mйtaphysique qui existe entre le Mental et la Matiиre. En peu de mots : Elles CONTIENNENT le commencement et la fin de toute connaissance humaine, mais elles ont cessй de la RÉVÉLER depuis l’йpoque de Bouddha. S’il en йtait autrement, les Upanishads ne pourraient pas кtre appelйes йsotйriques, puisqu’elles sont maintenant ouvertement annexйes aux Livres Sacrйs Brвhmaniques qui, а notre йpoque actuelle, sont devenus accessibles mкme aux Mlйchchas (hors-castes) [ Littйralement, les йtrangers, les Non-Aryens. ] et aux Orientalistes europйens. Il y a en elles une chose – et elle existe dans toutes les Upanishads – qui indique invariablement et constamment leur origine antique et qui prouve : (a) qu’elles ont йtй йcrites, en partie, avant que le systиme de castes ne devоnt l’institution tyrannique qui existe encore; (b) que la moitiй de leur contenu a йtй йliminй et que certaines d’entre elles ont йtй йcrites de nouveau et abrйgйes. « Les grands instructeurs de la Connaissance supйrieure et les Brвhmanes y sont constamment reprйsentйs comme allant auprиs des rois Kshatriyas [caste militaire] pour devenir leurs йlиves. » Comme le professeur Cowell le fait remarquer avec justesse, les Upanishads « respirent un esprit entiиrement diffйrent [de celui de tous les autres йcrits brвhmaniques], une libertй de pensйe qu’on ne retrouve dans aucun ouvrage antйrieur, sauf dans les hymnes mкmes du Rig Vйda. » Le second fait est expliquй par une tradition conservйe dans l’un des manuscrits traitant de la vie de Bouddha. Il y est dit que les Upanishads furent annexйes а leurs Bвhmanas aprиs le dйbut d’une rйforme qui conduisit а l’exclusivisme du systиme actuel des castes chez les Brвhmanes, quelques siиcles aprиs l’invasion de l’Inde par les « Deux fois nйs ». Elles йtaient complиtes а cette йpoque et servaient а l’Instruction des Chйlas qui se prйparaient а l’Initiation.

Cela durant tant que les Vйdas et les Brвhmanas restиrent exclusivement confiйs aux Brвhmanes des temples, - alors que personne autre n‘avait le droit de les йtudier, ou mкme de les lire, en dehors de la caste sacrйe. Gвutama, prince de Kapilavastu, vint ensuite. Aprиs avoir appris la totalitй de la Sagesse Brahmanique dans le Rahasya ou Upanishads, et avoir trouvй que les enseignements diffйraient peu, ou mкme pas du tout, de ceux des « Maоtres de Vie » qui habitent les chaоnes neigeuses des monts Himвlayas [ Appelйs aussi les « Fils de Sagesse » et du « Brouillard de Feu » et les « Frиres du Soleil », dans les annales Chinoises. On parle du Si-dzang (Tibet), dans les manuscrits de la bibliothиque sacrйe de la province de Fo-Kien comme ayant йtй le grand centre de savoir Occulte depuis des temps immйmoriaux, bien des вges avant Bouddha. On dit que l’empereur Yu le « Grand » (2207 avant J.-C.), qui fut un pieux Mystique et un grand Adepte, acquit son savoir des « Grands Maоtres des montagnes neigeuses » du Sidzang.], le disciple des Brвhmanes, indignй de ce que l’on tenait la Sagesse Sacrйe hors de la portйe de tous, sauf des Brвhmanes, rйsolut de la rйpandre pour sauver le monde entier. C’est alors que les Brвhmanes, voyant que leur connaissance sacrйe et leur Sagesse Occulte allait tomber dans les mains de Mlйchchas, abrйgиrent les textes des Upanishads qui contenaient, antйrieurement, trois fois plus de matiиres que les Vйdas et les Brвhmanas rйunis, sans changer toutefois un seul mot des textes. Ils dйtachиrent simplement des manuscrits les parties les plus importantes, celles qui contenaient le dernier mot du Mystиre de l’Кtre. La clef du code secret des Brвhmanes resta dйsormais entre les mains des seuls Initiйs, et les Brвhmanes purent ainsi nier publiquement la correction de l’enseignement de Bouddha, en faisant appel а leurs Upanishads oщ s’йtait fait pour toujours le silence sur les principales questions. Telle est la tradition йsotйrique au-delа des Himвlayas.

Shri Shankarвchвrya, le plus grand Initiй qui ait vйcu dans les вges historiques, a йcrit maint Bhвshya (commentaire) sur les Upanishads. Mais ses traitйs originaux, comme il y a des raisons de le supposer, ne sont pas encore tombйs dans les mains des Philistins, car ils sont trop jalousement conservйs dans ses monastиres (matams). Et il y a des raisons encore plus puissantes pour croire que les inestimables Bhвshyas sur la Doctrine Йsotйrique des Brвhmanes, йcrits par leur plus йminent interprиte, resteront pendant des siиcles encore а l’йtat de lettre morte pour la plupart des Hindous, а l’exception des Brвhmanes Smвrtavas. Cette secte, fondйe par Shankarвchвrya et encore trиs puissante dans l’Inde du Sud, est maintenant presque la seule а produire des йtudiants ayant conservй assez de savoir pour comprendre la lettre morte des Bhвshyas. On m’apprend que la raison en est qu’eux seuls ont, parfois, de vrais Initiйs а leur tкte dans leurs mathams, comme, par exemple, dans le Shringagiri, dans les Ghвts Occidentaux de Mysore. D’autre part, il n’y a pas de secte, dans cette caste si dйsespйrйment exclusive des Brâhmanes, qui soit plus exclusive que ne l’est celle du Smвrta, et la rйticence de ses disciples а dire ce qu’ils peuvent savoir des sciences Occultes et de la Doctrine Йsotйrique n’est йgalйe que par leur orgueil et leur savoir.

Aussi l’auteur du prйsent exposй doit кtre prкt d’avance а voir les assertions qui se trouvent dans cet ouvrage rencontrer une vive opposition, ou mкme кtre rejetйes. Ce n’est pas que nous prйtendions а l’infaillibilitй ou а la parfaite exactitude de chaque dйtail de tout ce qui est йcrit ici. Les faits sont lа et il n’est guиre possible de les nier. Mais si, en raison des difficultйs intrinsиques des sujets traitйs et de l’insurmontable impuissance de la langue anglaise, comme de toutes les autres langues europйennes, а exprimer certaines idйes, l’auteur ne rйussit pas а donner а ses explications la forme la meilleure et la plus claire, il n’en est pas moins vrai qu’il a fait tout ce qu’on pouvait faire dans des circonstances aussi dйfavorables, et on ne saurait lui en demander davantage.

Faisons donc une rйcapitulation et montrons par la grandeur des sujets exposйs, combien il est difficile, sinon impossible, de leur rendre justice entiиre.

(1) La DOCTRINE SECRÈTE est la Sagesse accumulйe des вges et sa cosmogonie а elle seule est le systиme le plus prodigieux et le plus йlaborй qui soit connu, mкme sous la forme voilйe de l’exotйrisme des Purвnas. Mais le pouvoir mystйrieux du symbolisme Occulte est si grand que les faits qui ont rйellement occupй d’innombrables gйnйrations de voyants initiйs et de prophиtes vouйs а les coordonner, а les inscrire et а les expliquer, durant les йtourdissantes sйries du progrиs йvolutif, sont tous enregistrйs en quelques pages de glyphes et de signes gйomйtriques. Le regard йtincelant de ces voyants a pйnйtrй au coeur mкme de la matiиre et dйcouvert l’вme des choses lа oщ un observateur profane ordinaire, quelque instruit qu’il eыt йtй, n’aurait aperзu que la trame extйrieure de la forme. Mais la Science moderne ne croit pas а « l’вme des choses », et, par suite, rejettera le systиme entier de la Cosmogonie antique. Il est inutile de dire que le systиme en question n’est pas le produit de l’imagination d’un ou de plusieurs individus isolйs; il est constituй par les annales ininterrompues de milliers de gйnйrations de Voyants dont les expйriences respectives ont concouru а certifier et а vйrifier les traditions transmises oralement, d’une race primitive а une autre, au sujet des enseignements d’Кtres supйrieurs trиs йlevйs qui ont veillй sur l’enfance de l’Humanitй. Il faut ajouter que, durant de longs вges, les « Sages » de la Cinquiиme Race – sages faisant partie du groupe sauvй et йpargnй lors du dernier cataclysme et de la modification des continents – ont passй leurs vies а apprendre et non а enseigner. Comment s’y sont-ils pris? On rйpond : en contrфlant, en mettant а l’йpreuve, en vйrifiant, dans chaque dйpartement de la Nature, les traditions du passй, au moyen des visions indйpendantes des grands Adeptes, c’est-а-dire d’hommes qui ont dйveloppй et perfectionnй leurs organismes physiques, mental, psychique et spirituel, au plus haut point possible. Ce qu’avait vu un Adepte n’йtait jamais acceptй avant d’avoir йtй contrфlй et confirmй par ce qu’avaient vu d’autres Adeptes dans des conditions propres а constituer un tйmoignage indйpendant – et par des siиcles d’expйrience.

(2) La loi fondamentale de ce systиme, le point central d’oщ tout йmerge, autour de quoi et vers lequel tout gravite et sur lequel repose toute sa philosophie, est la SUBSTANCE-PRINCIPE, Une, Homogиne et Divine, l’Unique Cause Radicale.

…Quelques-uns, dont les lampes brillaient d’une lumiиre plus intense, ont йtй conduits, de cause en cause, jusqu’а la source mкme de la nature, et ont reconnu qu’il doit exister un Principal primordial…

On l’appelle « Substance-Principe », car il devient « Substance » sur le plan de l’Univers manifestй et n’est qu’une simple Illusion, tant qu’il reste un « Principe » dans l’Espace abstrait visible et invisible, sans commencement ni fin. C’est la Rйalitй omniprйsente; impersonnelle parce qu’elle renferme tout et toutes choses. Son Impersonnalitй est la conception fondamentale du Systиme. Elle est latente dans chaque atome de l’Univers; elle est l’Univers lui-mкme [ Voir Section 3, Substance Primordiale et Pensйe Divine. ].

(3) L’Univers est la manifestation pйriodique de cette mystйrieuse Essence Absolue. L’appeler « Essence » est cependant pйcher contre l’esprit mкme de la philosophie. Car, bien que le substantif puisse кtre tirй ici du verbe esse « кtre », cependant cela ne peut кtre assimilй а un « кtre » quelconque que l’intellect humain puisse concevoir. On la dйcrit mieux en disant que CELA n’est ni Matiиre, ni Esprit, mais les deux а la fois. Parabrahman et Mыlaprakriti ne font qu’UN, en rйalitй, et cependant sont Deux dans la conception universelle du Manifestй, mкme dans celle du Logos Unique, sa premiиre « Manifestation », auquel, comme le prouve l’йrudit confйrencier des « Notes sur la Bhagavad Gоtв », Elle apparaоt, au point de vue objectif, comme Mыlaprakriti et non comme Parabrahman, comme son Voile, et non comme l’UNIQUE RÉALITÉ cachée derriиre lui et qui est non conditionnйe et absolue.

(4) L’Univers, avec tout ce qu’il contient, est appelй MAYA, parce que tout y est temporaire, depuis la vie йphйmиre de la luciole jusqu’а celle du soleil. Comparй а l’йternelle immutabilitй de l’UN et а l’invariabilitй de ce Principe, l’Univers avec ses formes йphйmиres et toujours changeantes, doit nйcessairement, dans le mental d’un philosophe, ne valoir guиre mieux qu’un feu follet. Cependant L’Univers est suffisamment rйel pour les кtres conscients qui l’habitent et qui sont aussi peu rйels que lui-mкme.

(5) Tout, dans l’Univers, dans tous ses rиgnes, est CONSCIENT, c’est-а-dire douй d’une conscience qui lui est particuliиre sur son propre plan de perception. Il faut nous rappeler, nous autres humains, que, parce que nous ne percevons aucun signe de conscience que nous puissions reconnaоtre dans les pierres, par exemple, ce n’est pas une raison pour dire qu’il n’y existe pas de conscience. La matiиre « morte » ou « aveugle » n’existe pas, pas plus qu’il n’y a de LOI « aveugle » ou « inconsciente ». Tout cela ne trouve pas de place dans les conceptions de la Philosophie Occulte. Celle-ci ne s’arrкte jamais aux apparences extйrieures et, pour elle, les Essences noumйnales ont plus de rйalitй que leurs contreparties objectives. Elle ressemble ainsi au systиme des Nominalistes du moyen вge, pour qui les universaux йtaient les rйalitйs et les particuliers n’existaient que nominalement et seulement dans l’imagination humaine.

(6) L’Univers est йlaborй et guidй du dedans au dehors. Il en est en bas comme en haut, sur la terre comme dans le ciel, et l’homme, microcosme et copie miniature du macrocosme, est le tйmoin vivant de cette Loi Universelle et de son mode d’action. Nous voyons que chaque mouvement, chaque action ou geste externes, qu’ils soient volontaires ou machinaux, organiques ou mentaux, sont produits et prйcйdйs par une sensation ou une йmotion interne, volontй ou volition, pensйe ou intelligence. Comme aucun mouvement ou changement externe, lorsqu’il est normal, ne peut se produire dans le corps extйrieur de l’homme sans кtre provoquй par une impulsion intйrieure donnйe par l’une des trois fonctions dont nous venons de parler, il en est de mкme pour l’Univers externe ou manifestй.  Le Kosmos entier est guidй, contrфlй et animй par une sйrie presque infinie de Hiйrarchies d’Кtres sensibles ayant, chacun, une mission а remplir et qui, quelque nom que nous leur donnions, que nous les appelions Dhyвn Chфhans ou Anges – sont des « Messagers » uniquement en ce sens qu’ils sont les agents des Lois Karmiques et Cosmiques. Ils varient а l’infini dans leurs degrйs respectifs de conscience et d’intelligence, et les appeler tous des Esprits purs, sans aucun des mйlanges terrestres « dont le temps a coutume de faire sa proie », c’est simplement se permettre une fantaisie poйtique. En effet, chacun de ces Кtres a йtй un homme dans le cycle (Manvantara) prйcйdent ou se prйpare а le devenir dans le Manvantara actuel ou dans un Manvantara а venir. Ce sont des hommes parfaits quand ils ne sont pas des hommes en devenir et, dans leurs sphиres supйrieures et moins matйrielles, ils ne diffиrent, moralement, des кtres humains terrestres qu’en ce qu’ils ne possиdent pas le sentiment de la personnalitй et de la nature йmotionnelle humaine – deux caractйristiques purement terrestres. Les premiers, ou les « parfaits », se sont libйrйs de ces sentiments, parce que (a) ils n’ont plus de corps charnels – ce poids, qui engourdit toujours l’Вme – et (b) parce que, le pur йlйment spirituel йtant laissй sans entraves et plus libres, ils sont moins influencйs par la Mвyв que ne peut jamais l’кtre l’Homme, а moins qu’il ne soit un Adepte, c’est-а-dire un кtre capable de tenir entiиrement sйparйes ses deux personnalitйs – la spirituelle et la physique. Les Monades naissantes, n’ayant jamais eu de corps terrestres, ne peuvent йprouver aucun de sentiment de personnalitй ou d’ЙGO-пsme. Ce qu’on entend par « personnalitй » йtant une limitation et une relation, ou, comme Coleridge la dйfinit, « une individualitй existant par elle-mкme, mais avec une nature comme base », le mot ne peut naturellement pas s’appliquer а des entitйs non humaines; mais, ainsi qu’il a toujours йtй constatй par des gйnйrations de Voyants, aucun de ces Кtres, supйrieur ou infйrieur, n’a d’individualitй, ni de personnalitй comme Entitйs sйparйes; ils n’ont pas d’individualitй dans le sens que donne а ce mot l’homme qui dit : « Je suis moi et personne d’autre »; en d’autres termes, ils ne sont pas conscients d’une sйparativitй distincte, comme celle qui existe pour les hommes et les choses de la terre. L’individualitй est la caractйristique de leurs Hiйrarchies respectives et non de leurs unitйs, et ces caractйristiques varient seulement avec le rang du plan auquel appartiennent ces Hiйrarchies; plus elles se rapprochent de la rйgion de l’Homogйnйitй et de l’Un Divin, plus cette individualitй est pure et peu accentuйe dans la Hiйrarchie. Ils sont finis sous tous les rapports, sauf en ce qui concerne leurs principes supйrieurs, - les Йtincelles immortelles qui rйflйchissent la Flamme Divine Universelle individualisйe et sйparйe seulement, sur les sphиres d’Illusion, par une diffйrenciation aussi illusoire que le reste. Ce sont des « Кtres Vivants », parce que ce sont des courants projetйs de la VIE ABSOLUE sur l’йcran Cosmique de l’Illusion; des кtres dans lesquels la vie ne peut s’йteindre avant que le feu de l’ignorance ne soit йteint chez ceux qui ont le sentiment de ces « Vies ». Ayant pris naissance sous l’influence vivifiante du Rayon incrйй, rйflexion du grand Soleil Central qui luit sur les bords de la Riviиre de Vie, c’est, chez eux, le Principe Intйrieur qui appartient aux Eaux de l’Immortalitй, tandis que son vкtement diffйrenciй est aussi pйrissable que le corps de l’homme. C’est pourquoi Young avait raison de dire :

Les Anges sont des hommes d’un ordre supйrieur…

et pas davantage. Ce ne sont ni des Anges « secourables », ni des Anges « protecteurs », pas plus que des « Prйcurseurs du Trиs-Haut »; ils sont encore bien moins les « Messagers de Colиre » d’un Dieu, comme en a crййs l’imagination de l’homme. Solliciter leur protection est aussi insensй que de croire qu’on peut gagner leur sympathie par une offrande quelconque, car ils sont, autant que l’homme lui-mкme, les esclaves et les crйatures de l’immuable Loi Karmique et Cosmique. La raison en est йvidente. Ne possйdant aucun йlйment de personnalitй dans leur essence, ils ne peuvent avoir aucune des qualitйs personnelles telles que les hommes attribuent, dans les religions exotйriques, а leur Dieu anthropomorphe, le Dieu jaloux et exclusif, qui se rйjouit et se met en colиre, qui aime les sacrifices et montre plus de despotisme dans sa vanitй que n’importe quel homme insensй. L’Homme, йtant un composй des essences de toutes ces Hiйrarchies cйlestes, peut rйussir, comme tel, а se rendre supйrieur, а un certain point de vue, а une Hiйrarchie ou а une quelconque de ces Classes ou mкme de leurs combinaisons. Il est dit que « l’homme ne peut ni se rendre les Dйvas propices, ni les commander ». Mais, en paralysant sa personnalitй infйrieure et en arrivant ainsi а la pleine connaissance de la non-sйparativitй entre son SOI Supйrieur et l’Unique SOI Absolu, l’homme peut, mкme durant sa vie terrestre, devenir « l’Un de nous ». C’est ainsi qu’en mangeant le fruit de la connaissance qui dissipe l’ignorance l’homme devient comme l’un des Elohim ou Dhyвnis et, une fois sur leur plan, l’Esprit de Solidaritй et de Parfaite Harmonie qui rиgne dans toute Hiйrarchie doit s’йtendre а lui et le protйger en tout.

La principale difficultй qui empкche les hommes de Science de croire aux esprits divins, comme aussi а ceux de la nature, c’est leur Matйrialisme. L’obstacle majeur qui empкche le Spirite а croire а tous ces mкmes esprits, alors qu’il conserve une croyance aveugle aux « Esprits » des Morts, c’est l’ignorance gйnйrale de tous – sauf quelques Occultistes et Kabalistes – en ce qui concerne l’essence et la nature vraies de la Matiиre. C’est de l’acceptation ou du rejet de la thйorie de l’Unitй de tout dans la nature, dans son Essence ultime, que dйpend principalement la croyance ou l’incrйdulitй au sujet de l’existence, autour de nous, d’autres Кtres conscients, en plus des Esprits des Morts. C’est sur la comprйhension correcte de l’йvolution primordiale que l’Esprit-Matiиre et de son Essence rйelle que l’йtudiant doit compter pour l’йlucidation ultйrieure dans son mental de la Cosmogonie Occulte et pour trouver le seul indice sыr qui puisse guider ses йtudes suivantes.

En vйritй, comme nous venons de le montrer, chaque prйtendu « Esprit » est, soit un homme dйsincarnй, soit un homme futur. Puisque, depuis l’Archange le plus йlevй (Dhyвn-Chфhan), jusqu’au dernier Constructeur conscient (la Classe infйrieure d’Entitйs Spirituelles), tous sont des hommes ayant vйcu il y a des вges dans d’autres Manvantaras, sur cette sphиre ou sur d’autres, de mкme les Йlйmentals infйrieurs, semi-intelligents et non-intelligents, sont tous des hommes futurs. Le fait seul qu’un Esprit est douй d’intelligence est, pour l’Occultiste, une preuve qu’il a dы кtre un homme et acquйrir sa connaissance et son intelligence en parcourant le cycle humain. Il n’y a, dans l’Univers, qu’une Omniscience et Intelligence indivisible et absolue et elle vibre а travers chaque atome et chaque point infinitйsimal du Cosmos entier, du Cosmos qui n’a pas de limite et qu’on nomme l’ESPACE, - considйrй indйpendamment de tout ce qui y est contenu. Mais la premiиre diffйrenciation de sa rйflexion dans le Monde Manifestй est purement spirituelle et les Кtres qui y sont gйnйrйs ne sont pas douйs d’une conscience ayant un rapport quelconque avec celle que nous concevons. Ils ne peuvent possйder de conscience ou d’Intelligence humaine avant de les avoir acquises, personnellement et individuellement. Cela peut кtre un mystиre, mais c’est cependant un fait dans la Philosophie Йsotйrique, - et mкme un fait trиs apparent.

L’ordre entier de la Nature tйmoigne d’une marche progressive vers une vie supйrieure. Il y a un plan dans l’action des forces en apparence les plus aveugles. Le processus entier de l’йvolution, avec ses adaptations sans fin, en est une preuve. Les lois immuables qui sarclent les espиces faibles, afin de faire place aux fortes, et qui assurent la « survivance des plus aptes », quoique cruelles dans leur action immйdiate, tendent toutes vers le grand but. Le fait mкme que les adaptations ont lieu, que les plus aptes survivent dans la lutte pour l’existence, prouve ce que nous appelons la « Nature inconsciente » [ En effet, la Nature, prise dans son sens abstrait, ne peut pas кtre « inconsciente », puisqu’elle est l’йmanation de la Conscience ABSOLUE et, par consйquent, l’un de ses aspects sur le plan manifestй. Oщ est l’homme assez osй pour refuser а la vйgйtation, et, mкme aux minйraux, une conscience а eux? Tout ce qu’il peut dire c’est que cette conscience est au-delа de sa comprйhension ] est, en rйalitй, un ensemble de forces manipulйes par des кtres semi-intelligents (Йlйmentals), dirigйs par de hauts Esprits Planйtaires (Dhyвn-Chфhans) dont l’ensemble forme le VERBE manifestй du LOGOS Non-Manifestй et constitue, en mкme temps, le Mental de l’Univers et sa Loi immuable.

Trois reprйsentations distinctes de l’Univers, sous ses trois aspects distincts, sont imprimйes dans notre pensйe par la Philosophie Йsotйrique : le PRÉ-EXISTANT évoluédu TOUJOURS-EXISTANT et le PHÉNOMÉNAL– le monde de l’illusion, sa rйflexion et son ombre. Pendant le grand mystиre et le grand drame de la vie, connu sous le nom de Manvantara, le Cosmos rйel ressemble aux objets placйs derriиre l’йcran blanc sur lequel les ombres se projettent. Les personnages, ainsi que les choses, restent invisibles, tandis que les fils conducteurs de l’йvolution sont maniйs par des mains invisibles. Les hommes et les choses ne sont donc que les reflets sur le fond blanc des rйalitйs dissimulйes derriиre les piиges de Mahвmвyв, la Grande Illusion. Cela fut enseignй dans toutes les philosophies, dans toutes les religions antйdiluviennes, ainsi que post-diluviennes, dans l’Inde et dans la Chaldйe, par les sages Chinois, comme par ceux de la Grиce. Dans les premiers pays ces trois Univers furent allйgorisйs dans les enseignements exotйriques, par les trois Trinitйs йmanant du Germe central йternel et formant avec lui une Unitй Suprкme : la Triade initiale, la Triade manifestйe et la Triade crйatrice, ou les Trois dans Une. La derniиre n’est, dans son expression concrиte, qu’un symbole des deux premiиres qui sont idйales. Par consйquent, la Philosophie Йsotйrique passe sur la nйcessitй de cette conception purement mйtaphysique et n’appelle Toujours-Existant que le premier Univers. Telle est l’opinion de chacune des six grandes йcoles de philosophies Indiennes [ Nyaya-Vaisheshika, Samkhya, Yoga, Mimamsa, Vйdвnta. ] – les six principes de ce corps-unitй de Sagesse, dont la Gnose, la Connaissance cachйe, est le septiиme.

L’auteur espиre que, quelque superficiellement qu’aient йtй йlaborйs les commentaires des SEPT STANCES, on a donnй assez, dans cette partie cosmogonique de l’ouvrage, pour montrer que les enseignements Archaпques sont visiblement plus scientifiques (au sens moderne du mot) qu’aucune autre Йcriture antique, considйrйe dans son aspect exotйrique. Puisque cependant, comme nous l’avons dйjа dйclarй, cet ouvrage retient beaucoup plus qu’il ne donne, nous invitons l’йtudiant а se servir de sa propre intuition. Notre tвche principale est, d’abord, d’йlucider ce que l’on a donnй et, а notre grand regret, quelquefois trиs incorrectement; de supplйer, ensuite, la connaissance dont nous avons parlй а demi-mot – partout et toutes les fois que ce sera possible – par les donnйes additionnelles; et, enfin de sauvegarder nos doctrines contre les attaques trop fortes du Sectarisme moderne et, plus spйcialement, contre celles du Matйrialisme rйcent, trиs souvent qualifiй, а tort, de Science, alors qu’en rйalitй les mots « Savants » et « demi-Savants » doivent seuls porter la responsabilitй des masses de thйories illogiques prйsentйes au monde. Dans sa grande ignorance, le public, en mкme temps qu’il accepte aveuglйment tout ce qui йmane des « autoritйs » et croit de son devoir de considйrer toute affirmation йmanant d’un homme de science comme un fait prouvй, - le public, disons-nous, a appris а se moquer de tout ce qui vient de sources « paпennes ». En consйquence, comme les Savants matйrialistes ne sauraient кtre combattus qu’avec leurs propres armes, celles de la controverse et de la discussion, nous avons ajoutй а chaque Volume un Appendice, oщ l’on met en regard les donnйes respectives et oщ l’on montre а quel point les grandes autoritйs, elles-mкmes, peuvent se tromper. Nous croyons que l’on peut le faire d’une maniиre efficace en relevant les points faibles de nos opposants et en signalant l’incorrection de leurs trop frйquents sophismes que l’on fait passer pour les dires de la Science. Nous tenons pour Hermиs et sa « Sagesse », dans son caractиre universel; eux tiennent pour Aristote, comme adversaires de l’intuition et de l’expйrience des Вges, s’imaginant que la Vйritй appartient exclusivement au monde Occidental. De lа le dйsaccord. Comme le dit Hermиs : « La Connaissance diffиre beaucoup de la raison, car celle-ci atteint aux choses qui s’йlиvent au-dessus d’elle, mais la Connaissance est le but de la raison, - c’est-а-dire de l’illusion de notre cerveau physique et de son intellect, appuyant ainsi sur le contraste qui existe entre la connaissance pйniblement acquise des sens et du Mental (Manas), et l’omniscience intuitive de l’Вme Spirituelle Divine (Buddhi).

Quel que soit le sort rйservй а ce travail dans un avenir lointain, nous espйrons avoir au moins prouvй les faits suivants :

(1) La DOCTRINE SECRÈTE n’enseigne pas d’Athйisme, sauf dans le sens qu’implique le Sanscrit Nвstiska, rejet des idoles. Dans ce sens tout Occultiste est un Nвstiska.

(2) Elle admet un Logos, ou un « Crйateur » Collectif de l’Univers; un Demi-urgos [Dйmiurge] dans le sens employй en parlant d’un « Architecte » comme du « Crйateur » d’un йdifice, bien que cet Architecte n’en ait jamais touchй une pierre mais qu’aprиs en avoir donnй le plan, il ait laissй tout le travail manuel aux maзons. Dans notre cas, le plan fut donnй par l’Idйation de l’Univers et le travail de construction fut laissй aux Lйgions de Puissances et de Forces intelligentes. Mais ce Dйmiurge n’est pas une Divinitй personnelle – c’est-а-dire un Dieu extra-cosmique imparfait, mais seulement l’ensemble des Dhyвns-Chфhans et des autres Forces.

(3) Les Dhyвns-Chфhans ont un double caractиre puisqu’ils sont composйs de (a) l’Йnergie brute, irrationnelle, inhйrente а la Matiиre, (b) de l’Вme intelligente ou Conscience cosmique qui dirige et guide cette Йnergie et qui est la Pensйe Dhyвn-Chфhanique reflйtant l’Idйation du Mental Universel. Cela a pour rйsultat une sйrie perpйtuelle de manifestations physiques et d’effets moraux sur la Terre pendant les pйriodes manvantariques, le tout йtant soumis au Karma. Comme ce processus n’est pas toujours parfait et que, si nombreuses que soient les preuves qu’il puisse laisser voir de l’existence d’une Intelligence dirigeante cachйe derriиre le voile, il n’en montre pas moins des lacunes et des dйfauts et aboutit mкme trиs souvent а des insuccиs йvidents, - il s’ensuit que ni la Lйgion collective (Dйmiurge), ni aucune des Puissances actives, prises individuellement, ne mйritent les honneurs et un culte divins. Tous ont cependant droit au reconnaissant respect de l’Humanitй et l’homme devrait toujours s’efforcer а aider l’йvolution divine des IDÉES, en devenant, dans la mesure de ses moyens, un collaborateur de la Nature dans la tвche cyclique. Seul, l’inconnaissable et incognoscible Kаrana, la Cause sans Cause de toutes les causes, devrait avoir son sanctuaire et son autel sur le terrain sacrй et а jamais inviolй de notre coeur– invisible, intangible, non mentionnй, sauf par la « voix encore faible » de notre conscience spirituelle. Ceux qui l’adorent devraient le faire dans le silence et dans la solitude sanctifiйe de leurs Вmes [ Lorsque tu pries, ne sois pas comme sont les hypocrites… mais entre dans ta chambre intйrieure, et aprиs en avoir fermй la porte, prie ton Pиre qui est dans le secret, Math. VI, 5-6. Notre Pиre est en nous « en secret », c’est notre Septiиme Principe qui est dans la « chambre intйrieure » de notre perception de l’вme. « Le Royaume de Dieu » et du Ciel est en nous, dit Jйsus, et non au dehors. Pourquoi les Chrйtiens sont-ils si aveugles en ce qui concerne la signification йvidente des paroles de sagesse qu’ils se plaisent а rйpйter machinalement? ], faisant de leur Esprit le seul intermйdiaire entre eux et l’Esprit Universel, de leurs bonnes actions les seuls prкtres et de leurs intentions pйcheresses les seules victimes expiatoires visibles et objectives offertes а la Prйsence.

(4) La Matiиre est Йternelle. C’est l’Upвdhi, ou Base Physique, dont se sert le Mental Universel, Unique et Infini, pour йtablir sur elle ses idйations. C’est pourquoi les Йsotйristes maintiennent qu’il n’y a pas de matiиre inorganique ou « morte » dans la Nature, la distinction qu’йtablit la Science entre les deux йtant aussi peu fondйe qu’elle est arbitraire et dйpourvue de raison. Quoi qu’en puisse penser la Science, - et la Science exacte est une inconstante personne, comme nous le savons tous par expйrience – l’Occultisme sait et enseigne diffйremment, comme il l’a fait de temps immйmorial, depuis Manu et Hermиs, jusqu’а Paracelse et ses successeurs.

Hermиs Trismйgiste, le Trois Fois Grand, dit :

O mon fils, la matiиre devient; autrefois elle fut, car la matiиre est le vйhicule du devenir. Devenir est le mode d’activitй du Dieu incrйй et qui prйvoit. Ayant йtй douй du germe du devenir, la matiиre [objective] est enfantйe, car la force crйatrice la moule selon les formes idйales. La matiиre non encore engendrйe n’avait pas de forme : elle devient lorsqu’elle est mise en action
[
La Vierge du Monde, pp. 134-135. Voir Hermиs Trismйgiste, trad. franзaise par Louis Mйnard. Paris, Didier, 2e йdition, 1867 (livre IV, ch. VIII, p. 250). ].

Feu le docteur Anna Kingsford, l’excellent traducteur et compilateur des Fragments Hermйtiques, dit, dans une note au bas de la page :

[Le docteur Mйnard fait remarquer qu’en grec le mкme mot signifie naоtre et devenir. L’idйe est celle-ci : c’est que la matiиre qui compose le monde est йternelle dans son essence et qu’avant la crйation ou le « devenir », elle est dans une condition passive et immobile. C’est pourquoi elle « fut » avant d’кtre mise en action; maintenant, elle « devient », c’est-а-dire qu’elle est mobile et progressive.

Et elle ajoute : la doctrine purement Vйdвntique de la Philosophie Hermйtique enseigne que :

La crйation est, par consйquent, la pйriode d’activitй [Manvantara] de Dieu, qui, selon la pensйe Hermйtique (ou, matiиre qui, selon le Vйdantisme) a deux modes – l’Activitй ou Existence, Dieu йvoluй (Deus explicitus) et l’Existence Passive [Pralaya], Dieu involuй (Deus implicitus). Les deux modes sont parfaits et complets, comme le sont, pour l’homme, les йtats de veille et de sommeil. Fichte, le philosophe allemand, dйcrivait l’Кtre (Sein) comme l’Unique que nous ne connaissons que par son existence (Dasein) en qualitй de Multiple. Cette maniиre de voir est absolument Hermйtique. Les « Formes Idйales »… sont les archétypes ou formatives des Nйo-Platoniciens; les conceptions йternelles et subjectives de choses qui existent dans le Mental divin avant la « crйation », ou le devenir.

Ou, comme dans la philosophie de Paracelse :

Tout est le produit d’un seul effort crйateur universel… Il n’y a rien de mort dans la Nature. Tout est organisme et vivant et c’est pourquoi le monde entier semble кtre un organisme vivant [ Paracelse, Frantz Hartmann, M. D., p. 44. Йdit. 1887. ].

(5) L’Univers a йtй tirй de son plan idйal, entretenu durant l’Йternitй dans l’Inconscience de ce que les Vйdantins appellent Parabrahman. C’est pratiquement identique aux conclusions de la plus haute philosophie Occidentale, les « Idйes innйes, йternelles et préexistantes » de Platon, maintenant reprises par Von Hartmann. L’ « Inconnaissable » d’Herbert Spencer ne ressemble que faiblement а cette rйalitй transcendantale, а laquelle croient les Occultistes et qui ne semble кtre souvent que la personnification d’une « force cachйe derriиre les phйnomиnes », - une Йnergie infinie et йternelle de laquelle tout procиde, tandis que l’auteur de La Philosophie de l’Inconscient  arrive (sous ce rapport seulement)  aussi prиs de la solution du grand Mystиre que le peut un homme mortel. Rares ont йtй ceux qui, dans la philosophie ancienne, comme dans celle du moyen вge, ont osй s’approcher de ce sujet, ou mкme en faire mention. Paracelse en parle par voie d’infйrence et ses idйes sont admirablement synthйtisйes par le docteur F. Hartmann, M. S. T., dans son Paracelse que nous venons de citer.

Tous les Kabalistes Chrйtiens comprenaient bien l’idйe racine de l’Orient. Le Pouvoir actif, le « Mouvement Perpйtuel du grand Souffle », ne rйveille le Cosmos qu’а l’aurore de chaque nouvelle Pйriode, le mettant en mouvement au moyen de deux Forces contraires [la force centripиte et la force centrifuge qui sont mвle et femelle, positive et nйgative, physique et spirituelle, qui forment а elles deux la Force Primordiale unique] et la rendent ainsi objective sur le plan de l’Illusion. En d’autres termes, ce double mouvement transporte le Cosmos du plan de l’Idйal Йternel dans celui de la manifestation finie, ou du plan noumйnal dans le plan phйnomйnal. Tout ce qui est, fut et sera, EXISTE йternellement, mкme les Formes innombrables, qui ne sont finies et pйrissables, que dans leur forme objective, mais non dans leur forme idйale. Elles ont existй comme Idйes, dans l’Йternitй, et, lorsqu’elles disparaоtront, elles existeront comme reflets. [L’Occultisme enseigne qu’aucune forme ne peut кtre donnйe а quoi que ce soit, par la Nature ou par l’homme, sans que son type idйal n’existe dйjа sur le plan subjectif; mieux que cela : qu’aucune forme ou aspect ne peut entrer dans la conscience de l’homme, ou йvoluer dans son imagination, sans exister dйjа а l’йtat de prototype, au moins approximativement.] Ni la forme de l’homme, ni celle d’un animal, d’une plante ou d’une pierre, n’ont jamais йtй « crййes », et ce n’est que sur notre plan qu’elles ont commencй а « devenir », c’est-а-dire а s’objectiver dans leur matйrialitй actuelle, ou а s’йpandre du dedans au dehors, de l’essence la plus sublimйe et la plus super-sensorielle jusqu’а son apparence la plus grossiиre. Par consйquent nos formes humaines ont existй dans l’Йternitй comme des prototypes astraux ou йthйrйs; c’est sur ces modиles que les Кtres Spirituels, ou Dieux, dont le devoir йtait de les amener а l’existence objective et а la vie terrestre, ont йvoluй les formes protoplasmiques des Egos futurs de leur propre essence. Aprиs quoi, dиs que cet Upadhi humain, ou ce moule servant de base, fut prкt, les Forces terrestres naturelles commencиrent а travailler sur ces moules supersensorielsqui contenaient, outre leur propre йlйment, ceux de toutes les formes vйgйtales passйes et de toutes les forces animales futures de ce globe. De sorte que la coque extйrieure de l’homme passa par tous les corps vйgйtaux et animaux, avant de revкtir la forme humaine. Mais, comme on dйcrira tout cela en dйtail dans les commentaires des Volumes 3 et 4, il n’est pas nйcessaire de nous йtendre davantage sur ce sujet.

Selon la philosophie Hermйtico-Kabalistique de Paracelse, c’est Yliaster, - l’ancкtre du Protyle nouveau-nй, introduit par M. Crookes dans la Chimie, - ou la Protomateria primordiale, qui fit jaillir le Cosmos de son propre sein.

Lorsque la crйation [l’йvolution] eut lieu, l’Yliaster se divisa; il se fondit, se dйcomposa et fit jaillir, pour ainsi dire, de son propre sein (de dedans) l’Idйos ou Chaos (Mysterium Magnum, Iliados, Limbus Major ou Matiиre Primordiale). Cette Essence Primordiale est d’une nature moniste et se manifeste, non seulement comme activitй vitale, c’est-а-dire comme une force spirituelle, un pouvoir invisible, incomprйhensible et indescriptible, mais aussi comme la matiиre vitale dont se compose la substance des кtres vivants. Dans ce Limbus ou Idйos de matiиre primordiale … la seule matrice de toutes les choses crййes, la substance de toutes choses se trouve contenue. Les anciens le dйpeignent comme le Chaos… d’oщ sortit le Macrocosme, puis ensuite, par division et йvolution, dans les Mysteria Specilia [ ce mot est expliquй dans les termes suivants, par le docteur Hartmann, d’aprиs les textes originaux de Paracelse qu’il avait devant lui. Selon ce grand Rose-Croix : « Le Mystйrium est tout ce qui est susceptible de dйvelopper une chose qu’il ne renferme qu’а l’йtat de germe. Une graine est le « Mysterium » d’une plante, un oeuf celui d’un oiseau vivant, etc. »], chaque кtre distinct. Toutes les choses et toutes les substances йlйmentaires y йtaient contenues in potentia mais non in actu en puissance mais non en fait] [ Op. cit., pp. 41-42. ].

cela amиne le traducteur, le docteur Hartmann, а faire observer avec raison « qu’il semble que Paracelse ait devancй de trois siиcles la dйcouverte moderne de la « potentialitй de la matiиre ».

Le Magnus Limbus, donc, ou l’Yliaster de Paracelse, n’est autre que notre ancien ami « Pиre-Mиre », - en dedans, avant son apparition dans l’Espace [ Voir Stance 2, etc. ]. C’est la Matrice Universelle du Cosmos, personnifiйe sous le double aspect du Macrocosme et du Microcosme, ou de l’Univers et de notre Globe [ Il n’y a que les Kabalistes du moyen вge qui, prenant modиle sur les Juifs et sur un ou deux Nйo-Platoniciens, appliquиrent а l’homme le mot de Microcosme. La philosophie ancienne appelait la Terre le Microcosme du Macrocosme et l’homme, le produit des deux.. ], par Aditi-Prakriti, ou la Nature spirituelle et physique. Paracelse nous explique, en effet que :

Le Magnus imbus est la pйpiniиre d’oщ sont sorties toutes les crйatures, dans le mкme sens qu’un arbre peut sortir d’une toute petite graine, avec cette diffйrence, toutefois, que le grand imbus tire son origine du Verbe de Dieu, tandis que le imbus mineur (la semence ou sperme terrestre) tire la sienne de la terre. Le grand imbus est la semence d’oщ sont sortis tous les кtres et le petit imbus est chaque кtre final qui reproduit sa forme et qui a йtй lui-mкme produit par le grand, Le petit imbus possиde toutes les qualifications du grand, dans le mкme sens qu’un fils possиde une organisation analogue а celle de son pиre… Aprиs que … Yliaster se fut dissous, Arиs le pouvoir diviseur, diffйrenciateur et individualisateur (Fohat, autre vieil ami а nous… commenзa а agir. Toute production eut lieu comme consйquence de la sйparation. Du sein de l’Idйos furent tirйs les йlйments du Feu, de l’Eau, de l’Air et de la Terre, dont la naissance, toutefois, n’eut pas lieu d’une faзon matйrielle, ou par simple sйparation, mais d’une maniиre spirituelle et dynamique [pas mкme par des combinaisons complexes – par exemple le mйlange mйcanique, opposй а la combinaison chimique], de mкme que le feu peut jaillir d’un caillou, ou un arbre sortir d’une graine, quoiqu’il y ait, а l’origine, ni feu dans le caillou, ni arbre dans la graine. « L’Esprit est vivant et la Vie est l’Esprit, et la Vie et l’Esprit [Prakriti, Purusha (?)] produisent toutes choses, mais ils sont essentiellement un et non pas deux… » Les йlйments aussi ont, chacun, leur propre Yliaster, parce que toute l’activitй de la matiиre, sous toutes ses formes, n’est qu’une йmanation de la mкme source. Mais de mкme que de la graine jaillissent les racines avec leurs fibres, puis la tige avec ses branches et ses feuilles et enfin les fleurs et les graines, de mкme tous les кtres sont nйs des йlйments et se composent de substances йlйmentaires qui peuvent donner naissance а d’autres formes possйdant les caractйristiques de leurs parents [ « Cette doctrine, prкchйe il y a 300 ans », fait remarquer le traducteur, « est identique а celle qui a rйvolutionnй la pensйe moderne, aprиs avoir йtй pourvue d’une forme nouvelle et avoir йtй йlaborйe par Darwin. Elle est encore plus йlaborйe par Kapila dans la philosophie Sвnkhya. » ]. Les йlйments, en leur qualitй de mиres de toutes les crйatures, sont d’une nature invisible et spirituelle et ont des вmes [ L’Occultiste Oriental dit qu’ils sont guidйs et instruits par des Кtres Spirituels, ouvriers des Mondes invisibles et derriиre le voile de la Nature Occulte, ou de la Nature in abscondito. ]. Ils jaillissent tous du Mysterium Magnum.

Comparez cela avec la Vishnu Purвna :

De Pradhвna [la Substance Primordiale] prйsidйe par l’вme (Kshйtrajna) [l’ « esprit incarnй » (?)] provient le dйveloppement inйgal [Йvolution] de ces qualitйs… Du grand principe (Mahat) l’Intelligence [Universelle]  [ou Mental]… les йlйments (subtils) et les organes des sens tirent leur origine [ Wilson, I, II (vol I, 29-34). ]

On peut ainsi montrer que toutes les vйritйs fondamentales de la Nature йtaient universelles dans l’antiquitй et que les idйes gйnйrales sur l’Esprit, la Matiиre et l’Univers, ou sur Dieu, la Substance et l’Homme, йtaient identiques. En йtudiant les deux philosophies religieuses les plus anciennes du globe, l’Hindouisme et l’Hermйtisme, dans les Йcritures de l’Inde et de l’Йgypte, leur identitй est facile а reconnaоtre.

Cela devient йvident pour celui qui lit la derniиre version traduite des « Fragments Hermйtiques », dont nous venons de parler, par le docteur Anna Kingsford. Quelque dйfigurйs et torturйs qu’ils aient йtй а leur passage par les mains des sectaires Grecs et Chrйtiens, la traductrice en a saisi les points faibles avec beaucoup d’habiletй et d’intuition et a essayй d’y remйdier au moyen d’explications et de notes au bas des pages. Elle dit :

La crйation du monde visible par les « dieux travailleurs » ou Titans, comme agents du Dieu suprкme [ C’est une expression qui se rencontre frйquemment dans ces « Fragments » et contre laquelle nous protestons. Le Mental Universel n’est pas un Кtre ou Dieu. ] est une idйe entiиrement hermйtique, reconnaissable dans tous les systиmes religieux, et en accord avec les recherches scientifiques modernes [?], qui nous montrent partout le Pouvoir Divin agissant au moyen des Forces naturelles.

А citer de la mкme traduction :

Cet Кtre Universel, qui contient tout et qui est tout, met en mouvement l’вme et le monde, tout ce que comprend la nature. Dans l’unitй multiple de la vie universelle, les innombrables individualitйs qui se distinguent par leurs variations sont, nйanmoins, unies d’une telle faзon que tout ne forme qu’un et que tout procиde de l’unitй [The Virgin of the World, p. 47. « Asclepios ou Initiation », Pt. I, trad. Mйnard, livre II, p. 115. ].

Et d’une autre traduction encore :

Dieu n’est pas un Mental, mais la cause qui fait que le Mental existe; il n’est pas un esprit, mais la cause qui fait que l’Esprit existe; il n’est pas la lumiиre, mais la cause qui fait que la Lumiиre existe [ Divine Pymander, IX, 64. ].

cela montre clairement que le « Divin Pymandre », quelque changй qu’il puisse avoir йtй dans certains passages, par des « adoucissements » chrйtiens, fut nйanmoins йcrit par un philosophe, tandis que la plupart des prйtendus « Fragments Hermйtiques » sont l’oeuvre de sectaires paпens, ayant une tendance а admettre un Кtre Suprкme anthropomorphe. Cependant les deux ouvrages sont l’йcho de la Philosophie Йsotйrique et des Purвnas hindoues.

Comparez deux invocations, l’une au « Tout-Suprкme » hermйtique, l’autre au « Tout-Suprкme » des derniers Aryens. Un fragment hermйtique citй par Suidas dit :

Je t’adjure, Ciel, oeuvre sacrйe du Dieu grand; je t’adjure, Voix du Pиre, rйvйlйe au commencement, lorsque le monde universel fut formй; je t’adjure, par le Verbe, Fils unique du Pиre, qui soutient toutes choses; sois propice, sois propice [ The Virgin of the World, p. 153, et trad. Mйnard, liv. IV, ch. VII, p. 281. ].

Cette invocation est prйcйdйe par ce qui suit :

Ainsi la Lumiиre Idйale existait avant la Lumiиre Idйale et l’Intelligence lumineuse de l’Intelligence a toujours existй et son unitй n’йtait autre que l’Esprit enveloppant l’Univers. Hors de Quoi [Qui] il n’y a ni Dieu, ni Anges, ni aucune autre essence, car Il (C’) est le Seigneur de toutes choses et le Pouvoir de la Lumiиre; et tout dйpend de Lui (de cela) et est en Lui (en cela).

ce passage est contredit par le mкme Trismйgiste а qui l’on fait dire :

Parler de Dieu [est] impossible. Car le corporel ne peut exprimer l’incorporel… ce qui n’a ni corps, ni apparence, ni forme, ni matiиre, ne peut кtre saisi par les sens. Je comprends, Tatios, je comprends, ce qu’il est impossible de dйfinir – c’est-а-dire Dieu [ Op. cit., pp. 135-138, et trad. Mйnard, liv. IV, ch. X, p. 256. Fragments des « Eglogues Physiques » et « Florilegium » de STOBÉE. ].

La contradiction entre les deux passages est йvidente et cela montre (a) qu’Hermиs йtait un nom de plume gйnйrique employй par une sйrie de gйnйrations de Mystiques de toutes nuances et (b) qu’il faut user de beaucoup de discernement avant d’accepter un Fragment comme enseignement йsotйrique, pour la seule raison qu’il est incontestablement anciens. Comparons maintenant ce que nous venons de citer avec une invocation du mкme genre qui se trouve dans les Йcritures Hindoues – incontestablement aussi ancienne, sinon bien plus ancienne. La voici : Parвshara, l’ « Hermиs »  вryen, instruit Maпtrйya, l’Asclepios indien, et invoque Vishnou sous sa triple hypostase :

Gloire а Vishnu, l’immuable, le saint, l’йternel, le suprкme, celui dont la nature est universelle, le tout-puissant; а lui qui est Hiranyagarbha Hari et Shankara (Brahmв Vishnu et Shiva), le crйateur, le prйservateur et le destructeur du monde; а Vвsudeva, le libйrateur de ses adorateurs; а lui dont l’essence est а la fois… une et multiple; qui est, en mкme temps, subtil et corporel, non distinct et distinct; а Vishnu, la cause de l’йmancipation finale, Gloire au suprкme Vishnu cause de la crйation, de l’existence et de la fin de ce monde; qui est la racine du monde et qui est le monde [ Vishnu Purвna I, II; Wilson, I, 13-15. ].

Voilа une invocation grandiose, impliquant une profonde signification philosophique, mais qui, pour les masses profanes, suggиre comme la priиre Hermйtique un Кtre anthropomorphe. Nous devons respecter le sentiment qui a dictй les deux, mais nous ne pouvons nous empкcher de le trouver en complet dйsaccord avec sa signification cachйe, mкme avec celle exprimйe dans le mкme traitй Hermйtique, oщ il est dit :

Trismйgiste : La Rйalitй n’est pas de ce monde, mon fils, et elle ne peut pas en кtre… Rien sur la terre n’est rйel, il n’y a que des apparences… Lui [l’homme] n’est pas rйel, mon fils, comme homme. Le rйel ne consiste qu’en lui-mкme et reste ce qu’il est… L’homme est transitoire, c’est pourquoi il n’est pas rйel, il n’est qu’apparence et l’apparence est l’illusion mкme.

Tatios : Alors les corps cйlestes eux-mкmes ne sont pas rйels, mon pиre, puisqu’eux aussi changent?

Trismйgiste : ce qui est soumis а la naissance et au changement n’est pas rйel… Il y a en eux une certaine faussetй puisque eux aussi sont variables…

Tatios : Et quelle est alors, ф mon pиre, la Rйalitй Primordiale?

Trismйgiste : Celui qui [ce qui] est unique et seul, ф Tatios; Celui qui [ce qui]  n’est pas fait de matiиre, ni d’aucun corps; Celui qui [ce qui] n’a ni couleur ni forme; Celui qui [ce qui]  ne change ni se transmet, mais est toujours [ Op. cit., pp. 139-140. ].

 

cela est tout а fait d’accord avec l’enseignement vйdвntique. La pensйe maоtresse est Occulte; et il y a de nombreux passages dans les fragments hermйtiques qui appartiennent entiиrement а la DOCTRINE SECRÈTE.

Cette DOCTRINE enseigne que l’Univers entier est dirigй par des Forces et des Puissances intelligentes et semi-intelligentes, comme nous l’avons dit dиs le dйbut. La thйologie chrйtienne admet et mкme impose une telle croyance, mais elle йtablit une division arbitraire et elle parle d’eux comme d » « Anges » et de « Diables ». la Science nie l’existence des deux et en ridiculise l’idйe mкme. Les Spirites croient aux « Esprits des Morts » et, en dehors de ceux-ci, nient entiиrement l’existence de toute autre classe ou espиce d’кtres invisibles. Les Occultistes et les Kabalistes sont donc les seuls interprиtes rationnels des traditions anciennes qui ont maintenant atteint leur point culminant dans la foi dogmatique, d’une part, et dans la nйgation non moins dogmatique, d’autre part. Car la foi et l’incrйdulitй n’embrassent toutes deux qu’un modeste coin des horizons infinis des manifestations spirituelles et physiques et, par suite, toutes deux ont raison а leurs points de vue respectifs, mais ont en mкme temps tort de croire qu’elles puissent circonscrire le tout entre leurs barriиres spйciales si йtroites, - attendu qu’elles ne le pourront jamais. Sous ce rapport, la Science, la Thйologie et mкme le Spiritisme, ne montrent guиre plus de sagesse que l’autruche, lorsqu’elle cache sa tкte dans le sable qui est а ses pieds et se croit alors certaine qu’il n’existe rien au-delа du point d’oщ elle observe et de l’aire limitй qu’occupe sa tкte sans cervelle.

Comme les seuls ouvrages qui existent maintenant sur le sujet que nous examinons et qui soient а la portйe des profanes des races Orientales « civilisйes » sont les Livres Hermйtiques dont nous venons de parler, ou plutфt des Fragments Hermйtiques, nous pouvons les comparer, dans le cas actuel, avec les enseignements de la Philosophie Йsotйrique. Citer, а ce propos, d’autres ouvrages, serait inutile, puisque le public ne sait rien des ouvrages Chaldйens qui sont traduits en arabe et conservйs par quelques initiйs Soufis. En consйquence, les « Dйfinitions d’Asclйpios » rйcemment recueillies et commentйes par le docteur Anna Kingsford, M. S. T., et dont quelques donnйes s’accordent d’une faзon remarquable avec la Doctrine Orientale Йsotйrique, doivent servir de point de comparaison. Quoique plus d’un passage porte l’empreinte manifeste et rйcente d’une main chrйtienne, cependant, d’une faзon gйnйrale, les caractйristiques des Gйnies et des Dieux sont celles des enseignements Orientaux, bien qu’а propos d’autres questions il y ait des passages qui s’йcartent notablement de nos doctrines.

[En ce qui concerne les Gйnies, les philosophes Hermйtiques appelaient Theoi (Dieux), Gйnies et Daimons les Entitйs que nous appelons Dйvas (Dieux), Dhyвn-Chфhans, Chitkala (les Kwan-Yin des Bouddhistes) et de divers autres noms. Les Daimons sont dans le sens que donne Socrate а ce mot – et mкme dans celui que lui donne la thйologie Orientale et Latine – les esprits tutйlaires de la race humaine; « ceux qui demeurent dans le voisinage des immortels et de lа veillent sur les affaires humaines », comme dit Hermиs. En langage Йsotйrique, ils sont appelйs les Chitkala, dont quelques-uns sont ceux qui ont donnй а l’homme ses quatriиme et cinquiиme Principes, tirйs de leur propre essence et dont les autres sont ceux que l’on appelle les Pitris. Nous expliquerons cela lorsque nous en arriverons а la production de l’homme complet. La racine du mot est Chit, « celui par qui les consйquences des actes et les diffйrentes sortes de connaissances sont choisies pour l’usage de l’вme », ou la conscience, la voix intйrieure de l’homme. Chez les Yфgis, Chit est synonyme de Mahat, le premier et divin intellect; mais, dans la Philosophie Йsotйrique, Mahat est la racine de Chit, son germe, et Chit [ Savoir, кtre conscient de …] est une qualitй du Manas joint а Buddhi, une qualitй qui attire а elle par affinitй spirituelle, un Chitkala, lorsqu’elle se dйveloppe suffisamment chez l’homme. C’est pourquoi il est dit que Chitti [ Pensйe, comprйhension, sagesse. ] est une voix qui acquiert la vie mystique et devient Kwan-Yin. ]

Extraits d’un commentaire oriental particulier tenu jusqu’а prйsent secret
[
Cet enseignement ne se rapporte pas а Prakriti-Purusha au-delа des limites de notre petit Univers. ]

XVII. L’existence Initiale, а la premiиre Aurore du Mahвmanvantara [aprиs le Mahвpralaya qui suit chaque Вge de Brahmв], est une QUALITÉ SPIRITUELLE CONSCIENTE. Dans les MONDES Manifestйs [les Systиmes Solaires], elle a, dans sa SUBJECTIVITÉ OBJECTIVE, l’aspect d’une pellicule produite par un Souffle Divin aux yeux du voyant en йtat d’extase. En sortant du LAYA [ L’йtat de repos final; la condition Nirvвnique du Septiиme Principe ] elle se rйpand а travers l’Infini sous forme d’un fluide spirituel incolore. Elle est sur le SEPTIÈME PLAN et dans son Septiиme Йtat, dans notre Monde Planйtaire [ L’enseignement est donnй entiиrement sur notre plan de conscience. ].

XVIII. Elle est la Substance de NOTRE vue spirituelle. Elle ne peut кtre appelйe ainsi par les hommes dans leur ЙTAT DE VEILLE, c’est pourquoi ils l’ont ainsi nommйe, dans leur ignorance, « Dieu Esprit ».

XIX. Elle existe partout et forme le premier UPADHI [ fondation] sur lequel notre Monde [le Systиme Solaire] est construit. En dehors de ce dernier, on ne le trouve, dans sa puretй primitive, qu’entre [les Systиmes Solaires, ou] les Йtoiles de l’Univers, les Mondes dйjа formйs ou en voie de formation; ceux en LAYA se reposant en attendant dans son sein. Comme sa substance est diffйrente de celle qui est connue sur la Terre, les habitants de cette derniиre, voyant A TRAVERS ELLE, se figurent, dans leur illusion et leur ignorance, que c’est de l’espace vide. Il n’y a pas, dans tout l’[Univers] Illimitй, l’йpaisseur d’un doigt (Angula) d’Espace vide …

XX. La Matiиre ou la Substance est septйnaire dans notre Monde comme elle l’est aussi au-delа. En outre, chacun de ses йtats ou principes est graduй en sept degrйs de densitй. SURYA [le Soleil], dans sa rйflexion visible, montre le premier йtat, ou le moins йlevй du septiиme degrй, l’йtat le plus йlevй de la PRÉSENCE UNIVERSELLE, le pur parmi les purs, le premier Souffle manifestй du Sat (Кtre-tй) а Jamais non-manifestй. Tous les Soleils centraux physiques ou objectifs sont, dans leur substance, l’йtat le moins йlevй du premier principe du SOUFFLE. Et ces soleils ne sont autre chose que les RÉFLEXIONS de leurs PRINCIPES qui sont cachйs а la vue de tous, sauf des Dhyвns-Chфhans, dont la substance Corporelle appartient а la cinquiиme division du septiиme Principe de la Substance-Mиre et est, en consйquence, de quatre degrйs plus йlevйe que la substance solaire rйflйchie. Comme il y a sept Dhвtu [substances principales du corps humain], de mкme il y a sept Forces dans l’Homme et dans toute la Nature.

XXI. La substance rйelle du [Soleil] Cachй est un noyau de Substance-Mиre [ Ou le « rкve de la Science », la vraie matiиre primordiale homogиne, qu’aucun mortel ne peut rendre objective, ni dans cette Race, ni mкme dans cette Ronde. ]. C’est le coeur et la Matrice de toutes les Forces vivantes et existantes de notre Univers Solaire. C’est le Noyau d’oщ sortent, pour s’йpandre durant leurs voyages cycliques, tous les Pouvoirs qui mettent en action les Atomes, dans l’exercice de leurs fonctions, et c’est le Foyer dans lequel ils se rencontrent de nouveau dans leur Septiиme Essence tous les onze ans. Si quelqu’un te raconte qu’il a vu le Soleil, moque-toi de lui [ Vishnu, sous la forme de son йnergie active, ne se lиve ni se couche jamais et il est а la fois soleil septuple, tout en йtant distinct de lui, dit la Vishnu Purвna, II, IX (Wilson, II, 296). ], comme s’il te disait que le Soleil se dйplace rйellement sur son orbite quotidienne….

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XXIII. C’est а cause de sa nature septйnaire que les anciens parlent du Soleil, comme йtant traоnйe par sept chevaux, йgaux aux vers des Vйdas; ou, encore, ils disent que, bien qu’il soit identifiй avec les SEPT « Gana » [ Classes d’Кtres], dans sa rйvolution, il est distinct d’eux [ De mкme qu’un homme s’approchant d’un miroir placй sur un meuble y voit sa propre image, de mкme l’йnergie (ou rйflexion) de Vishnu [le Soleil] n’est jamais sйparйe, mais reste dans le Soleil (comme dans un miroir) qui est placй lа. (Ibid., loc. cit.). ], comme il l’est en vйritй, et aussi qu’il possиde SEPT RAYONS, ce qui est vrai…

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XXV Les Sept Кtres dans le Soleil sont les Sept sacrйs, nйs d’eux-mкmes, du pouvoir inhйrent а la Matrice de la Substance-Mиre. Ce sont eux qui envoient les Sept Forces Principales, appelйes Rayons, qui, au commencement du Pralaya se concentreront en Sept nouveaux Soleils pour le prochain Manvantara. L’йnergie d’oщ elles jaillissent а l’existence consciente dans chaque Soleil est ce que quelques-uns appellent Vishnu, qui est le Souffle de l’ABSOLU.

Nous l’appelons la Vie Unique Manifestйe – elle-mкme reflet de l’Absolu…

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XXVII. On ne doit jamais faire mention de ce dernier en paroles, DE PEUR QU'IL N'ENLÈVE UNE PARTIE DE NOS ÉNERGIES SPIRITUELLES , qui aspirent а son état, gravitent toujours vers Lui spirituellement, comme l’univers physique tout entier gravite vers son centre manifestй – cosmiquement.

XXVIII. La premiиre – l’Existence Initiale – qu’on peut appeler, pendant qu’elle est dans cet йtat d’existence, la VIE UNIQUE , est, comme nous l’avons expliquй, une PELLICULE voilant les projets de crйation et de formation. Elle se manifeste en sept йtats qui, avec leurs subdivisions septйnaires, forment les QUARANTE-NEUF FEUX dont on parle dans les livres sacrйs…

XXIX. Le premier est la … « Mиre » [ Prima MATERIA ]. Se subdivisant dans ses sept йtats primaires, elle descend par cycles; lorsqu’elle est consolidйe dans son DERNIER principe, comme MATIÈRE GROSSIÈRE [ Comparez la "Nature" Hermétique, descendant par cycles, dans la matière lorsqu'elle rencontre "l'Homme Céleste" ], elle se tourne sur elle-mкme et anime, avec la septiиme йmanation du dernier, le premier et le moins йlevй des йlйments [le serpent qui se mord la queue]. Dans une Hiйrarchie ou un Ordre d’Кtres, la septiиme йmanation de son dernier principe est :

(a) Dans le Minйral, l’Йtincelle qui git latente en lui et qui est appelйe а son existence fugitive par le Positif qui йveille le Nйgatif [et ainsi de suite]…

(b) Dans la Plante, c’est cette Force vitale et intelligente qui anime la graine et la fait se dйvelopper en brin d’herbe, en racine ou en jeune plante. C’est le germe qui devient l’UPADHI des sept principes de la chose dans laquelle il habite, les faisant pousser а mesure que cette derniиre grandit et se dйveloppe.

(c) Dans chaque Animal, elle fait de mкme. C’est son Principe de Vie et son pouvoir vital; son instinct et ses qualitйs; ses caractйristiques et ses idiosyncrasies spйciales…

(d) А l’Homme, elle donne tout ce qu’elle confиre а toutes les autres unitйs manifestйes dans la Nature, mais elle dйveloppe de plus, en lui, la rйflexion de tous ses QUARANTE-NEUF FEUX .... Chacun de ses Sept Principes hйrite complиtement des sept principes de la « Grande Mиre » et y participe. Le souffle de son premier principe est son Esprit [ATMA]. Son second principe est BUDDHI [l’Вme]. Nous l’appelons а tort le septiиme. Le troisiиme lui donne la Matiиre Cйrйbrale sur le plan physique et le MENTAL qui la met en mouvement [et qui est l’Вme Humaine. H. P. B.] – selon ses capacitйs organiques.

(e) C’est la Force dirigeante des Йlйments cosmiques et terrestres. Elle rйside dans le Feu poussй hors de son йtat latent а un йtat actif, car toutes les sept subdivisions du *** principe rйsident dans le Feu terrestre. Elle tourbillonne avec la brise, souffle avec l’ouragan et met en mouvement l’air, йlйment qui participe aussi а l’un de ses principes. Procйdant par cycles, elle rиgle les mouvements de l’eau, attire et repousse les vagues [ Les auteurs de ces lignes connaissaient parfaitement la cause physique des marйes, des vagues, etc. C’est l’esprit animateur du corps solaire Cosmique tout entier, dont on parle ici et dont on parle chaque fois que l’on se sert de ces expressions, au point de vue mystique. ], selon des lois fixes, dont son septiиme principe est l’вme qui les anime.

(f) Ses quatre principes supйrieurs contiennent le Germe qui devient les Dieux Cosmiques. Ses trois principes infйrieurs enfantent les Vies des Йlйments [Йlйmentaux].

(g) Dans notre Monde Solaire, l’Existence Unique est le Ciel et la Terre, la Racine et la Fleur, l’Action et la Pensйe. Elle existe dans le Soleil et aussi dans le ver luisant. Pas un atome ne peut y йchapper. Aussi, les anciens Sages l’ont-ils sagement appelйe le Dieu manifestй dans la Nature…

Il serait peut-кtre intйressant de saisir cette occasion pour rappeler au lecteur ce que T. Subba Row a dit de ces forces – dйcrites au point de vue mystique :

Kanyв [le sixiиme signe du Zodiaque ou la Vierge] signifie une vierge et reprйsente Shakti ou Mahвmвyв. Le signe en question est le sixiиme Rвshi ou division et indique qu’il y a six forces primordiales dans la Nature [synthйtisйes par la Septiиme] …

Ces Shaktis se prйsentent dans l’ordre suivant :

(1) Parвshakti. – Littйralement la grande ou suprкme force ou puissance. Elle signifie et contient les pouvoirs de la lumiиre et de la chaleur.

(2) Jnanвsshakti. – Littйralement, le pouvoir de l’intellect, de la vraie sagesse ou connaissance. Il a deux aspects :

I. Voici quelques-unes de ses manifestations, lorsqu’il est placй sous l’influence ou le contrфle des conditions matйrielles. (a) La facultй que possиde le mental d’interprйter nos sensations; (b) sa facultй de rappeler des idйes passйes (la mйmoire) et de faire naоtre des espйrances futures; (c) sa facultй qui dйcoule de ce que les psychologues modernes nomment « les lois d’association » et qui lui permet de former des liens persistants entre les divers groupes de sensations et de possibilitйs de sensations et de donner ainsi naissance а la notion ou а l’idйe d’un objet extйrieur; (d) sa facultй de relier nos idйes entre elles par le lien mystйrieux de la mйmoire et de crйer ainsi l’idйe du soi ou de l’individualitй.

II. Voici maintenant quelques-unes de ses manifestations lorsqu’il est libйrй des liens de matiиre :

(a) La Clairvoyance; (b) la Psychomйtrie.

(3) Ichchhвshakti. – Littйralement, le pouvoir de la volontй. Sa manifestation la plus ordinaire est la crйation de certains courants nerveux qui mettent en mouvement les muscles nйcessaires pour accomplir ce qu’on veut faire.

(4) Kriyвshakti. – La mystйrieuse facultй de penser qui lui permet de produire, par la seule йnergie qui lui est inhйrente, des rйsultats phйnomйnaux externes et perceptibles. Les anciens tenaient pour certain qu’une idйe quelconque se manifestera extйrieurement si on concentre profondйment son attention sur elle. De mкme une volition intense sera suivie de la rйalisation du dйsir.

Un Yфgi accomplit gйnйralement ses prodiges au moyen d’Ichchhвshakti et Kriyвshakti.

(5) Kundalini Shakti. – La facultй ou la force qui se meut suivant une trajectoire serpentine ou courbe. C’est le principe de vie universel qui se manifeste partout dans las Nature. Cette force comprend les deux grandes forces d’attraction et de rйpulsion. L’йlectricitй et le magnйtisme ne sont que deux de ses manifestations. C’est le pouvoir qui produit cet « accord continu des relations internes avec les relations externes » qui est, selon Herbert Spencer, l’essence de la vie, et cet « accord continu des relations externes avec les relations internes » qui est la base de la transmigration des вmes, Punarjanman (Re-naissance), dans les doctrines des anciens philosophes hindous.

Un Yфgi doit maоtriser а fond cette facultй ou cette force, avant de pouvoir atteindre Mфksha. Cette force est, en fait, le grand serpent de la Bible.

(6) Mantrikвshakti. – Littйralement, la force ou le pouvoir des lettres de la parole ou de la musique. Toute l’ancienne Mantra Shвstra renferme cette force ou pouvoir dans toutes les manifestations qui sont de son ressort… L’influence de la musique est l’une de ses manifestations ordinaires. La puissance du nom mirifique et ineffable est la couronne de cette Shakti.

La Science moderne n’a approfondi qu’en partie la premiиre, la seconde et la cinquiиme des forces ou des facultйs que nous venons de nommer, mais reste entiиrement dans les tйnиbres en ce qui concerne les autres …Les six forces sont, dans leur unitй, reprйsentйes par la Lumiиre Astrale [Daпviprakriti, la septiиme, la Lumiиre du Logo] [ Five years of Theosophy, pp. 110-111, art. « Les Douze signes du Zodiaque ». ].

Nous avons fait ces citations pour montrer quelles sont, а ce sujet, les vйritables idйes hindoues. C’est tout а fait йsotйrique, bien que cela n’embrasse pas la dixiиme partie de ce qui pourrait кtre dit. Ainsi les six noms des six forces mentionnйes sont ceux des six Hiйrarchies de Dhyвn-Chфhans, synthйtisйes par la Primaire, la septiиme, - qui personnifie le Cinquiиme Principe de la Nature Cosmique, ou de la « Mиre » dans son sens mystique. L’йnumйration seule des Pouvoirs du Yфga demanderait dix volumes. Chacune de ces Forces a, а sa tкte, une Entitй Consciente et vivante, Entitй dont elle est une йmanation.

Mais comparons, avec le commentaire que nous venons de citer, les paroles d’Hermиs, le Trois fois Grand :

La crйation de la vie par le soleil est aussi continue que l’est sa lumiиre; rien ne l’arrкte, ni ne le limite. Autour de lui, comme une armйe de satellites, sont des choeurs innombrables de Gйnies. Ceux-ci habitent dans le voisinage des Immortels et de lа veillent sur les choses humaines. Ils accomplissent la volontй des Dieux [Karma] au moyen d’orages, de tempкtes, de transitions de feu et de tremblements de terre, ainsi que par des famines et des guerres, pour la punition de l’impiйtй [Voir Stances III et IV et les commentaires qui s’y rapportent et comparer surtout les remarques sur la Stance IV au sujet des Lipikas et des quatre Mahвrвjahs ou agents de Karma. ]

C’est le soleil qui conserve et nourrit toutes les crйatures, et, de mкme que le Monde Idйal, qui entoure le monde sensible, remplit celui-ci de la plйnitude et de l’universelle variйtй des formes, de mкme, le soleil, enveloppant tout de sa lumiиre, dйtermine partout la naissance et le dйveloppement des crйatures… Sous ses ordres se trouve le choeur des gйnies, ou plutфt les choeurs, car ils sont nombreux et diffйrents et leur nombre correspond а celui des йtoiles. Chaque йtoile a ses gйnies, bons et mauvais par nature, ou plutфt par leur action, car l’action est l’essence des gйnies… Tous ces gйnies prйsident aux affaires du Monde [Les « Dieux » ou Dhyвnis, aussi, pas seulement les Gйnies ou les « Forces dirigйes ». ], ils йbranlent et renversent la constitution des Йtats et des Individus; ils impriment leur ressemblance sur nos вmes, ils sont prйsents dans nos nerfs, dans notre moelle, dans nos veines, dans nos artиres et dans la substance mкme de nos cerveaux…

Au moment oщ chacun de nous reзoit la vie et l’existence, les gйnies [ Йlйmentaux ] qui prйsident aux naissances [ La signification de cela est que l’homme йtant composй de tous les Grands Йlйments – le Feu, l’Air, l’Eau, la terre et l’Йther – les ЙLÉMENTAUX qui appartiennent respectivement а ces Йlйments se sentent attirйs vers l’homme, en raison de leur co-essence. L’Йlйment qui prédomine dans une certaine constitution sera l'élément dirigeant pendant la vie. Par exemple, si, chez l’homme, l’Йlйment terrestre, l’Йlйment Gnфmique a la prйpondйrance, les Gnфmes le conduiront а amasser des mйtaux – de l’argent, des richesses et ainsi de suite. « L’homme animal est le fils des йlйments animaux d’oщ est nйe son Вme [Vie] et les animaux sont les miroirs de l’homme « , dit PARACELSE (De Fundamento Sapientiae). Paracelse йtait prudent et voulait que la BIBLE s’accordвt avec ce qu’il disait et c’est pourquoi il ne disait pas tout. ] et qui sont classйs au-dessous des pouvoirs astraux [Esprits astraux surhumains] se chargent de lui. Ils changent perpйtuellement, pas toujours identiquement, mais en progression circulaire [ Le progrиs cyclique dans le dйveloppement. ]. Ils imprиgnent, par le corps, deux parties de l’вme, afin que celui-ci puisse recevoir de chacune l’impression de sa propre йnergie. Mais la partie raisonnable de l’вme n’est pas soumise aux gйnies; elle est destinйe а recevoir [le] Dieu [ Le Dieu dans l’homme et souvent l’incarnation d’un Dieu, un Dhyвn-Chфhan hautement spirituel qui est en lui, outre la prйsence de son propre Septiиme Principe. ] qui l’illumine d’un rayon solaire. Ceux qui sont illuminйs sont peu nombreux et les gйnies s’йloignent d’eux, car ni gйnies ni dieux n’ont de pouvoir en prйsence d’un seul rayon de Dieu [ De quel « Dieu » veut-on parler ici? ce n’est pas de Dieu le « Pиre », la fiction anthropomorphique; car ce Dieu-lа est la collectivitй des Elohims et n’existe pas en dehors de la Lйgion. De plus un tel Dieu est fini et imparfait. Ce sont les grands Initiйs et Adeptes dont on fait mention ici en parlant des « peu nombreux ». Et ce sont prйcisйment de tels hommes qui croient aux « Dieux » et qui ne connaissent pas « Dieu », mais une Divinitй universelle, sans parentй et non conditionnйe. ]. Mais tous les autres hommes, corps et вmes, sont dirigйs par des gйnies а qui ils s’attachent et dont ils effectuent les actions… Les gйnies ont, par consйquent, le contrфle des choses mondaines et nos corps leur servent d’instruments [ The Virgin of the World, pp. 104-105, « Les Dйfinitions d’Asclйpios », loc. cit., v, trad. franзaise de L. Mйnard, livre IV, pp. 288-290. ].

ce que nous venons de citer, а l’exception de certains points particuliers, reprйsente ce qui йtait une croyance universelle, commune а toutes les nations, jusqu’а il y a environ un siиcle. Elle est encore tout aussi orthodoxe dans ses grandes lignes et ses traits principaux, parmi les Paпens comme parmi les Chrйtiens, а l’exception d’une poignйe de Matйrialistes et d’hommes de Science.

En effet, qu’on appelle les Gйnies d’Hermиs et ses « Dieux » « Puissances des Tйnиbres » et « Anges » comme dans les Йglises grecque et latine, ou « Esprits des Morts » comme dans le Spiritisme; ou encore Bhuts et Dйvas, Shaitan ou Djin, comme on les dйnomme encore dans les pays Indiens et Musulmans – ils ne sont tous qu’une seule et mкme chose – une Illusion. Qu’on ne se mйprenne toutefois point а ce sujet, comme l’ont fait derniиrement les йcoles Occidentales, au sujet de la grande doctrine philosophique des Vйdвntins.

Tout ce qui est йmane de l’ABSOLU qui, en raison mкme de ce qualificatif, est la Seule et Unique Rйalitй; - donc, tout ce qui est en dehors de cet Absolu, de cet Йlйment gйnйrateur et causal, doit indйniablement кtre une Illusion. Mais il n’en est ainsi qu’au point de vue purement mйtaphysique. Un homme qui se considиre comme mentalement sain, et que ses voisins considиrent comme tel, appelle de mкme les visions d’un frиre dйsйquilibrй – visions qui rendent leur victime heureuse ou extrкmement malheureuse, suivant le cas, - des illusions et des fantaisies. Mais, oщ est le fou pour qui les ombres hideuses de son mental troublй, ses illusions, ne sont pas, momentanйment, aussi vraies et aussi rйelles que les choses que peuvent voir son mйdecin ou son gardien? Tout est relatif dans cet univers, tout n’est qu’une Illusion. Mais l’expйrience faite sur n’importe quel plan est une rйalitй pour l’кtre qui la perзoit et dont la conscience est sur ce mкme plan, bien que cette expйrience, considйrйe au point de vue purement mйtaphysique, puisse кtre conзue comme n’ayant pas de rйalitй objective. Mais ce n’est pas contre les Mйtaphysiciens, c’est contre les Physiciens et les Matйrialistes que l’enseignement Йsotйrique doit lutter et, pour ceux-ci, la Force vitale, la Lumiиre, le Son, l’Йlectricitй et mкme la force objectivement attractive du Magnйtisme, n’ont pas d’existence objective et sont tenus pour de simples « modes de mouvement », pour des « sensations et des maniиres d’кtre de la matiиre ».

Ni les Occultistes, en gйnйral, ni les Thйosophes ne rejettent, comme le croient а tort quelques-uns, les idйes et les thйories des Savants modernes, pour la seule raison que ces idйes sont en opposition avec la Thйosophie. La premiиre rиgle de notre Sociйtй est de rendre а Cйsar ce qui appartient а Cйsar. Les Thйosophes sont donc les premiers а reconnaоtre la valeur intrinsиque de la Science. Mais, lorsque ses grands-prкtres font de la conscience une sйcrйtion de la substance grise du cerveau et de tout ce qui existe encore dans la Nature un mode de mouvement, nous protestons contre une telle doctrine, comme йtant antiphilosophique, en contradiction avec elle-mкme et simplement absurde, au point de vue scientifique, autant et mкme plus que sous l’aspect Occulte de la Connaissance Йsotйrique.

Car, rйellement, la Lumiиre Astrale des Kabalistes que l’on raille, renferme d’йtranges et curieux secrets pour celui qui peut y plonger ses regards, et les mystиres cachйs sous ses ondes constamment en mouvement sont bien lа, en dйpit des Matйrialistes et des moqueurs.

[La Lumiиre Astrale des Kabalistes est trиs incorrectement assimilйe, par quelques-uns, а l’ « Йther »; ce dernier est confondu avec l’Йther hypothйtique de la Science, et quelques Thйosophes font allusion а tous les deux, comme йtant synonymes d’Akвsha. C’est une grave erreur.]

[L’auteur de A Rational Refutation [ Une Rйfutation Rationnelle, p. 120. ] йcrit, aidant ainsi l’Occultisme sans s’en douter :

La mise en relief des qualitйs de l’Akвsha servira а dйmontrer combien il est imparfaitement reprйsentй par « йther ». En dimensions, il est infini; il n’est pas composй de parties, et la couleur, le goыt, l’odeur et la tangibilitй ne font pas partie de ses attributs. Jusqu’ici, il correspond exactement au temps, а l’espace, а Ishvara [le « Seigneur » ou plutфt le pouvoir crйateur et l’вme – anima Mundi] et а l’вme. Sa spйcialitй, comparativement, consiste en ce qu’il est la cause matйrielle du son. S’il ne l’йtait pas, on pourrait croire qu’il ne fait qu’un avec le vide.

C’est le vide, assurйment, surtout pour les Rationalistes. En tout cas l’Akвsha produira, а coup sыr, le vide dans le cerveau d’un Matйrialiste. Nйanmoins, bien que l’Akвsha ne soit certainement pas l’Йther de la Science, - pas plus que l’Йther de l’Occultiste, que celui-ci ne dйfinit que comme l’un des principes de l’Akвsha, - il est certainement, lui et son primaire, la cause du son, cause psychique et spirituelle, mais nullement matйrielle. Les relations de l’Йther avec l’Akвsha peuvent кtre dйfinies en appliquant а l’Akвsha, comme а l’Йther, les mots dont on se sert en parlant du Dieu dans les Vйdas : « Ainsi lui-mкme fut en vйritй [ son propre ] fils », l’un йtant le produit de l’autre et cependant lui-mкme. C’est peut-кtre une йnigme difficile pour les profanes, mais trиs facile а comprendre pour un Hindou – mкme s’il n’est pas un Mystique.]

Ces secrets de la Lumiиre Astrale, ainsi que bien d’autres mystиres resteront ignorйs des Matйrialistes de notre йpoque, de mкme que l’Amйrique fut un mythe inexistant pour les Europйens, pendant la premiиre partie du moyen вge, alors que les Scandinaves et les Norvйgiens avaient rйellement atteint ce trиs ancien « Nouveau-Monde » et s’y йtaient йtablis plusieurs siиcles auparavant. Mais, de mкme qu’un Colomb naquit pour dйcouvrir de nouveau et pour forcer le Vieux-Monde а croire aux antipodes, de mкme des Savants naоtront qui dйcouvriront les merveilles que les Occultistes dйclarent dиs а prйsent exister dans les rйgions de l’Йther avec leurs divers et multiformes habitants et leurs entitйs conscientes. Alors, nolens volens, la science sera forcйe d’accepter la vieille « superstition » comme elle en a dйjа acceptй tant d’autres. Et une fois qu’elle aura йtй forcйe de l’accepter, il est trиs probable que ses professeurs йrudits – а en juger par l’expйrience du passй, comme dans le cas du Mesmйrisme et du Magnйtisme, aujourd’hui baptisй Hypnotisme – adopteront la chose et en rejetteront le nom. Le choix de la nouvelle appellation dйpendra а son tour des « modes de mouvement », - le nouveau nom donnй а l’ancien « processus automatique physique dans les fibres nerveuses, du cerveau [scientifique] » de Moleschott – et aussi, sans doute, du dernier repas qu’aura fait l’individu qui donnera le nom, puisque, suivant le fondateur du nouveau Systиme Hylo-Idйaliste, « la cйrйbration est gйnйriquement la mкme chose que la chylifisation [National Reformer du 9 janvier 1887. Article « Phrйno-Kosmo-Biologie », par le docteur Lewins. ] ».Par consйquent, si l’on devait croire а cette absurde proposition, le nouveau nom de la vйritй archaпque devrait dйpendre de l’inspiration hйpatique du parrain et ce n’est qu’alors que ces vйritйs auraient la possibilitй de devenir scientifiques!

Mais la VÉRITÉ, si dйsagrйable qu’elle soit а la majoritй, ordinairement aveugle, a toujours eu ses dйfenseurs prкts а mourir pour elle, et ce ne sont pas les Occultistes qui protesteront contre son adoption par la Science, sous quelque nouveau nom que ce soit. Mais jusqu’au moment oщ elle se sera imposйe а l’observation et а l’approbation des Savants, plus d’une vйritй Occulte sera tenue а l’йcart, comme l’ont йtй les phйnomиnes des Spirites et d’autres manifestations psychiques, pour кtre finalement prise par ses ex-calomniateurs, sans la moindre reconnaissance, ni le moindre remerciement. L’azote a ajoutй considйrablement а la science chimique, mais Paracelse, qui l’a dйcouvert, est encore appelй un « charlatan ». Combien vraies sont les paroles de H. T. Buckle, dans son admirable History of Civilisation, lorsqu’il dit :

Grвce а des circonstances encore inconnues [la prйvoyance Karmique, H.P.B.] de grands penseurs apparaissent de temps de temps, qui, consacrant leurs vies а un seul but, sont capables de devancer le progrиs de l’humanitй et de fonder une religion, ou une philosophie, grвce а laquelle des effets importants sont finalement produits. Mais si nous cherchons dans l’histoire, nous verrons clairement que, bien que l’origine d’une nouvelle opinion puisse кtre ainsi due а un seul homme, le rйsultat produit par la nouvelle opinion dйpendra des conditions du peuple parmi lequel elle aura йtй propagйe. Si une religion, ou une philosophie, est trop avancйe pour une nation, elle ne peut rendre aucun service pour le moment, mais doit attendre [ C’est la loi cyclique; mais cette loi mкme est souvent bravйe par l’obstination humaine. ] que les esprits des hommes soient mыrs pour la recevoir… Chaque science, chaque credo, a eu ses martyrs. Selon le cours ordinaire des choses, quelques gйnйrations passent, puis vient une pйriode oщ ces mкmes vйritйs sont considйrйes comme des choses banales et, un peu plus tard, il en vient une autre oщ elles sont dйclarйes nйcessaires et oщ l’intellect le plus obtus s’йtonne lui-mкme que l’on ait jamais pu les nier [ Vol. I, p. 256.].

Il est simplement possible que les esprits des gйnйrations actuelles ne soient pas mыrs pour la rйception des vйritйs Occultes. Tel sera probablement le rйsultat d’un coup d’oeil rйtrospectif jetй par les penseurs avancйs de la Sixiиme Race-racine sur l’histoire de l’acceptation de la Philosophie Йsotйrique – pleinement et sans restrictions. En attendant, les gйnйrations de notre cinquiиme race continueront а кtre йgarйes par les prйjugйs et les prйventions. On se moquera des Sciences Occultes а chaque coin de rue et tout le monde essayera de les ridiculiser et des les йcraser, au nom et pour la plus grande gloire du Matйrialisme et de sa soi-disant Science. Les prйsents Volumes, cependant, montrent, en rйpondant par anticipation а plusieurs des futures objections Scientifiques, les vйritables positions rйciproques du dйfenseur et du demandeur. Les Thйosophes et les Occultistes sont mis en accusation par l’opinion publique qui dйploie toujours la banniиre des Sciences inductives. Ces derniиres doivent donc кtre examinйes et il faut йtablir jusqu’а quel point leurs exploits et leurs dйcouvertes, dans le royaume de la loi naturelle, sont en opposition, non pas tant avec nos prйtentions qu’avec les faits de la nature. L’heure a maintenant sonnй de savoir si les murs de la moderne Jйricho sont si inйbranlables qu’aucun souffle de la trompette Occulte ne puisse jamais les faire crouler.

Les prйtendus « Forces », ayant а leur tкte la Lumiиre et l’Йlectricitй, et la constitution du globe Solaire, doivent кtre examinйes avec soin, ainsi que la Gravitation et les thйories des Nйbuleuses. La nature de l’Йther et des autres Йlйments doit кtre discutйe, en opposant les enseignements Scientifiques aux enseignements Occultes, tout en rйvйlant quelques-unes des donnйes, encore secrиtes, de ces derniers.

Il y a une quinzaine d’annйes, l’auteur йtait la premiиre а rйpйter, aprиs les Kabalistes, les sages commandements du Catйchisme Йsotйrique :

Ferme ta bouche de peur de parler de ceci [le mystиre] et ton coeur de peur de penser tout haut, et si ton coeur t’a йchappй, ramиne-le а sa place, car tel est l’objet de notre alliance [ Sepher Jetzirah.].

Ou bien encore des Rиgles de l’Initiation :

Ceci est un secret qui donne la mort : ferme ta bouche de peur de rйvйler au vulgaire; comprime ton cerveau de peur que quelque chose ne s’en йchappe et ne tombe au-dehors.

Quelques annйes plus tard, un coin du Voile d’Isis dut кtre soulevй et maintenant on y fait une dйchirure plus grande encore.

Mais les anciennes erreurs consacrйes par le temps – celles aussi qui deviennent chaque jour plus manifestes et plus йvidentes – sont rangйes maintenant en ordre de bataille, comme elles l’йtaient alors. Guidйes par un aveugle esprit de conservatisme, par la vanitй et les prйjugйs, elles veillent toujours prкtes а йtouffer toute vйritй qui, se rйveillant de son long sommeil sйculaire, frappe а la porte. Et, cela est ainsi depuis que l’homme est devenu un animal. Mais si le fait de rendre а la lumiиre quelques-unes de ces antiques vйritйs entraоne chaque fois la mort morale du rйvйlateur, il est non moins vrai que celui-ci apporte vie et rйgйnйration а ceux qui sont а mкme de profiter du peu qui leur est rйvйlй maintenant.

Fin du premier volume de l’йdition franзaise
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